31 jours de prières – août 2017

31 jours pour se reposer avec Dieu

Durant ces 31 jours du mois d’août, je vous invite chaque matin et chaque soir à la prière et à la méditation de la parole de Dieu . Vous retrouverez chaque matin et chaque soir une proposition de prière. Cette année le matin nous suivrons un parcours de 31 psaumes, ceux proposés chaque jour, par « le guide » de la Ligue pour la lecture de la Bible. Chacun sera brièvement commenté . Le soir, c’est avec un texte des pères de l’église que je vous inviterais à la méditation de la parole de Dieu. 

En communion de prière avec vous tous

Pasteur Marc Toureille

Introduction:

Prier les psaumes (d’après Joseph Gelineau)
Prends et mange

Si tu veux qu’un psaume devienne ta prière, ne commence pas par le lire des yeux dans ta bible, en te demandant dans ta tête ce qu’il veut dire. Commence par le faire passer dans ta bouche. Ces mots sont comme un aliment.

Lorsqu’il y a dans les psaumes cette expression : « je médite ta parole », il ne s’agit pas d’une opération cérébrale en premier lieu. Méditer, en hébreu ou en grec, c’est mâcher, savourer, ruminer. Si tu prends un psaume comme prière, commence donc par le dire à haute voix ; «ouvre ta bouche et je l’emplirai », dit Dieu dans le psaume 80.

Écoute

« Écoute, pour mon peuple, je te parle » psaume 49

Ainsi donc un psaume ne devrait jamais être d’abord lu avec les yeux. Il devrait toujours être entendu puis redit par cœur.  Si tu as le privilège de ne pas prier seul, alors « entends toi » avec tes frères. Que l’un dise un verset ; et l’autre le verset suivant. Écoute et répète doucement comme un écho. Si tu es seul, dis un verset, puis ferme les yeux écoute en toi, comme en écho, résonner les mêmes mots. Murmure-les à nouveau.

Comme un enfant

Il faut entrer dans la prière des psaumes comme un enfant entre dans la langue de ses parents, de son pays, de sa culture. D’abord cela s’apprend. Les psaumes ne sont pas notre langue maternelle. Ils ne me font pas dire seulement ce que je sais dire ou ce que j’ai envie de dire à Dieu. Il me mettent dans la bouche des choses que je digère mal, que je ne comprends guère ou n’admets pas… Patience ! Il est des nourritures qu’on apprend peu à peu à trouver bonnes et nourrissantes.

Car ce n’est pas toi qui va dire le psaume. C’est le psaume qui va te dire. Il te dira qui tu es en vérité pour Dieu, car il est ta prière, mais il est avant tout Parole de Dieu. Par ces mot,s tu entres dans la prière même de « Dieu à Dieu », Jésus ayant prié les psaumes.

Psalmodier, c’est devenir psaume à Dieu.

Mardi 1 août :

Prière du matin :

O Dieu, mon Père,
Je te confie cette journée qui commence avec toi.
Et pour chaque instant de cette journée,
Que je me rappelle que toi, o Dieu, tu me vois
Et que c’est en toi que j’ai la vie, le mouvement et l’être.
Accorde-moi de ne rien faire qui serait source d’humiliation pour moi,
De peine pour ceux qui m’aiment et de tristesse pour toi.
Merci pour cette journée que tu me donnes comme un cadeau,
Qu’elle soit toute à toi.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen

Psaume 128 – psaume des montées

v1 Heureux tout homme qui craint l’Eternel, Qui marche dans ses voies ! v2 Tu jouis alors du travail de tes mains, Tu es heureux, tu prospères. v3 Ta femme est comme une vigne féconde Dans l’intérieur de ta maison; Tes fils sont comme des plants d’olivier, Autour de ta table. v4 C’est ainsi qu’est béni l’homme qui craint l’Eternel. v5 L’Eternel te bénira de Sion, Et tu verras le bonheur de Jérusalem Tous les jours de ta vie; v6 Tu verras les fils de tes fils. Que la paix soit sur Israël !

