31 jours pour se reposer avec Dieu au mois d’août

Voila plusieurs années que je propose ce parcours de prière et de méditation de la Bible. Il nous invite à approfondir notre relation avec Dieu, personnellement et en communion les uns avec les autres, même si nous sommes éloignés géographiquement.

Après avoir vécu cette année le tour de la Bible en 40 dimanches, nous redécouvrirons ensemble durant ce mois d’août, chaque jour, 31 prières de la Bible de la Genèse à l’Apocalypse, accompagné d’un psaume du jour et d’un cantique.

Jeudi 1er août :

La prière de Caïn. (Genèse 4:9-16)

« Le Seigneur demanda à Caïn : « Où est ton frère Abel ? » Caïn répondit : « Je n’en sais rien. Est-ce à moi de surveiller mon frère ? » Le Seigneur répliqua : « Pourquoi as-tu fait cela ? J’entends le sang de ton frère dans le sol me réclamer vengeance. Tu es désormais un maudit, chassé du sol qui s’est ouvert pour recueillir le sang de ton frère, ta victime. C’est pourquoi, tu auras beau le cultiver, il ne te donnera plus ses richesses. Tu seras un déraciné, toujours vagabond sur la terre. » Caïn dit au Seigneur : « Ma peine est trop lourde à porter. Tu me chasses aujourd’hui du sol cultivable, et je vais devoir me cacher loin de toi ; je serai un déraciné, toujours vagabond sur la terre. Quiconque me trouvera pourra me tuer. » Mais le Seigneur lui répondit : « Non, car si quelqu’un te tue, il faudra sept meurtres pour que tu sois vengé. » Le Seigneur mit alors sur Caïn un signe distinctif, pour empêcher qu’il soit tué par quiconque le rencontrerait. Alors Caïn partit habiter au pays de Nod, loin de la présence du Seigneur, à l’est d’Éden. »

« Ma peine est trop lourde à porter » Genèse 4 :13

Première prière de la Bible :

N’est-il pas étrange que la première prière rapportée dans la Bible soit la prière d’un criminel, d’un meurtrier, d’un maudit ? Et pourtant, elle est là, sous la forme d’un dialogue entre Dieu et Caïn, et la demande de Caïn est exaucée.

La prière du premier meurtrier est la prière de la peur. Elle nous révèle une vérité qui se fait jour tout le long de l’histoire et que le livre d’Ésaïe résume en ces mots: « Point de paix pour le méchant. ».

Il y a dans cette prière de l’angoisse, la peur d’être toujours haï des autres et la conviction que désormais le Créateur ne se soucie plus de celui qui s’est détourné de lui pour user de violence. Prière franche et farouche, qui nous permet de lire dans la nuit d’une âme en rupture de Dieu.

Mais que nous apprend maintenant la réponse de Dieu ?

L’homme qui a désobéi à Dieu, peut le fuir, mais non lui échapper ; il peut se sentir seul, sans être pour cela abandonné de Dieu.  L’enfant prodigue a beau trahir son père et s’en aller, cela n’empêchera pas le père de penser à lui, de le pleurer quand il travaillera dans les champs, et de regarder au loin, jour après jour, pour interroger longuement l’horizon, jusqu’au retour de son fils.

Une réponse de grâce

Je comprends maintenant pourquoi cette prière est inscrite dans les premières pages de la Bible. Elle est là pour dire au coupable qui gémit, comme Caïn avant lui et qui porte un sentiment de culpabilité vis-à-vis des autres et de Dieu…que son Dieu continue de l’aimer et de le chercher pour le sauver.

« Pour si bas que tu sois tombé, tu n’es pas sorti du rayon de la protection de Dieu. Qui que tu sois, prie ! Où que tu sois, Dieu t’entend. »

Psaume 130, en écho à la prière de Caïn :

« Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur
Seigneur, écoute ma voix !
Que tes oreilles soient attentives
À la voix de mes supplications !
Si tu retiens des fautes, Seigneur,
Seigneur, qui subsistera ?
Mais, avec toi est le pardon
Pour que l’homme te craigne.
J’espère le Seigneur ;
Mon âme espère et j’attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur
Plus que les gardes le matin,
Plus que les gardes le matin.
Attends le Seigneur, Israël,
Car avec le Seigneur et la grâce,
Et avec lui à bon de le rachat.
C’est lui qui rachètera Israël
De toutes ses fautes.« 

Méditer la parole en musique :

Pardon Seigneur pardon – Sylvain Freymond– Jem 642

Prière d’un témoin de l’Église – pasteur Marc Boegner

Grâce te soit rendue pour ta Parole, Dieu notre Père
Où nous recueillons la promesse
De ce que tu veux nous donner toi-même.
Au milieu de nos vies agitées, troublées,
Connaissant parfois quelques joies
Mais si souvent de grandes épreuves
Du corps, de l’esprit ou de l’âme,
Tourmentées par tant de choses diverses
Dans le tumulte du monde qui nous entoure,
Nous te bénissons de nous permettre
De nous arrêter un instant
Pour écouter ce que tu as à nous dire.Que la méditation de ta parole
Mette véritablement dans mon cœur
Une lumière nouvelle qui éclaire mon chemin,
Et me rende capable d’être dans le monde
Un meilleur annonciateur de ton amour,
Par mon service, mon témoignage et mon propre amour.

Vendredi 2 août :

La prière d’Abraham. (Genèse 18:16-33)

« Ces hommes se levèrent pour partir, et ils regardèrent du côté de Sodome. Abraham alla avec eux, pour les accompagner. Alors l’Éternel dit: Cacherai-je à Abraham ce que je vais faire?… Abraham deviendra certainement une nation grande et puissante, et en lui seront bénies toutes les nations de la terre. Car je l’ai choisi, afin qu’il ordonne à ses fils et à sa maison après lui de garder la voie de l’Éternel, en pratiquant la droiture et la justice, et qu’ainsi l’Éternel accomplisse en faveur d’Abraham les promesses qu’il lui a faites… Et l’Éternel dit: Le cri contre Sodome et Gomorrhe s’est accru, et leur péché est énorme. C’est pourquoi je vais descendre, et je verrai s’ils ont agi entièrement selon le bruit venu jusqu’à moi; et si cela n’est pas, je le saurai. Les hommes s’éloignèrent, et allèrent vers Sodome. Mais Abraham se tint encore en présence de l’Éternel. Abraham s’approcha, et dit: Feras-tu aussi périr le juste avec le méchant? Peut-être y a-t-il cinquante justes au milieu de la ville: les feras-tu périr aussi, et ne pardonneras-tu pas à la ville à cause des cinquante justes qui sont au milieu d’elle? Faire mourir le juste avec le méchant, en sorte qu’il en soit du juste comme du méchant, loin de toi cette manière d’agir! Loin de toi! Celui qui juge toute la terre n’exercera-t-il pas la justice? Et l’Éternel dit: Si je trouve dans Sodome cinquante justes au milieu de la ville, je pardonnerai à toute la ville, à cause d’eux. Abraham reprit, et dit: Voici, j’ai osé parler au Seigneur, moi qui ne suis que poudre et cendre. Peut-être des cinquante justes en manquera-t-il cinq: pour cinq, détruiras-tu toute la ville? Et l’Éternel dit: Je ne la détruirai point, si j’y trouve quarante-cinq justes. Abraham continua de lui parler, et dit: Peut-être s’y trouvera-t-il quarante justes. Et l’Éternel dit: Je ne ferai rien, à cause de ces quarante. Abraham dit: Que le Seigneur ne s’irrite point, et je parlerai. Peut-être s’y trouvera-t-il trente justes. Et l’Éternel dit: Je ne ferai rien, si j’y trouve trente justes. Abraham dit: Voici, j’ai osé parler au Seigneur. Peut-être s’y trouvera-t-il vingt justes. Et l’Éternel dit: Je ne la détruirai point, à cause de ces vingt. Abraham dit: Que le Seigneur ne s’irrite point, et je ne parlerai plus que cette fois. Peut-être s’y trouvera-t-il dix justes. Et l’Éternel dit: Je ne la détruirai point, à cause de ces dix justes. L’Éternel s’en alla lorsqu’il eut achevé de parler à Abraham. Et Abraham retourna dans sa demeure. »

« Abraham se tint en la présence de l’Éternel. Il s’approcha et dit :  Ferais-tu aussi périr le juste avec le méchant ? » Genèse 18 : 21

Prière d’intercession : la prière de la négociation !

La prière d’Abraham est la seconde prière que nous rencontrons dans la Bible. Modèle d’intercession, cette requête en faveur de Lot porte au plus haut point le style de la culture de la négociation orientale, où le demandeur saisit inlassablement l’occasion de ce qu’il a obtenu pour essayer d’obtenir davantage.

On trouve dans ce modèle de prière deux des conditions importantes de tout exaucement : le respect de la justice de Dieu et la confiance dans sa miséricorde.

Abraham n’admet pas que Dieu puisse perpétrer un acte quelconque qui serait opposé au droit et à la justice, et il le Lui dit de façon très directe : «Celui qui juge toute la terre n’exercerait-il pas la justice ?» Il est convaincu en outre que le cœur de l’Éternel se laissera émouvoir en faveur de la ville rebelle par la présence en elle de quelques hommes de bien. « Peut-être s’y trouvera-t-il dix justes ?… ». Et l’Éternel lui promet de faire grâce à la ville pour les dix justes, s’Il les y trouve.

Clairvoyance dans nos demandes à Dieu :

Bien souvent je manque de clairvoyance comme Abraham. Ne m’arrive-t-il jamais de demander à Dieu des choses qu’Il ne pourrait m’accorder sans léser les droits d’autrui ? Est-ce que je ne cherche pas parfois à le faire complice de mes intérêts égoïstes, de mes antipathies ou de mes étroitesses ? Dans mes jugements devant Lui, ne m’arrive-t-il jamais de « faire périr l’innocent avec le coupable ?

Une prière imprégnée de la justice et la miséricorde de Dieu :

Pour obtenir  son exaucement, il faut que ma persévérance dans la prière s’inspire des scrupules d’Abraham, de sa bonté, de sa patience, et que dans ma prière je ne laisse pas échapper un mot qui puisse léser la justice ou s’opposer à la miséricorde de Dieu.

Psaume 136, en écho à la prière d’Abraham :

« Louez l’Éternel, car il est bon, Car sa miséricorde dure à toujours! Louez le Dieu des dieux, Car sa miséricorde dure à toujours! Louez le Seigneur des seigneurs, Car sa miséricorde dure à toujours! Celui qui seul fait de grands prodiges, Car sa miséricorde dure à toujours! Celui qui a fait les cieux avec intelligence, Car sa miséricorde dure à toujours! Celui qui a étendu la terre sur les eaux, Car sa miséricorde dure à toujours! Celui qui a fait les grands luminaires, Car sa miséricorde dure à toujours! Le soleil pour présider au jour, Car sa miséricorde dure à toujours! La lune et les étoiles pour présider à la nuit, Car sa miséricorde dure à toujours! Celui qui frappa les Égyptiens dans leurs premiers-nés, Car sa miséricorde dure à toujours! Et fit sortir Israël du milieu d’eux, Car sa miséricorde dure à toujours! A main forte et à bras étendu, Car sa miséricorde dure à toujours! Celui qui coupa en deux la mer Rouge, Car sa miséricorde dure à toujours! Qui fit passer Israël au milieu d’elle, Car sa miséricorde dure à toujours! Et précipita Pharaon et son armée dans la mer Rouge, Car sa miséricorde dure à toujours! Celui qui conduisit son peuple dans le désert, Car sa miséricorde dure à toujours! Celui qui frappa de grands rois, Car sa miséricorde dure à toujours! Qui tua des rois puissants, Car sa miséricorde dure à toujours! Sihon, roi des Amoréens, Car sa miséricorde dure à toujours! Et Og, roi de Basan, Car sa miséricorde dure à toujours! Et donna leur pays en héritage, Car sa miséricorde dure à toujours! En héritage à Israël, son serviteur, Car sa miséricorde dure à toujours! Celui qui se souvint de nous quand nous étions humiliés, Car sa miséricorde dure à toujours! Et nous délivra de nos oppresseurs, Car sa miséricorde dure à toujours! Celui qui donne la nourriture à toute chair, Car sa miséricorde dure à toujours! Louez le Dieu des cieux, Car sa miséricorde dure à toujours! » 

Méditer la parole en musique :

Car ta bonté vaut mieux que la vie – JEM 011

Prière d’un témoin de l’Eglise- Denise Dupraz

Qu’il fait bon de t’apporter au soir de la journée,
lassitude et soucis, erreurs et manquements!
Le travail est fini, l’étape est terminée;
s’asseoir auprès de toi, Seigneur, quel doux moment!

Qu’il fait bon de parler de tous ceux que l’on aime
Et qu’il faut laisser seuls dans le combat du jour!
Intercéder pour eux, c’est la douceur suprême;
Prier, c’est le plus fort des liens d’amour.

Qu’il fait bon d’exposer en toute confiance
mes projets, mes désirs et mon rêve impuissant,
d’attendre dans la paix, fruit de l’obéissance,
que tu daignes répondre en les accomplissant.
Et puis, si ta réponse est d’un ordre contraire,
S’il faut abandonner les plans chers à mon cœur,
Oh! Qu’il fait bon alors adorer et se taire,
Et croire à ta sagesse, à ton amour, Seigneur!

Heureux celui qui vient, au soir de la journée,
déposer son fardeau dans ton jardin secret.
Car là, dans la prière, une force est donnée.
Qu’il est doux, o mon Dieu, de te sentir si près!

Samedi 3 août :

La prière de Jacob. (Genèse 28:10-22)

« Jacob partit de Beer-Schéba, et s’en alla à Charan. Il arriva dans un lieu où il passa la nuit; car le soleil était couché. Il y prit une pierre, dont il fit son chevet, et il se coucha dans ce lieu-là. Il eut un songe. Et voici, une échelle était appuyée sur la terre, et son sommet touchait au ciel. Et voici, les anges de Dieu montaient et descendaient par cette échelle. Et voici, l’Éternel se tenait au-dessus d’elle; et il dit: Je suis l’Éternel, le Dieu d’Abraham, ton père, et le Dieu d’Isaac. La terre sur laquelle tu es couché, je la donnerai à toi et à ta postérité. Ta postérité sera comme la poussière de la terre; tu t’étendras à l’occident et à l’orient, au septentrion et au midi; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi et en ta postérité. Voici, je suis avec toi, je te garderai partout où tu iras, et je te ramènerai dans ce pays; car je ne t’abandonnerai point, que je n’aie exécuté ce que je te dis. Jacob s’éveilla de son sommeil et il dit: Certainement, l’Éternel est en ce lieu, et moi, je ne le savais pas! Il eut peur, et dit: Que ce lieu est redoutable! C’est ici la maison de Dieu, c’est ici la porte des cieux! Et Jacob se leva de bon matin; il prit la pierre dont il avait fait son chevet, il la dressa pour monument, et il versa de l’huile sur son sommet. Il donna à ce lieu le nom de Béthel; mais la ville s’appelait auparavant Luz. Jacob fit un vœu, en disant: Si Dieu est avec moi et me garde pendant ce voyage que je fais, s’il me donne du pain à manger et des habits pour me vêtir, et si je retourne en paix à la maison de mon père, alors l’Éternel sera mon Dieu; cette pierre, que j’ai dressée pour monument, sera la maison de Dieu; et je te donnerai la dîme de tout ce que tu me donneras. »

« Si Dieu est avec moi, s’il me garde dans le voyage que j’ai entrepris, s’il me donne du pain à manger et des habits pour me vêtir, et si je retourne en paix à la maison de mon père, alors l’Éternel sera mon Dieu… Et je te donnerai la dîme de tout ce que tu me donneras. » Genèse 28 : 20-22.

La prière au conditionnel :

« Si… si… si… si ! ». Que de conditions posées à Dieu ! Comme nous sommes loin de la confiance d’Abraham ! Abraham croyait ; Jacob calcule. C’est du donnant, donnant ! Dans cette religion du prêté-rendu, c’est Dieu qui est jugé selon ses œuvres.

Jacob volera son frère Esaü,. Chez son oncle Laban Jacob s’enrichira sans doute. Il est si habile Jacob, le rusé ! Mais il regrettera aussi durement les moyens qu’il emploiera pour acquérir sa richesse. Déjà le sentiment de son intérêt poussé jusqu’à la ruse l’a brouillé avec son frère, séparé de ses parents, le favori de sa mère sera obligé de partir sur le chemin du désert.

Puis, c’est Laban qu’il dépouille et pour la seconde fois, il est obligé de s’éloigner, fuyant son oncle qui le poursuit et qui l’aurait exterminé sans la protection divine. Jacob n’est pas au bout de ses soucis ! Au lieu de retourner en paix dans la maison de son père, il s’en ira mourir, ruiné par la famine, sur la terre d’exil.

Lui-même résumera le bilan de sa vie errante et centenaire en disant au Pharaon : « Mes jours ont été courts et mauvais. » (Genèse 47 : 9).

La prière exaucée n’est pas celle où l’on se sert de Dieu, mais celle où on Le sert.

Grande leçon pour ceux qui ne mettent Dieu dans leur vie qu’à condition qu’Il leur rende des services. Méfions-nous de nos prières qui ne recherchent que notre propre intérêt. « L’amour ne cherche pas son intérêt . » (1Corinthiens 13 : 5).

Les forces humaines ne suffisent pas :

 « Retrouvons Jacob dans un autre épisode de son histoire raconté dans le livre de la Genèse : Genèse 32 : 22-31 : « Il se leva la même nuit, prit ses deux femmes, ses deux servantes, et ses onze enfants, et passa le gué de Jabbok. Il les prit, leur fit passer le torrent, et le fit passer à tout ce qui lui appartenait. Jacob demeura seul. Alors un homme lutta avec lui jusqu’au lever de l’aurore. Voyant qu’il ne pouvait le vaincre, cet homme le frappa à l’emboîture de la hanche; et l’emboîture de la hanche de Jacob se démit pendant qu’il luttait avec lui. Il dit: Laisse-moi aller, car l’aurore se lève. Et Jacob répondit: Je ne te laisserai point aller, que tu ne m’aies béni. Il lui dit: Quel est ton nom? Et il répondit: Jacob. Il dit encore: Ton nom ne sera plus Jacob, mais tu seras appelé Israël; car tu as lutté avec Dieu et avec des hommes, et tu as été vainqueur. Jacob l’interrogea, en disant: Fais-moi je te prie, connaître ton nom. Il répondit: Pourquoi demandes-tu mon nom? Et il le bénit là. Jacob appela ce lieu du nom de Peniel: car, dit-il, j’ai vu Dieu face à face, et mon âme a été sauvée. Le soleil se levait, lorsqu’il passa Peniel. Jacob boitait de la hanche. C’est pourquoi jusqu’à ce jour, les enfants d’Israël ne mangent point le tendon qui est à l’emboîture de la hanche; car Dieu frappa Jacob à l’emboîture de la hanche, au tendon. »

« Il lutta avec l’ange et il a triomphé, en pleurant et en demandant grâce. » Osée 12 :5

Ces paroles d’Osée nous ramènent au gué de Jabbok, et à la lutte de Jacob avec l’Ange de l’Éternel. Ce n’est plus ni Esaü, ni Laban qui se dressent face à Jacob, mais l’Ange de l’Éternel ! Fou d’angoisse, Jacob essaie une dernière fois d’en appeler à ses ressources personnelles et, si j’ose dire, de forcer encore la main à son Dieu dans un combat physique et spirituel.

Sous la force du mystérieux inconnu, Jacob plie. Alors, dans un suprême effort, qui n’est plus un espoir de triomphe mais un appel désespéré à la miséricorde, le patriarche crie à son adversaire : « Je ne te laisserai point aller que tu ne m’aies béni ! »

N’attendre plus rien de soi… Attendre tout de Dieu

Magnifique parole, où s’unissent l’humilité et la foi ! Parole de défaite et de victoire. N’attendre plus rien de soi ; attendre tout de Dieu, rassembler ses dernières énergies pour retenir Celui que l’on implore et obtenir sa grâce…, voilà ce qui a valu à Jacob le surnom d’Israël, c’est-à-dire: Celui qui lutte avec Dieu, et qui sort du combat, vainqueur.

Il est pour chacun de nous des orages de la vie où, sous l’éclair de la détresse, nous nous voyons tels que nous sommes : perdus.

Puissions-nous, en ces heures de crise, retrouver la prière de Jacob et comme lui, par Dieu, sortir de la lutte, vainqueurs.

Psaume 115, en écho à la prière de Jacob

« Non pas à nous, Éternel, non pas à nous, Mais à ton nom donne gloire,
A cause de ta bonté, à cause de ta fidélité!
Pourquoi les nations diraient-elles: Où donc est leur Dieu?
Notre Dieu est au ciel, Il fait tout ce qu’il veut.
Leurs idoles sont de l’argent et de l’or,
Elles sont l’ouvrage de la main des hommes.
Elles ont une bouche et ne parlent point,
Elles ont des yeux et ne voient point,
Elles ont des oreilles et n’entendent point,
Elles ont un nez et ne sentent point,
Elles ont des mains et ne touchent point,
Des pieds et ne marchent point,
Elles ne produisent aucun son dans leur gosier.
Ils leur ressemblent, ceux qui les fabriquent,
Tous ceux qui se confient en elles.
Israël, confie-toi en l’Éternel!
Il est leur secours et leur bouclier.
Maison d’Aaron, confie-toi en l’Éternel!
Il est leur secours et leur bouclier.
Vous qui craignez l’Éternel, confiez-vous en l’Éternel!
Il est leur secours et leur bouclier.
L’Éternel se souvient de nous: il bénira, Il bénira la maison d’Israël,
Il bénira la maison d’Aaron,
Il bénira ceux qui craignent l’Éternel, les petits et les grands;
L’Éternel vous multipliera ses faveurs, A vous et à vos enfants.
Soyez bénis par l’Éternel, Qui a fait les cieux et la terre!
Les cieux sont les cieux de l’Éternel, Mais il a donné la terre aux fils de l’homme.
Ce ne sont pas les morts qui célèbrent l’Éternel,
Ce n’est aucun de ceux qui descendent dans le lieu du silence;
Mais nous, nous bénirons l’Éternel, Dès maintenant et à jamais.
Louez l’Éternel!« 

Méditer la parole en musique :

Je te donne tout – Luc Dumont – Jem 864


Prière d’un témoin de l’Église– Saint Ephrem de Nisibe

Seigneur, convertis-moi et pardonne-moi.
Conduis-moi vers toi et éclaire mes ténèbres.
Ma vie est pleine de fautes sans nombre
Et je cherche refuge auprès de toi.
Comme à Pierre, tends-moi la main.
Je prie comme le publicain pour être justifié.

Vraie lumière qui éclaire tout homme,
Illumine-moi:
Ouvre les yeux de mon cœur et affermis-le
Dans l’amour de tes commandements.
Que je t’aime toi seul,
De tout mon cœur, de toute mon âme.

Dimanche 4 août :

La prière de Moïse : (Psaume 90)

Moïse, ce puissant chef , ce législateur par qui Dieu fit sortir d’Égypte les israélites, et par la grâce de Dieu en fit une nation et les amena aux abords du pays promis, était en premier lieu un homme de dialogue avec Dieu, de prière, de face à face unique avec le Dieu d’Abraham d’Isaac et de Jacob. Les livres de l’Exode et des Nombres nous disent de lui:

“ L’Éternel parlait avec Moïse face à face, comme un homme parle à son ami. » Exode 33 :11

« Il n’en est pas ainsi de mon serviteur Moïse. Il est fidèle dans toute ma maison. Je lui parle bouche à bouche, je me révèle à lui sans énigmes, et il voit une représentation de l’Éternel. » Nombres 12 :7 – 8

Moïse était un homme de prière, d’adoration, de contemplation de Dieu. Il nous invite à louer le Seigneur pour ce qu’il est et ce qu’il a fait dans nos vies :

«Seigneur, tu nous a été une retraite de génération en génération…»
Psaume 90

Prière de reconnaissance :

La « Prière de Moïse, homme de Dieu » est  souvent lu lors des cultes à l’occasion de la nouvelle année. On peut y voir bien sûr l’évocation impressionnante de la fragilité de la vie. Mais il s’en dégage avant tout un témoignage de reconnaissance, une vision de l’avenir, l’espérance de la foi. Quand notre âme est inquiète, face à de nouveaux défis dans nos vies, la Parole de Dieu donne la prière de Moïse comme source d’inspiration : « Seigneur, tu nous as été une retraite de génération en génération… ». Dieu est fidèle, et sa fidélité, qui s’exerce en tout temps, est particulièrement sensible au moment où nous avons besoin d’une retraite.

« D’éternité en éternité, tu es Dieu. » 

Ainsi, quelle que soit l’atmosphère de mirage où s’agite la vie des hommes, le premier mot, en tout, vient de Dieu, et le dernier mot, en tout, lui appartient. Christ est l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, comme dit l’Apocalypse (Apoc 2 v8). Moïse au soir de sa vie dira : « Affermis l’ouvrage de nos mains !… ». Les hommes peuvent aider ou nuire à l’ouvrage de nos mains: Dieu seul peut l’affermir, car Lui seul est créateur et recréateur !

L’appel de Dieu

Nous lisons dans le livre de l’Exode: chap 3 v 4 –v 8 et 10:

« Dieu l’appela et dit : Moïse, Moïse, il répondit me voici . L’Éternel dit : J’ai bien vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu son cri à cause de ses oppresseurs , car je connais ses douleurs. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens et le faire monter dans un pays découlant de miel et de lait . Maintenant, va, je t’envoie vers Pharaon , fais sortir d’Égypte mon peuple, les Israélites  ».

Appelé par Dieu, malgré de nombreuses hésitations Moïse a accepté de lui obéir, ainsi ,il s’est fortement opposé au Pharaon pour libérer son peuple de l’esclavage ,et il y est parvenu. Alors Moïse et les Israélites chantèrent ce cantique à l’Éternel et dirent :

« Je chanterai à l’Éternel, car il a montré sa souveraineté; il a jeté dans la mer le cheval et son cavalier .
L’Éternel est ma force et l’objet de mes cantiques, il est devenu mon salut.
Il est mon Dieu : je veux lui rendre hommage.
Il est le Dieu de mon père : Je l’exalterai . » 
(Exode 15 v 1 et 3) 

Encouragement à persévérer dans la prière

Rappelez-vous de ce récit où Moise plus que jamais face des oppositions doit compter sur Dieu pour combattre l’Ennemi et conduire le peuple vers le Pays promis :

« Amalek vint combattre Israël à Rephidim. Alors Moïse dit à Josué : Choisis-nous des hommes, sors et combats Amalek ; demain je me tiendrai sur le sommet de la colline, la verge de Dieu dans ma main. Josué lit ce que lui avait dit Moïse, pour combattre Amalek. Et Moïse, Aaron et Hur montèrent au sommet de la colline. Lorsque Moïse élevait sa main, Israël était le plus fort ; et lorsqu’il baissait sa main, Amalek était le plus fort. Les mains de Moïse étant fatiguées, ils prirent une pierre qu’ils placèrent sous lui, et il s’assit dessus. Aaron et Hur soutenaient ses mains, l’un d’un côté, l’autre de l’autre ; et ses mains restèrent fermes jusqu’au coucher du soleil. Et Josué vainquit Amalek et son peuple, au tranchant de l’épée. » (Exode 17 :8-13).

Depuis la trahison d’Adam et Eve, Satan, le prince de ce monde lutte pour empêcher les hommes d’entrer dans la terre promise, le royaume de Dieu. L’épisode qui met aux prises Moïse et Amalek prend dès lors une valeur prophétique. Jusque dans son détail, chacun de nous peut y trouver enseignement. Amalek qui barre la route vers Canaan, c’est le prince de ce monde qui voudrait barrer la route à Jésus-Christ. Josué et les combattants hébreux ce sont les disciples de Jésus au cœur de ce monde. « Vous êtes dans ce monde, mais vous n’êtes pas du monde » leur dira le maître (Jean 17). Moise sur la montagne, les mains levées vers le ciel, c’est l’appel à tous enfants de Dieu à intercéder auprès de Lui.

Que Moïse abaisse ses mains, Amalek remporte l’avantage ; que les chrétiens de prière abandonnent leur vigilance et leur intercession, le message de la Bonne nouvelle rencontre l’opposition de l’Ennemi.

« Qui suis-je et que puis-je, moi ?»

Pensons à Aaron et à Hur sur la montagne, Dieu ne leur avait pas confié comme à Moïse le bâton, symbole de la puissance divine : ils étaient là pour soutenir les mains de Moise. Rôle effacé, mais important ! S’ils n’avaient pas soutenu les mains du prophète, les bras de Moïse seraient retombés et Amalek aurait été vainqueur.

Pas de prétexte, pas d’excuses pour rester hors de l’intercession pour l’avancement du royaume de Dieu… On peut toujours soutenir la main levée !

La prière de Moïse (Psaume 90:1-17)

« Prière de Moïse, homme de Dieu. Seigneur! Tu as été pour nous un refuge, De génération en génération. Avant que les montagnes fussent nées, Et que tu eusses créé la terre et le monde, D’éternité en éternité tu es Dieu. Tu fais rentrer les hommes dans la poussière, Et tu dis: Fils de l’homme, retournez! Car mille ans sont, à tes yeux, Comme le jour d’hier, quand il n’est plus, Et comme une veille de la nuit. Tu les emportes, semblables à un songe, Qui, le matin, passe comme l’herbe: Elle fleurit le matin, et elle passe, On la coupe le soir, et elle sèche. Nous sommes consumés par ta colère, Et ta fureur nous épouvante. Tu mets devant toi nos iniquités, Et à la lumière de ta face nos fautes cachées. Tous nos jours disparaissent par ton courroux; Nous voyons nos années s’évanouir comme un son. Les jours de nos années s’élèvent à soixante-dix ans, Et, pour les plus robustes, à quatre-vingts ans; Et l’orgueil qu’ils en tirent n’est que peine et misère, Car il passe vite, et nous nous envolons. Qui prend garde à la force de ta colère, Et à ton courroux, selon la crainte qui t’est due? Enseigne-nous à bien compter nos jours, Afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse. Reviens, Éternel! Jusques à quand?… Aie pitié de tes serviteurs! Rassasie-nous chaque matin de ta bonté, Et nous serons toute notre vie dans la joie et l’allégresse. Réjouis-nous autant de jours que tu nous as humiliés, Autant d’années que nous avons vu le malheur. Que ton œuvre se manifeste à tes serviteurs, Et ta gloire sur leurs enfants! Que la grâce de l’Éternel, notre Dieu, soit sur nous! Affermis l’ouvrage de nos mains, Oui, affermis l’ouvrage de nos mains! » 

Méditer la parole en musique :

Compte les bienfaits -Sebastian Demrey & Jimmy Lahaie

Ta bienveillance -Exo

Prière des copistes et enlumineurs du haut Moyen-Age

Seigneur, enseigne-moi à prier avec mes mains,
mes bras et toutes mes forces.
Rappelle-moi que l’ouvrage de mes mains t’appartient
que si je le fais par goût du profit,
comme un fruit oublié je pourrirai à l’automne ;
que si je le fais pour plaire aux autres
comme la fleur de l’herbe je fanerai au soir ;
mais si je le fais pour l’amour du bien,
je demeurerai dans le bien ;
et le temps de faire bien et à ta gloire,
c’est tout de suite.

Lundi 5 août :

 La prière de Josué. (Josué 7 : 6-9)

« Josué déchira ses vêtements, se prosterna le visage contre terre, et dit : « Ah Seigneur Éternel, pourquoi as-tu fait passer le Jourdain à ce peuple, et nous as-tu livrés aux mains des Amoréens afin de nous faire périr ?… Tous les habitants du pays l’apprendront : ils nous envelopperont et feront disparaître notre nom de la terre. Et que feras-tu pour ton grand nom ? ».

Josué le serviteur de Dieu formé auprès de Moïse, l’ami de Dieu

Après Moïse, Josué est le nouveau guide pour le peuple, à la fois chef militaire (depuis Exode 17.8-13) et spirituel. Il sait que le pays de Canaan est promis à Israël (Nombres 14.5-9) et il restera toujours attaché à cette promesse de Dieu dans ses décisions. Il a vécu la libération du pays d’Égypte, la Pâque. Il est devenu le serviteur de Moïse, qui changea son nom « Hosée » en « Josué » (même racine hébraïque que le nom de Jésus, c’est-à-dire : Le Seigneur sauve) (Nombres 13.16).

Après quarante ans d’errance du peuple dans le désert, Josué et Caleb, seront les seuls à entrer dans la terre promise du fait de leur confiance sans faille aux promesses de Dieu. Josué accompagnait Moïse lorsqu’il parlait avec Dieu dans la tente de la rencontre, dont il était en quelque sorte le gardien (Exode 33.11). Sa fréquentation permanente de Moïse a sans doute marqué et façonné sa compréhension et sa vision de Dieu : Dieu l’a formé de longue date !

La prière de la détresse :

Comment ne pas être ému par la détresse de Josué dans cette prière? L’Éternel s’en était remis à lui pour la tâche écrasante d’édifier la nation élue sur le territoire de Canaan. Déjà la marche par la foi avait, devant Jéricho, accompli des miracles. Et voici qu’un interdit prive Israël de l’assistance de son Dieu. Le peuple est battu, poursuivi, démoralisé. Josué, qui ignore encore la cause du désastre, s’en prend à Dieu : 

« Ah Seigneur Éternel, pourquoi as-tu fait passer le Jourdain à ce peuple et nous as-tu livrés entre les mains des Amoréens… ?  Les Cananéens l’apprendront, nous extermineront et que feras-tu pour ton grand nom ? »

Une leçon propre à éclairer notre prière.

On sent, ici déjà, frémir l’angoisse qui secouera l’âme des prophètes, Habacuc, Jérémie, Ézéchiel. Josué apprendra bientôt que les plus redoutables ennemis de Dieu ne sont pas hors du camp d’Israël, mais dans ce camp même. Généralement la cause de la défaite qui nous fait crier à Dieu n’est pas dans les circonstances, elle est en nous ; elle est dans l’interdit secret, peut-être encore inconscient, qui a empêché Dieu de soutenir notre combat.

Dieu se défend tout seul !

Josué apprendra encore, et après lui les prophètes, que «le grand nom de l’Éternel» est à l’abri de l’atteinte des hommes. Ce qui nous est demandé, ce n’est pas de trembler pour lui, mais de trembler pour nous, et de ne jamais prendre notre parti de l’échec de sa cause sur le terrain qu’Il nous a confié.

Mettons-nous, quoi qu’il nous en coûte, dans les conditions voulues pour que le Saint-Esprit puisse travailler en nous. Nous pourrons alors comme Josué, modelé par Dieu poursuivre la mission qu’il nous confie et pouvoir dire à la fin de notre vie : 

« Si c’était à refaire, moi et ma maison nous servirons l’Éternel ! ». Josué 24 : 15

Psaume  143, en écho avec la prière de Josué :

 « Psaume de David. Éternel, écoute ma prière, prête l’oreille à mes supplications! Exauce-moi dans ta fidélité, dans ta justice! N’entre pas en jugement avec ton serviteur! Car aucun vivant n’est juste devant toi. L’ennemi poursuit mon âme, Il foule à terre ma vie; Il me fait habiter dans les ténèbres, Comme ceux qui sont morts depuis longtemps. Mon esprit est abattu au-dedans de moi, Mon cœur est troublé dans mon sein. Je me souviens des jours d’autrefois, Je médite sur toutes tes œuvres, Je réfléchis sur l’ouvrage de tes mains. J’étends mes mains vers toi; Mon âme soupire après toi, comme une terre desséchée. — Pause. Hâte-toi de m’exaucer, ô Éternel! Mon esprit se consume. Ne me cache pas ta face! Je serais semblable à ceux qui descendent dans la fosse. Fais-moi dès le matin entendre ta bonté! Car je me confie en toi. Fais-moi connaître le chemin où je dois marcher! Car j’élève à toi mon âme. Délivre-moi de mes ennemis, ô Éternel! Auprès de toi je cherche un refuge. Enseigne-moi à faire ta volonté! Car tu es mon Dieu. Que ton bon esprit me conduise sur la voie droite! A cause de ton nom, Éternel, rends-moi la vie! Dans ta justice, retire mon âme de la détresse! Dans ta bonté, anéantis mes ennemis, Et fais périr tous les oppresseurs de mon âme! Car je suis ton serviteur. »

Méditer la parole en musique :

L’ancre de ma foi – Dan Luiten

Prière d’un témoin de l’Eglise– Martin Luther

Mon Dieu

je suis sûr que tu es vrai

Et que tu ne mens jamais

Permets que je demeure ferme dans la foi

Et que je ne cède pas au doute.

Non pas parce que ma prière est bonne,

Mais pas ce que toi, tu es la vérité.

Mon Père,

Encourage et fortifie par ta sainte parole

L’homme faible que je suis.

J’ai souvent de la peine

A accepter ta volonté pour moi.

Donne-moi la force d’être obéissant

Pour ne pas succomber à la tristesse.

Enseigne-moi, O Père,

À ne pas me confiner en moi-même

Ou  en mes belles entreprises,

Mais à tout attendre de ton infatigable bonté.

Que la tristesse de vivre,

souvent en désaccord avec ta volonté,

ne me submerge pas,

et plutôt que ta miséricorde

s’étende à toute ma vie et la fertilise. 

Mardi 6 août :

 La prière de Manoah (Juges 13 : 1-23)

« Les enfants d’Israël firent encore ce qui déplaît à l’Éternel; et l’Éternel les livra entre les mains des Philistins, pendant quarante ans. Il y avait un homme de Tsorea, de la famille des Danites, et qui s’appelait Manoach. Sa femme était stérile, et n’enfantait pas. Un ange de l’Éternel apparut à la femme, et lui dit: Voici, tu es stérile, et tu n’as point d’enfants; tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils. Maintenant prends bien garde, ne bois ni vin ni liqueur forte, et ne mange rien d’impur. Car tu vas devenir enceinte et tu enfanteras un fils. Le rasoir ne passera point sur sa tête, parce que cet enfant sera consacré à Dieu dès le ventre de sa mère; et ce sera lui qui commencera à délivrer Israël de la main des Philistins. La femme alla dire à son mari; Un homme de Dieu est venu vers moi, et il avait l’aspect d’un ange de Dieu, un aspect redoutable. Je ne lui ai pas demandé d’où il était, et il ne m’a pas fait connaître son nom. Mais il m’a dit: Tu vas devenir enceinte, et tu enfanteras un fils; et maintenant ne bois ni vin ni liqueur forte, et ne mange rien d’impur, parce que cet enfant sera consacré à Dieu dès le ventre de sa mère jusqu’au jour de sa mort. Manoach fit cette prière à l’Éternel: Ah! Seigneur, que l’homme de Dieu que tu as envoyé vienne encore vers nous, et qu’il nous enseigne ce que nous devons faire pour l’enfant qui naîtra! Dieu exauça la prière de Manoach, et l’ange de Dieu vint encore vers la femme. Elle était assise dans un champ, et Manoach, son mari, n’était pas avec elle. Elle courut promptement donner cette nouvelle à son mari, et lui dit: Voici, l’homme qui était venu l’autre jour vers moi m’est apparu. Manoach se leva, suivit sa femme, alla vers l’homme, et lui dit: Est-ce toi qui as parlé à cette femme? Il répondit: C’est moi. Manoach dit: Maintenant, si ta parole s’accomplit, que faudra-t-il observer à l’égard de l’enfant, et qu’y aura-t-il à faire? L’ange de l’Éternel répondit à Manoach: La femme s’abstiendra de tout ce que je lui ai dit. Elle ne goûtera d’aucun produit de la vigne, elle ne boira ni vin ni liqueur forte, et elle ne mangera rien d’impur; elle observera tout ce que je lui ai prescrit. Manoach dit à l’ange de l’Éternel: Permets-nous de te retenir, et de t’apprêter un chevreau. L’ange de l’Éternel répondit à Manoach: Quand tu me retiendrais, je ne mangerais pas de ton mets; mais si tu veux faire un holocauste, tu l’offriras à l’Éternel. Manoach ne savait point que ce fût un ange de l’Éternel. Et Manoach dit à l’ange de l’Éternel: Quel est ton nom, afin que nous te rendions gloire, quand ta parole s’accomplira? L’ange de l’Éternel lui répondit: Pourquoi demandes-tu mon nom? Il est merveilleux. Manoach prit le chevreau et l’offrande, et fit un sacrifice à l’Éternel sur le rocher. Il s’opéra un prodige, pendant que Manoach et sa femme regardaient. Comme la flamme montait de dessus l’autel vers le ciel, l’ange de l’Éternel monta dans la flamme de l’autel. A cette vue, Manoach et sa femme tombèrent la face contre terre. L’ange de l’Éternel n’apparut plus à Manoach et à sa femme. Alors Manoach comprit que c’était l’ange de l’Éternel, et il dit à sa femme: Nous allons mourir, car nous avons vu Dieu. Sa femme lui répondit: Si l’Éternel eût voulu nous faire mourir, il n’aurait pas pris de nos mains l’holocauste et l’offrande, il ne nous aurait pas fait voir tout cela, et il ne nous aurait pas maintenant fait entendre pareilles choses. »

Prière d’un père pour son enfant

Après Sarah, la femme d’Abraham, avant Anne de Rama et Marie la Nazaréenne, l’épouse de Manoah reçoit de Dieu la promesse d’un fils. Ce fils sera chargé d’une mission divine. Alors Manoah fait monter vers l’Éternel cette prière : 

« Ah ! Seigneur, que l’homme de Dieu que tu as envoyé vienne encore vers nous et qu’il nous enseigne ce que nous devons faire pour l’enfant qui naîtra ».

Arrêtons-nous devant ce père qui, saisi d’une nouvelle merveilleuse, au lieu de s’enorgueillir de la naissance d’un enfant, ne se préoccupe que de recevoir d’en haut des lumières pour bien élever son enfant.

Tout enfant qui s’annonce est donné de Dieu. Chacun de ces êtres fragiles aura une mission particulière, que Dieu lui confie, à remplir. Il faudra l’élever de façon qu’il puisse glorifier Dieu au cours de sa vie terrestre. Devant cette perspective, combien de pères font la prière de Manoah ? J’aime à croire que la plupart des mères prient pour le bébé, dont elles préparent avec amour les premiers vêtements ou la chambre à coucher, demandant à Dieu, de leur enseigner leur vocation de maman.

Chaque enfant est fils ou filles du Roi des rois !

Le tout petit qui va faire son entrée dans le monde est riche de possibilités infinies, il porte en lui la force de l’avenir, il est fils, elle est fille du Roi des rois ! Quel privilège pour lui (elle), quelle responsabilité pour toi à qui Dieu le confie ! Comme Manoah, prépare-toi à l’accueillir, car tu seras son protecteur et son guide.

Psaume 119 v 1-16 et v 33-40, en écho avec la prière de Manoah

« Heureux ceux dont la conduite est intègre, ceux qui marchent suivant la loi de l’Éternel! 
Heureux ceux qui gardent ses instructions, qui le cherchent de tout leur cœur,  qui ne commettent aucune injustice et qui marchent dans ses voies! 
Tu as promulgué tes décrets pour qu’on les respecte avec soin. 
Que mes actions soient bien réglées, afin que je respecte tes prescriptions!  
Alors je ne rougirai pas de honte devant tous tes commandements.  
Je te louerai avec un cœur droit en étudiant tes justes sentences. 
Je veux respecter tes prescriptions: ne m’abandonne pas totalement!
Comment le jeune homme rendra-t-il pur son sentier?
En se conformant à ta parole.  
Je te cherche de tout mon cœur: ne me laisse pas m’égarer loin de tes commandements!  
Je serre ta parole dans mon cœur afin de ne pas pécher contre toi.  
Béni sois-tu, Éternel, enseigne-moi tes prescriptions!  
De mes lèvres j’énumère toutes les sentences que tu as prononcées.  
J’ai autant de joie à suivre tes instructions que si je possédais tous les trésors.  
Je médite tes décrets, j’ai tes sentiers sous les yeux.  
Je fais mes délices de tes prescriptions, je n’oublie pas ta parole…
Enseigne-moi, Éternel, la voie de tes prescriptions, pour que je la suive jusqu’à la fin!  
Donne-moi l’intelligence, pour que je garde ta loi et que je la respecte de tout mon cœur!  
Conduis-moi dans le sentier de tes commandements, car je l’aime. 
Pousse mon cœur vers tes instructions, et non vers le profit!  
Détourne mes yeux de ce qui est sans valeur, fais-moi vivre dans ta voie! 
Accomplis envers ton serviteur ce que tu as promis à ceux qui te craignent!  
Éloigne de moi l’insulte que je redoute, car tes sentences sont pleines de bonté. 
 Je désire vraiment appliquer tes décrets: fais-moi vivre dans ta justice!« 

Méditer la parole en musique :

Je suivrai mon Seigneur et mon maître -Exo

Prière d’un témoin de l’Eglise– Dietrich Bonhoeffer

Prière du soir

Seigneur Dieu,

je te rends grâce d’avoir mené à terme cette journée.

Je te rends grâce d’apaiser mon corps et mon âme.

Ta main était sur moi et m’a gardé et préservé.

Pardonne mon manque de foi et tout le mal de cette journée.

Aide-moi à pardonner à ceux qui m’ont fait tort.

Fais-moi dormir paisiblement sous ta garde

Et préserve-moi des tentations de la nuit.

Je te confie les miens et cette maison,

je te confie mon corps et mon âme.

Que ton saint nom soit béni.

Amen

Dietrich Bonhoeffer (1906 -1945) Pasteur, théologien, philosophe et résistant allemand

Prière pour nos enfants ( anonyme)

Seigneur, je remets entre tes mains
Le nom de nos enfants.
Grave-les profondément en toi
Afin que rien ni personne ne puisse les enlever.
Protège-les
Chaque fois que je suis contraint(e)
De lâcher leur main.
Que ta force soit toujours plus grande
Que leur faiblesse.
Je ne te demande pas de leur épargner tout chagrin,
Mais d’être leur consolation
Lorsqu’ils seront seul ou dans la peur.
Garde nos enfants dans ton alliance en ton nom.
Ne t’éloigne jamais d’eux,
À aucun moment de leur vie.
Seigneur, je remets entre tes mains
Le nom de nos enfants.

Mercredi 7 août :

La prière de Samuel. (1 Samuel 3:1-10)

« Le jeune Samuel était au service de l’Éternel devant Éli. La parole de l’Éternel était rare en ce temps-là, les visions n’étaient pas fréquentes. En ce même temps, Éli, qui commençait à avoir les yeux troubles et ne pouvait plus voir, était couché à sa place, la lampe de Dieu n’était pas encore éteinte, et Samuel était couché dans le temple de l’Éternel, où était l’arche de Dieu. Alors l’Éternel appela Samuel. Il répondit: Me voici! Et il courut vers Éli, et dit: Me voici, car tu m’as appelé. Éli répondit: Je n’ai point appelé; retourne te coucher. Et il alla se coucher. L’Éternel appela de nouveau Samuel. Et Samuel se leva, alla vers Éli, et dit: Me voici, car tu m’as appelé. Éli répondit: Je n’ai point appelé, mon fils, retourne te coucher. Samuel ne connaissait pas encore l’Éternel, et la parole de l’Éternel ne lui avait pas encore été révélée. L’Éternel appela de nouveau Samuel, pour la troisième fois. Et Samuel se leva, alla vers Éli, et dit: Me voici, car tu m’as appelé. Éli comprit que c’était l’Éternel qui appelait l’enfant, et il dit à Samuel: Va, couche-toi; et si l’on t’appelle, tu diras: Parle, Éternel, car ton serviteur écoute. Et Samuel alla se coucher à sa place. L’Éternel vint et se présenta, et il appela comme les autres fois: Samuel, Samuel! Et Samuel répondit: Parle, car ton serviteur écoute. »

 « Parle, ton serviteur écoute. » 1 Samuel 3 : 10

Samuel le grand intercesseur :

Samuel, le vainqueur des Philistins, était un grand intercesseur. Il « criait » à Dieu nous dit (1 Sam. 7 :8). Il rejetait loin de lui la pensée d’intercéder auprès de Dieu pour le peuple, considérant cela comme un péché : « Loin de moi la pensée de pécher contre l’Éternel en cessant de prier pour vous ! » (1 Sam. 12:23). Et le Psaume 99 le cite, seul, comme le type de ceux à qui «l’Éternel répondait ». Le livre du prophète Jérémie dira encore : « Quand Moïse et Samuel intercéderaient devant moi en faveur de ce peuple, je ne me laisserais pas fléchir. » (Jérémie 15 :1).

Écoute de Dieu

Pourtant, les textes bibliques ne nous ont conservé que sa première prière : « Parle, ton serviteur écoute ! ». Est-il une prière plus belle que ces quatre mots ? Ils nous ramènent à l’essentiel de la prière : l’écoute de Dieu.

Aujourd’hui où il semble parfois que, comme du temps des Juges, la Parole de Dieu se fasse rare (1 Sam. 3 :1), n’aurions-nous pas tendance à négliger cette prière pour lui en substituer d’autres qui, tout en voulant servir Dieu, s’adressent à des hommes ? « Parle, théologien et instruis-moi du dernier mot de la science, afin que je puisse réfuter les adversaires du Seigneur ! » ; « Parle, financier, et trouve-moi beaucoup d’argent pour que je puisse envoyer beaucoup d’ouvriers prêcher l’Évangile ! »…

Or c’est Dieu seul qui « donne l’accroissement » (1 Corinthiens 3: 6). C’est toujours le Seigneur seul qui accorde des délivrances et des victoires, à la façon d’Eben-Hézer (1 Samuel 7 : 12, 41) et dans cet épisode encore de la vie du peuple d’Israël, on découvre Samuel intercédant pour le peuple.

Les heures des plus grandes crises mondiales ne doivent être que les heures du plus grand recueillement. Discipline difficile, et pourtant seule féconde : Dieu conduit ce qu’il inspire.

« Parle, ton serviteur écoute ! »

Psaume 99, en écho avec la prière de Samuel

 L’Éternel règne: les peuples tremblent; il siège entre les chérubins: la terre tremble.  
L’Éternel est grand dans Sion, il domine tous les peuples.
Qu’on célèbre ton nom grand et redoutable: il est saint!  
Qu’on célèbre la force du roi qui aime le droit!
Tu établis l’équité, tu exerces le droit et la justice en Jacob.
Proclamez la grandeur de l’Éternel, notre Dieu, et prosternez-vous à ses pieds: il est saint!
Moïse et Aaron parmi ses prêtres, et Samuel parmi ceux qui faisaient appel à son nom, s’adressaient à l’Éternel, et il les exauçait. 
Il leur parlait dans la colonne de nuée; ils ont respecté ses commandements et la loi qu’il leur avait donnée.
Éternel, notre Dieu, tu les as exaucés, tu as été pour eux un Dieu de pardon, mais tu les as punis de leurs fautes.
Proclamez la grandeur de L’Éternel, notre Dieu, et prosternez-vous sur sa montagne sainte, car il est saint, L’Éternel, notre Dieu!

Méditer la parole en musique :

Viens Nous Parler- John Featherstone -Degrés

Prière d’un témoin de l’Eglise – Saint Jean de la Croix

Prends-moi dans ton silence,

loin des bruits et de l’agitation du monde.

Dans un silence où tout mon être se retrouve en sa vérité,

en sa nudité, en sa misère,

car ce silence me permet de me découvrir moi-même.

Fais taire en moi ce qui n’est pas de toi,

ce qui n’est pas ta présence.

Impose silence à mes désirs, à mes caprices, à mes rêves d’évasion,

à la violence de mes passions.

Imprègne de ton silence ma nature trop impatiente de parler,

trop encline à l’action extérieure et bruyante.

Fais descendre ton silence jusqu’au fond de mon être,

et fais remonter ce silence vers toi, en hommage d’amour.

Saint Jean de la Croix (1542-1591)- mystique espagnol et prêtre catholique

Jeudi 8 août :

La prière de David (2 Samuel 7:17-29)  

 « Nathan rapporta à David toutes ces paroles et toute cette vision. Et le roi David alla se présenter devant l’Éternel, et dit: Qui suis-je, Seigneur Éternel, et quelle est ma maison, pour que tu m’aies fait parvenir où je suis? C’est encore peu de chose à tes yeux, Seigneur Éternel; tu parles aussi de la maison de ton serviteur pour les temps à venir. Et tu daignes instruire un homme de ces choses, Seigneur Éternel! Que pourrait te dire de plus David? Tu connais ton serviteur, Seigneur Éternel! A cause de ta parole, et selon ton cœur, tu as fait toutes ces grandes choses pour les révéler à ton serviteur. Que tu es donc grand, Éternel Dieu! Car nul n’est semblable à toi, et il n’y a point d’autre Dieu que toi, d’après tout ce que nous avons entendu de nos oreilles. Est-il sur la terre une seule nation qui soit comme ton peuple, comme Israël, que Dieu est venu racheter pour en former son peuple, pour se faire un nom et pour accomplir en sa faveur, en faveur de ton pays, des miracles et des prodiges, en chassant devant ton peuple, que tu as racheté d’Égypte, des nations et leurs dieux? Tu as affermi ton peuple d’Israël, pour qu’il fût ton peuple à toujours; et toi, Éternel, tu es devenu son Dieu. Maintenant, Éternel Dieu, fais subsister jusque dans l’éternité la parole que tu as prononcée sur ton serviteur et sur sa maison, et agis selon ta parole. Que ton nom soit à jamais glorifié, et que l’on dise: L’Éternel des armées est le Dieu d’Israël! Et que la maison de ton serviteur David soit affermie devant toi! Car toi-même, Éternel des armées, Dieu d’Israël, tu t’es révélé à ton serviteur, en disant: Je te fonderai une maison! C’est pourquoi ton serviteur a pris courage pour t’adresser cette prière. Maintenant, Seigneur Éternel, tu es Dieu, et tes paroles sont vérité, et tu as annoncé cette grâce à ton serviteur. Veuille donc bénir la maison de ton serviteur, afin qu’elle subsiste à toujours devant toi! Car c’est toi, Seigneur Éternel, qui as parlé, et par ta bénédiction la maison de ton serviteur sera bénie éternellement. »

 « Qui suis-je, Seigneur Éternel, et qu’est-ce que ma famille pour que tu m’aies fait parvenir où je suis ? Tu as fait toutes ces grandes choses selon ton bon plaisir… Ratifie pour toujours la parole que tu as prononcée au sujet de ton serviteur afin que ton nom soit glorifié à jamais… » 2 Samuel 7  v1s

Un royaume promis

Les connaisseurs de la Bible ne prêtent pas toujours une attention suffisante à cette prière de David après que Nathan lui ait annoncé que Dieu donnerait à sa descendance la royauté éternelle.

Cette prière marque pourtant une heure aussi importante pour l’histoire d’Israël, que la vocation d’Abraham, ou l’appel de Moïse au Sinaï.

Enfant de Dieu par Abraham, citoyen du peuple de Dieu par Moïse, l’Israélite est, par David, ordonné chevalier pour le Royaume du Messie. « Il faut qu’il, règne jusqu’à ce qu’il ait mis tous ses ennemis sous ses pieds », dira un jour l’apôtre Paul. Pour ce règne à venir, David prie, il désire tout son accomplissement sans pouvoir encore tout comprendre de ce royaume promis par Dieu. Relisez la prière de David : Il prie pour que le nom de l’Éternel soit glorifié.

Promesse oubliée :

Le peuple élu a pourtant méconnu cette grâce, abandonné l’idéal messianique où les prophètes leur avaient montré que la gloire de l’Éternel devait s’accomplir sur toute la terre. Quand le Messie, le Fils de David est venu, au lieu de l’acclamer, on lui a craché au visage, on l’a cloué sur une croix.

Recevoir dans nos cœurs le messie promis

Est-il sûr que nous chrétiens qui portons aujourd’hui si fièrement son nom parmi les hommes le reconnaîtraient et l’acclameraient, s’il apparaissait, non dans sa royauté céleste, mais dans l’humilité de sa première venue sur la terre ?

Est-il sûr que nous-mêmes, qui nous réclamons de lui, pourrions supporter sa présence, et l’immense déconvenue qu’elle serait pour notre orgueil, pour notre propre notion de justice ?

Pour recevoir dans nos cœurs, chaque jour de nos vies, le Messie de Dieu, revenons au point de départ, à la prière de David : « Seigneur Éternel, qui suis-je… pour que ton nom soit glorifié ?…»

Psaume 8, en écho avec la prière de David

« Au chef de chœur, sur la guitthith. Psaume de David.

Éternel, notre Seigneur, que ton nom est magnifique sur toute la terre! Ta majesté domine le ciel. Par la bouche des enfants et des nourrissons, tu as fondé ta gloire pour confondre tes adversaires, pour réduire au silence l’ennemi, l’homme avide de vengeance.

Quand je contemple le ciel, œuvre de tes mains, la lune et les étoiles que tu y as placées, je dis: «Qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui, et le fils de l’homme, pour que tu prennes soin de lui?»  Tu l’as fait de peu inférieur à Dieu et tu l’as couronné de gloire et d’honneur. Tu lui as donné la domination sur ce que tes mains ont fait, tu as tout mis sous ses pieds,  les brebis comme les bœufs, et même les animaux sauvages,  les oiseaux du ciel et les poissons de la mer, tout ce qui parcourt les sentiers des mers.