« Heureux quiconque craint l’Éternel et marche dans ses voix ! » Psaume 128.1

Cette crainte de l’Eternel est faite de respect et d’amour. Elle nous conduit à la soumission, sans réserve, à la volonté de Dieu. Voilà pourquoi ce psaume déclare « heureux » celui qui craint l’éternel : sa joie est dans l’obéissance confiante. Ce psaume peut choquer le lecteur moderne. Il semble esquisser une image d’Épinal de la famille idéale: le père est prospère et jouit de la promesse d’une longue vie où « Tout ira bien » (6); il est entouré d’une femme et des fils, symbole aussi de la prospérité (3). Et toutes ces bénédictions terrestres sont le fruit de sa fidélité à Dieu ! Ce Psaume enseigne-t-il l’évangile de la « prospérité » ? La Bible décrit beaucoup d’autres cas contraires, à l’exemple de Job. Le psaume 129, qui  en est également un exemple, comme aussi le psaume 73, où le psalmiste admet honnêtement que son expérience contraire l’avait conduit à l’amertume, avant qu’il ne prenne du recul pour avoir un point de vue à plus long terme. Le bonheur dont il est question dans ce psaume ne découle pas des circonstances, ni d’un bien-être que je me fabriquerais par auto suggestion. C’est le fruit de la bénédiction divine. Bien sur, cela ne nous met pas à l’abri des coups durs ou des épreuves. Mais quels qu’ils soient, Dieu nous reste. Et ce bonheur là est encore bien au-dessus de celui que chante tout le psaume 128. Que retenir donc pour nous ?

  • D’abord, que celui qui suit le seigneur avec fidélité sera vraiment heureux (1). Ce bonheur peut être accompagné de bénédictions terrestres, comme dans ce psaume, mais ne dépend pas de celles-ci ! Au contraire, dit Jésus : « Heureux (aussi) ceux qui pleurent…. Et même ceux qu’on persécute «  (Mathieu 5. 3-12)
  • Vivre de son travail, n’est pas un droit acquis : c’est une grâce de Dieu. Nous n’en sommes pas toujours conscient. Si nous prions  » Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour » , nous pouvons penser à remercier le Seigneur pour sa bonté chaque fois que nous mangeons de ce pain.

Prière du soir:

O Dieu, notre Père,
Je te remercie pour cette journée qui s’achève maintenant.
Pour toute étincelle de beauté que j’ai vue,
Pour tout écho de ta vérité que j’ai entendu,
Pour toute bonté manifestée à mon égard,
Pour tout bien que j’ai pu faire aux autres,
Et pour toute tentation que, dans ta grâce, tu m’as permis de surmonter,
Soit remercié, o mon dieu.
J’implore ton pardon pour :
Tout ce qui a entaché et sali cette journée,
Toute parole que je voudrais maintenant n’avoir jamais prononcée,
Tout acte que je voudrais maintenant n’avoir jamais accompli,
Qui me fait honte lors ce que j’y repense,
Pardonne-moi, o mon Dieu.
Seigneur, toi qui nous donnes le jour pour le travail et la nuit pour le repos, à l’heure où je m’endors, accorde-moi une bonne nuit de sommeil et réveille-moi demain, frais et disponible, plus capable de te servir et de servir mon prochain.
Je te le demande par Jésus-Christ, notre Seigneur. amen

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:

Guerric d’Igny – Moine (1070-1157)

Né à Tournai le jeune Guerric reçut sa première éducation à l’école cathédrale de Tournai. Attiré par un style de vie plus solitaire, Guerric se retire dans une petite maison près de l’église de Tournai. Il passe son temps à la lecture, la prière et la méditation. Par un ami il entend parler de Bernard de Clairvaux, passé récemment en Flandre. Cela le décide à faire un voyage à Clairvaux. Il entre comme novice à Clairvaux (1126). Dès son noviciat, il est remarqué par Saint Bernard comme moine de vertu éminente. En 1138 Guerric devient abbé d’Igny, une fondation de Clairvaux dans le diocèse de Reims. Il en est le deuxième abbé.  Il a une grande expérience spirituelle, d’abord comme ermite ensuite comme disciple de Saint Bernard à Clairvaux. L’abbaye d’Igny est florissante sous la direction de l’abbé Guerric. Son prestige religieux personnel est grand. Certains de ses écrits circulent. Il est le directeur de conscience de la chevalerie naissante (les Comtes de Blois, de Maubourg, de Varennes, d'Anglard, parmi les premiers chevaliers croisés). Guerric meurt dans son abbaye le 19 août 1157. 
Veille chaque jour aux portes de la sagesse,
fais le guet aux portes de sa demeure .
Avec Madeleine, monte la garde sans dormir
à la porte du tombeau du Christ.
C’est ainsi qu’elle trouva Jésus corporellement présent,
lui, pour qui elle veillait.
Toi tu le trouveras spirituellement
si tu le cherches avec un désir semblable,
s’il te voit, comme Marie, veiller assidûment dans la prière.