Éternel, notre Seigneur, que ton nom est magnifique sur toute la terre!« 

Méditer la parole en musique :

Matt & Sarah Marvane – Je chanterai

Prière de la communauté de Pomeyrol

Seigneur,

Je ne crains rien aujourd’hui

Aucun danger,

Car Tu es mon bouclier

Aucune perte,

Car tout T’appartient

Aucune souffrance,

Car Tu m’aides à la surmonter

Aucune déception,

Car Tu veux me donner mieux

Aucun ennemi,

Car il est aussi aimé de Toi

Aucune difficulté,

Car Tu m’aides à faire face.

Il est bon, Seigneur, de vivre avec toi,

De redire ta bonté du matin jusqu’au soir.

Fais-moi comprendre tes volontés,

Ouvre mon cœur à ta Parole.

Je me réjouis de tes promesses,

Joyeux comme celui qui découvre un trésor.

Je louerai ton nom, Seigneur,  par le chant :

Tu es grand et digne de louanges.

Que le ciel et la Terre et toutes créatures acclament le Seigneur.

Gloire au Seigneur à tout jamais,

Que Dieu se réjouissent en ses œuvres.

Vendredi 9 août :

La prière de Salomon (1 Rois 3 : 4-15)

Le roi se rendit à Gabaon pour y offrir des sacrifices, car c’était le principal des hauts lieux. Salomon offrit 1000 holocaustes sur l’autel.  A Gabaon, l’Éternel lui apparut en rêve pendant la nuit et Dieu lui dit: «Demande-moi ce que tu veux que je te donne.» Salomon répondit: «Tu as traité avec une grande bonté ton serviteur David, mon père, parce qu’il marchait en ta présence dans la fidélité et la justice, et avec un cœur droit envers toi. Tu lui as conservé cette grande bonté et tu lui as donné un fils pour siéger sur son trône, comme on le voit aujourd’hui.  Maintenant, Éternel mon Dieu, tu m’as établi roi, moi ton serviteur, à la place de mon père David. Or je ne suis qu’un jeune homme, je n’ai pas d’expérience.  Ton serviteur se trouve au milieu de ton peuple, celui que tu as choisi, et c’est un peuple immense, si nombreux qu’il ne peut être ni compté ni recensé.  Accorde donc à ton serviteur un cœur apte à écouter pour juger ton peuple, pour distinguer le bien du mal! En effet, qui serait capable de juger ton peuple, ce peuple si important?» Cette demande de Salomon plut au Seigneur.  Et Dieu lui dit: «Puisque c’est cela que tu demandes, puisque tu ne réclames pour toi ni une longue vie, ni les richesses, ni la mort de tes ennemis, mais que tu demandes de l’intelligence pour exercer la justice,  je vais agir conformément à ta parole. Je vais te donner un cœur si sage et si intelligent qu’il n’y a eu avant toi et qu’on ne verra jamais personne de pareil à toi.  Je te donnerai en outre ce que tu n’as pas demandé: des richesses et de la gloire en si grande quantité qu’il n’y aura pendant toute ta vie aucun roi qui soit ton égal.  Et si tu marches dans mes voies en respectant mes prescriptions et mes commandements, comme l’a fait ton père David, je te donnerai une longue vie.» Salomon se réveilla, et voilà quel avait été son rêve. Il revint à Jérusalem et se présenta devant l’arche de l’alliance du Seigneur. Il offrit des holocaustes et des sacrifices de communion, et il fit un festin pour tous ses serviteurs.

 « Jéhovah, mon Dieu…, donne à ton serviteur un cœur attentif… pour distinguer entre le bien et le mal ! »
1 Rois 3 : 9

Prière pour demander la sagesse

La prière dans laquelle l’héritier de David demande à Dieu d’éclairer sa conscience, inaugure son règne magnifiquement. Qu’il s’y tienne et il marchera dans la lumière, sous la bénédiction des promesses messianiques.

Persévérer dans la prière toute ma vie

Malheureusement, Salomon a fait cette prière « dans un songe ». Il ne s’y est pas tenu dans la réalité de toute sa vie. Salomon a bâti un temple à Jéhovah, mais il ne lui a pas donné son cœur pour sanctuaire, et les penchants de son cœur l’ont perdu. Pour des femmes, il a servi les faux dieux. Par son luxe, il a ruiné ses finances. Puis est survenu le schisme qui déchira l’empire en deux. Israël ne s’est jamais relevé des fautes de Salomon. Voilà qui doit nous mettre en garde contre les paroles élogieuses : nul n’a été plus vanté que Salomon.

Discernement qui vient de l’Esprit Saint

L’homme dont la conscience n’est pas éclairée par l’Esprit de Dieu, obéit à des désirs personnels, plutôt qu’à Dieu. Et nous habillons parfois de « bonnes raisons» les actes que nos désirs nous inspirent, pour justifier ces actes devant les autres, parfois pour nous les justifier à nous-mêmes. Quand nous bâtirions le Temple de l’Éternel, comme Salomon, la déchéance peut nous guetter.

Lorsque notre conscience est éclairée par l’Esprit Saint, elle projette de la lumière sur la source de nos désirs, sur l’origine de nos actes, et elle nous arrête avant la chute. « Si quelqu’un marche de jour, dit Jésus, il ne bronche pas » (1 Jean 11 :9). Alors nous serons « comme un arbre planté près d’un cours d’eau qui donne son fruit en sa saison et dont le feuillage ne se flétrit pas » (Psaume 1 :3)

Psaume 1 en écho à la prière de Salomon :

« Heureux qui ne suit pas les conseils des gens sans foi ni loi,
qui ne s’arrête pas sur le chemin de ceux qui se détournent de Dieu,
et qui ne s’assied pas avec ceux qui se moquent de tout !
Ce qu’il aime, au contraire, c’est l’enseignement du Seigneur ;
il le médite jour et nuit.
Il est comme un arbre planté près d’un cours d’eau :
il produit ses fruits quand la saison est venue,
et son feuillage ne perd jamais sa fraîcheur.
Tout ce que fait cet homme est réussi.
Mais ce n’est pas le cas des gens sans foi ni loi :
ils sont comme brins de paille dispersés par le vent.
C’est pourquoi, quand on juge (à l’entrée du temple) ces gens-là ne sont pas admis ;
dans l’assemblée des fidèles de Dieu, il n’y a pas de place pour eux.
Le Seigneur connaît la conduite des fidèles,
mais la conduite des gens sans foi ni loi mène au désastre. »

Psaume 72 de Salomon

« De Salomon.
O Dieu, donne au roi de juger comme toi, donne ton esprit de justice au fils du roi!
Qu’il juge ton peuple avec justice, et les malheureux qui t’appartiennent conformément au droit. 
Que les montagnes apportent la paix au peuple, et les collines aussi, par l’effet de ta justice! 
Il fera droit aux malheureux du peuple, il sauvera les enfants du pauvre et il écrasera l’oppresseur. 
On te craindra, tant que le soleil brillera, tant que la lune éclairera, de génération en génération. 
Il sera pareil à une pluie qui tombe sur un terrain fauché, à des ondées qui arrosent la campagne. 
Sous son règne, le juste fleurira, et la paix sera grande tant que la lune éclairera. 
Il dominera d’une mer à l’autre, et de l’Euphrate aux extrémités de la terre. 
Devant lui les habitants du désert plieront le genou et ses ennemis lécheront la poussière. 
Les rois de Tarsis et des îles amèneront des offrandes, les rois de Séba et de Saba apporteront leur tribut. 
Tous les rois se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront, 
car il délivrera le pauvre qui crie et le malheureux que personne n’aide. 
Il aura pitié du faible et du pauvre, et il sauvera la vie des pauvres;
il les rachètera de l’oppression et de la violence,
et leur sang aura de la valeur à ses yeux.
Que le roi vive! On lui donnera de l’or de Séba,
on priera pour lui sans cesse, on le bénira tout le jour. 
Les blés abonderont dans le pays, au sommet des montagnes,
et leurs épis s’agiteront comme les arbres du Liban;
les hommes fleuriront dans les villes comme l’herbe de la terre.
Que son nom subsiste toujours,
qu’il se perpétue aussi longtemps que le soleil!
Par lui on se bénira mutuellement,
et toutes les nations le diront heureux.
Béni soit l’Eternel Dieu, le Dieu d’Israël, qui seul fait des merveilles!
Que son nom glorieux soit béni éternellement,
que toute la terre soit remplie de sa gloire!
Amen! Amen!
Fin des prières de David, fils d’Isaï.« 

Méditer la parole en musique :

Ouvre Les Yeux De Mon Cœur –Paul Baloche


Prière d’un témoin de l’Eglise – Isaac le Syrien

Seigneur mon Dieu,

Donne-moi le repentir, mon coeur est en peine,

pour que de toute mon âme j’aille à ta recherche,

car sans toi je suis privé de tout bien.

O Dieu bon, donne-moi ta grâce.

Je t’ai abandonné, ne m’abandonne pas;

je me suis éloigné de toi, sors à ma recherche.

Conduis-moi dans ton pâturage, parmi les brebis de ton troupeau.

Nourris-moi de l’herbe fraîche de ta Parole

dont tout coeur pur est la demeure,

ce coeur qui porte en lui la splendeur de tes révélations…

Puissions-nous être dignes d’une telle splendeur,

par ta grâce et ton amour de l’homme,

Père,en Jésus-Christ, notre Sauveur,

dans les siècles des siècles.

Isaac de Ninive ou Isaac le Syrien (640-700 -) ascète, mystique et théologien, évêque. Grande figue dans l’église d’Orient

Samedi 10 août :

La prière d’Élie (1 Rois 19 :1-18)

 « Achab rapporta à Jézabel tout ce qu’avait fait Élie, et comment il avait tué par l’épée tous les prophètes. Jézabel envoya un messager à Élie, pour lui dire: Que les dieux me traitent dans toute leur rigueur, si demain, à cette heure, je ne fais de ta vie ce que tu as fait de la vie de chacun d’eux! Élie, voyant cela, se leva et s’en alla, pour sauver sa vie. Il arriva à Beer-Schéba, qui appartient à Juda, et il y laissa son serviteur. Pour lui, il alla dans le désert où, après une journée de marche, il s’assit sous un genêt, et demanda la mort, en disant: C’est assez! Maintenant, Éternel, prends mon âme, car je ne suis pas meilleur que mes pères. Il se coucha et s’endormit sous un genêt. Et voici, un ange le toucha, et lui dit: Lève-toi, mange. Il regarda, et il y avait à son chevet un gâteau cuit sur des pierres chauffées et une cruche d’eau. Il mangea et but, puis se recoucha. L’ange de l’Éternel vint une seconde fois, le toucha, et dit: Lève-toi, mange, car le chemin est trop long pour toi. Il se leva, mangea et but; et avec la force que lui donna cette nourriture, il marcha quarante jours et quarante nuits jusqu’à la montagne de Dieu, à Horeb. Et là, il entra dans la caverne, et il y passa la nuit. Et voici, la parole de l’Éternel lui fut adressée, en ces mots: Que fais-tu ici, Élie? Il répondit: J’ai déployé mon zèle pour l’Éternel, le Dieu des armées; car les enfants d’Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels, et ils ont tué par l’épée tes prophètes; je suis resté, moi seul, et ils cherchent à m’ôter la vie. L’Éternel dit: Sors, et tiens-toi dans la montagne devant l’Éternel! Et voici, l’Éternel passa. Et devant l’Éternel, il y eut un vent fort et violent qui déchirait les montagnes et brisait les rochers: l’Éternel n’était pas dans le vent. Et après le vent, ce fut un tremblement de terre: l’Éternel n’était pas dans le tremblement de terre. Et après le tremblement de terre, un feu: l’Éternel n’était pas dans le feu. Et après le feu, un murmure doux et léger. Quand Élie l’entendit, il s’enveloppa le visage de son manteau, il sortit et se tint à l’entrée de la caverne. Et voici, une voix lui fit entendre ces paroles: Que fais-tu ici, Élie? Il répondit: J’ai déployé mon zèle pour l’Éternel, le Dieu des armées; car les enfants d’Israël ont abandonné ton alliance, ils ont renversé tes autels, et ils ont tué par l’épée tes prophètes; je suis resté, moi seul, et ils cherchent à m’ôter la vie. L’Éternel lui dit: Va, reprends ton chemin par le désert jusqu’à Damas; et quand tu seras arrivé, tu oindras Hazaël pour roi de Syrie. Tu oindras aussi Jéhu, fils de Nimschi, pour roi d’Israël; et tu oindras Élisée, fils de Schaphath, d’Abel-Mehola, pour prophète à ta place. Et il arrivera que celui qui échappera à l’épée de Hazaël, Jéhu le fera mourir; et celui qui échappera à l’épée de Jéhu, Élisée le fera mourir. Mais je laisserai en Israël sept mille hommes, tous ceux qui n’ont point fléchi les genoux devant Baal, et dont la bouche ne l’a point baisé. »

 « C’en est assez, O Éternel ! Reprends mon âme, car je ne vaux pas mieux que mes pères… J’ai déployé mon zèle… Je suis resté, moi seul.., et ils en veulent à ma vie.» ref

Prière du découragement :

Élie s’est dépensé pour l’Éternel, il a fait des prodiges, il a détrôné Baal, et voici toute son œuvre ruinée par le geste d’humeur de Jézabel, une femme vindicative. Jézabel commande et Achab obéit. Élie a peur, il est obligé de fuir sous la menace, il crie alors à Dieu : « Je suis resté, moi seul ! »

Et Dieu répond dans « le murmure doux et léger» qui suivit en Horeb le fracas de la tempête, le tremblement de terre, l’éclat de la foudre. Et le Seigneur d’ajouter  «Va ! Retourne sur tes pas ! Tu oindras Azaël… Jéhu… Élisée… Je me suis réservé sept mille hommes qui n’ont pas fléchi le genou devant Baal. »

Élie se croyait seul : ils sont sept mille ! Élie croyait Baal vainqueur, et les exterminateurs de Baal sont mis à la porte par Dieu.

Élie se croit le derniers de tous « Je ne suis pas meilleur que mes pères »: Il est le plus grands des prophètes de l’Ancien Testament, le symbole de tous (cf :Jésus parle à Élie à la transfiguration)

Quelle leçon pour les heures où tout dans nos vies concourt à nous décourager ! Le découragement est humain. Parfois même quand nous avons lutté pour Dieu, triomphé par Dieu, et que les circonstances nous trahissent ou que les hommes s’interposent. Mais le découragement est une épreuve, il n’est pas une infériorité. Il peut atteindre les chrétiens les plus fidèles, comme Élie le plus grand des prophètes; mais s’ils veulent rester fidèles, ils ne peuvent pas s’y attarder, il faut monter au mont Horeb.

Monter au mont Horeb

Qu’ils crient à Dieu comme Élie et la voix de Dieu dans le « murmure doux et léger» leur rendra la paix, en leur révélant comme à Élie les ressources insoupçonnées dont Dieu dispose pour mener à bien ses projets.

Méfions-nous de réduire jamais aux limites de notre action les possibilités de Dieu. « Or, à celui qui peut faire, par la puissance qui agit en nous, infiniment au-delà de tout ce que nous demandons ou pensons, à lui soit la gloire dans l’Église et en Jésus-Christ, dans toutes les générations, aux siècles des siècles! Amen! » (Éphésiens 3:20, 21)

Psaume 13, psaume des montées, en écho à la prière d’Élie

« Au chef de chœur. Psaume de David.
Jusqu’à quand, Éternel, m’oublieras-tu sans cesse?
Jusqu’à quand me cacheras-tu ton visage? 
Jusqu’à quand aurai-je des soucis dans mon âme,
et chaque jour des chagrins dans mon cœur?
Jusqu’à quand mon ennemi s’attaquera-t-il à moi?
Regarde, réponds-moi, Éternel, mon Dieu!
Donne la lumière à mes yeux, afin que je ne m’endorme pas du sommeil de la mort! 
En effet, mon ennemi pourrait dire: «Je l’ai vaincu»,
et mes adversaires se réjouir en me voyant ébranlé.
Moi, j’ai confiance en ta bonté, j’ai de la joie dans le cœur à cause de ton salut.
Je veux chanter en l’honneur de l’Éternel, car il m’a fait du bien.« 

Méditer la parole en musique :

Mon secours est en Toi _ PS. 121 (Acoustique Version) IMPACT

Prière d’un témoin de l’Eglise – Charles Singer

Pour ce temps je me tairai.
De silence et de solitude, je m’entourerai,
Et ce sera comme en plein désert.
Je t’écouterai, Seigneur,
Et je te regarderai…
Tout donner
Ton corps, ton sang,
Ta vie et ta joie d’aimer
Sans rien retenir pour toi.

Tes paroles, je l’ai savourerai,
Comme du pain frais au réveil.
Je les mettrai dans mon cœur
Et en moi elles couleront
Comme une musique.
Je les attacherai à mes mains
Et en moi comme dans la terre
Elles creuseront des sillons.

Pour vivre selon le cœur de Dieu,
Je brûlerai ce qui est inutile,
Mes colères et ma dureté,
Mes tristesses semblables à l’eau noire
Qui coule sous le pont,
Et mon désir d’avoir toujours raison.
Je brûlerai au feu de Dieu
Et je jetterai les cendres,
Alors mon cœur sera neuf
Comme le soleil du matin
S’échappant du brouillard de la nuit.

Dimanche 11 août :

 La prière d’Élisée. (2 Rois 6:8-23) 

 « Le roi de Syrie était en guerre avec Israël, et, dans un conseil qu’il tint avec ses serviteurs, il dit: Mon camp sera dans un tel lieu. Mais l’homme de Dieu fit dire au roi d’Israël: Garde-toi de passer dans ce lieu, car les Syriens y descendent. Et le roi d’Israël envoya des gens, pour s’y tenir en observation, vers le lieu que lui avait mentionné et signalé l’homme de Dieu. Cela arriva non pas une fois ni deux fois. Le roi de Syrie en eut le cœur agité; il appela ses serviteurs, et leur dit: Ne voulez-vous pas me déclarer lequel de nous est pour le roi d’Israël? L’un de ses serviteurs répondit: Personne! Ô roi mon seigneur; mais Élisée, le prophète, qui est en Israël, rapporte au roi d’Israël les paroles que tu prononces dans ta chambre à coucher. Et le roi dit: Allez et voyez où il est, et je le ferai prendre. On vint lui dire: Voici, il est à Dothan. Il y envoya des chevaux, des chars et une forte troupe, qui arrivèrent de nuit et qui enveloppèrent la ville. Le serviteur de l’homme de Dieu se leva de bon matin et sortit; et voici, une troupe entourait la ville, avec des chevaux et des chars. Et le serviteur dit à l’homme de Dieu: Ah? Mon seigneur, comment ferons-nous! Il répondit: Ne crains point, car ceux qui sont avec nous sont en plus grand nombre que ceux qui sont avec eux. Élisée pria, et dit: Éternel, ouvre ses yeux, pour qu’il voie. Et l’Éternel ouvrit les yeux du serviteur, qui vit la montagne pleine de chevaux et de chars de feu autour d’Élisée. Les Syriens descendirent vers Élisée. Il adressa alors cette prière à l’Éternel: Daigne frapper d’aveuglement cette nation! Et l’Éternel les frappa d’aveuglement, selon la parole d’Élisée. Élisée leur dit: Ce n’est pas ici le chemin, et ce n’est pas ici la ville; suivez-moi, et je vous conduirai vers l’homme que vous cherchez. Et il les conduisit à Samarie. Lorsqu’ils furent entrés dans Samarie, Élisée dit: Éternel, ouvre les yeux de ces gens, pour qu’ils voient! Et l’Éternel ouvrit leurs yeux, et ils virent qu’ils étaient au milieu de Samarie. Le roi d’Israël, en les voyant, dit à Élisée: Frapperai-je, frapperai-je, mon père? Tu ne frapperas point, répondit Élisée; est-ce que tu frappes ceux que tu fais prisonniers avec ton épée et avec ton arc? Donne-leur du pain et de l’eau, afin qu’ils mangent et boivent; et qu’ils s’en aillent ensuite vers leur maître. Le roi d’Israël leur fit servir un grand repas, et ils mangèrent et burent; puis il les renvoya, et ils s’en allèrent vers leur maître. Et les troupes des Syriens ne revinrent plus sur le territoire d’Israël. »

« O Éternel, ouvre ses yeux, afin qu’il voie ! » 2 Rois 6 : 17

C’était le « camp de Dieu ».

Israël fléchissait sous l’étreinte du terrible Ben-Hadad. L’armée syrienne bloquait Samarie. La tête d’Élisée était mise à prix. « Homme de Dieu », s’écria son serviteur, « qu’allons-nous faire ?». Élisée lui répondit : «Ne crains point. Ceux qui sont avec nous sont plus nombreux que ceux qui sont avec eux. » Puis il pria : « O Éternel, ouvre ses yeux afin qu’il voie ! ». Et le serviteur vit sur les collines toute une multitude de chevaux et de chariots de feu autour d’Élisée. Tel Jacob fuyant Laban et tremblant de voir Esaü se jeter sur sa caravane sans défense, Le serviteur d’Élisée vit autour de ses troupeaux des anges qui allaient et venaient. C’était « le camp de Dieu ».

Le Sadhou Sundar Singh racontait un jour comment il avait été sauvé des mains d’une horde de Tibétains en furie parce qu’au moment de le lapider ses meurtriers avaient vu autour de lui toute une foule de visages mystérieux et surhumains. C’était « le camp de Dieu ».

Ces faits miraculeux, trouées sur l’invisible, nous révèlent le monde spirituel bien plus près de nous que nous ne le pensons. Il nous entoure, il nous porte… Ce que voient nos regards de chair n’est qu’apparence; le réel, c’est l’invisible : « Dieu est Esprit ».

Voir l’invisible

Quand le regard de l’âme a saisi l’invisible, le croyant prend conscience du « camp de Dieu » au sein duquel il marche, et l’assurance qu’il existe entre lui et l’adversaire une zone de protection divine remplit son cœur d’une paix souveraine.

Je ne dis pas que le croyant sera épargné, mais l’échelle des valeurs, pour lui, sera renversée. Il y a des victoires qui isolent de Dieu ; il y a des défaites qui font affluer les anges. L’heure de la puissance des ténèbres elle-même ne peut faire reculer « le camp de Dieu ». A Gethsémané, il y avait un ange :

« Jésus sortit et se rendit, selon son habitude, au mont des Oliviers. Ses disciples le suivirent. Quand il fut arrivé à cet endroit, il leur dit : « Priez afin de ne pas tomber dans la tentation. » Puis il s’éloigna d’eux à la distance d’un jet de pierre environ, se mit à genoux et pria en ces termes : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe de douleur. Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne. » Alors un ange du ciel lui apparut pour le fortifier. Saisi d’angoisse, Jésus priait avec encore plus d’ardeur. Sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient à terre. Après avoir prié, il se leva, revint vers les disciples et les trouva endormis, épuisés de tristesse. Il leur dit : « Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation. » » (Luc 22:39-46)

Croyez-vous aux anges ?

Certains en lisant cette méditation resterons peut être quelque peu sceptiques, en effet, nous n’abordons pas souvent en église ce sujet. Pourtant je voudrais vous le rappeler, en m’appuyant sur la parole de Dieu : la prière ouvre nos yeux au monde de l’invisible et des messagers de Dieu.

Une belle soirée d’août. Deux enfants regardent au-dessus de leur tête s’entrecroiser des météores qui illuminent de traits de feu la nuit. L’un demande : « Qu’est-ce que c’est les étoiles filantes ? » L’autre lui répond : « On me l’a dit. Ce sont les anges qui descendent et qui montent, comme dans le songe de Jacob. Quand ils entrent dans l’air, ils s’éteignent pour pouvoir faire leur travail sans être vus. Quand ils ressortent de l’air, ils se rallument pour remonter au ciel ».

Explication naïve d’une vérité biblique : comme le ciel d’été foisonne de particules de comètes qui s’enflamment en traversant notre atmosphère, comme l’air qui nous enveloppe et nous pénètre vibre d’ondes sonores que la radio nous rend perceptibles, l’espace entre notre vie terrestre et la Maison du Père est sillonné par des messagers angéliques, ouvriers des desseins de Dieu (Hebreux 1 :14). 

« Des anges vinrent vers Jésus et le servirent » (Mat. 4 v11) ; un ange ouvrit à Pierre les portes de sa prison (Actes 5 :19) ; sans parler d’anges gardiens personnels, même les plus petits d’entre nous bénéficient, selon la parole de Dieu, de l’action des anges qui, nous dit Jésus; « contemplent sans cesse la face de mon Père » (Mat. 18 :10). Le croyant, ici-bas, n’est donc pas un orphelin qui marche dans le désert loin de la présence et de la manifestation de Dieu; « L’ange de l’Éternel campe autour de ceux qui le craignent et les garantit » (Psaume 34 :8).

Ce monde spirituel, c’est la prière qui l’ouvre, le recueillement qui y introduit. Christ a dit: « Je ne suis jamais seul ? »,  car il était toujours entouré de l’affection du Père. Demandons à Dieu de former nos yeux à voir l’invisible (1 Rois 19 :12), comme le serviteur d’Élisée surpris de voir l’armée du Seigneur (2 Rois 6 :15-17), et de rendre sensible à nos cœurs le va-et-vient des anges !

Psaume 34 en écho avec la prière d’Élisée

« De David, lorsqu’il se fit passer pour un fou en présence d’Abimélec et qu’il s’en alla chassé par lui.
Je veux bénir l’Éternel en tout temps: sa louange sera toujours dans ma bouche. Que mon âme fasse toute sa fierté de l’Éternel! Que les humbles écoutent et se réjouissent! Dites avec moi la grandeur de l’Éternel, célébrons tous son nom!
J’ai cherché L’Éternel, et il m’a répondu, il m’a délivré de toutes mes frayeurs. Quand on tourne les regards vers lui, on est rayonnant de joie, et le visage ne rougit pas de honte. Quand un malheureux crie, l’Éternel entend, et il le sauve de toutes ses détresses. L’ange de l’Éternel campe autour de ceux qui le craignent, et il les arrache au danger.
Goûtez et voyez combien l’Éternel est bon! Heureux l’homme qui cherche refuge en lui! Craignez l’Éternel, vous ses saints, car rien ne manque à ceux qui le craignent. Les lionceaux connaissent la disette et la faim, mais ceux qui cherchent l’Éternel ne sont privés d’aucun bien.
Venez, mes fils, écoutez-moi: je vous enseignerai la crainte de l’Éternel. Qui donc aime la vie et désire voir des jours heureux?Alors préserve ta langue du mal et tes lèvres des paroles trompeuses, détourne-toi du mal et fais le bien, recherche la paix et poursuis-la.
Les yeux de l’Éternel sont sur les justes et ses oreilles sont attentives à leur cri, mais il se tourne contre ceux qui font le mal pour effacer leur souvenir de la terre.
Quand les justes crient, l’Éternel entend, et il les délivre de toutes leurs détresses. L’Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé, et il sauve ceux dont l’esprit est abattu.
Beaucoup de malheurs atteignent le juste, mais l’Éternel l’en délivre toujours: il garde tous ses os, *aucun d’eux n’est brisé. Mais le malheur fait mourir le méchant, les ennemis du juste sont condamnés.
L’Éternel rachète l’âme de ses serviteurs, et tous ceux qui cherchent refuge en lui échappent à la condamnation.« 

Méditer la parole en musique :

Ébloui – Dan Luiten 

Prière d’un témoin de l’Eglise – Grégoire de Nysse

Ô Toi, l’au-delà de tout,

De quel nom pouvons-nous t’invoquer ?

Tu dépasses tout nom !

Quel cantique pourra chanter tes louanges,

quels mots pourront parler de toi ?

De toi procèdes tout ce qui est dit, mais tu es au-delà de tout discours.

De toi est issu tout ce qui est pensé, mais tu es au-delà de toute pensée.

Tu es le but de toutes les attentes, de toutes les aspirations silencieuses.

Tu es l’objet des gémissements de ta création tout entière.

Gloire à toi, ô Dieu très-haut !