Mercredi 2 août

Prière du matin :

Oh Dieu, notre Père,
Dans la joie et la reconnaissance, je te remercie aujourd’hui,
pour l’assurance trouvée dans ta Parole.
Toi qui a créé la lumière pour éclairer les ténèbres, je te remercie de m’avoir réveillé pour contempler la lumière de ce jour nouveau.
Accorde-moi de ne gaspiller aucune de ces heures, de ne salir aucun de ces instants, de ne négliger aucune de tes promesses.
Conduis moi jusqu’au soir , fort de toutes les tentations, dans la paix avec moi-même, dans la paix avec mes semblables et dans la paix avec toi.
Je te le demande au nom de ton amour. Amen

Psaume 130: psaume des montées

Du fond de l’abîme je t’invoque, ô Eternel ! Seigneur, écoute ma voix ! Que tes oreilles soient attentives A la voix de mes supplications ! Si tu gardais le souvenir des iniquités, Eternel, Seigneur, qui pourrait subsister ? Mais le pardon se trouve auprès de toi, Afin qu’on te craigne. J’espère en l’Eternel, mon âme espère, Et j’attends sa promesse. Mon âme compte sur le Seigneur, Plus que les gardes ne comptent sur le matin, Que les gardes ne comptent sur le matin. Israël, mets ton espoir en l’Eternel ! Car la miséricorde est auprès de l’Eternel, Et la rédemption est auprès de lui en abondance. C’est lui qui rachètera Israël De toutes ses iniquités.

Ce Psaume est généralement bien connu par ses premiers mots en latin : « de profundis »: « Des profondeurs je t’appelle Seigneur »
Le mot traduit par abîme ou profondeur est assez rare dans l’Ancien Testament. Généralement associée à la profondeur des eaux, à l’exemple du psaume 69.5 ou la profondeur de la mer, comme dans Esaie 51.10. Il est utilisé dans ce psaume pour décrire une situation d’extrême détresse : « Du fond de la détresse, je t’appelle au secours, Seigneur ! « . Il ne s’agit pas de l’appel pressant de celui qui est en train de sombrer, mais de celui qui semble avoir touché le fond.
« Le pardon est auprès de toi »
Le psalmiste ne dit rien des profondeurs, il n’explique ni sa situation, ni l’objet de sa prière. Bien sûr, nos profondeurs sont complexes ! Elles ne s’expliquent pas par une liste de fautes qui en serait la seule cause! Bien souvent ne suis-je pas à la fois responsable et victime au sein de ma détresse ? Comment vouloir être soulagé de mes angoisses sans que ma démarche prenne son assise sur le pardon de Dieu ? En un mot, suis-je en paix avec Dieu?
Le psalmiste rappelle ici que le Seigneur est le « Dieu des pardons ». Il ne distille pas son pardon, mais l’accorde généreusement à quiconque le lui demande avec humilité . Dieu merci, il n’y a sur terre aucune profondeur où Il ne puisse nous rejoindre, aucune situation de détresse d’où ne puisse jaillir une prière vers Dieu. C’est finalement cela l’espérance qu’apporte la foi !
« Si tu gardes le souvenir des fautes, Seigneur, qui subsistera ? Mais tu disposes du pardon afin qu’on te craigne ». Psaume 130.4

Prière du soir :

En lien avec le psaume de ce matin (« des profondeurs »), nous nous associons ce soir à la prière écrite par un chrétien malade, sur un lit d’hôpital. Nous pouvons en particulier prier pour une personne, que nous connaissons, qui est malade. Nous pouvons également faire notre les paroles de cette prière inspirée de Luc 24.29:  » Reste avec nous car le soir approche et le jour est déjà sur son déclin ».