Grégoire de Nysse (335-394) – Père de l’Église, théologien et mystique

Lundi 12 août :

La prière d’Ézéchias: (2 Rois 19:1-34) : 

« Dès que le roi Ézékias eut entendu leur rapport, il déchira lui aussi ses vêtements, prit la tenue de deuil et se rendit au temple du Seigneur. En même temps, il envoya le chef du palais Éliaquim, le secrétaire Chebna et les prêtres les plus anciens chez le prophète Ésaïe, fils d’Amots. Ces hommes, eux aussi en tenue de deuil, devaient dire au prophète : « Voici un message d’Ézékias : “Ce jour est pour nous un jour d’angoisse, de punition, d’humiliation. Comme on dit, l’enfant est à terme, mais la mère manque de force pour le mettre au monde. Le roi d’Assyrie a envoyé son aide de camp pour insulter le Dieu vivant. Ah, si seulement le Seigneur ton Dieu entendait toutes ces insultes et le punissait d’avoir ainsi parlé ! Toi, prie le Seigneur en faveur de ce qui reste de son peuple.” » Quand les envoyés du roi Ézékias eurent accompli leur démarche auprès d’Ésaïe, celui-ci leur dit : « Allez rapporter à votre maître ce que déclare le Seigneur : “Tu as entendu les officiers du roi d’Assyrie m’insulter. N’aie pas peur de ce qu’ils ont dit. Le roi va recevoir une nouvelle ; je lui inspirerai alors de retourner dans son pays. Et là-bas je le ferai mourir assassiné.” » L’aide de camp assyrien apprit que son maître avait quitté Lakich pour assiéger Libna ; c’est donc là qu’il vint le trouver. Le roi d’Assyrie fut informé que le Pharaon Tiraca l’Éthiopien venait l’attaquer. Il fit alors porter ce nouveau message à Ézékias, le roi de Juda : « Tu comptes trop sur ton Dieu en prétendant qu’il m’empêchera de prendre Jérusalem ; ne te laisse pas tromper par lui. Tu as bien appris comment les rois d’Assyrie ont traité tous les autres pays et les ont dévastés. Et tu t’imagines que vous serez épargnés ? Quand mes prédécesseurs ont détruit Gozan, Haran, Ressef et la capitale des Édénites, Telassar, les dieux de ces nations n’ont pas pu préserver ces villes. Réfléchis au sort des rois de Hamath, Arpad, Laïr, Sefarvaïm, Héna et Ava ! » Ézékias prit la lettre apportée par les messagers assyriens et la lut. Puis il monta au temple et la présenta au Seigneur. Ensuite il prononça cette prière : « Seigneur, Dieu d’Israël, toi qui sièges au-dessus des chérubins, c’est toi qui es le seul Dieu pour tous les royaumes du monde, c’est toi qui as fait le ciel et la terre. Seigneur, écoute bien, regarde attentivement, remarque les insultes que les messagers de Sennakérib ont prononcées contre toi, le Dieu vivant. Seigneur, c’est vrai, les rois d’Assyrie ont exterminé les autres nations et ravagé leur territoire. Ils ont pu mettre au feu et détruire les dieux de ces nations, parce que ce n’étaient pas de vrais dieux, mais seulement des statues de bois ou de pierre fabriquées par les hommes. Mais toi, Seigneur notre Dieu, sauve-nous maintenant des griffes de Sennakérib. Alors dans tous les royaumes du monde on saura, Seigneur, que toi seul es Dieu. » Alors Ésaïe, fils d’Amots, fit porter ce message à Ézékias : « Voici ce que déclare le Seigneur, le Dieu d’Israël : J’ai entendu la prière que tu m’as adressée au sujet du roi d’Assyrie, Sennakérib. Écoute les paroles que je prononce contre lui : La cité de Sion te méprise, elle te trouve ridicule. Jérusalem la belle rit de toi en hochant la tête. Qui as-tu insulté ? Qui as-tu outragé ? Contre qui as-tu osé parler et jeter un regard insolent ? Contre moi, l’unique vrai Dieu, le Dieu d’Israël ! Par l’intermédiaire de tes messagers, tu m’as insulté, moi le Seigneur. Tu as dit : “Moi Sennakérib, monté sur mon char, j’ai gravi des sommets, jusqu’au cœur du Liban, pour y couper ses plus beaux cèdres et ses plus hauts cyprès. J’atteindrai ses derniers sommets et son parc forestier. Moi, j’ai creusé des puits et j’ai bu l’eau des autres peuples. Je mettrai à sec les bras du Nil rien qu’en posant les pieds sur le sol égyptien !” Eh bien, Sennakérib, ne le sais-tu pas ? Depuis longtemps, c’est moi qui ai préparé ces événements, depuis un lointain passé j’en ai formé le plan, maintenant je les réalise. Je t’avais destiné à réduire en tas de ruines les villes fortifiées. Leurs habitants, les bras ballants, sont paralysés de peur et se sentent humiliés. Ils font penser à l’herbe des champs, à la verdure des prés, aux plantes sur les toits, qui sèchent avant d’avoir fini de pousser. Et je sais tout de toi : je sais quand tu t’assieds, quand tu sors ou quand tu entres, et quand tu t’emportes contre moi. Or tu t’es emporté contre moi ; j’ai entendu tes insolences. C’est pourquoi je vais te maîtriser par un crochet dans le nez, par un mors dans la bouche. Je te ramènerai chez toi par le chemin que tu as pris pour venir. Quant à toi, Ézékias, je te signale ce qui doit arriver : cette année, on consommera le blé qui aura poussé tout seul ; l’année prochaine également. Mais l’année suivante, vous pourrez semer et moissonner votre blé, cultiver vos vignes et profiter de la vendange. Les survivants du royaume de Juda seront de nouveau comme un arbre qui enfonce ses racines dans le sol et dont les branches se couvrent de fruits. Oui, à Jérusalem surgira un peuple de survivants, sur le mont Sion se lèveront des rescapés. » Ésaïe ajouta : « Voilà ce que fera le Seigneur dans son ardent amour. Et maintenant, voici ce qu’il déclare au sujet du roi d’Assyrie : “Il n’entrera pas dans cette ville, il ne tirera pas de flèches contre elle, il ne lancera pas d’attaque à l’abri des boucliers, il n’élèvera pas de remblai pour donner l’assaut. Il repartira par le chemin qu’il avait pris pour venir. Il n’entrera pas ici, je le déclare, moi le Seigneur. Je protégerai Jérusalem et je la sauverai, parce que je suis Dieu, et par fidélité à David mon serviteur.”  »

« Maintenant, Éternel, notre Dieu ! Délivre-nous de la main de Sanchérib, et que tous les royaumes de la terre sachent que Toi seul es Dieu, ô Éternel ! » 2 Rois 19 :19

Les envahisseurs :

Les Assyriens ont envahi le pays promis, à cause de la désobéissance du peuple de Dieu. Du Tigre au Jourdain, les Assyriens ont promené leur gloire et leur férocité. L’envahisseur s’abat comme un «  chaudron bouillant » sur tout le pays. Le royaume du Nord tombe en 720 av JC.

Nous sommes 597 av JC, l’armée de Sanchérib, comme une marée formidable, bat les murs de Jérusalem en 597 av JC. Le Rab-Schaké somme Ézéchias d’ouvrir ses portes. Ézéchias sait qu’avec une poignée de soldats il ne peut refouler l’ennemi. Il sait aussi que les tyrans de Ninive ne pardonnent pas aux rois qui leur résistent ; qu’ils leur crèvent les yeux, leur mettent un crochet de fer dans les mâchoires et les traînent, mutilés, derrière leur char triomphant.

Mais l’Assyrien a dit : « J’ai vaincu tous les dieux, et Jéhovah ne vaut pas plus que les autres. ». Si Ézéchias ouvre les portes de Sion, que deviendra l’honneur de Dieu ! Déjà le royaume du nord, des dix tribus est anéanti, la campagne de Judée, ravagée. Jérusalem seule reste debout, rempart ultime de la gloire du vrai Dieu. Si ce rempart est livré, le nom de Dieu sera déshonoré, vaincu, rayé de dessus la terre.

Au lieu de capituler… Prier

Ézéchias, inspiré par Ésaïe, accepte le défi, lourd de menaces. Au lieu d’ouvrir, il se rend au temple et prie. Prêt à tout souffrir pour lui-même, il remet la cause de l’honneur de Dieu entre ses mains, qui peut faire des miracles pour sauver l’honneur de son nom.

Et dans la nuit suivante, l’Ange de l’Éternel répand dans l’armée assiégeante la terreur de la peste. Démoralisés, décimés, les Assyriens levèrent le camp avec précipitation et s’enfuirent loin de Jérusalem. Le miracle de Dieu a sauvé Jérusalem.

Que de fois l’exaucement d’Ézéchias s’est reproduit dans la vie collective ou dans la vie individuelle des enfants de Dieu ! Dieu dispose pour nous, en tout temps, des ressources extraordinaires, mais nous retenons Dieu dans les limites de la nature, parce que notre foi se refuse si souvent à les déborder.

Jésus a dit : « Demandez et vous recevrez. »

Mais la demande, dans l’Évangile de la croix, ne va pas sans conditions. Pour obtenir une réponse favorable de Dieu, il faut avoir le courage, comme Ézéchias, de s’avancer par la foi nue sur le terrain du risque et de la prière. Peut-être que si nous n’obtenons pas, c’est que nous tendons la main de trop loin !

Psaume 43, en écho à la prière d’Ézéchias

« Rends-moi justice, ô Dieu, défends ma cause contre une nation infidèle! Délivre-moi des hommes trompeurs et criminels! 
Toi, mon Dieu protecteur, pourquoi me repousses-tu?
Pourquoi dois-je marcher dans la tristesse, sous l’oppression de l’ennemi? 
Envoie ta lumière et ta vérité!
Qu’elles me guident et me conduisent à ta montagne sainte et à ta demeure! 
J’irai vers l’autel de Dieu, vers Dieu, ma joie et mon allégresse,
et je te célébrerai sur la harpe, ô Dieu, mon Dieu!
Pourquoi être abattue, mon âme, et pourquoi gémir en moi?
Espère en Dieu, car je le louerai encore!
Il est mon salut et mon Dieu.« 

Méditer la parole en musique :

Tu seras la Louange – Glorious

Prière d’un témoin de l’Eglise – Martin Luther

« Je ne veux, Seigneur, ni argent ni or. Donne-moi une foi ferme et inébranlable. Je ne cherche, Seigneur, ni plaisirs ni joies de ce monde. Console-moi et affermis-moi par ta sainte Parole. Je ne Te demande pas honneurs et considération d’ici-bas : ils ne peuvent en rien me rapprocher de toi. Donne-moi ton Saint-Esprit. Qu’il éclaire mon cœur et me fortifie. Qu’il me console dans mon angoisse et ma misère. Garde moi jusqu’à la mort dans la vraie foi, dans la ferme confiance en Ta grâce. Amen. »

 « Enseigne-nous, ô Père, à ne pas nous confier en nous-mêmes ou en nos belles entreprises, mais à tout attendre de Ton infatigable Bonté. Que la tristesse de vivre souvent en désaccord avec Ta volonté ne nous submerge pas, mais plutôt que Ta miséricorde s’étende à toute notre vie et la fertilise. Aide-nous, ô Dieu ! Comme il est triste que, tandis que brille la lumière de l’Evangile, bien des hommes continuent à se comporter avec légèreté. Apprends-leur que l’Evangile ne peut cohabiter avec la frivolité, mais que ceux qui s’ouvrent à la foi reçoivent le salut et mille bienfaits, et qu’il n’est plus grand bonheur qu’en vivant comme Christ Le veut. Amen. »

Mardi 13 août :

La prière d’Ésaïe (Ésaïe 6:1-8):

« L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis sur un trône très élevé ; le bas de son vêtement remplissait le temple. Des seraphim se tenaient au-dessus de lui ; ils avaient chacun six ailes : deux dont ils se couvraient la face, deux dont ils se couvraient les jambes, et deux dont ils se servaient pour voler. Ils s’appelaient l’un l’autre et disaient : Saint, saint, saint est le Seigneur des Armées ! Toute la terre est remplie de sa gloire ! Les soubassements des seuils frémissaient à la voix de celui qui appelait, et la Maison se remplit de fumée. Alors je dis : Quel malheur pour moi ! Je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures, et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur des Armées ! Mais l’un des seraphim vola vers moi, tenant à la main une braise qu’il avait prise sur l’autel, avec des pincettes. Il toucha ma bouche et dit : Ceci a touché tes lèvres : ta faute est enlevée, ton péché est expié. J’entendis le Seigneur qui disait : Qui enverrai-je ? Qui ira pour nous ? Je répondis : Je suis là, envoie-moi ! »

 « Me voici, envoie-moi ! » Ésaïe 6 : 8.

Quatre mots… Toute une vie donnée à Dieu.

Et quelle vie ! Un ministère de cinquante années durant lesquelles l’action du jeune Hébreu, devenu, prophète, arrêta la décadence d’Israël, provoqua la réforme d’Ézéchias, interdit à l’Assyrien l’entrée de Jérusalem et alluma dans le cœur des croyants l’espérance messianique, étoile qui ne devait pas s’éteindre avant d’avoir conduit les mages à la crèche de Bethléem. Chantre d’Emmanuel et héraut de la sainteté de Dieu, Ésaïe fut déjà salué par l’Ancienne Alliance comme le prince des voyants.

« Me voici, envoie-moi ! » : 

Nul ne peut calculer toutes les possibilités que la grâce éveille dans un cœur qui se met à la disposition de Dieu. Mais il faut, comme Ésaïe, s’offrir sans marchander, après avoir entendu l’appel d’en haut, s’être senti perdu dans sa déchéance et purifié par le charbon ardent pris sur l’autel divin. Pour tous les ouvriers de l’Évangile, il est important de se rappeler que l’on ne s’offre pas aux hommes pour le service de Dieu, mais à Dieu pour le service des hommes. « Offrez à Dieu, dit saint Paul, offrez vos corps (c’est-à-dire vos moyens d’action sur la terre) en sacrifices vivants, saints, et que Dieu puisse agréer : c’est là votre culte rationnel. » (Romains 12.1).

Prière pour s’offrir

Nous prions souvent pour obtenir, mais prions nous assez pour nous offrir ? Beaucoup se prêtent, combien se donnent ? Il nous manque parfois l’élan de la prière d’Ésaïe : « Me voici !»

Et pourtant, l’appel de Dieu est aussi pressant aujourd’hui qu’au temps du fils d’Amots ; les besoins spirituels de la société dans laquelle nous vivons sont immenses… Dieu nous crie aujourd’hui comme autrefois à Israël : « Qui enverrai-je, et qui ira pour nous ? » Ne voulons-nous pas lui. répondre : « Envoie-moi ?»

Psaume 23, en écho avec la prière d’Ésaïe

« Psaume de David.
L’Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien.
Il me fait prendre du repos dans des pâturages bien verts, il me dirige près d’une eau paisible. 
Il me redonne des forces, il me conduit dans les sentiers de la justice à cause de son nom.
Même quand je marche dans la sombre vallée de la mort, je ne redoute aucun mal car tu es avec moi. Ta conduite et ton appui: voilà ce qui me réconforte. Tu dresses une table devant moi, en face de mes adversaires; tu verses de l’huile sur ma tête et tu fais déborder ma coupe.
Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie et je reviendrai dans la maison de l’Éternel jusqu’à la fin de mes jours.« 

Méditer la parole en musique :

Me Voici –Sammy Zoccola

Prière d’un témoin de l’Eglise – Ambroise de Milan

Si tu brûles de fièvre,

Il est la source qui rafraîchit.

Si tu es oppressé par tes fautes,

Il est la délivrance.

Si tu as besoin d’aide,

Il est la force.

Si tu as peur de la mort,

Il est la vie.

Si tu désires le ciel,

Il est le chemin.

Si tu fuis les ténèbres,

Il est la lumière.

Si tu as besoin de nourriture,

Il est l’aliment.

Ambroise de Milan (340-397)

Mercredi 14 août :

La prière de Jérémie (Jérémie 15:10-21)  :

 « Quel malheur pour moi, ma mère, que tu m’aies fait naître, moi, un homme de querelle et de dispute pour tout le pays ! Je n’emprunte ni ne prête, et pourtant tous me maudissent. – Le Seigneur dit : A coup sûr, je t’ai affranchi pour ton bien ; à coup sûr, je suis intervenu pour toi, au temps du malheur, au temps de la détresse. Peut-on briser le fer, le fer du nord et le bronze ? Tes biens et tes trésors, je les livre en butin, non pas pour un paiement, mais à cause de tous tes péchés, sur tout ton territoire. Je te fais passer avec ton ennemi dans un pays que tu ne connais pas, car le feu de ma colère s’est allumé ; il brûle contre vous. – Toi, tu sais ! Seigneur, souviens-toi de moi, interviens pour moi, venge-moi de mes persécuteurs ! Ne me prends pas, toi qui es patient ! Reconnais que je supporte les outrages à cause de toi. Tes paroles se trouvaient là et je les ai dévorées ; ta parole a fait la gaieté et la joie de mon cœur, car ton nom est invoqué sur moi, Seigneur, Dieu des Armées ! Je ne me suis pas assis dans le conseil secret des rieurs, pour m’y amuser ; ta main me contraint à m’asseoir solitaire, car tu m’as rempli de fureur. Pourquoi ma souffrance est-elle continuelle ? Pourquoi ma plaie est-elle incurable, pourquoi refuse-t-elle de se guérir ? Serais-tu vraiment pour moi comme une source trompeuse, comme une eau à laquelle on ne peut pas se fier ? A cause de cela, ainsi parle le Seigneur : Si tu reviens, je te ramènerai et tu te tiendras à ton poste devant moi ; si tu sépares le précieux du vil, tu seras comme ma propre bouche. C’est à eux de revenir à toi, ce n’est pas à toi de revenir à eux. Je ferai de toi, pour ce peuple, un mur de bronze fortifié ; ils te feront la guerre, mais ils ne l’emporteront pas sur toi, car je suis avec toi pour te sauver et te délivrer – déclaration du Seigneur. Je te délivrerai de la main des mauvais, je te libérerai de la main des brutes. »

« O Éternel…, serais-tu pour moi comme une onde tarie, Comme une eau dont on n’est pas sûr ? » Jérémie 15 : 18

Une prière contre Dieu :

Jésus demandait un jour : « Qui dit-on que je suis ? ». Quelqu’un répondit : « Que tu es Jérémie ressuscité.». Tant Jérémie avait laissé dans la tradition le souvenir d’un homme en qui Dieu vivait, aimait, souffrait, se donnait pour son peuple. Jérémie a pleinement préfiguré Jésus-Christ. Pourtant, c’est dans son cœur qu’est monté une prière contre Dieu, un terrible cri dont l’Oriental mieux que nous mesure la portée.

Mon âme à soif de Dieu !

En évoquant sa vie, on pense à la caravane mourante de soif qui arrive au ruisseau coutumier, et celui-ci est tarie. Les chameliers alors se traînent vers l’étang où l’on pouvait encore boire, mais l’étang n’est plus qu’un marais croupissant, une eau dont on n’est pas sûr. Trompée par le désert, la caravane n’a plus qu’à se coucher sur le sable et attendre la mort. Dieu, lui aussi, tromperait-il ?

Quand vient le doute

Les plus intrépides champions du Seigneur ne sont pas à l’abri du doute. Que dis-je ? Ils lui sont rendus plus accessibles qu’à d’autres par l’exceptionnelle difficulté de leur combat. « Aux grandes âmes, les grandes secousses ».

Ce qui est grave, ce n’est pas le doute lui-même, né d’un moment de fatigue, de dégoût ou de désespoir ; ce qui est grave, c’est l’attitude que l’on prend vis-à-vis de Dieu lorsque le doute, entré dans l’âme, la tenaille. Quand le doute est entré dans l’âme de Judas, Judas s’est tu. Il a dissimulé, et c’est dans l’atmosphère créée par l’isolement moral de son hypocrisie que s’est développé le germe de la trahison.

Quand Jérémie a douté, aussitôt il s’en est ouvert à son Dieu, il Lui a crié sa douleur, il l’a apostrophé, il l’a sommé et, poursuivant avec emportement le Tout-Puissant qui lui échappait, il l’a trouvé.

Dieu était là. Il est toujours là.

Dans les heures de crise, ce n’est pas son étreinte qui se desserre, c’est la nôtre. Si nous nous croyons abandonnés, suivons la méthode de Jérémie ; au doute, opposons la prière. Jetons nous à genoux, soyons francs devant Dieu, vidons avec Lui notre querelle, débridons la plaie de peur qu’elle ne s’envenime. Quand nous aurons ouvert à Dieu notre cœur tout grand pour qu’Il y rentre, nous nous apercevrons qu’il ne l’avait jamais quitté.

«Si vous me cherchez de tout votre cœur, je me laisserai trouver par vous » Jérémie 29v 13-14

Psaume 42, en écho avec la prière de Jérémie

« Au chef de chœur. Cantique des descendants de Koré.
Comme une biche soupire après des cours d’eau,
ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu!
Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant.
Quand donc pourrai-je me présenter devant Dieu? 
Mes larmes sont ma nourriture jour et nuit,
car on me dit sans cesse: « Où est ton Dieu ? »
Je me rappelle avec émotion l’époque où je marchais entouré de la foule, où j’avançais à sa tête vers la maison de Dieu,
au milieu des cris de joie et de reconnaissance d’une multitude en fête.
Pourquoi être abattue, mon âme, et gémir en moi?
Espère en Dieu, car je le louerai encore!
Il est mon salut et mon Dieu.
Mon âme est abattue en moi;
aussi, c’est à toi que je pense depuis le pays du Jourdain, depuis l’Hermon, depuis le mont Mitsear. 
L’abîme appelle un autre abîme au fracas de tes cascades, toutes tes vagues et tous tes flots passent sur moi.
Le jour, l’Éternel m’accordait sa grâce;
la nuit, je chantais ses louanges, j’adressais ma prière au Dieu de ma vie. 
Je dis à Dieu, mon rocher: «Pourquoi m’as-tu oublié? Pourquoi dois-je marcher dans la tristesse, sous l’oppression de l’ennemi?»
Mes os se brisent quand mes persécuteurs m’insultent et me disent sans cesse: «Où est ton Dieu?»
Pourquoi être abattue, mon âme, et pourquoi gémir en moi?
Espère en Dieu, car je le louerai encore!
Il est mon salut et mon Dieu.« 

Méditer la parole en musique :

Tu es ma source – Dan Luiten / VIDEO LYRICS

Prière d’un témoin de l’Eglise- frère Roger (Taizé)

O Dieu
Toi qui souffres de la mort de tes amis,
Tu ne nous laisses pas sombrer
Dans le chagrin de la mort de nos bien-aimés.
Elle te coûte la mort de qui nous aimons.
Par le Christ
Qui est en agonie pour chaque être humain,
Tu souffres avec qui traverse l’épreuve.
Et, par le ressuscité,
Tu viens alléger le fardeau insupportable,
Tu ouvres nos yeux à l’étonnement d’un amour.
Par lui, tu nous redis sans cesse:
Toi, viens à ma suite,
Car je suis doux et humble de cœur,
En moi tu trouveras le repos.
Te reposant sur moi, tu connaîtras la guérison.

frère Roger Schutz ( 1915-2005) Fondateur de la communauté de Taizé

Jeudi 15 août :

La prière d’Ézéchiel (Ézéchiel 11:1-21) :

« L’Esprit m’enleva, et me transporta à la porte orientale de la maison de l’Éternel, à celle qui regarde l’orient. Et voici, à l’entrée de la porte, il y avait vingt-cinq hommes; et je vis au milieu d’eux Jaazania, fils d’Azzur, et Pelathia, fils de Benaja, chefs du peuple. Et l’Éternel me dit: Fils de l’homme, ce sont les hommes qui méditent l’iniquité, et qui donnent de mauvais conseils dans cette ville. Ils disent: Ce n’est pas le moment! Bâtissons des maisons! La ville est la chaudière, et nous sommes la viande. C’est pourquoi prophétise contre eux, prophétise, fils de l’homme! Alors l’esprit de l’Éternel tomba sur moi. Et il me dit: Dis: Ainsi parle l’Éternel: Vous parlez de la sorte, maison d’Israël! Et ce qui vous monte à la pensée, je le sais. Vous avez multiplié les meurtres dans cette ville, Vous avez rempli les rues de cadavres. C’est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l’Éternel: Vos morts que vous avez étendus au milieu d’elle, C’est la viande, et elle, c’est la chaudière; Mais vous, on vous en fera sortir. Vous avez peur de l’épée, Et je ferai venir sur vous l’épée, Dit le Seigneur, l’Éternel. Je vous ferai sortir du milieu d’elle, Je vous livrerai entre les mains des étrangers, Et j’exercerai contre vous mes jugements. Vous tomberez par l’épée, Je vous jugerai sur la frontière d’Israël, Et vous saurez que je suis l’Éternel. La ville ne sera pas pour vous une chaudière, Et vous ne serez pas la viande au milieu d’elle: C’est sur la frontière d’Israël que je vous jugerai. Et vous saurez que je suis l’Éternel, Dont vous n’avez pas suivi les ordonnances Et pratiqué les lois; Mais vous avez agi selon les lois des nations qui vous entourent. Comme je prophétisais, Pelathia, fils de Benaja, mourut. Je tombai sur ma face, et je m’écriai à haute voix: Ah! Seigneur Éternel, anéantiras-tu ce qui reste d’Israël? Et la parole de l’Éternel me fut adressée, en ces mots: Fils de l’homme, ce sont tes frères, tes frères, Ceux de ta parenté, et la maison d’Israël tout entière, A qui les habitants de Jérusalem disent: Restez loin de l’Éternel, Le pays nous a été donné en propriété. C’est pourquoi tu diras: Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel: Si je les tiens éloignés parmi les nations, Si je les ai dispersés en divers pays, Je serai pour eux quelque temps un asile Dans les pays où ils sont venus. C’est pourquoi tu diras: Ainsi parle le Seigneur, l’Éternel: Je vous rassemblerai du milieu des peuples, Je vous recueillerai des pays où vous êtes dispersés, Et je vous donnerai la terre d’Israël. C’est là qu’ils iront, Et ils en ôteront toutes les idoles et toutes les abominations. Je leur donnerai un même cœur, Et je mettrai en vous un esprit nouveau; J’ôterai de leur corps le cœur de pierre, Et je leur donnerai un cœur de chair, Afin qu’ils suivent mes ordonnances, Et qu’ils observent et pratiquent mes lois; Et ils seront mon peuple, et je serai leur Dieu. Mais pour ceux dont le cœur se plaît à leurs idoles et à leurs abominations, Je ferai retomber leurs œuvres sur leur tête, Dit le Seigneur, l’Éternel. »

 « Je me jetai la face contre terre et je m’écriai à haute voix : Hélas ! Seigneur Éternel, tu veux donc exterminer ce qui reste d’Israël ?» Ézéchiel 11.13

Découragements ?

On croit volontiers que le découragement est le propre des âmes faibles. C’est une erreur. Le découragement, le vrai, est la marque des forts. Les plus grands hommes de Dieu l’ont connu : Moïse, Samuel, Élie, Jérémie, Ézéchiel, Jean-Baptiste.

Pour éprouver ce découragement il faut s’être donné tout entier au service de Dieu, avoir le cœur passionné pour Dieu, frissonner au contact des puissances occultes et de la malice humaine et mesurer sa propre faiblesse devant la sainteté de Dieu… Ces découragements-là, sont les crises de la foi des serviteurs de Dieu. Alors, où trouveront-ils un recours pour sortir du découragement qui les submerge ?

Dans la prière !

Voyez l’exemple des grands prophètes, comme Ézéchiel et d’autres, comme Néhémie. Découragé par l’œuvre de Dieu, Néhémie en appelle à Dieu ; Jean-Baptiste, découragé par l’attitude de Jésus, en appelle à Jésus : « Es-tu Celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?

Le découragement est le vacillement de l’âme au choc des événements. Quand un enfant marche à côté de ses parents, si quelque accident de terrain lui fait perdre l’équilibre, il saisit aussitôt la main de son père ou de sa mère, toujours prête à le secourir.

Enfant de Dieu, suis son exemple.