Seigneur, encore une journée qui s’achève.
Dehors la nuit tombe, et tout s’arrête, peu à peu.
Que de choses aujourd’hui encore.
Beaucoup de personnes sont venues, se sont agités autour de moi,
et m’ont aidé à passer la journée.
Pour tout cela, je te dis merci.
Pardonne-moi, aussi mes impatiences :
Je voudrais tellement être déjà guéri, rentrer chez moi :
On m’attend, on a besoin de moi.
Donne-moi, Seigneur, force et patience pour persévérer.
Ne me laisse pas perdre courage, ni désespérer.
Maintenant que tombe l’obscurité,
Laisse-moi me réfugier en toi.
Sois ma lumière dans la nuit.

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:

Saint Augustin – Augustin d’Hippone

Né dans une humble famille de Thagaste en 354 et mort à Hippone en 430. Maitre de rhétorique à Milan, il est séduit par la prédication de Saint Ambroise, évêque de cette ville. C'est là qu'il reçoit le baptême de la main d'Ambroise, en 387. Il renonce alors au monde et à ses succès, et se retire sur une de ses terres africaines.

Le peuple d'Hippone viens alors le chercher pour le placer sur le siège épiscopal, à la mort de Valère en 395. Il met sa grande intelligence et son cœur passionné au service de son engagement dans les controverses doctrinales de son temps. Ses confessions décrivent son itinéraire intérieur, ses œuvres polémiques manifestent sa vigueur dialectique, ses sermons nous le montrent se mettant à la portée de son peuple. Il laisse une œuvre considérable qui marquera profondément la théologie occidentale qui fait de lui le " docteur de la charité ".
Du fond de l’abîme, Seigneur, je crie vers Toi. Seigneur, écoute ma voix » (Psaume 130.1)

A chacun de nous de voir dans quel bas-fond il se trouve, pour crier de là vers le Seigneur. Jonas a crié depuis les entrailles du monstre marin, cela n’a pas empêché sa prière de parvenir à Dieu. ( Jonas 2.2). La voix de celui qui prie traverse tout, transperce tout et parvient jusqu’aux oreilles de Dieu.

Quiconque a conscience de la profondeur de cet abîme, celui-là prie, gémit, soupire, jusqu’à ce qu’il se trouve arraché à ce gouffre… Mais lorsque de ces bas-fonds, il crie il en remonte, et déjà son cri même arrête sa plongée, car les vrais enlisés sont ceux qui ne crient plus.

Nous aussi, il nous faut prendre conscience de l’abîme d’où nous crions au Seigneur. L’abîme pour nous, c’est de vivre pour la mort. Celui qui en prend conscience crie, gémit, soupire jusqu’à ce qu’il en soit arraché, jusqu’à ce que son âme revienne l’habiter, jusqu’à ce que l’image de Dieu soit en lui libérée et restaurée par Dieu. Car elle est maintenant dans l’abîme.

Notre Seigneur Jésus-Christ n’a pas mépriser notre abîme : il a daigné partager notre vie et, en promettant le pardon de tous les péchés, il a réveillé l’homme pour qu’il l’appelle du fond de l’abîme où l’écraser le poids des péchés et pour que la voix du pécheur parviennent jusqu’à lui.

En effet, d’où crions-nous sinon de l’abîme du mal? « Arrache nous au mal  » Matthieu 5

Jeudi 3 août :

Prière du matin :

En commençant cette journée avec toi, je te demande de me diriger et de me conduire à chaque instant, dans chacune de mes activités, chacune des rencontres que je ferais durant cette journée.
Accorde-moi de nous jamais oublier ta présence, de ne prendre aucune décision, ou de me lancer dans aucune entreprise sans ta direction.
Donne-moi avant d’agir, de rechercher toujours ta volonté.
Sois sur mes lèvres afin qu’il n’en sortent aucune paroles méchantes.
Sois dans mes yeux afin que mon regard ne prennent pas plaisir à ce qui te déplaît.
Sois avec mes mains pour que je m’acquitte de mon travail avec honnêteté et que je prenne soin des autres avec zèle.
Sois dans mon esprit afin que nulle pensée mauvaise ou amère ne puisse y pénétrer.
Sois dans mon cœur afin qu’il brûle d’amour pour toi et pour mon prochain.
Aide-moi à commencer cette journée avec toi, à la continuer avec toi et à la terminer avec toi.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen

Psaume 100-Psaume de louange

Poussez vers l’Eternel des cris de joie, Vous tous, habitants de la terre ! Servez l’Eternel, avec joie, Venez avec allégresse en sa présence ! Sachez que l’Eternel est Dieu ! C’est lui qui nous a faits, et nous lui appartenons; Nous sommes son peuple, et le troupeau de son pâturage. Entrez dans ses portes avec des louanges, Dans ses parvis avec des cantiques ! Célébrez-le, bénissez son nom ! Car l’Eternel est bon; sa bonté dure toujours, Et sa fidélité de génération en génération.
« Servez l’éternel avec joie, venez avec des acclamations en sa présence. » v2

Les pharisiens servaient Dieu de manière scrupuleuse, certains musulmans le servent aujourd’hui avec un zèle fanatique ; d’autres chrétiens de tradition, le servent par habitude ou par convention ; d’autres encore, animistes ou tout simplement superstitieux, le servent par crainte du lendemain. Dans la Bible, je découvre la religion de la joie.

Vivre un culte qui change la vie

C’est ici une invitation à s’approcher de l’Eternel et même, très concrètement, à venir le célébrer dans le culte public. L’appel à franchir les portes et à entrer dans les parvis (4) fait clairement allusion au temple de Jérusalem. Cependant, comme le texte ne mentionne pas explicitement le bâtiment, portes et parvis prennent une signification symbolique. Ils décrivent l’approche de Dieu lui-même. Il y a donc une assimilation entre le déplacement physiques de celui qui se rend au temple et le mouvement intérieur qui constitue à venir vers Dieu. Cet accord entre « l’homme intérieur  » et « L’homme extérieur », entre le mouvement du corps et le mouvement de l’âme est une richesse à ne pas négliger dans notre propre piété.

En route pour la joie

Ce culte que je suis invité à rendre (intérieurement et extérieurement) est, en effet, placé sous le signe de la joie (1-2). Quelque soit mon état d’âme, quelques soient les circonstances présentes, je dois reconnaître que ce rendez-vous particulier est vraiment un espace de joie dans le programme de ma semaine. Je suis convié à rencontrer mon Dieu et à le confesser comme le seul Dieu, le seul Seigneur de ma vie (3). Par cette déclaration de foi, je vais me dégager de toutes les idoles qui ont voulu capter mon affectivité ( pour m’enfermer dans mes légitimes tristesses) et m’ouvrir à nouveau à la grâce.

Dans cette lumière retrouvée, dans la célébration universelle du seul vrai Dieu, je vais encore une fois prendre conscience que L’Eternel est bon, que sa fidélité est le véritable garant de ma vie, aujourd’hui, demain, et pour l’éternité.

Prière du soir :

O Dieu, notre Père,
Toi qui nous a ordonné de prier pour tous les hommes,
Je me souviens, ce soir, de ceux qui ont particulièrement besoin de nos prières.
Bénis ceux qui sont isolés et qui souffre de la solitude, surtout quand vient la nuit.
Bénis ceux qui sont tristes et qui, le soir venu, sont encore plus sensibles à l’absence d’un être cher qu’ils ont perdu récemment.
Bénis ceux qui sont malades et qui cette nuit ne dormiront pas, celles et ceux qui sont sur un lit d’hôpital.
Bénis ceux qui se lèveront cette nuit pour apaiser la douleur de ceux qui souffrent.
O Dieu, Toi qui est partout présent,
Bénis ma famille, ceux qui sont au près, comme ceux qui sont au loin.
Aide-moi à me rappeler que Jésus est toujours l’inviter invisible de ma maison et à ne jamais rien dire en ce lieu, ni ne rien faire qui l’attristerait.
Garde-moi tout tout au long des heures sombres de la nuit, accorde-moi un bon sommeil et permet que je ressente l’étreinte de tes bras éternels qui jamais ne m’abandonneront. Amen