Quand tu chancelles, saisis la main de ton Père céleste. C’est dans la prière que tu la saisiras ! Si tu dis : « Je suis trop découragé pour prier ! ». C’est Satan qui te tente, qui veut t’enlever ton meilleur moyen de défense. Ressaisis-toi ! Tiens-toi à Dieu ! Oses l’appeler à ton aide, même dans un cri, comme Ézéchiel :

« Je me jetai la face contre terre et je m’écriai à haute voix : Hélas ! Seigneur Éternel, tu veux donc exterminer ce qui reste d’Israël ?» Ézéchiel 11.13

Psaume 5, en écho à la prière d’Ézéchiel

« Au chef de chœur, avec les flûtes. Psaume de David.
Prête l’oreille à mes paroles, Éternel, écoute mes gémissements! 
Sois attentif à mes cris, mon roi et mon Dieu!
C’est à toi que j’adresse ma prière. 
Éternel, le matin tu entends ma voix, le matin je me tourne vers toi
et j’attends, car tu n’es pas un Dieu qui prenne plaisir à la méchanceté.
Le mal n’a pas sa place auprès de toi, les vantards ne peuvent résister devant ton regard.
Tu détestes tous ceux qui commettent l’injustice, tu fais disparaître les menteurs;
l’Éternel a horreur des assassins et des trompeurs.
Mais moi, par ta grande bonté, je vais à ta maison, je me prosterne dans ton saint temple avec la crainte qui t’est due. 
Éternel, conduis-moi dans ta justice, à cause de mes adversaires, aplanis ta voie devant moi, car il n’y a pas de sincérité dans leur bouche;
ils ne pensent qu’à détruire, leur gosier est une tombe ouverte, leur langue prononce des paroles flatteuses.
Traite-les comme des coupables, ô Dieu, que leurs projets provoquent leur chute!
Chasse-les à cause de leurs nombreux péchés, de leur révolte contre toi. 
Alors tous ceux qui se confient en toi se réjouiront, ils seront pour toujours dans l’allégresse, et tu les protégeras;
tu seras un sujet de joie pour ceux qui aiment ton nom, car tu bénis le juste, Éternel, tu l’entoures de ta grâce comme d’un bouclier.« 

Méditer la parole en musique :

Vers les Monts – Pat BERNING

Vendredi 16 août :

La prière de Daniel (Daniel 9 : 1-23):

« La première année de Darius, fils d’Assuérus, de la race des Mèdes, lequel était devenu roi du royaume des Chaldéens, la première année de son règne, moi, Daniel, je vis par les livres qu’il devait s’écouler soixante-dix ans pour les ruines de Jérusalem, d’après le nombre des années dont l’Éternel avait parlé à Jérémie, le prophète. Je tournai ma face vers le Seigneur Dieu, afin de recourir à la prière et aux supplications, en jeûnant et en prenant le sac et la cendre. Je priai l’Éternel, mon Dieu, et je lui fis cette confession :
Seigneur, Dieu grand et redoutable, toi qui gardes ton alliance et qui fais miséricorde à ceux qui t’aiment et qui observent tes commandements! Nous avons péché, nous avons commis l’iniquité, nous avons été méchants et rebelles, nous nous sommes détournés de tes commandements et de tes ordonnances. Nous n’avons pas écouté tes serviteurs, les prophètes, qui ont parlé en ton nom à nos rois, à nos chefs, à nos pères, et à tout le peuple du pays. A toi, Seigneur, est la justice, et à nous la confusion de face, en ce jour, aux hommes de Juda, aux habitants de Jérusalem, et à tout Israël, à ceux qui sont près et à ceux qui sont loin, dans tous les pays où tu les as chassés à cause des infidélités dont ils se sont rendus coupables envers toi. Seigneur, à nous la confusion de face, à nos rois, à nos chefs, et à nos pères, parce que nous avons péché contre toi. Auprès du Seigneur, notre Dieu, la miséricorde et le pardon, car nous avons été rebelles envers lui. Nous n’avons pas écouté la voix de l’Éternel, notre Dieu, pour suivre ses lois qu’il avait mises devant nous par ses serviteurs, les prophètes. Tout Israël a transgressé ta loi, et s’est détourné pour ne pas écouter ta voix. Alors se sont répandues sur nous les malédictions et les imprécations qui sont écrites dans la loi de Moïse, serviteur de Dieu, parce que nous avons péché contre Dieu. Il a accompli les paroles qu’il avait prononcées contre nous et contre nos chefs qui nous ont gouvernés, il a fait venir sur nous une grande calamité, et il n’en est jamais arrivé sous le ciel entier une semblable à celle qui est arrivée à Jérusalem. Comme cela est écrit dans la loi de Moïse, toute cette calamité est venue sur nous; et nous n’avons pas imploré l’Éternel, notre Dieu, nous ne nous sommes pas détournés de nos iniquités, nous n’avons pas été attentifs à ta vérité. L’Éternel a veillé sur cette calamité, et l’a fait venir sur nous; car l’Éternel, notre Dieu, est juste dans toutes les choses qu’il a faites, mais nous n’avons pas écouté sa voix. Et maintenant, Seigneur, notre Dieu, toi qui as fait sortir ton peuple du pays d’Égypte par ta main puissante, et qui t’es fait un nom comme il l’est aujourd’hui, nous avons péché, nous avons commis l’iniquité. Seigneur, selon ta grande miséricorde, que ta colère et ta fureur se détournent de ta ville de Jérusalem, de ta montagne sainte; car, à cause de nos péchés et des iniquités de nos pères, Jérusalem et ton peuple sont en opprobre à tous ceux qui nous entourent. Maintenant donc, ô notre Dieu, écoute la prière et les supplications de ton serviteur, et, pour l’amour du Seigneur, fais briller ta face sur ton sanctuaire dévasté! Mon Dieu, prête l’oreille et écoute! Ouvre les yeux et regarde nos ruines, regarde la ville sur laquelle ton nom est invoqué! Car ce n’est pas à cause de notre justice que nous te présentons nos supplications, c’est à cause de tes grandes compassions. Seigneur, écoute! Seigneur, pardonne! Seigneur, sois attentif! Agis et ne tarde pas, par amour pour toi, ô mon Dieu! Car ton nom est invoqué sur ta ville et sur ton peuple. Je parlais encore, je priais, je confessais mon péché et le péché de mon peuple d’Israël, et je présentais mes supplications à l’Éternel, mon Dieu, en faveur de la sainte montagne de mon Dieu; je parlais encore dans ma prière, quand l’homme, Gabriel, que j’avais vu précédemment dans une vision, s’approcha de moi d’un vol rapide, au moment de l’offrande du soir. Il m’instruisit, et s’entretint avec moi. Il me dit: Daniel, je suis venu maintenant pour ouvrir ton intelligence. Lorsque tu as commencé à prier, la parole est sortie, et je viens pour te l’annoncer; car tu es un bien-aimé. Sois attentif à la parole, et comprends la vision! »

« Seigneur, Dieu grand et redoutable, nous avons péché… Maintenant, pour l’amour du Seigneur, fais briller ta face sur ton sanctuaire dévasté, écoute, pardonne, agis, pour l’honneur de ton nom, car c’est ton nom qui a été donné à ta ville et à ton peuple. »

Supplication

Après s’être préparé à la prière, par le jeûne, sur le sac et la cendre, Daniel confesse à Dieu les péchés de son peuple, puis il supplie, il adjure le Seigneur d’intervenir et de sauver : « Selon tes justes desseins… écoute ô notre Dieu, exauce, pardonne, agis, pour l’amour du Seigneur, pour l’honneur de ton nom… »

A Dieu soit la gloire !

L’honneur de Dieu semble être le motif suprême du combat de Daniel, de son endurance, de sa soumission à souffrir et à mourir. Comme le dira également l’apôtre Paul : « Nul ne vit ni ne meurt pour lui-même » (Romains 14.7).

Avec cette prière Daniel, lui qui a été au service durant sa vie, à Babylone et en Perse, de plusieurs grands rois, nous témoigne que l’entreprise qui s’accomplit dans l’univers, le drame de la vie humaine n’ont pas pour finalité notre succès, notre bonheur personnel, mais l’honneur de Dieu, sa gloire réalisée et reconnue. C’est pour avoir compris l’honneur de Dieu et l’avoir donné comme fondement à toute sa théologie ; «  A Dieu seul la gloire ! » ; que Calvin a été le prince des réformateurs.

Manifester la gloire de Dieu

Avec Daniel, l’Ancien Testament, introduit totalement le Nouveau et amène sur la scène de ce monde le « Fils de l’Homme » dont l’unique raison d’être dans la vie et dans la mort a été la gloire du Père céleste : « Père, glorifie ton nom » (Jean 12.28) !

« Que ton nom soit sanctifié »

Rachetés du Christ, nous sommes chrétiens dans la mesure où, par notre vie, l’honneur de Dieu est le premier servi ; c’est-à-dire concrètement, dans la mesure où nos désirs, nos affections terrestres, la demande relative à notre pain quotidien, à notre santé et même à nos besoins spirituels, sont subordonnés à la requête que Jésus nous commande de mettre en tête de tout : « Notre Père, que ton nom soit sanctifié et que ton règne vienne. ».

Demandons au Seigneur de mettre en nos cœurs cette priorité :«  A Dieu seul la gloire ! », car tant que nous voyons notre bonheur dans la satisfaction de nos exigences, nous passons à côté de l’essentiel. Mais du jour où nous pouvons de bon cœur faire monter vers Dieu cette prière « A toi seul l’honneur la puissance et la gloire », nous nous élevons à la joie totale qui surmonte toute circonstance et nous respirons enfin.

Psaume 32, en écho avec la prière de Daniel

« De David, cantique.
Heureux celui dont la transgression est enlevée et dont le péché est pardonné!
Heureux l’homme à qui l’Éternel ne tient pas compte de sa faute et dont l’esprit ne connaît pas la ruse!
Tant que je me taisais, mon corps dépérissait; je gémissais toute la journée, car nuit et jour ta main pesait lourdement sur moi.
Ma vigueur avait fait place à la sécheresse de l’été.
– Pause.
Je t’ai fait connaître mon péché, je n’ai pas caché ma faute.
J’ai dit: «J’avouerai mes transgressions à l’Éternel», et tu as pardonné mon péché.
– Pause.
C’est ainsi que tout fidèle peut te prier au moment convenable. Si de grandes eaux débordent, elles ne l’atteindront pas.
Tu es un abri pour moi, tu me préserves de la détresse, tu m’entoures de chants de délivrance.
– Pause.
Je t’instruirai et te montrerai la voie que tu dois suivre; je te conseillerai, j’aurai le regard sur toi. 
Ne soyez pas comme un cheval ou un mulet sans intelligence: on les freine avec un mors et une bride, dont on les orne, afin qu’ils ne te bousculent pas.
Beaucoup de douleurs sont le lot du méchant, mais celui qui se confie en l’Éternel est environné de sa grâce. 
Justes, réjouissez-vous en l’Éternel et soyez dans l’allégresse!
Poussez des cris de joie, vous tous qui avez le cœur droit!« 

Méditer la parole en musique :

Ce nom si merveilleux – Hillsong France

Prière d’un témoin de l’Eglise : Erasme de Rotterdam

O Esprit Saint de Dieu qui, de ton souffle,

purifie le coeur et l’esprit de ton peuple,

le réconfortant quand il est dans la tristesse,

le ramenant sur son chemin quand il s’en écarte,

le réchauffant quand il a froid,

le rassemblant quand il est désuni,

l’enrichissant de dons multiples.

Toi qui fais vivre toute chose,

nous te supplions de nous préserver

et de nous enrichir chaque jour

des dons que tu daignes nous accorder;

qu’avec ta lumière devant et en nous,

nous puissions traverser le monde

sans achoppement et sans errance.

Erasme de Rotterdam : (1469-1536) Théologien néerlandais 

Samedi 17 août :,

La prière d’Esdras (Esdras 9 :1-15)

« Après que cela fut terminé, les chefs s’approchèrent de moi, en disant: Le peuple d’Israël, les sacrificateurs et les Lévites ne se sont point séparés des peuples de ces pays, et ils imitent leurs abominations, celles des Cananéens, des Héthiens, des Phéréziens, des Jébusiens, des Ammonites, des Moabites, des Égyptiens et des Amoréens. Car ils ont pris de leurs filles pour eux et pour leurs fils, et ont mêlé la race sainte avec les peuples de ces pays; et les chefs et les magistrats ont été les premiers à commettre ce péché. Lorsque j’entendis cela, je déchirai mes vêtements et mon manteau, je m’arrachai les cheveux de la tête et les poils de la barbe, et je m’assis désolé. Auprès de moi s’assemblèrent tous ceux que faisaient trembler les paroles du Dieu d’Israël, à cause du péché des fils de la captivité; et moi, je restai assis et désolé, jusqu’à l’offrande du soir. Puis, au moment de l’offrande du soir, je me levai du sein de mon humiliation, avec mes vêtements et mon manteau déchirés, je tombai à genoux, j’étendis les mains vers l’Éternel, mon Dieu, et je dis: Mon Dieu, je suis dans la confusion, et j’ai honte, ô mon Dieu, de lever ma face vers toi; car nos iniquités se sont multipliées par-dessus nos têtes, et nos fautes ont atteint jusqu’aux cieux. Depuis les jours de nos pères nous avons été grandement coupables jusqu’à ce jour, et c’est à cause de nos iniquités que nous avons été livrés, nous, nos rois et nos sacrificateurs, aux mains des rois étrangers, à l’épée, à la captivité, au pillage, et à la honte qui couvre aujourd’hui notre visage. Et cependant l’Éternel, notre Dieu, vient de nous faire grâce en nous laissant quelques réchappés et en nous accordant un abri dans son saint lieu, afin d’éclaircir nos yeux et de nous donner un peu de vie au milieu de notre servitude. Car nous sommes esclaves, mais Dieu ne nous a pas abandonnés dans notre servitude. Il nous a rendus les objets de la bienveillance des rois de Perse, pour nous conserver la vie afin que nous puissions bâtir la maison de notre Dieu et en relever les ruines, et pour nous donner une retraite en Juda et à Jérusalem. Maintenant, que dirons-nous après cela, ô notre Dieu? Car nous avons abandonné tes commandements, que tu nous avais prescrits par tes serviteurs les prophètes, en disant: Le pays dans lequel vous entrez pour le posséder est un pays souillé par les impuretés des peuples de ces contrées, par les abominations dont ils l’ont rempli d’un bout à l’autre avec leurs impuretés; ne donnez donc point vos filles à leurs fils et ne prenez point leurs filles pour vos fils, et n’ayez jamais souci ni de leur prospérité ni de leur bien-être, et ainsi vous deviendrez forts, vous mangerez les meilleures productions du pays, et vous le laisserez pour toujours en héritage à vos fils. Après tout ce qui nous est arrivé à cause des mauvaises actions et des grandes fautes que nous avons commises, quoique tu ne nous aies pas, ô notre Dieu, punis en proportion de nos iniquités, et maintenant que tu nous as conservé ces réchappés, recommencerions-nous à violer tes commandements et à nous allier avec ces peuples abominables? Ta colère n’éclaterait-elle pas encore contre nous jusqu’à nous détruire, sans laisser ni reste ni réchappés? Éternel, Dieu d’Israël, tu es juste, car nous sommes aujourd’hui un reste de réchappés. Nous voici devant toi comme des coupables, et nous ne saurions ainsi subsister devant ta face. »

 « Mon Dieu…, nous avons abandonné tes commandements… Nous voici devant toi, coupables, et nous ne saurions ainsi subsister devant ta face. » Esdras 9 :10

Confession des péchés :

Les derniers siècles de l’Ancien testament, qui devaient servir de portique au Messie, nous ont conservé trois prières particulières. Ce sont de brûlantes confessions des péchés : celle d’Esdras, celle de Néhémie et celle de Daniel. Il y a dans ces appels au Dieu « réparateur des brèches », au fil du temps, comme une gradation.

  • La confession d’Esdras, toute tournée vers le passé, se résume en un cri d’angoisse: « Nous voici devant toi, coupables…. » (Esdras 9 :10)
  • Celle de Néhémie, forte des résultats du présent, pousse un cri d’espérance : «Bénissez l’Éternel », et implore pour l’avenir « au nom de toutes les épreuves subies  ». (Néhémie 9)
  • Celle de Daniel, enfin, atteint le sommet en donnant à Dieu pour motif de son intervention libératrice l’honneur de son nom. (Daniel 9)

Découvrons ensemble, la prière d’Esdras. Il est arrivé sur les ruines de Jérusalem. Il veut rebâtir. Mais les Judéens ont pactisé avec le monde, les mariages mixtes les ont rendus inaptes au royaume de Dieu. Esdras prend avec lui tous ceux que « faisaient trembler les paroles de Dieu». A genoux, il avoue les péchés du peuple, il s’humilie, il implore, il s’engage… L’assemblée s’unit à sa confession par des larmes. Et de cette « réunion de prières » est sortie la restauration d’Israël et la reconstruction du temple de Jérusalem.

Qu’est-ce qu’un réveil?

Tout vrai réveil vient de Dieu. Il avait fixé d’avance, par les écrits du prophète Jérémie, la durée de la captivité à Babylone. Ceux qui sondaient les Écritures, comme Daniel, pouvaient comprendre que le temps de la délivrance était venu (Daniel 9:2 ; Jérémie 25:1 et 11). Cyrus, désigné deux siècles à l’avance, était l’instrument choisi par Dieu pour permettre le retour de ces captifs (Ésaïe 44:28 ; 45 :1-5). L’Éternel réveille simultanément l’esprit des chefs des pères, des sacrificateurs et des lévites. Ceux qui se souvenaient en pleurant de Jérusalem (Psaume 137:1, 5-6) ont maintenant l’occasion de rentrer dans leur pays dévasté. Mais il fallait laisser derrière soi cette vie à Babylone, à laquelle certains s’étaient peu à peu habitués.

Ils sont finalement un peu moins de cinquante mille à répondre à cet appel divin. À leur arrivée, ils vont d’abord réédifier l’autel «sur son emplacement».

L’origine du réveil est toujours en Dieu

Ce premier chapitre du livre d’Esdras témoigne que c’est Dieu qui réveille l’esprit de Cyrus (v1) et celui des grands de Juda et de Benjamin, celui de tout le peuple ( v5) .

C’est comme si le peuple était pris de vitesse pour l’action de Dieu qui accompli ses promesse.

Le réveil dans la prière :

Les réveils sont souvent nés dans la prière…Ainsi, à chaque tournant de l’histoire, c’est la prière qui répare les brèches de la Cité de Dieu.  Ce n’est pas en repeignant notre pompe à eau qu’on augmente son volume d’eau, c’est en recreusant la source. Nous aussi, enfants de Dieu, encore aujourd’hui, veillons aux sources de la vie intérieure, qui répare les brèches et prépare les réveils de l’Église. « Priez sans cesse » (Éphésiens 6.18) nous exhorte l’apôtre Paul. Et Jean Baptiste dira encore : « Préparez les chemins

Psaume 51, en écho avec la prière d’Esdras

« Au chef de chœur. Psaume de David,
lorsque le prophète Nathan vint chez lui après son adultère avec Bath-Shéba. O Dieu, fais-moi grâce conformément à ta bonté! Conformément à ta grande compassion, efface mes transgressions! Lave-moi complètement de ma faute et purifie-moi de mon péché, car je reconnais mes transgressions et mon péché est constamment devant moi.
J’ai péché contre toi, contre toi seul, j’ai fait ce qui est mal à tes yeux.
C’est pourquoi tu es juste dans tes paroles, sans reproche dans ton jugement. Oui, depuis ma naissance, je suis coupable; quand ma mère m’a conçu, j’étais déjà marqué par le péché. Mais tu veux que la vérité soit au fond du cœur: fais-moi connaître la sagesse dans le secret de mon être! Purifie-moi avec l’hysope, et je serai pur, lave-moi, et je serai plus blanc que la neige! Fais-moi entendre des chants d’allégresse et de joie, et les os que tu as brisés se réjouiront.
Détourne ton regard de mes péchés, efface toutes mes fautes! O Dieu, crée en moi un cœur pur, renouvelle en moi un esprit bien disposé! Ne me rejette pas loin de toi, ne me retire pas ton Esprit saint! Rends-moi la joie de ton salut, et qu’un esprit de bonne volonté me soutienne!
J’enseignerai tes voies à ceux qui les transgressent et les pécheurs reviendront à toi. O Dieu, Dieu de mon salut, délivre-moi du sang versé, et ma langue célébrera ta justice.
Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche proclamera ta louange. Si tu avais voulu des sacrifices, je t’en aurais offert, mais tu ne prends pas plaisir aux holocaustes.
Les sacrifices agréables à Dieu, c’est un esprit brisé. O Dieu, tu ne dédaignes pas un cœur brisé et humilié. Dans ta grâce, fais du bien à Sion, construis les murs de Jérusalem! Alors tu prendras plaisir aux sacrifices de justice, aux holocaustes et aux victimes tout entières; alors on offrira des taureaux sur ton autel. »

Méditer la parole en musique :

Vases d’Argile (Grâce Infinie) -Jem 1074

Prière de la Communauté des diaconesses de Strasbourg

Seigneur,

Il y a tant d’inachevé dans ma vie,

Il y a tant d’inassouvi dans mon cœur. 

Libère moi des mesquineries du quotidien

Pour que je me réjouisse de l’ouvrage de mes mains

Et de la beauté du monde.

Seigneur,

Il y a tant de vallées sombres dans ma vie,

Il y a tant de tristesses dans mon cœur.

Transforme-les en une joie nouvelle

Afin qu’elle n’aient pas été inutiles.

Seigneur,

Il y a tant de solitude dans ma vie,

Il y a tant de murs dans mon cœur.

Élargis l’espace de mon âme

Pour y semer la nouveauté

Afin que je ne passe pas à côté de la vie.

Seigneur,

Il y a tant de fausses espérances dans ma vie, 

Il y a tant de blessures dans mon cœur.

Et pourtant tu es toujours là

Pour ressusciter l’espérance.

Dimanche 18 août :

La prière de Néhémie (Néhémie 1 :1-11):

« Paroles de Néhémie, fils de Hacalia. Au mois de Kisleu, la vingtième année, comme j’étais à Suse, dans la capitale, Hanani, l’un de mes frères, et quelques hommes arrivèrent de Juda. Je les questionnai au sujet des Juifs réchappés qui étaient restés de la captivité, et au sujet de Jérusalem. Ils me répondirent: Ceux qui sont restés de la captivité sont là dans la province, au comble du malheur et de l’opprobre; les murailles de Jérusalem sont en ruines, et ses portes sont consumées par le feu. Lorsque j’entendis ces choses, je m’assis, je pleurai, et je fus plusieurs jours dans la désolation. Je jeûnai et je priai devant le Dieu des cieux, et je dis: O Éternel, Dieu des cieux, Dieu grand et redoutable, toi qui gardes ton alliance et qui fais miséricorde à ceux qui t’aiment et qui observent tes commandements! Que ton oreille soit attentive et que tes yeux soient ouverts: écoute la prière que ton serviteur t’adresse en ce moment, jour et nuit, pour tes serviteurs les enfants d’Israël, en confessant les péchés des enfants d’Israël, nos péchés contre toi; car moi et la maison de mon père, nous avons péché. Nous t’avons offensé, et nous n’avons point observé les commandements, les lois et les ordonnances que tu prescrivis à Moïse, ton serviteur. Souviens-toi de cette parole que tu donnas ordre à Moïse, ton serviteur, de prononcer. Lorsque vous pécherez, je vous disperserai parmi les peuples; mais si vous revenez à moi, et si vous observez mes commandements et les mettez en pratique, alors, quand vous seriez exilés à l’extrémité du ciel, de là je vous rassemblerai et je vous ramènerai dans le lieu que j’ai choisi pour y faire résider mon nom. Ils sont tes serviteurs et ton peuple, que tu as rachetés par ta grande puissance et par ta main forte. Ah! Seigneur, que ton oreille soit attentive à la prière de ton serviteur, et à la prière de tes serviteurs qui veulent craindre ton nom! Donne aujourd’hui du succès à ton serviteur, et fais-lui trouver grâce devant cet homme! J’étais alors échanson du roi. »

«O Éternel ! Écoute la prière de ton serviteur… Fortifie-moi… Toi qui guidas nos pères… Souviens-toi, souviens-toi ! »  

Rebâtir les murailles

Néhémie est un exilé qui a fait fortune à Babylone et qui s’est élevé à de hautes fonctions à la cour d’Artaxerxès. Informé de la triste situation de Jérusalem, et notamment du fait que la ville reste toujours sans remparts, il obtient du roi l’autorisation naguère refusée de rebâtir l’enceinte de la ville, et il est pour cela nommé gouverneur de Judéeen 445. Avec beaucoup de finesse, car il sait que sa nomination ne sera pas favorablement accueillie par les autorités en place, il organise les travaux de restauration qui démarrent de façon rapide. Ses opposants tentent de discréditer l’opération en la faisant suspecter comme révolte contre l’autorité perse. Devant l’échec de cette manœuvre, ils passent à l’action violente, et Néhémie doit assurer la protection militaire des équipes d’ouvriers. Après de nombreuses tribulations relatées dans le livre de Néhémie, les murs principaux sont rebâtis en 52 jours

Néhémie avait fait un rêve immense : ressusciter son peuple. Il l’a réalisé. Son livre nous indique les difficultés de l’entreprise ; il nous révèle surtout le point d’appui qui permit à Néhémie de soulever le peuple en Judée : « Éternel, sois attentif, fais-moi grâce, souviens-toi, souviens-toi, souviens-toi !…».

Néhémie nous montre ce que c’est que la prière :

Prier, ce n’est pas couler comme un robinet, c’est jaillir comme une source. Néhémie nous fait voir aussi comment la prière domine l’action, l’inspire et l’assure. Il se joint ainsi à la plus haute lignée des ouvriers de Dieu : Moïse, Jérémie, Paul, lignée que continuent à travers les siècles jusqu’à nous toute une pléiade d’hommes et de femmes : François d’Assise, Catherine de Sienne, Félix Neff, Matin Luther King… Je ne cite que quelques grands noms. Mais Dieu sait que cette grâce de fonder l’action sur la prière peut aussi être possédée par les enfants de Dieu les plus humbles. Néhémie n’était pas un prêtre, il était fonctionnaire du roi !…

Ceux qui semblent les plus insignifiants, le monde les ignore, l’Église les connaît mal et généralement les sous-estime ; c’est qu’ils n’ont nul souci de briller devant les hommes ; leur visage est tourné du côté de Dieu. Mais au bien qu’ils font, au rayonnement de leur âme, on peut s’apercevoir que la qualité de leur énergie n’est pas d’ici-bas.  Là où l’amour ordinaire se lasse, ils continuent d’aimer… Ils possèdent, comme Néhémie, une puissance de résurrection, quand on est à leur côté. A qui veut faire de grandes choses pour Dieu, le chemin le plus court, c’est la vie de prière.

Psaume 49, en écho à la prière de Néhémie

« Au chef de chœur. Psaume des descendants de Koré.
Écoutez ceci, vous, tous les peuples, prêtez l’oreille, vous, tous les habitants du monde, petits et grands, riches et pauvres! 
Ma bouche va faire entendre des paroles sages, et mon cœur a des pensées pleines de bon sens.
J’écoute les proverbes, j’explique mon énigme au son de la harpe. 
Pourquoi aurais-je peur quand vient le malheur, lorsque je suis entouré par la méchanceté de mes adversaires?
Ils ont confiance en leurs biens et se vantent de leur grande richesse, 
mais ils ne peuvent se racheter l’un l’autre ni donner à Dieu le prix de leur rançon. 
Le rachat de leur âme est cher et n’aura jamais lieu. 
Ils ne vivront pas toujours, ils n’éviteront pas la tombe,car ils le verront bien: les sages meurent, l’homme stupide et l’idiot disparaissent aussi, et ils laissent leurs biens à d’autres. 
Ils s’imaginent que leurs maisons seront éternelles, que leurs résidences dureront toujours, eux qui avaient donné leur propre nom à leurs terres. 
Mais l’homme qui est honoré ne dure pas: il ressemble aux bêtes qu’on extermine. 
Telle est leur voie, telle est leur folie, et ceux qui les suivent se plaisent à leurs discours.
– Pause.
Comme un troupeau, ils sont poussés dans le séjour des morts; la mort est leur berger.
Le matin, les hommes droits les foulent aux pieds, leur beauté s’évanouit, le séjour des morts est leur demeure. 
Mais Dieu rachètera mon âme du séjour des morts, oui, il me prendra.
– Pause.
Ne sois pas dans la crainte parce qu’un homme s’enrichit, parce que les trésors de sa maison augmentent, car il n’emporte rien en mourant: ses trésors ne le suivront pas. 
Il aura beau s’estimer heureux pendant sa vie, on aura beau le louer pour le bonheur qu’il se donne, il rejoindra pourtant la génération de ses ancêtres qui ne reverront jamais la lumière.
L’homme qui est honoré mais qui n’a pas d’intelligence ressemble aux bêtes qu’on extermine.« 

Méditer la parole en musique :

Psaume 137- terre étrangère – Pat Berning

Prière d’un témoin de l’Eglise:Isaac de l’étoile

Seigneur , ne te tais pas en face moi.
Si je frappe ta porte par ma méditation,
Ouvre-moi,
Si je t’interroge,
Réponds-moi,
Si je t’implore,
Exauce-moi!
Oui, tu le feras dans ta grande bonté,
Tu le feras largement,
Pourvu que, lorsque tu parles,
Moi-même je ne détourne pas mon oreille.
Car si on t’écoute, tu écoutes,
Si on accueille tes avis, tu accueilles nos demandes.
Parle donc, Seigneur, ton serviteur écoute.
Réponds à celui qui te parle.

Isaac de l’Etoile ( 1100-1178)-Moine cistercien anglais

Lundi 19 août :

La prière de Jonas (Jonas 2 :1-11):

« L’Éternel fit venir un grand poisson pour engloutir Jonas, et Jonas fut dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits. Jonas, dans le ventre du poisson, pria l’Éternel, son Dieu. Il dit: Dans ma détresse, j’ai invoqué l’Éternel, Et il m’a exaucé; Du sein du séjour des morts j’ai crié, Et tu as entendu ma voix. Tu m’as jeté dans l’abîme, dans le cœur de la mer, Et les courants d’eau m’ont environné; Toutes tes vagues et tous tes flots ont passé sur moi. Je disais: Je suis chassé loin de ton regard! Mais je verrai encore ton saint temple. Les eaux m’ont couvert jusqu’à m’ôter la vie, L’abîme m’a enveloppé, Les roseaux ont entouré ma tête. Je suis descendu jusqu’aux racines des montagnes, Les barres de la terre m’enfermaient pour toujours; Mais tu m’as fait remonter vivant de la fosse, Éternel, mon Dieu! Quand mon âme était abattue au-dedans de moi, Je me suis souvenu de l’Éternel, Et ma prière est parvenue jusqu’à toi, Dans ton saint temple. Ceux qui s’attachent à de vaines idoles Éloignent d’eux la miséricorde. Pour moi, je t’offrirai des sacrifices avec un cri d’actions de grâces, J’accomplirai les vœux que j’ai faits: Le salut vient de l’Éternel. L’Éternel parla au poisson, et le poisson vomit Jonas sur la terre. »

« Du sein du séjour des morts, j’ai crié, Et tu as entendu ma voix…Tu m’as fait remonter vivant de l’abîme

La prière comme un cri vers Dieu

Dans le livre de Jonas, cette prière au cœur du poisson évoque les psaumes de complainte du psautier, à l’exemple des psaumes 13 ; 42 ; 88 ; 143… C’est l’appel déchirant d’un sinistré que les flots engloutissent, roulent, étouffent, plongent dans l’obscurité mortelle «jusqu’aux racines des montagnes ». Jonas crie à Dieu, Dieu le ramène à la surface, dans la lumière, l’air libre la chaleur du soleil, la vie.

Un naufrage intérieur

Ce récit apparaît très naïf. Pourtant, c’est une histoire criant de vérité. Pourquoi cette catastrophe ? Parce que Jonas s’était éloigné de Dieu, avait déserté la mission qu’il lui avait confié. Le naufrage du cœur de Jonas avait précédé le naufrage du navire.

Parfois, sans que rien à l’extérieur le décèle, notre âme est submergée par les soucis, bousculée dans le remous des circonstances comme une pauvre petite coquille de noix dans le fracas des vagues ; moralement, c’est l’asphyxie ; intellectuellement, la plongée dans la nuit. Quand nous sentons que tout nous quitte, c’est bien souvent, comme Jonas, que nous avons quitté Dieu. Que faire ? 

« L’algue tenait ma tête, j’étais descendu jusqu’aux racines des montagnes, alors je me suis souvenu de l’Éternel. »

Sauvetage

La prière de Jonas, c’est le coup de pied au fond de l’abîme, qui nous fait remonter et permet à notre main de saisir en haut la main de Dieu. Alors le Tout-Puissant, quelles que soient les difficultés de l’heure, nous ramène à la surface, à la lumière, à la vérité, à la santé morale, à la joie de vivre, car trouver Dieu, c’est aussi se trouver soi-même, et ce double bonheur passe toutes les épreuves. «  m’approcher de Dieu, c’est mon bonheur » ( psaume 73 : 28)

Psaume du jour – psaume 107

« Louez le Seigneur, car il est bon, et son amour n’a pas de fin.
Voilà ce que doivent répéter ceux que le Seigneur a pris en charge, qu’il a retirés des griffes de l’adversaire et rassemblés de tous les pays, de l’Est et de l’Ouest, du Nord et du Midi.
Certains étaient perdus dans un affreux désert, sans retrouver le chemin d’un lieu habité.
Mourant de faim et de soif, ils étaient en train de perdre courage.
Alors dans leur détresse ils appelèrent le Seigneur à leur secours, et lui les délivra du danger.
Il les mena par un chemin direct à un lieu habité.
Qu’ils louent donc le Seigneur pour sa bonté, pour ses miracles en faveur des humains !
Car il a donné à boire à ceux qui défaillaient de soif, et ceux qui mouraient de faim, il les a comblés de tout le nécessaire.
D’autres, misérables prisonniers enchaînés, étaient assis dans un obscur cachot.
Ils avaient été rebelles aux ordres de Dieu, ils avaient méprisé les décrets du Très-Haut.
Il les fit plier sous le poids de la peine, sans personne pour venir les relever.
Alors dans leur détresse, ils appelèrent le Seigneur à leur secours, et lui les sauva du danger.
Il les retira de leur obscur cachot et rompit leurs liens.
Qu’ils louent donc le Seigneur pour sa bonté, pour ses miracles en faveur des humains !
Car il a fracassé les portes de bronze, il a brisé les verrous de fer.
D’autres montraient qu’ils avaient perdu la raison tant ils se conduisaient mal.
Par leur faute, ils étaient accablés de tourments.
Écœurés par toute nourriture, ils avaient déjà un pied dans la tombe. Alors dans leur détresse ils appelèrent à grands cris le Seigneur, et lui les sauva du danger.
D’un mot, il les guérit et les arracha à la mort.
Qu’ils louent donc le Seigneur pour sa bonté, pour ses miracles en faveur des humains !
Qu’ils offrent des sacrifices pour louer Dieu, qu’ils crient de joie en racontant ce qu’il a fait !
D’autres s’étaient embarqués sur la mer, ils exerçaient leur métier sur l’océan.
Ceux-là ont vu de quoi le Seigneur est capable et les miracles qu’il fait sur la mer.
D’un mot, il déclencha un vent de tempête qui souleva les vagues.
Leur bateau était projeté vers le ciel, puis il dévalait dans les creux ;
eux-mêmes étaient la proie du mal de mer, pris de vertige et titubant comme des gens ivres.
Tout leur savoir-faire était tenu en échec.
Alors dans leur détresse ils appelèrent le Seigneur à leur secours, et lui les tira du danger.
Il changea l’ouragan en brise légère, et les vagues s’apaisèrent.
Ils purent se réjouir du calme revenu, et le Seigneur les conduisit à bon port.
Qu’ils louent donc le Seigneur pour sa bonté, pour ses miracles en faveur des humains !
Qu’ils proclament sa grandeur dans le peuple assemblé, qu’ils l’acclament dans le conseil des anciens !
C’est lui qui change des cours d’eau en désert, et des oasis en zones arides, ou une terre fertile en terre stérile, si ses habitants ne respectent pas le droit.
Il change aussi un désert en étendue d’eau, une terre desséchée en oasis.
Il y fait vivre des affamés.
Ceux-ci y dressent alors des habitations, ils ensemencent des champs, ils plantent des vignes et en recueillent les produits.
Le Seigneur les bénit, il les rend très nombreux, il ne laisse pas dépérir leur bétail.
Mais d’autres voient leur nombre diminuer.
Les voilà qui se courbent sous le poids de la captivité, du malheur et de la détresse.
Le Seigneur fait tomber le mépris sur les nobles et les laisse à errer dans un désert sans routes.
Mais il sauve les pauvres de la misère, il accroît leur famille autant que les troupeaux.
Que les hommes droits se réjouissent en voyant tout cela, et que toutes les mauvaises langues soient réduites au silence !
Si quelqu’un est sage, il tiendra compte de ces faits et comprendra que le Seigneur est bon. »

Méditer la parole en musique :

Libéré – Dan Luiten / Majestueux

Prière d’un témoin de l’Eglise- Saint François d’Assise

Seigneur, dans le silence de ce jour naissant,
Je viens te demander la paix, la sagesse,
La force de regarder aujourd’hui le monde
Avec les yeux remplis d’amour,
Etre patient, compréhensif, doux et sage.

Pour voir au-delà des apparences
Tes enfants comme tu les vois toi-même
Et ainsi ne voir en chacun que le bien :
Ferme mes oreilles à la calomnie,
Garde ma langue de toute malveillance,
Que seules les pensées qui bénissent
Demeurent en mon esprit.

Que je sois bienveillant et si joyeux
Que tous ceux qui m’approchent sentent ta présence :
Revêts-moi de ta bonté
Afin qu’au long du jour je te révèle.

Mardi 20 août :

La prière de Marie (Luc 1 v 46-55)

« Et Marie dit: Mon âme exalte le Seigneur, Et mon esprit se réjouit en Dieu, mon Sauveur, Parce qu’il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante. Car voici, désormais toutes les générations me diront bienheureuse, Parce que le Tout-Puissant a fait pour moi de grandes choses. Son nom est saint, et sa miséricorde s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Il a déployé la force de son bras; Il a dispersé ceux qui avaient dans le cœur des pensées orgueilleuses. Il a renversé les puissants de leurs trônes, et il a élevé les humbles. Il a rassasié de biens les affamés, et il a renvoyé les riches à vide. Il a secouru Israël, son serviteur, et il s’est souvenu de sa miséricorde, comme il l’avait dit à nos pères, Envers Abraham et sa postérité pour toujours. »

« Mon âme magnifie le Seigneur… »  Luc 1 :46

Prière d’humilité :

Dans sa réaction contre le culte à Marie, bien souvent la piété protestante n’a pas su conserver la place qui lui était dueLa prière du Magnificat nous ouvre en particulier sur une réalité d’humilité profonde vécue dans la prière.

L’attente d’un messie souffrant

Comment se fait-il que cette jeune femme Galiléenne, qui attendait un Messie en force, qui devait délivrer Israël et qui pensait enfanter ce Messie-là au monde, ait pu aller, malgré tous ses rêves déçus et le cœur transpercé par l’épée, accompagner ce messie souffrant à la croix  et rejoindre les disciples prier dans la chambre haute?

C’est que ce qui domine toutes les expressions de l’attente messianique, dans la prière de Marie, c’est l’humilité. L’humilité est le fond même de l’adoration de Marie. Humilité pour elle : « Le Seigneur a abaissé son regard sur l’humilité de sa servante ». Humilité dans le règne social que le Messie veut inaugurer : «Il exalte les humbles.». En dépit de toutes les gloires attendues, le règne messianique sera d’abord le triomphe des humbles : « Heureux les humbles », dira Jésus, « car le Royaume des cieux est à eux».

« Heureux les humbles »

Il nous reste à entrer dans une prière à la suite de Marie. Il nous reste à nous en remettre humblement, comme elle, à la miséricorde de Dieu. Il nous reste à nous reconnaître trop petit pour savoir sous quelles formes viendront à nous les grâces que Dieu nous offre ! Voilà le secret de l’obéissance dans les jours difficiles, la seule attitude qui nous permette, quand nos plans personnels se sont écroulés, de nous joindre comme Marie aux prières des disciples du Seigneur.

Psaume 131, en écho à la prière de Marie :

« Cantique des Montées, de David
Seigneur, je n’ai pas le cœur ambitieux,
Ni le regard hautain.
Je ne poursuis ni grands desseins,
Ni merveilles qui me dépassent.
Non, mais je tiens mon âme
Égale et silencieuse.
Mon âme est en moi comme un petit enfant,
Comme un enfant sevré contre sa mère.
Attends le Seigneur, Israël,
Dès maintenant et pour toujours.
« 

Méditer la parole en musique :

10000 reasons – Matt Redman, Jonas Myrin – Traduction française

10,000 Reasons (Bless the Lord) – Matt Redman (Best Worship Song Ever) (with Lyrics)

Prière d’un témoin de l’Eglise: Le sadhou Sundar Singh

Seigneur,

Mon coeur déborde de reconnaissance

pour tes dons et tes bénédictions de toutes sortes.

La reconnaissance du coeur

et des lèvres serait insuffisante

si je ne mettais pas ma vie à ton service

pour te rendre témoignage par mes actions.

A toi la gratitude et la louange

car tu as sorti de son néant

un être sans valeur tel que moi,

pour en faire ton élu,

et tu m’as rendu heureux dans ton amour

et dans le sentiment de ta présence.

Le sadhou Sundar Singh ( 1889-1929)- hindou converti au christianisme

Mercredi 21 août :

La prière de Jean-Baptiste (Luc 7 :18-28)

« Jean fut informé de tout cela par ses disciples. Il en appela deux qu’il envoya vers Jésus pour lui dire: «Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?» Arrivés vers Jésus, ils dirent: «Jean-Baptiste nous a envoyés vers toi pour te demander: ‘Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre?’» A ce moment-là, Jésus guérit de nombreuses personnes de maladies, d’infirmités et d’esprits mauvais et il rendit la vue à bien des aveugles. Puis il leur répondit: «Allez rapporter à Jean ce que vous avez vu et entendu: les aveugles voient, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, les sourds entendent, les morts ressuscitent, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres. Heureux celui pour qui je ne représenterai pas un obstacle!»

Lorsque les messagers de Jean furent partis, Jésus se mit à dire à la foule au sujet de Jean: «Qu’êtes-vous allés voir au désert? Un roseau agité par le vent? Mais qu’êtes-vous allés voir? Un homme habillé de tenues élégantes? Ceux qui portent des tenues somptueuses et qui vivent dans le luxe se trouvent dans les maisons des rois. Qu’êtes-vous donc allés voir? Un prophète? Oui, je vous le dis, et plus qu’un prophète. C’est celui à propos duquel il est écrit: Voici, j’envoie mon messager devant toi pour te préparer le chemin. »

Je vous le dis, parmi ceux qui sont nés de femmes, aucun prophète n’est plus grand que Jean-Baptiste]. Cependant, le plus petit dans le royaume de Dieu est plus grand que lui.« 

«Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?» Luc 7 :20

Une  prière chargée de doute :

Jean-Baptiste, cet homme du grand air est jeté en prison. Le Galiléen qu’il avait présenté aux foules comme le Messie libérateur ne le délivre pas. Dans ces circonstances, le doute ne tarde pas à arriver.

Mais Jean-Baptiste est un habitué de la prière; bien plus, il est un instructeur de la prière.

C’est au fait qu’il avait enseigné à ses disciples à prier et de sa vie de prière, toutes les paroles sont perdues, mais un geste demeure, et ce geste dit tout.

La prière de complainte :

Quand le doute s’est emparé de lui, voici ce qu’il a fait : Il a appelé deux de ses disciples et les a envoyés directement porter au Seigneur son trouble. Il s’est plaint de Jésus à Jésus, lui « le nouvel Élie » à l’exemple d’Élie au désert qui s’est plaint à Dieu. Et Jésus, aussitôt, par un acte, l’a raffermi.

Oser « lever la tête » : s’adresser à Dieu !

Moïse dira au peuple regrettant le pays d’Égypte : « Suis-je Dieu pour que vous m’adressiez des reproches ». Comme si le peuple, lui-même, était invité par Dieu à lui adresser son malaise. De même Dieu, viendra voir Caïn, quand il est troublé et en colère et lui dira : « Si tu fais bien Caïn tu lèveras la tête, si tu fais mal le péché est tapis à ta porte »  (Genèse 4 :7). « Lever la tête », dans l’Écriture, c’est toujours s’adresser à Dieu.

Si les circonstances ébranlent notre confiance au Sauveur, souvenons-nous qu’il n’y a jamais eu une position sur la terre plus difficile à la foi que la position de Jean-Baptiste. Suivons son exemple, en osant lever la tête vers Dieu pour lui exprimer notre plainte ! Étalé devant les hommes, le doute peut devenir contagieux ; enfoui dans le mutisme du cœur qu’il torture, il anémie et tue aussi sûrement que le poison.

« Si tu fais bien Caïn tu lèveras la tête » : Ose te mettre alors à genoux, appelles en de Jésus à Jésus, confesse-lui sans détour les raisons bonnes ou mauvaises de ton trouble. Dis-lui avec larmes que tes regards l’ont perdu, dis-lui tout, tout, et il te rétablira dans sa communion. Ce n’est que par Jésus qu’on retrouve Jésus !

Psaume 73, en écho à la prière de Jean-Baptiste

« Psaume d’Asaph.
Oui, Dieu est bon pour Israël, Pour ceux qui ont le cœur pur.
Toutefois, mon pied allait fléchir, Mes pas étaient sur le point de glisser; Car je portais envie aux insensés, En voyant le bonheur des méchants. Rien ne les tourmente jusqu’à leur mort, Et leur corps est chargé d’embonpoint;
Ils n’ont aucune part aux souffrances humaines, Ils ne sont point frappés comme le reste des hommes.
Aussi l’orgueil leur sert de collier, La violence est le vêtement qui les enveloppe;
L’iniquité sort de leurs entrailles, Les pensées de leur cœur se font jour.
Ils raillent, et parlent méchamment d’opprimer;
Ils profèrent des discours hautains, Ils élèvent leur bouche jusqu’aux cieux, Et leur langue se promène sur la terre.
Voilà pourquoi son peuple se tourne de leur côté, Il avale l’eau abondamment, Et il dit: Comment Dieu saurait-il, Comment le Très-Haut connaîtrait-il?
Ainsi sont les méchants: Toujours heureux, ils accroissent leurs richesses. C’est donc en vain que j’ai purifié mon cœur, Et que j’ai lavé mes mains dans l’innocence: Chaque jour je suis frappé, Tous les matins mon châtiment est là.
Si je disais: Je veux parler comme eux, Voici, je trahirais la race de tes enfants.
Quand j’ai réfléchi là-dessus pour m’éclairer, La difficulté fut grande à mes yeux, Jusqu’à ce que j’eusse pénétré dans les sanctuaires de Dieu, Et que j’eusse pris garde au sort final des méchants.
Oui, tu les places sur des voies glissantes, Tu les fais tomber et les mets en ruines.
Eh quoi! En un instant les voilà détruits! Ils sont enlevés, anéantis par une fin soudaine!
Comme un songe au réveil, Seigneur, à ton réveil, tu repousses leur image. Lorsque mon cœur s’aigrissait, Et que je me sentais percé dans les entrailles, J’étais stupide et sans intelligence, J’étais à ton égard comme les bêtes.
Cependant je suis toujours avec toi, Tu m’as saisi la main droite;
Tu me conduiras par ton conseil, Puis tu me recevras dans la gloire.
Quel autre ai-je au ciel que toi!
Et sur la terre je ne prends plaisir qu’en toi.
Ma chair et mon cœur peuvent se consumer: Dieu sera toujours le rocher de mon cœur et mon partage.
Car voici, ceux qui s’éloignent de toi périssent; Tu anéantis tous ceux qui te sont infidèles.
Pour moi, m’approcher de Dieu, c’est mon bien: Je place mon refuge dans le Seigneur, l’Éternel, Afin de raconter toutes tes œuvres. »

Méditer la parole en musique :

Matt & Sarah Marvane – Rédempteur du monde (Feat. Jade & Lisa Marvane)

Prière d’un témoin de l’Eglise: Saint Augustin

Seigneur, autant que j’ai pu,

Autant que tu m’en as donné la force,

Je t’ai cherché.

J’ai voulu avoir l’intelligence de ce que je crois.

J’ai beaucoup discuté, et j’ai peiné.

Seigneur, mon Dieu, mon unique espérance,

Exauce-moi, ne permets pas que je ne me lasse de te chercher.

Mets en mon coeur un désir plus ardent de te chercher.

Me voici devant toi, avec ma force et ma faiblesse.

Soutiens l’une, guéris l’autre.

Devant toi est ma science et mon ignorance.

Que je me souvienne de toi,

Que je te comprenne,

Que je t’aime.

Saint Augustin (354-430), Père de l’Eglise, évêque d’Hiponne.

Jeudi 22 août :

La prière du démoniaque. (Marc 5:1-20)

« Ils arrivèrent à l’autre bord de la mer, dans le pays des Gadaréniens. Aussitôt que Jésus fut hors de la barque, il vint au-devant de lui un homme, sortant des sépulcres, et possédé d’un esprit impur. Cet homme avait sa demeure dans les sépulcres, et personne ne pouvait plus le lier, même avec une chaîne. Car souvent il avait eu les fers aux pieds et avait été lié de chaînes, mais il avait rompu les chaînes et brisé les fers, et personne n’avait la force de le dompter. Il était sans cesse, nuit et jour, dans les sépulcres et sur les montagnes, criant, et se meurtrissant avec des pierres. Ayant vu Jésus de loin, il accourut, se prosterna devant lui, et s’écria d’une voix forte: Qu’y a-t-il entre moi et toi, Jésus, Fils du Dieu Très-Haut? Je t’en conjure au nom de Dieu, ne me tourmente pas. Car Jésus lui disait: Sors de cet homme, esprit impur! Et, il lui demanda: Quel est ton nom? Légion est mon nom, lui répondit-il, car nous sommes plusieurs. Et il le priait instamment de ne pas les envoyer hors du pays. Il y avait là, vers la montagne, un grand troupeau de pourceaux qui paissaient. Et les démons le prièrent, disant: Envoie-nous dans ces pourceaux, afin que nous entrions en eux. Il le leur permit. Et les esprits impurs sortirent, entrèrent dans les pourceaux, et le troupeau se précipita des pentes escarpées dans la mer: il y en avait environ deux mille, et ils se noyèrent dans la mer. Ceux qui les faisaient paître s’enfuirent, et répandirent la nouvelle dans la ville et dans les campagnes. Les gens allèrent voir ce qui était arrivé. Ils vinrent auprès de Jésus, et ils virent le démoniaque, celui qui avait eu la légion, assis, vêtu, et dans son bon sens; et ils furent saisis de frayeur. Ceux qui avaient vu ce qui s’était passé leur racontèrent ce qui était arrivé au démoniaque et aux pourceaux. Alors ils se mirent à supplier Jésus de quitter leur territoire. Comme il montait dans la barque, celui qui avait été démoniaque lui demanda la permission de rester avec lui. Jésus ne le lui permit pas, mais il lui dit: Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur t’a fait, et comment il a eu pitié de toi. Il s’en alla, et se mit à publier dans la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui. Et tous furent dans l’étonnement. »

 « Jésus.., ne me tourmente pas !» Marc 5 : 7

Une prière troublée :

Quand une puissance de ténèbres contrecarre dans nos vies l’action divine, à quoi peut-on le reconnaître ? Sans doute un des signes de cette opposition est le trouble qui nous saisit, sitôt que la prière nous met en présence de Jésus.

Dans la Bible, c’est dans les évangiles qu’on parle le plus de l’action de Satan :

Du temps où le Christ vivait parmi les hommes, le ciel était descendu sur la terre, mais aussi « l’enfer y était monté » !  Les démons reconnaissaient Jésus ; fascinés par lui, ils le confessaient dans leurs clameurs: «Fils de Dieu ! Messie ! Tu es le Saint de Dieu!». Ils le priaient de ne pas les renvoyer.Le démoniaque lui-même supplie : «Jésus, ne me tourmente pas ! ». Étranges paroles dans la bouche d’un malheureux, que l’esprit impur tyrannise et qu’un mot du Christ va libérer en refoulant les démons dans leur nuit.

Combien de cœurs, tenus en un repli secret par quelques influences mauvaises, prennent dans leur prière une attitude qui ne signifie pas autre chose que : « Jésus, ne me tourmente pas ! ». Ils implorent le Christ qui dispense les grâces, ils redoutent le Christ qui chasse les démons. Pourtant, leur trouble devrait les avertir que c’est de ce Christ-là, d’abord, qu’ils ont besoin.

Dic pereo, ne perens !

« Dis je péris, de peur que tu ne périsses ! » : Ce cri sublime, inspiré à saint Augustin, par Pierre qui s’enfonce dans l’eau (Matthieu 14 : 30), ne convient pas seulement à l’apôtre qui perd pied sur les flots tourmenté (symbole de la mort qui engloutit), il convient aussi au disciple, au cœur partagé, ce cœur que Jacques compare justement « aux flots démontés de la mer »  et dont il dit :

« Que celui-là ne s’attende pas à  recevoir quelque chose du Seigneur  » Jacques 1 : 6-7

«Seigneur, sauve-moi ! »

Si tu dis à Jésus: « Ne me tourmente pas ! », tu optes pour les ténèbres ; si tu lui dis : « Je me corrigerai », tu t’illusionnes : un faible ne peut lui-même briser ses liens. Si tu cries avec Pierre, oscillant sur le gouffre: «Seigneur, sauve-moi ! », tu sentiras aussitôt l’étreinte de la main souveraine qui seule peut ramener les naufragés de l’abîme, et faire du démoniaque guéri, un homme dans son bon sens et un évangéliste annonçant la Bonne Nouvelle autour de Lui. (Marc 5 : 19)

Psaume 107, en écho avec la prière du démoniaque :

« Louez l’Éternel, car il est bon, Car sa miséricorde dure à toujours! Qu’ainsi disent les rachetés de l’Éternel, Ceux qu’il a délivrés de la main de l’ennemi, Et qu’il a rassemblés de tous les pays, De l’orient et de l’occident, du nord et de la mer! Ils erraient dans le désert, ils marchaient dans la solitude, Sans trouver une ville où ils pussent habiter. Ils souffraient de la faim et de la soif; Leur âme était languissante. Dans leur détresse, ils crièrent à l’Éternel, Et il les délivra de leurs angoisses; Il les conduisit par le droit chemin, Pour qu’ils arrivassent dans une ville habitable. Qu’ils louent l’Éternel pour sa bonté, Et pour ses merveilles en faveur des fils de l’homme! Car il a satisfait l’âme altérée, Il a comblé de biens l’âme affamée. Ceux qui avaient pour demeure les ténèbres et l’ombre de la mort Vivaient captifs dans la misère et dans les chaînes, Parce qu’ils s’étaient révoltés contre les paroles de Dieu, Parce qu’ils avaient méprisé le conseil du Très-Haut. Il humilia leur cœur par la souffrance; Ils succombèrent, et personne ne les secourut. Dans leur détresse, ils crièrent à l’Éternel, Et il les délivra de leurs angoisses; Il les fit sortir des ténèbres et de l’ombre de la mort, Et il rompit leurs liens. Qu’ils louent l’Éternel pour sa bonté, Et pour ses merveilles en faveur des fils de l’homme! Car il a brisé les portes d’airain, Il a rompu les verrous de fer. Les insensés, par leur conduite coupable Et par leurs iniquités, s’étaient rendus malheureux. Leur âme avait en horreur toute nourriture, Et ils touchaient aux portes de la mort. Dans leur détresse, ils crièrent à l’Éternel, Et il les délivra de leurs angoisses; Il envoya sa parole et les guérit, Il les fit échapper de la fosse. Qu’ils louent l’Éternel pour sa bonté, Et pour ses merveilles en faveur des fils de l’homme! Qu’ils offrent des sacrifices d’actions de grâces, Et qu’ils publient ses œuvres avec des cris de joie! Ceux qui étaient descendus sur la mer dans des navires, Et qui travaillaient sur les grandes eaux, Ceux-là virent les œuvres de l’Éternel Et ses merveilles au milieu de l’abîme. Il dit, et il fit souffler la tempête, Qui souleva les flots de la mer. Ils montaient vers les cieux, ils descendaient dans l’abîme; Leur âme était éperdue en face du danger; Saisis de vertige, ils chancelaient comme un homme ivre, Et toute leur habileté était anéantie. Dans leur détresse, ils crièrent à l’Éternel, Et il les délivra de leurs angoisses; Il arrêta la tempête, ramena le calme, Et les ondes se turent. Ils se réjouirent de ce qu’elles s’étaient apaisées, Et l’Éternel les conduisit au port désiré. Qu’ils louent l’Éternel pour sa bonté, Et pour ses merveilles en faveur des fils de l’homme! Qu’ils l’exaltent dans l’assemblée du peuple, Et qu’ils le célèbrent dans la réunion des anciens! Il change les fleuves en désert, Et les sources d’eaux en terre desséchée, Le pays fertile en pays salé, A cause de la méchanceté de ses habitants. Il change le désert en étang, Et la terre aride en sources d’eaux, Et il y établit ceux qui sont affamés. Ils fondent une ville pour l’habiter; Ils ensemencent des champs, plantent des vignes, Et ils en recueillent les produits. Il les bénit, et ils deviennent très nombreux, Et il ne diminue point leur bétail. Sont-ils amoindris et humiliés Par l’oppression, le malheur et la souffrance; Verse-t-il le mépris sur les grands, Les fait-il errer dans des déserts sans chemin, Il relève l’indigent et le délivre de la misère, Il multiplie les familles comme des troupeaux. Les hommes droits le voient et se réjouissent, Mais toute iniquité ferme la bouche. Que celui qui est sage prenne garde à ces choses, Et qu’il soit attentif aux bontés de l’Éternel. »

Méditer la parole en musique :

Plus esclave – Axe21 Musique (Bethel Music)

Prière d’un témoin de l’Eglise: Dietrich bonhoeffer

Qui suis-je?

Souvent, ils me disent

que de ma cellule je sors

détendu, ferme et serein,

tel un gentilhomme de son château

Qui suis-je?

Suis-je vraiment celui qu’ils disent,

ou seulement cet homme que moi seul connait:

Inquiet, malade de nostalgie,

pareil à un oiseau en cage,

cherchant mon souffle comme si on m’étranglait,

avide de couleurs, de fleurs, de chants d’oiseaux,

assoiffé d’une bonne parole

et d’une espérance humaine?

Qui suis-je?

Dérision que ce monologue!

Qui que je sois, tu me connais:

Tu sais que je suis tien, ô mon Dieu.

Dietrich Bonhoeffer (1906 -1945) Pasteur, théologien, philosophe et résistant allemand

Vendredi 23 août :

Prière du Paralytique et de la femme aux pertes de sang (Marc 2 :1-12 et Luc 8 :40-48)

«Quelques jours après, Jésus revint à Capernaüm. On apprit qu’il était à la maison, et il s’assembla un si grand nombre de personnes que l’espace devant la porte ne pouvait plus les contenir. Il leur annonçait la parole. Des gens vinrent à lui, amenant un paralytique porté par quatre hommes. Comme ils ne pouvaient l’aborder, à cause de la foule, ils découvrirent le toit de la maison où il était, et ils descendirent par cette ouverture le lit sur lequel le paralytique était couché. Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique: Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. Il y avait là quelques scribes, qui étaient assis, et qui se disaient au-dedans d’eux: Comment cet homme parle-t-il ainsi? Il blasphème. Qui peut pardonner les péchés, si ce n’est Dieu seul? Jésus, ayant aussitôt connu par son esprit ce qu’ils pensaient au-dedans d’eux, leur dit: Pourquoi avez-vous de telles pensées dans vos cœurs? Lequel est le plus aisé, de dire au paralytique: Tes péchés sont pardonnés, ou de dire: Lève-toi, prends ton lit, et marche? Or, afin que vous sachiez que le Fils de l’homme a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés: Je te l’ordonne, dit-il au paralytique, lève-toi, prends ton lit, et va dans ta maison. Et, à l’instant, il se leva, prit son lit, et sortit en présence de tout le monde, de sorte qu’ils étaient tous dans l’étonnement et glorifiaient Dieu, disant: Nous n’avons jamais rien vu de pareil. » Marc 2:1-12.

« A son retour, Jésus fut reçu par la foule, car tous l’attendaient. Et voici, il vint un homme, nommé Jaïrus, qui était chef de la synagogue. Il se jeta à ses pieds, et le supplia d’entrer dans sa maison, parce qu’il avait une fille unique d’environ douze ans qui se mourait. Pendant que Jésus y allait, il était pressé par la foule. Or, il y avait une femme atteinte d’une perte de sang depuis douze ans, et qui avait dépensé tout son bien pour les médecins, sans qu’aucun n’ait pu la guérir. Elle s’approcha par derrière, et toucha le bord du vêtement de Jésus. Au même instant la perte de sang s’arrêta. Et Jésus dit: Qui m’a touché? Comme tous s’en défendaient, Pierre et ceux qui étaient avec lui dirent: Maître, la foule t’entoure et te presse, et tu dis: Qui m’a touché? Mais Jésus répondit: Quelqu’un m’a touché, car j’ai connu qu’une force était sortie de moi. La femme, se voyant découverte, vint toute tremblante se jeter à ses pieds, et déclara devant tout le peuple pourquoi elle l’avait touché, et comment elle avait été guérie à l’instant. Jésus lui dit: Ma fille, ta foi t’a sauvée; va en paix. » Luc 8:40-48. 

Une prière sans parole :

Dès le début du ministère de Jésus nous trouvons deux exemples de prière sans parole : le paralytique, apporté par le toit jusqu’aux pieds de Jésus et la femme malade, qui se faufile derrière le Maître à travers la foule, en se disant : « Si seulement je touche le bord de son manteau, je serai guérie ». L’un et l’autre, sans avoir exprimé aucune parole, ont demandé à Jésus et ont été exaucés. Par ailleurs, nous trouvons ce jugement du Christ dans le sermon sur la Montagne : « N’imitez pas les païens qui pensent être exaucés en parlant beaucoup » (Matthieu 6 :7).

Offrir nos vies à Dieu comme un culte que nous voulons lui rendre : (Romains 12.1)

La prière chrétienne n’est pas une affaire de parole, mais d’attitude. Quand Paul dit : «Priez sans cesse» (1 Thessaloniciens 5 :17), il n’entend pas que nous devons passer toute la journée en prière, mais que notre activité doit être tout le long du jour un geste vers Dieu, un « face à face » avec Dieu. Que notre vie soit à chaque instant une prière qui monte vers Dieu.

Lorsque nous tendons les bras à l’ami qui entre chez nous, nous n’avons pas besoin de lui dire : « Je t’accueille avec joie » ! Ainsi, au cours de la vie chrétienne fidèlement vécue, il y a toujours des attitudes qui parlent, des silences qui prient.

Je voudrais ajouter que pour tout enfant de Dieu, il peut arriver qu’un jour il manque de temps pour la prière, bien que sa vie soit toute tournée vers Jésus. Il peut arriver qu’il soit pris sans cesse et accaparé heure après heure jusqu’au soir par les obligations auxquelles il ne peut se soustraire, la fatigue du travail ou d’une souffrance continue…, si bien qu’au bout de sa journée il tombe épuisé sur son lit et s’endort avant d’avoir achevé sa prière. Qu’il dorme ! De celui-là, Jésus ne dit pas: « Qui m’a parlé ? » mais : « Qui m’a touché ? ». Et, comme la malade silencieuse, Jésus cherche dans la foule, « il regarde pour voir », il peut répondre à sa prière au-delà de ses espérances… « Ma fille va en paix et sois guérie de ton mal ».

Psaume 65, en écho à la prière de la femme aux pertes de sang

« Psaume de David, qui est un Cantique, donné au maître chantre.
Ô Dieu! la louange t’attend dans le silence en Sion, et le vœu te sera rendu.
Tu y entends les requêtes, toute créature viendra jusqu’à toi. 
Les iniquités avaient prévalu sur moi, mais tu feras l’expiation de nos transgressions.
Ô que bienheureux est celui que tu auras choisi et que tu auras fait approcher, afin qu’il habite dans tes parvis!
Nous serons rassasiés des biens de ta maison, des biens du saint lieu de ton palais. 
Ô Dieu de notre délivrance, tu nous répondras par des choses terribles, faites avec justice, toi qui es l’assurance de tous les bouts de la terre, et des plus éloignés de la mer.
Il tient fermes les montagnes par sa force, et il est ceint de puissance.
Il apaise le bruit de la mer, le bruit de ses ondes, et l’émotion des peuples. 
Et ceux qui habitent aux bouts de la terre ont peur de tes prodiges; tu réjouis l’Orient et l’Occident.
Tu visites la terre, et après que tu l’as rendue altérée, tu l’enrichis amplement; le ruisseau de Dieu est plein d’eau; tu prépares leurs blés, après que tu l’as ainsi disposée. 
Tu arroses ses sillons, et tu aplanis ses rayons; tu l’amollis par la pluie menue, et tu bénis son germe. 
Tu couronnes l’année de tes biens, et tes ornières font couler la graisse. 
Elles la font couler sur les loges du désert, et les coteaux sont ceints de joie. 
Les campagnes sont revêtues de troupeaux, et les vallées sont couvertes de froment; elles en triomphent, et elles en chantent. »

Méditer la parole en musique :

Notre calme attente – Pat Berning

Prière d’un témoin anonyme de l’Eglise

Ma prière, Seigneur

Est souvent ambitieuse et démesurée.

Elle fouille même les recoins de l’inutile et du superflu.

Elle ne sait pas faire la distinction

Entre mes envies les plus immédiates

Et les désirs les plus insondables,

Entre ce que j’exige pour moi

Et ce qui est nécessaire pour les autres,

Entre les plaisirs quotidiens

Et le goût du bonheur.

C’est pourquoi aujourd’hui, Seigneur,

Je ne te demanderai rien,

Car mieux que moi, tu connais les secrets des cœurs,

La beauté des invocations et la nécessité du silence.

Seigneur, je t’offre ma prière :

Puisse-t-elle rejoindre

Le mystère de ta volonté.

Être là devant toi, Seigneur,

Ne rien dire, attendre.

Être là seulement et te laisser parler,

Suspendre un moment toute ma volonté

À ta seule volonté.

Être là, vivre de ta présence,

M’ouvrir à ton amour.

Samedi 24 août :

La prière d’un soldat (Luc 7 :1-10).

« Après avoir achevé tous ces discours devant le peuple qui l’écoutait, Jésus entra dans Capernaüm. Un centenier avait un serviteur auquel il était très attaché, et qui se trouvait malade, sur le point de mourir. Ayant entendu parler de Jésus, il lui envoya quelques anciens des Juifs, pour le prier de venir guérir son serviteur. Ils arrivèrent auprès de Jésus, et lui adressèrent d’instantes supplications, disant: Il mérite que tu lui accordes cela; car il aime notre nation, et c’est lui qui a bâti notre synagogue. Jésus, étant allé avec eux, n’était guère éloigné de la maison, quand le centenier envoya des amis pour lui dire: Seigneur, ne prends pas tant de peine; car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit. C’est aussi pour cela que je ne me suis pas cru digne d’aller en personne vers toi. Mais dis un mot, et mon serviteur sera guéri. Car, moi qui suis soumis à des supérieurs, j’ai des soldats sous mes ordres; et je dis à l’un: Va! Et il va; à l’autre: Viens! Et il vient; et à mon serviteur: Fais cela! Et il le fait. Lorsque Jésus entendit ces paroles, il admira le centenier, et, se tournant vers la foule qui le suivait, il dit: Je vous le dis, même en Israël je n’ai pas trouvé une aussi grande foi. De retour à la maison, les gens envoyés par le centenier trouvèrent guéri le serviteur qui avait été malade. »

« Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit… mais dis une parole, et mon serviteur sera guéri. » Luc 7 : 6-7

La prière de la foi

Quelle humilité dans l’âme de ce centurion, et quelle logique ! Plié à la hiérarchie par sa carrière de soldat romain et à l’autorité qu’on ne discute pas, ce prosélyte transpose sur le plan spirituel ses expériences professionnelles : puisque mon action à moi, simple capitaine, peut s’exercer au loin par l’envoi d’un soldat, combien plus celui qui commande au monde des esprits doit-il pouvoir exercer au loin son influence toute puissante par l’envoi d’un messager spirituel !

Cette conclusion peut nous paraître élémentaire. Pourtant elle fait écho à l’admiration de Jésus, qui s’exclama devant la foule : « Je n’ai pas trouvé foi si grande, même en Israël ! »

Croire sans voir

Durant les trois années de son ministère, certains attendaient de Jésus qu’il parle, qu’il agisse devant eux. Il leur fallait « mettre le doigt dans la marque des clous » (Jean 20 : 25). Le centurion, lui, n’exige pas que ses yeux contemplent, que ses mains touchent. Penché seul sur son serviteur qui agonise, il croit, il sait que Jésus invisible est présent, muet et agissant, aux prises avec les mille obstacles de la terre et pourtant victorieux. Il croit sans voir, et son âme en paix compte sur la guérison. « Heureux » dira Jésus, « ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru  » (Jean 20 :29 ).

 Sommes-nous sûrs d’avoir la foi du centurion ? Ne nous arrive-t-il jamais de dire : « Ah ! Si Jésus passait par ici, si je pouvais lui parler, me jeter à ses pieds, toucher le bord de son manteau !… ».

 « Je dis à l’un : Va, et il va ».

En Jésus, le ciel ouvert s’est relié à la terre ; par Lui, dans le monde, les anges, ses messagers, montent et descendent, dispensateurs des grâces, intendants des miracles… Et nous sommes  les témoins, comme Jacob, de la présence constante, dynamique du Christ dans notre vie mortelle, mais rachetée. « Dieu était là et je ne le savais pas ». Ce que Jacob avait pressenti dans son rêve tandis qu’il dormait, sur la pierre de Béthel (Genèse 28 : 11-15), Jésus l’a réalisé dans sa personne et dans son œuvre.

Quand tu pries :

Quand tu pries seul, dans ta chambre, si tu crois comme le centurion à la présence spirituelle du Christ, présence réelle, attentive, agissante, si tu y crois vraiment, la promesse du Psaume 91 se réalisera pour toi : tu te sentiras « porté par la main des anges » Psaume 91 : 11-12

Psaume 91, en écho à la prière du centurion :

« Celui qui habite sous l’abri du Très-Haut repose à l’ombre du Tout-Puissant.
Je dis à l’Éternel: «Tu es mon refuge et ma forteresse, mon Dieu en qui je me confie!»
Oui, c’est lui qui te délivre du piège de l’oiseleur et de la peste dévastatrice. Il te couvrira de ses ailes et tu trouveras un refuge sous son plumage. Sa fidélité est un bouclier et une cuirasse. Tu ne redouteras ni les terreurs de la nuit ni la flèche qui vole durant le jour, ni la peste qui rôde dans les ténèbres ni le fléau qui frappe en plein midi. Si 1000 tombent à côté de toi et 10’000 à ta droite, tu ne seras pas atteint. Ouvre seulement les yeux, et tu verras la punition des méchants.
«Oui, tu es mon refuge, Éternel!» Tu fais du Très-Haut ta retraite?
Aucun mal ne t’arrivera, aucun fléau n’approchera de ta tente, car il donnera ordre à ses anges de te garder dans toutes tes voies. Ils te porteront sur les mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre. Tu marcheras sur le lion et sur la vipère, tu piétineras le lionceau et le dragon.
Puisqu’il est attaché à moi, je le délivrerai; je le protégerai, puisqu’il connaît mon nom. Il fera appel à moi et je lui répondrai. Je serai avec lui dans la détresse, je le délivrerai et je l’honorerai. Je le comblerai de longs jours et je lui ferai voir mon salut.« 

Méditer la parole en musique :

Il est là -Pat Berning

Prière d’un témoin de l’Eglise: Charles de Foucauld

Je m’abandonne à Toi,

Fais de moi ce qu’il Te plaira

Quoi que Tu fasses de moi,

Je Te remercie.

Je suis prêt à tout, j’accepte tout,

Pourvu que Ta volonté se fasse en moi, en toutes Tes créatures.

Je ne désire rien d’autre, mon Dieu.

Je remets mon âme entre Tes mains.

Je Te la donne, mon Dieu,

Avec tout l’amour de mon cœur,

Parce que je T’aime, et que ce m’est un  besoin d’amour de me donner,

De me remettre entre Tes mains,

Sans mesure, avec une infinie confiance,

Car Tu es mon Père .

Charles de Foucauld (1858-1916) -explorateur et religieux français

Dimanche 25 août :

La prière à Gethsémané – (Luc 22 : 39-48)

« Il sortit et se rendit comme d’habitude au mont des Oliviers. Ses disciples le suivirent. Lorsqu’il fut arrivé à cet endroit, il leur dit: «Priez pour ne pas céder à la tentation.» Puis il s’éloigna d’eux à la distance d’environ un jet de pierre, se mit à genoux et pria en disant: «Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe! Toutefois, que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne.» Alors un ange lui apparut du ciel pour le fortifier. Saisi d’angoisse, Jésus priait avec plus d’insistance, et sa sueur devint comme des caillots de sang qui tombaient par terre. Après avoir prié, il se releva et vint vers les disciples, qu’il trouva endormis de tristesse. Alors il leur dit: «Pourquoi dormez-vous? Levez-vous et priez pour ne pas céder à la tentation.» Il parlait encore quand une foule arriva. Celui qui s’appelait Judas, l’un des douze, marchait devant elle. Il s’approcha de Jésus pour l’embrasser. Jésus lui dit: «Judas, c’est par un baiser que tu trahis le Fils de l’homme!»

« Père, s’il est possible, éloigne de moi cette coupe… Toutefois, que ta volonté soit faite et non la mienne. » Luc 22 :42

« S’il est possible ?… » 

Jésus n’a-t-il pas dit : « Toutes choses sont possibles pour celui qui croit » ? N’a-t-il pas déclaré à Pierre qu’il lui suffirait de demander à son Père douze légions d’anges pour les obtenir aussitôt ?

Celui sur qui la mort n’a pas d’emprise demande au Père d’éloigner cette mort (« cette coupe »). Jésus pourtant connaît sa mission, voilà pourquoi, à la supplication : « Père, s’il est possible, éloigne de moi cette coupe », il ajoute : « Toutefois, ta volonté soit faite et non la mienne. ». Arrêtons-nous devant cette parole.

Ta volonté avant la mienne

En disant à Dieu par sa parole et ses actes : « Non pas ce que tu veux, mais ce que je veux », le premier Adam a fermé le paradis à sa postérité. « Tous sont pécheurs et séparés de la gloire de Dieu » (Romains 3.9-20). Jésus, le second Adam, disant à son Père, au seuil de la Passion : « Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux» a rouvert le paradis à sa postérité spirituelle. Mais au prix de quels renoncements! La mort, la séparation d’avec Dieu, un cri comme nul autre: «Eloï, Eloï, lamina sabachtani!».

Accepter la réponse de Dieu

Jésus laisse libre Dieu de répondre à sa demande : «Non pas ce que je veux, mais ce que tu veux». Modèle d’équilibre de prière qui demande, qui supplie et qui accepte la réponse de Dieu, telle qu’il la donnera. Le Père répondra non, à la supplication du Fils, la coupe ne sera pas éloignée, car là se trouve le salut du monde. Mais au cœur de la nuit, sur la croix, le Père répondra au Fils, alors que tous l’insultent et que la coupe est amère à boire, il répondra par la prière du brigand qui seul le reconnait comme Roi. « Souviens toi de moi quand tu viendras dans ton Règne » Luc 23.42. Le Père n’a pas abandonné le Fils.

Psaume 30, en écho à la prière de Getsémané

« Psaume, chant pour la dédicace de la maison. De David.
Je proclame ta grandeur, Éternel, car tu m’as relevé, tu n’as pas voulu que mes ennemis se réjouissent à mon sujet. 
Éternel, mon Dieu, j’ai crié à toi, et tu m’as guéri. 
Éternel, tu as fait remonter mon âme du séjour des morts, tu m’as fait revivre loin de ceux qui descendent dans la tombe.
Chantez en l’honneur de l’Éternel, vous qui l’aimez, célébrez par vos louanges sa sainteté, car sa colère dure un instant, mais sa grâce toute la vie: le soir arrivent les pleurs, et le matin l’allégresse.
Je disais dans ma tranquillité: «Je ne serai jamais ébranlé!» 
Éternel, par ta grâce tu avais affermi ma montagne.
Tu t’es caché, et j’ai été épouvanté. 
Éternel, j’ai crié à toi, j’ai imploré l’Éternel: «Que gagnes-tu à verser mon sang, à me faire descendre dans la tombe?
La poussière te célèbre-t-elle? Raconte-t-elle ta fidélité? Écoute, Éternel, aie pitié de moi! Éternel, secours-moi!» 
Et tu as changé mes lamentations en allégresse, tu m’as retiré mes habits de deuil pour me donner un habit de fête. Ainsi mon cœur chante tes louanges et ne reste pas muet. Éternel, mon Dieu, je te louerai toujours.« 

Méditer la parole en musique :

Homme de douleurs – Hillsong

Prière d’un témoin- Saint Grégoire de Narek

Ami des hommes, Sauveur béni, loué, exalté !
Refuge solide, abri sûr,
Bonté qui exclut toute méchanceté,
Toi qui pardonnes le péché
Et qui guéris toute blessure,
Toi qui peux réaliser l’impossible
Et qui atteins l’inaccessible,
Je te loue, Seigneur.

O route de vie,
Toi qui es le premier guide
Dans la voie de l’amour,
Toi qui me conduis avec douceur
Dans ma marche vers la lumière,
Toi qui me donnes confiance
Et ne m’abandonnes pas dans mes chutes,
Je te loue, Seigneur.

Clarté sans ombre,
Toi qui m’enveloppes et me couvres
Dans ma misère,
Toi qui m’illumines
Des rayons de ta grandeur infinie,
Toi qui me rends glorieux
A nouveau dans ta lumière,
Toi qui me renouvelles
Et me rends ma beauté première,
Je te loue, Seigneur.

Saint Grégoire de Narek (945-1003)- Moine d’Arménie- poéte mystique

Lundi 26 août :

La prière du Christ (Jean 17 :1-26):

 « Après avoir ainsi parlé, Jésus leva les yeux au ciel, et dit: Père, l’heure est venue! Glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie, selon que tu lui as donné pouvoir sur toute chair, afin qu’il accorde la vie éternelle à tous ceux que tu lui as donnés. Or, la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire. Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût. J’ai fait connaître ton nom aux hommes que tu m’as donnés du milieu du monde. Ils étaient à toi, et tu me les as donnés; et ils ont gardé ta parole. Maintenant ils ont connu que tout ce que tu m’as donné vient de toi. Car je leur ai donné les paroles que tu m’as données; et ils les ont reçues, et ils ont vraiment connu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que tu m’as envoyé. C’est pour eux que je prie. Je ne prie pas pour le monde, mais pour ceux que tu m’as donnés, parce qu’ils sont à toi; et tout ce qui est à moi est à toi, et ce qui est à toi est à moi; et je suis glorifié en eux. Je ne suis plus dans le monde, et ils sont dans le monde, et je vais à toi. Père saint, garde en ton nom ceux que tu m’as donnés, afin qu’ils soient un comme nous. Lorsque j’étais avec eux dans le monde, je les gardais en ton nom. J’ai gardé ceux que tu m’as donnés, et aucun d’eux ne s’est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l’Écriture fût accomplie. Et maintenant je vais à toi, et je dis ces choses dans le monde, afin qu’ils aient en eux ma joie parfaite. Je leur ai donné ta parole; et le monde les a haïs, parce qu’ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. Sanctifie-les par ta vérité: ta parole est la vérité. Comme tu m’as envoyé dans le monde, je les ai aussi envoyés dans le monde. Et je me sanctifie moi-même pour eux, afin qu’eux aussi soient sanctifiés par la vérité. Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu’eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. Je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un, moi en eux, et toi en moi, afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, je veux que là où je suis ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi, afin qu’ils voient ma gloire, la gloire que tu m’as donnée, parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde. Père juste, le monde ne t’a point connu; mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont connu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que je sois en eux. »

« Père, je veux que là où je suis, ceux que tu m’as donnés soient aussi avec moi, afin qu’ils contemplent ma gloire » Jean 17 : 24

Dans la relation intime de Dieu à Dieu

La prière d’où cette parole est tirée présente un fait unique dans l’histoire de l’humanité. Ce n’est pas une révélation de Dieu, ce n’est pas une prière de l’homme, c’est la prière du Christ au Père, par cette prière nous entrons dans la communion intime de Dieu. Dieu se parle à lui-même !

Fort de son acceptation de mourir qu’il vient de figurer dans l’institution de la Cène, Jésus se voit déjà, — par-delà Gethsémané où il livrera la lutte suprême, par-delà la croix où il portera les péchés du monde, par-delà le matin de Pâques où resplendira sa victoire, —sur les marches du trône où son Père l’attend.

« Je veux »

Jésus dit au cœur de cette prière : « Père, l’heure est venue… j’ai achevé l’œuvre… Je t’ai glorifié sur la terre… maintenant, toi, Père, glorifie-moi !… je veux… »

« Je veux… » C’est la seule fois dans les Évangiles que Jésus dit au Père : «Je veux». Et ce «je veux» ne dénonce pas un manque de soumission filiale, il exprime, au contraire, les droits que Jésus s’est acquis par son entière obéissance. Bientôt, la Pentecôte et le développement de l’Église naissante manifesteront de façon visible ces droits qu’il s’est acquis.

Jésus dira encore : «  Je donne ma vie, personne ne me l’ôte, je la donne de moi-même. Quand j’aurai été élevé de la terre, j’attirerai tous les hommes à moi…. Tout pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Toutes les tribus de la terre verront le Fils de l’Homme venir en grande gloire » (Jean 10 : 17 s) …

Prosternons nous devant notre Roi

La prière de Jésus au soir de la passion nous invite, comme pour le brigand sur la croix, au cœur de la passion, nous invite à reconnaître la majesté du Christ et sa gloire. Prosternons nous dans l’obéissance au Maître des âmes. Ce « je veux » nous concerne. Préparons-nous à la rencontre du Roi de gloire.

Psaume 2, en écho à la prière de Jésus

« Pourquoi cette agitation parmi les nations et ces préoccupations dépourvues de sens parmi les peuples? 
Les rois de la terre se soulèvent et les chefs se liguent ensemble contre l’Éternel et contre celui qu’il a désigné par onction: «Arrachons leurs liens, jetons leurs chaînes loin de nous!»
Celui qui siège dans le ciel rit, le Seigneur se moque d’eux. 
Puis il leur parle dans sa colère, il les épouvante dans sa fureur: «C’est moi qui ai établi mon roi sur Sion, ma montagne sainte!» Je veux proclamer le décret de l’Éternel.
Il m’a dit: «Tu es mon fils, je t’ai engendré aujourd’hui! Demande-le-moi, et je te donnerai les nations en héritage, les extrémités de la terre en possession.
Tu les briseras avec un sceptre de fer, tu les briseras comme le vase d’un potier.»
Et maintenant, rois, conduisez-vous avec sagesse! Juges de la terre, laissez-vous instruire! 
Rendez hommage au fils, de peur qu’il ne s’irrite et que vous n’alliez à votre perte, car sa colère s’enflamme rapidement.
Heureux tous ceux qui se confient en lui! »

Méditer la parole en musique :

Matt Marvane Christ est la lumière (Resistance) JEM 1057

Prière d’un témoin – Ephrem le Syrien

Fais-moi revenir à tes enseignements, Éternel
Je voulais m’en détourner
Mais je me suis aperçu de mon appauvrissement
Mon âme ne tire aucun bénéfice, en effet, en dehors
Du temps que je passe avec toi. 
Chaque fois que j’ai porté sur toi ma méditation,
C’est un véritable trésor que j’ai reçu de toi.
Quel que fût l’objet de ma contemplation de toi,
Seigneur, un fleuve jaillissait de ton sein,
Pas moyen pour moi de le contenir. 
Ta source est cachée
Aux yeux de celui qui de toi n’est pas assoiffé,
Ton trésor semble vide pour celui qui te repousse.
Amour est le trésor de tes réserves célestes.

Ephrem le Syrien (Au IVème siècle, Ephrem le Syrien (Ecole de Edesse, en Mésopotamie) a été l’auteur de commentaires sur l’Ecriture et de poèmes.)

Mardi 27 août :

La prière du brigand crucifié (Luc 23 :32-43):

« On emmenait aussi deux autres hommes, des malfaiteurs, pour les mettre à mort avec Jésus. Lorsqu’ils arrivèrent à l’endroit appelé « Le Crâne », les soldats clouèrent Jésus sur la croix à cet endroit-là et mirent aussi les deux malfaiteurs en croix, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche. Jésus dit alors : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. » Ils partagèrent ses vêtements entre eux en les tirant au sort. Le peuple se tenait là et regardait. Les chefs juifs se moquaient de lui en disant : « Il a sauvé d’autres gens ; qu’il se sauve lui-même, s’il est le Messie, celui que Dieu a choisi ! » Les soldats aussi se moquèrent de lui ; ils s’approchèrent, lui présentèrent du vinaigre et dirent : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même ! » Au-dessus de lui, il y avait cette inscription : « Celui-ci est le roi des Juifs. » L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’insultait en disant : « N’es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même et nous avec toi ! » Mais l’autre lui fit des reproches et lui dit : « Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la même punition ? Pour nous, cette punition est juste, car nous recevons ce que nous avons mérité par nos actes ; mais lui n’a rien fait de mal. » Puis il ajouta : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras pour être roi. » Jésus lui répondit : « Je te le déclare, c’est la vérité : aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis.» »

 « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton règne ! » Luc 23 : 42

Prière de salut

Au moment de mourir, le brigand sur la croix prononce une prière qui lui ouvre le paradis. C’est la seule personne dans les évangiles qui recevra de Jésus une parole directe lui annonçant que son nom est inscrit dans le livre de Vie.

Cloué sur une croix, en proie à d’horribles tortures, cet homme voit auprès de lui agoniser un autre homme abandonné de tous. On attendait un miracle suprême de ce faiseur de miracles : « Toi qui sauves les autres, descends de la croix ! », mais rien ; rien qu’un corps meurtri. Les passants invectivent cet homme qui s’est présenté comme le messie ! Sa faiblesse aux yeux de tous, son impuissance finale semble démasquer l’imposture. Les pharisiens le bafouent. Ils l’avaient bien dit que Jésus n’était pas fils de Dieu. Les soldats, ses bourreaux, le couvrent d’outrages et devant lui, encore vivant, tirent au sort sa robe sans couture. A toutes ces insultes s’ajoutent les railleries qu’un autre crucifié lui adresse.

Ses amis où sont-ils ? Le laisseront-ils mourir ainsi ?… L’un l’a vendu ; l’autre l’a renié ; un troisième l’a suivi d’un cœur timide. Chez tous, l’espérance est éteinte. Quoi, tout est donc fini ? Jésus n’a plus qu’à s’écrier lui-même : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Et bien non ! Du sein de toutes ces haines et de toutes ces trahisons, une voix soudaine a parlé. Seul contre tous, un malfaiteur, un crucifié, se prononce pour celui qu’on abandonne et se met du côté de la victime. A l’heure où l’on dirait que Dieu et les hommes le renient, il affirme, lui seul, sa foi au Couronné d’épines, par une confession sublime et lui remet le sort de son âme, et, dans un cri qui semble défier l’incrédulité de tous, il acclame en Jésus son Sauveur et son Roi !

Et c’est cette prière-là, qui jaillit au cœur d’une rencontre unique dans l’histoire ; c’est cet appel spontané, c’est ce cri, qu’un mourant, après s’être refusé à Jésus toute sa vie, serait capable de faire monter vers le ciel ? Et Jésus, dans sa gloire, de lui répondre :

«  Aujourd’hui, je te le dis, tu seras avec moi dans le paradis »

D’où vient cette prière ?

Où cet homme en a–t-il trouvé l’élan, le courage ? Tout miracle est possible à Dieu, mais  non pas à l’homme. Aujourd’hui l’Esprit de Dieu murmure à notre esprit les mots, les « gémissements » pour nous adresser à Dieu.

Psaume 88 (psaume d’un mourant), en écho à la prière du brigand sur la croix

« Chant, psaume des descendants de Koré.
Au chef de chœur, à chanter sur la flûte.
Cantique d’Héman l’Ezrachite.
Éternel, Dieu de mon salut, jour et nuit je crie devant toi. 
Que ma prière parvienne jusqu’à toi! Prête l’oreille à mes supplications, car mon âme est saturée de malheurs, et ma vie s’approche du séjour des morts. 
On me compte parmi ceux qui descendent dans la tombe, je suis comme un homme qui n’a plus de force. 
Je suis étendu parmi les morts, semblable à ceux qui sont tués et couchés dans la tombe, à ceux dont tu ne te souviens plus et qui sont séparés de toi. 
Tu m’as jeté dans un gouffre profond, dans les ténèbres, dans les abîmes. 
Ta fureur pèse lourdement sur moi, et tu m’accables des vagues de ta colère.
– Pause.
Tu as éloigné mes intimes de moi, tu as fait de moi un objet d’horreur pour eux; je suis enfermé et je ne peux pas sortir. 
Mes yeux sont usés par la souffrance; tous les jours, je fais appel à toi, Éternel, je tends les mains vers toi. 
Est-ce pour les morts que tu fais des miracles? Les défunts se lèvent-ils pour te louer?
– Pause.
Parle-t-on de ta bonté dans la tombe, de ta fidélité dans le gouffre de perdition? 
Tes miracles sont-ils connus dans les ténèbres, et ta justice au pays de l’oubli?
Et moi, c’est toi, Éternel, que j’appelle au secours.
Le matin, ma prière s’adresse à toi. 
Pourquoi, Éternel, me rejettes-tu?
Pourquoi me caches-tu ton visage? 
Je suis malheureux et mourant depuis ma jeunesse, je subis tes terreurs et je suis bouleversé.
Tes fureurs passent sur moi, tes terreurs me réduisent au silence; elles m’encerclent tout le jour comme de l’eau, elles me cernent de tous côtés. 
Tu as éloigné mes amis et mes proches de moi; mes intimes, ce sont les ténèbres« 

Méditer la parole en musique :

Relever le faible – Glorious –  album : 1000 ECHOS

Prière d’un témoin – Anselme de Cantorbéry

Je te supplie, Seigneur
Ô Toi qui es suspendu en croix !
Tu es mon espoir, mon refuge, ma miséricorde.
Aie pitié de moi et apprends-moi à t’aimer:
car c’est mon désir de t’aimer,
bien que je ne sache pas comment faire.

Je te prie, Toi qui exauces ceux qui t’aiment,
par cet amour que sur la croix tu as pour l’homme,
fais que jamais je n’aie dégoût ni honte de me tenir devant ta croix;
mais que mon âme prenne plaisir à rester sous tes veux avec fidélité
et que tes yeux prennent plaisir à me regarder, avec miséricorde.

Donne-moi la force de pleurer ma misère,
donne-moi la joie de voir changer ma tristesse en joie…

Toi qui prias pour ceux qui te crucifiaient,
Tu ne prierais pas pour ceux qui t’adorent ?
Sur la croix tu n’oubliais pas la pitié,
Et au ciel tu oublierais la miséricorde ?

Aie pitié, Seigneur, aie pitié de moi.
Pardonne-moi toi-même,
ou bien dis au Père qu’il pardonne.
C’est pour cela que je reste devant toi.
Je crois et j’affirme que, sur le bois de la croix,
tu attires ceux qui t’aiment du fond du cœur.
Attire-moi. Seigneur que j’aime,
pour que je sente le pouvoir de ta croix en moi…

Seigneur, je te prie comme priait le larron:
Souviens-toi de moi dans ton royaume !
Rappelle-toi. Seigneur.
Que tu l’as déjà entendue, cette prière
et accepte de moi ce cri que tu acceptas du larron.
De ton royaume exauce-moi.
Comme tu l’as exaucé du haut de ta croix.
O Maître, dis à ton serviteur :
« »Aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le paradis !  » 

Anselme de Cantorbéry (1056-1109) moine bénédictin d’Italie- archevéque de Cantorbéry

Mercredi 28 août :

 La prière des disciples d’Emmaüs (Luc 24:13-36) :

« Or, ce même jour, deux d’entre eux se rendaient à un village du nom d’Emmaüs, à soixante stades de Jérusalem, et ils s’entretenaient de tout ce qui s’était passé. Pendant qu’ils s’entretenaient et débattaient, Jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Il leur dit : Quels sont ces propos que vous échangez en marchant ? Ils s’arrêtèrent, l’air sombre. L’un d’eux, nommé Cléopas, lui répondit : Es-tu le seul qui, tout en séjournant à Jérusalem, ne sache pas ce qui s’y est produit ces jours-ci ? – Quoi ? leur dit-il. Ils lui répondirent : Ce qui concerne Jésus le Nazaréen, qui était un prophète puissant en œuvre et en parole devant Dieu et devant tout le peuple, comment nos grands prêtres et nos chefs l’ont livré pour qu’il soit condamné à mort et l’ont crucifié. Nous espérions que ce serait lui qui apporterait la rédemption à Israël, mais avec tout cela, c’est aujourd’hui le troisième jour depuis que ces événements se sont produits. Il est vrai que quelques femmes d’entre nous nous ont stupéfiés ; elles se sont rendues de bon matin au tombeau et, n’ayant pas trouvé son corps, elles sont venues dire qu’elles avaient eu une vision d’anges qui le disaient vivant. Quelques-uns de ceux qui étaient avec nous sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses tout comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. Alors il leur dit : Que vous êtes stupides ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! Le Christ ne devait-il pas souffrir de la sorte pour entrer dans sa gloire ? Et, commençant par Moïse et par tous les Prophètes, il leur fit l’interprétation de ce qui, dans toutes les Écritures, le concernait. Lorsqu’ils approchèrent du village où ils allaient, il parut vouloir aller plus loin. Mais ils le pressèrent, en disant : Reste avec nous, car le soir approche, le jour est déjà sur son déclin. Il entra, pour demeurer avec eux. Une fois installé à table avec eux, il prit le pain et prononça la bénédiction ; puis il le rompit et le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent ; mais il disparut de devant eux. Et ils se dirent l’un à l’autre : Notre cœur ne brûlait-il pas en nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous ouvrait le sens des Écritures ? Ils se levèrent à ce moment même, retournèrent à Jérusalem et trouvèrent assemblés les Onze et ceux qui étaient avec eux, qui leur dirent : Le Seigneur s’est réellement réveillé, et il est apparu à Simon ! Ils racontèrent ce qui leur était arrivé en chemin, et comment il s’était fait reconnaître d’eux en rompant le pain. Comme ils disaient cela, lui-même se présenta au milieu d’eux et leur dit : Que la paix soit avec vous ! »

 « Reste avec nous. » Luc 24 : 29

Prière à un inconnu

A qui les pèlerins du chemin d’Emmaüs adressent-ils cette prière dans le crépuscule du soir ? Ils ne savent pas. Mais, cet inconnu, ce mystérieux étranger, qui vient de Jérusalem et semble y avoir ignoré le drame du calvaire, comme il connaît bien les raisons qui ont dressé la croix ! Il leur a expliqué Moïse et les prophètes, il leur révèle leur propre cœur, il oblige leurs espoirs à reprendre l’envol.

A mesure que le jour baisse, leur âme s’éclaire. Elle retombera dans la nuit si l’étranger les quitte, ils ne veulent pas qu’elle y retombe : « Reste avec nous ! »

Ils devront à cette prière de se mettre à table avec Jésus le soir même de sa résurrection. Leurs yeux ouverts reconnaissent son geste, le geste de la Cène, la main qui donne le pain de vie.

Que de fois ne nous arrive-t-il pas à nous-mêmes de devoir faire la confession de Jacob : « L’Éternel était ici et je n’en savais rien ! » Quand la marche devient difficile, notre attention va aux obstacles plutôt qu’à la promesse de Jésus : « Je suis tous les jours avec vous ». , Et notre cœur incrédule le pleure, au moment même où sur notre chemin tout est rempli de Sa présence.

« Si tu connaissais le don de Dieu, et qui est Celui qui te parle…»
Jean 4 : 10

Psaume 16, en écho avec la prière des pèlerins d’Emmaüs

« Hymne de David.
Garde-moi, ô Dieu, car je cherche refuge en toi!
Je dis à l’Éternel: «Tu es mon Seigneur, tu es mon bien suprême.» 
Les saints qui sont dans le pays, les hommes pieux, sont l’objet de toute mon affection. 
On multiplie les idoles, on court après les dieux étrangers, mais moi, je ne verse pas d’offrandes de sang en leur honneur, je ne mets pas leur nom sur mes lèvres.
Éternel, c’est toi qui es ma part et la coupe où je bois, c’est toi qui m’assures mon lot. 
Un héritage délicieux m’est attribué, une belle possession m’est accordée.
Je bénis l’Éternel, car il me conseille; même la nuit mon cœur m’instruit. J’ai constamment l’Éternel devant moi; quand il est à ma droite, je ne suis pas ébranlé.
C’est pourquoi mon cœur est dans la joie, et mon esprit dans l’allégresse.
Même mon corps reposera en sécurité, car tu n’abandonneras pas mon âme au séjour des morts, tu ne permettras pas que ton bien-aimé connaisse la décomposition. 
Tu me fais connaître le sentier de la vie; il y a d’abondantes joies dans ta présence, un bonheur éternel à ta droite. »

Méditer la parole en musique :

Collectif Cieux Ouverts – Éveille-toi, mon âme

Prière des frères Moraves

Prière d’un témoin –Prière des frères Moraves

L’ombre vient, le jour qui meurt au monde dit adieu.
En voulant prier le coeur sera plus près de Dieu.
Dans l’église vaste et sombre quand la terre dort,
Nous voulons prier dans l’ombre, Dieu qui veille encor.
Ô mon Dieu, prends pitié de nous,
Nous tombons à genoux.

O Seigneur, tu vois tes fils qui pleurent à genoux.
Trop souvent ils t’ont trahi!
Désarme ton courroux!
Vois leurs maux et vois leurs peines,Dieu de tout pardon!
Ils ont supporté leur peine: Montre toi très bon!
O mon Dieu! Prends pitié de nous!
Nous tombons à genoux!

Les Frères moraves sont une dénomination protestante très ancienne puisqu’elle s’inspire de la prédication de Jean Hus. Elle doit son nom au fait qu’une communauté a été créée en Saxe par des exilés chassés de Moravie par la persécution réligieuse. Cette dénomination apparentée aux Frères Tchèques et rassemblée aujourd’hui dans la communion Unitas Fratrum (« unité des frères »). Très ancrée dans la piété individuelle, dénuée de toute hiérarchie, cette petite communauté de quelque 750 000 membres actuellement est traditionnellement très active dans le domaine missionnaire et très attachée à l’expression musicale de la foi.  

Jeudi 29 août :

La prière de la chambre haute (Actes 4 :23-31) :

« Après avoir été relâchés, ils allèrent vers les leurs, et racontèrent tout ce que les principaux sacrificateurs et les anciens leur avaient dit. Lorsqu’ils l’eurent entendu, ils élevèrent à Dieu la voix tous ensemble, et dirent: Seigneur, toi qui as fait le ciel, la terre, la mer, et tout ce qui s’y trouve, c’est toi qui as dit par le Saint-Esprit, par la bouche de notre père, ton serviteur David: Pourquoi ce tumulte parmi les nations, Et ces vaines pensées parmi les peuples? Les rois de la terre se sont soulevés, Et les princes se sont ligués Contre le Seigneur et contre son Oint. En effet, contre ton saint serviteur Jésus, que tu as oint, Hérode et Ponce Pilate se sont ligués dans cette ville avec les nations et avec les peuples d’Israël, pour faire tout ce que ta main et ton conseil avaient arrêté d’avance. Et maintenant, Seigneur, vois leurs menaces, et donne à tes serviteurs d’annoncer ta parole avec une pleine assurance, en étendant ta main, pour qu’il se fasse des guérisons, des miracles et des prodiges, par le nom de ton saint serviteur Jésus. Quand ils eurent prié, le lieu où ils étaient assemblés trembla; ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance. »

 « Maintenant, Seigneur, donne à tes serviteurs d’annoncer ta Parole avec une pleine hardiesse. » Actes 4 : 29

Une prière selon la Parole de Jésus

Voilà une prière au nom de Jésus-Christ !  Elle est toute fondée sur l’ordre de Jésus et sur l’impulsion de l’Esprit. Jésus avait dit : « Allez et enseignez. Vous recevrez le don du Saint-Esprit et vous serez mes témoins » (Matthieu 28 : 19 ; Actes 1 :8). Le jour de la Pentecôte, l’Esprit pousse l’apôtre Pierre à la rencontre de la foule, inspire ses paroles et « Ce jour-là, environ trois mille personnes furent ajoutées à l’Église » (Actes 2 : 41).

Fidélité au maître malgré les obstacles

Des obstacles se dressent ; voici la résistance des autorités, la prison, les menaces, c’est l’approche du martyre… Les apôtres, au lieu d’en être intimidés, en sont comme exaltés dans leur fidélité au Maître. La chambre haute prie…Et que demande-t-elle ? Seigneur, épargne-nous ? Non, mais : 

« Donne à tes serviteurs d’annoncer ta parole avec une pleine hardiesse et d’accomplir des œuvres dignes de toi ».

Réponse de Dieu

A cette prière, née de l’impulsion du Christ et toute imprégnée de son renoncement, le ciel répond aussitôt, et de façon sensible : « Le lieu où étaient les apôtres trembla », et tous reconnaissent qu’ils ont été exaucés : « ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance ». Ce qui s’est passé aux jours des Actes, s’est passé, toutes proportions gardées, au temps de la Réforme et se passe de nos jours encore aux heures des réveils, dans les champs missionnaires à l’étranger, comme en France.

Persévérons, encore aujourd’hui, dans la prière des premiers témoins de la résurrection : « Maintenant, Seigneur, donne à tes serviteurs d’annoncer ta Parole avec une pleine hardiesse.»

Psaume 67, en écho avec la prière des premiers disciples dans la chambre haute

« Au chef de chœur, avec instruments à cordes. Psaume, chant.
Que Dieu nous fasse grâce et nous bénisse, qu’il fasse briller son visage sur nous!
– Pause.
Ainsi l’on connaîtra ta voie sur la terre et ton salut parmi toutes les nations. 
Les peuples te louent, ô Dieu, tous les peuples te louent. 
Les nations se réjouissent, elles sont dans l’allégresse, car tu juges les peuples avec droiture et tu conduis les nations sur la terre.
– Pause.
Les peuples te louent, ô Dieu, tous les peuples te louent. 
La terre donne ses produits; Dieu, notre Dieu, nous bénit. 
Dieu nous bénit, et toutes les extrémités de la terre le craignent. »

Méditer la parole en musique :

Glorious – Saint-Esprit (Voici mon cœur) – album : Promesse

Prière d’un témoin de l’Eglise – St augustin d’Hiponne

Seigneur notre Dieu,

À l’abri de tes ailes nous espérons,
protège-nous et porte-nous !

Tu nous portes, Seigneur,
Tu nous portes dès la jeunesse
Tu nous portes jusqu’aux cheveux blancs.

Lorsque tu es notre fermeté, elle est fermeté
Quand elle est de nous, elle est infirmité.

Près de toi vit toujours notre bien,
et c’est pour avoir quitté cette voie
que nous nous sommes fourvoyés.

Seigneur, revenons désormais à cette route
pour éviter notre déroute,
car près de toi vit sans défaillance 
notre bien, que tu es toi-même

D’après Augustin d’Hippone, Les Confessions, IV, xvi, 31

Vendredi 30 août :

La prière de Paul (2 Cor. 12 :1-10):

« Il faut se glorifier… Cela n’est pas bon. J’en viendrai néanmoins à des visions et à des révélations du Seigneur. Je connais un homme en Christ, qui fut, il y a quatorze ans, ravi jusqu’au troisième ciel (si ce fut dans son corps je ne sais, si ce fut hors de son corps je ne sais, Dieu le sait). Et je sais que cet homme (si ce fut dans son corps ou sans son corps je ne sais, Dieu le sait) fut enlevé dans le paradis, et qu’il entendit des paroles ineffables qu’il n’est pas permis à un homme d’exprimer. Je me glorifierai d’un tel homme, mais de moi-même je ne me glorifierai pas, sinon de mes infirmités. Si je voulais me glorifier, je ne serais pas un insensé, car je dirais la vérité; mais je m’en abstiens, afin que personne n’ait à mon sujet une opinion supérieure à ce qu’il voit en moi ou à ce qu’il entend de moi. Et pour que je ne sois pas enflé d’orgueil, à cause de l’excellence de ces révélations, il m’a été mis une écharde dans la chair, un ange de Satan pour me souffleter et m’empêcher de m’enorgueillir. Trois fois j’ai prié le Seigneur de l’éloigner de moi, et il m’a dit: Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi. C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ; car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. »

 « Il m’a été imposé une écharde… Trois fois j’ai prié le Seigneur de l’éloigner de moi. » ref

Prière pour la santé ?

Au début de son expérience, le croyant estime volontiers que toute maladie paralyse son action chrétienne. Il lui semble que l’intérêt de son apostolat exige qu’il soit en pleines forces. C’est ainsi que Paul, dans les premières années de son ministère, prie instamment pour que l’écharde de sa chair lui soit enlevée.

Il est certain que, dans un monde normal, la santé est l’état normal, l’état du meilleur rendement ; mais au sein du désordre où nous a plongés la Chute, dans les rapports actuels de la chair et de l’esprit, est-il certain que les choses en vont de même ?

« Ma grâce te suffit »

Jésus répond à Paul : « Ma grâce te suffit. ». A l’école de la souffrance, la foi de Paul atteindra les hauteurs qu’elle n’aurait pas connues dans la prospérité. A l’école…, cela ne se fait pas tout seul ; Paul s’y reprend à trois fois pour obtenir ce qu’il croit désirable, et ce n’est qu’à la fin de sa course qu’il peut dire : 

« J’ai appris à être content de l’état où je me trouve. » Philippiens 4 : 11

État d’infériorité ? Non. État de supériorité, car la force de Dieu « s’accomplit dans la faiblesse ». Sans parler des grâces qui n’entrent dans nos cœurs que par les blessures, il est des actes d’abandon, de consécration, et pour tout dire d’intimité avec le Maître, connus seulement de ceux qui ont communié avec son martyre et tout attendu de Lui, parce qu’ils ne pouvaient, en fait, rien attendre d’eux-mêmes.

Qui peut dire ce qui eût manqué à Saint augustin, à Saint François d’Assise, à Calvin, à Dietrich Bonhoeffer, à Saint Paul lui-même, si Dieu avait retiré l’écharde qui a mortifié leur chair jusqu’au bout ? «Seigneur, disait Calvin, tu me piles, mais il suffit que c’est ta main. »

Il ne s’agit pas là de rechercher la souffrance , mais de même que la plante aromatique ne livre tout son parfum que lorsqu’elle est broyée, parfois la «bonne odeur de Christ » ne se dégage nulle part avec autant d’intensité que dans une vie extérieurement brisée et toute remise à Dieu.

Psaume 138, en écho avec la prière de Paul

« De David. Je te célèbre de tout mon cœur, je chante tes louanges en face des dieux.
Je me prosterne dans ton saint temple et je célèbre ton nom à cause de ta bonté et de ta vérité.
Oui, tu as surpassé ta réputation dans l’accomplissement de tes promesses. 
Lorsque je t’ai appelé, tu m’as répondu, tu m’as encouragé, tu m’as fortifié.
Tous les rois de la terre te loueront, Éternel, en entendant les paroles de ta bouche; ils célébreront les voies de l’Éternel, car la gloire de l’Éternel est grande.
L’Éternel est élevé, mais il voit les humbles et il reconnaît de loin les orgueilleux.
Quand je marche dans la détresse, tu me rends la vie, tu portes la main contre la colère de mes ennemis et ta main droite me sauve.
Au chef de chœur.
Psaume de David.
L’Éternel terminera ce qu’il a commencé pour moi. Éternel, ta bonté dure éternellement: n’abandonne pas les œuvres de tes mains! »

Méditer la parole en musique :

« Je veux demeurer dans ta grâce » par Corinne Lafitte Jem 773

Prière d’un témoin de l’Eglise – Soeur Danielle

À la fin du jour,
Au moment de mon coucher,
Seigneur, je te confie ma maison.
Tous les miens, grands et petits,
Tous ceux qui veillent dans la nuit,
Donne aux uns le repos,
La sérénité aux autres
Viens, Seigneur, réconforter
Le malade et le découragé;
Viens, Seigneur, fortifier
Celui que le travail a épuisé.

Dans le secret de la nuit,
Tu visites et guéris,
Tu renouvelles et tu relèves.
Merci pour ta garde:
Dans mon sommeil, tu veilles
Et me prépares un jour nouveau.

Dimanche 31 août :

La prière de L’Église (Apocalypse 22 :6-21) :

« Et il me dit: Ces paroles sont certaines et véritables; et le Seigneur, le Dieu des esprits des prophètes, a envoyé son ange pour montrer à ses serviteurs les choses qui doivent arriver bientôt. Et voici, je viens bientôt. Heureux celui qui garde les paroles de la prophétie de ce livre! C’est moi Jean, qui ai entendu et vu ces choses. Et quand j’eus entendu et vu, je tombai aux pieds de l’ange qui me les montrait, pour l’adorer. Mais il me dit: Garde-toi de le faire! Je suis ton compagnon de service, et celui de tes frères les prophètes, et de ceux qui gardent les paroles de ce livre. Adore Dieu. Et il me dit: Ne scelle point les paroles de la prophétie de ce livre. Car le temps est proche. Que celui qui est injuste soit encore injuste, que celui qui est souillé se souille encore; et que le juste pratique encore la justice, et que celui qui est saint se sanctifie encore. Voici, je viens bientôt, et ma rétribution est avec moi, pour rendre à chacun selon ce qu’est son œuvre. Je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin. Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d’avoir droit à l’arbre de vie, et d’entrer par les portes dans la ville! Dehors les chiens, les enchanteurs, les impudiques, les meurtriers, les idolâtres, et quiconque aime et pratique le mensonge! Moi, Jésus, j’ai envoyé mon ange pour vous attester ces choses dans les Églises. Je suis le rejeton et la postérité de David, l’étoile brillante du matin. Et l’Esprit et l’épouse disent: Viens. Et que celui qui entend dise: Viens. Et que celui qui a soif vienne; que celui qui veut, prenne de l’eau de la vie, gratuitement. Je le déclare à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre: Si quelqu’un y ajoute quelque chose, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre; et si quelqu’un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l’arbre de la vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre. Celui qui atteste ces choses dit: Oui, je viens bientôt. Amen! Viens, Seigneur Jésus! Que la grâce du Seigneur Jésus soit avec tous! »

 « Seigneur Jésus, viens ! » Apocalypse 22 : 20

Du commencement à la fin

Toute l’histoire humaine racontée par la Bible s’écoule entre deux paroles où s’inscrit la gloire divine : « Au commencement, Dieu… » (Genèse 1 : 1) et « Seigneur Jésus, viens ! » (Apocalypse 22 :20) , entre le jardin d’Éden et la ville de la Nouvelle Jérusalem.

« Au commencement, Dieu… » proclame la gloire de Celui qui a créé le monde par sa Parole, le Logos « Et la Parole était avec Dieu, et était Dieu » (Jean 1.1).

« Seigneur Jésus, viens ! » proclame la gloire à venir de Celui qui a réconcilié le monde avec Lui-même en son Fils.

Prière de l’espérance au cœur de la souffrance

Aux heures de sa passion, Jésus a prononcé cette parole : « Quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? » (Luc 18 : 8.). A cette question de Jésus, l’Église répond, trente ans après sa mort : « Oui, Seigneur Jésus, viens ! ». Dans ce « viens » de l’Épouse, prononcé à l’heure de la persécution de Rome contre les adorateurs de Christ, il y a l’assurance que les croyants méprisés, molestés, exilés, condamnés aux derniers supplices pour le nom de Jésus, maintiendront leur témoignage et graviront à leur tour leur calvaire plutôt que de renier Celui qui s’est laissé crucifier pour eux et, surmontant tout, inonderont le monde du message de l’Évangile.

L’appel de l’Épouse

Cette prière :« Seigneur Jésus, viens ! » affirme l’union mystique de Jésus avec son Église et l’action militante des chrétiens qui, après avoir lutté pour témoigner du Royaume de Dieu, sur la terre, aspirent à voir leur Roi en gloire.

Une prière personnelle

Mais ces trois mots ont aussi un sens intime et individuel. Par eux, chaque matin, le disciple de Christ, demandent, à Jésus de « venir » dans sa vie personnelle pour continuer à lutter dans ce monde, où sévit encore le prince des ténèbres. Le disciple de Christ, demandent, à Jésus de « venir » dans sa vie personnelle pour lui donner d’être habité d’une lumière plus pure, d’une ardeur plus sainte, d’un zèle nouveau pour l’annonce de « la Bonne nouvelle de l’évangile de paix » (Éphésiens 6.15) et de vivre jour après jour « le fruit de l’Esprit » (Galates 5 :22) sur cette terre, jusqu’au jour du retour en gloire de Jésus où il fera toute chose nouvelle et établira son royaume de Paix, qui n’aura pas de fin.

« Et l’Esprit et l’Épouse disent: Viens, Seigneur Jésus !« 

Psaume 147, en écho avec la prière de l’Église

« Louez l’Éternel! Oui, il est bon de célébrer notre Dieu.
Oui, il est agréable, il est convenable de le louer.
L’Éternel reconstruit Jérusalem, il rassemble les exilés d’Israël; il guérit ceux qui ont le cœur brisé et panse leurs blessures. 
Il compte le nombre des étoiles et leur donne à toutes un nom. 
Notre Seigneur est grand, puissant par sa force.
Son intelligence est sans limite. 
L’Éternel soutient les malheureux, mais il abaisse les méchants jusqu’à terre.
Chantez en l’honneur de l’Éternel avec reconnaissance, célébrez notre Dieu avec la harpe!
Il couvre le ciel de nuages, il prépare la pluie pour la terre, il fait pousser l’herbe sur les montagnes. 
Il donne la nourriture au bétail et aux petits du corbeau quand ils crient. 
Ce n’est pas la vigueur du cheval qu’il apprécie, ce n’est pas aux mollets de l’homme qu’il prend plaisir: l’Éternel prend plaisir en ceux qui le craignent, en ceux qui s’attendent à sa bonté.
Jérusalem, célèbre l’Éternel, Sion, loue ton Dieu, car il renforce les verrous de tes portes, il bénit tes fils au milieu de toi; il donne la paix à ton territoire, il te rassasie du meilleur blé. 
Il envoie ses ordres sur la terre: sa parole court avec rapidité. 
Il fait tomber la neige pareille à de la laine, il répand la gelée blanche comme de la cendre. 
Il lance sa glace sous forme de grêlons: qui peut résister devant ce froid qu’il provoque? 
Il envoie sa parole et il les fait fondre, il fait souffler son vent et l’eau coule. 
Il révèle sa parole à Jacob, ses prescriptions et ses jugements à Israël.
Il n’a pas agi de cette manière pour toutes les nations et elles ne connaissent pas ses jugements.
Louez l’Éternel! »

Méditer la parole en musique :

Que ton règne vienne – Horizon Louange (Rooftop Paris)