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise: Hermas

On a coutume d'appeler son livre le pasteur parce que la révélation dont l'auteur donne le contenu lui apportée par un ange berger. Déjà au deuxième siècle, l'oeuvre est daté des années 140 (mais certains passages ont sans doute des racines les plus anciennes) et elle est parfois comptée parmi les livres du nouveau testament. Hermas a comme soucis premier d'inviter les chrétiens à se repentir de leurs péchés dans une démarche qui leur est permise pour la dernière fois. Le livre qui abonde en exhortations morales est divisé en trois parties : les visions, les préceptes et les paraboles ou similitudes. Le texte de ce jour est extrait de la deuxième partie du livre
La joie plaît à Dieu
Revêts toi de gaieté : elle plaît toujours à Dieu et il la reçoit bien. Fais en tes délices, car quiconque est joyeux fait le bien, ses pensées sont bonnes et il écarte la tristesse. Mais quiconque est amer fait toujours le mal. D’abord il fait le mal parce qu’il attriste l’Esprit Saint qui a été donné joyeux à l’homme. Ensuite, comme il attriste l’Esprit Saint, il commet l’iniquité en adressant à Dieu ni prière, ni louange. Car la prière de l’homme amer n’aura jamais la force de monter jusqu’à l’autel de Dieu.
Pourquoi la prière de celui qui est amer ne monte-t-elle pas jusqu’à l’autel ? Parce que l’amertume occupe son cœur. Mêlée à la prière, l’amertume ne laisse pas la prière monter pure jusqu’à l’autel.
Comme le vin mêlé de vinaigre n’est pas aussi savoureux, ainsi l’amertume, mêlée au Saint Esprit, affecte la prière.
Purifie toi donc de cette amertume mauvaise et tu vivras pour Dieu. Ils vivront pour Dieu tous ceux qui chasseront loin d’eux l’amertume et se revêtiront de la joie seule.

Vendredi 4 août :

Prière du matin :

O Dieu, notre créateur et notre Père
Merci pour cette journée que tu me donnes de vivre.
Je la commence dans le calme et la confiance en toi, entouré de tes bras de tendresse.
Aide-moi aujourd’hui à être si joyeux que les autres auront plaisir à me rencontrer
Aide-moi à être aussi véridique envers toi que je pourrai être une force pour ceux qui sont tentés.
O Seigneur, c’est avec toi que je commence cette journée,
Que ton reflet soit sur moi tout tout au long  de ces heures.
Je te le demande au nom de ton amour amen

Psaume 131 psaume des montées

De David. Éternel ! je n’ai ni un cœur qui s’enfle, ni des regards hautains; Je ne m’occupe pas de choses trop grandes et trop relevées pour moi. Loin de là, j’ai l’âme calme et tranquille, Comme un enfant sevré qui est auprès de sa mère; J’ai l’âme comme un enfant sevré.
Israël, mets ton espoir en l’Éternel, Dès maintenant et à jamais !

« je n’ai ni un cœur qui s’enfle, ni des regards hautains » (v1)

Ce cantique, chantée par les pèlerins montant à Jérusalem, commence par cette affirmation (v1) que chacun devrait s’approprier. Sachant qu’il se rendait au temple majestueux du Seigneur, le croyant devait prendre conscience de sa faiblesse, de sa petitesse et se situer à sa juste place devant Dieu. Une attitude que Dieu m’invite à avoir au moment de m’approcher de lui dans la prière.

Calme et silence (v2)

Le tumulte de la vie quotidienne n’est pas propice à la rencontre de Dieu. Il faut savoir faire silence. Pour cela, il n’est pas nécessaire de se retirer du monde. Simplement, il faut prendre du temps (on a le temps pour ce que l’on veut !) et demander au Seigneur : « fais taire en moi toute autre voix que la tienne». Cela correspond à l’attitude recommandé par Jésus. Mathieu 6.6: « Mais quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte, et prie ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra ».

Prière du soir :

O Dieu, source de tous les dons,
Il y a tant de choses pour lesquelles je dois te rendre grâce.
Je te remercie pour la journée écoulée avec toutes ses tâches et ses obligations pour ses temps de calme et de repos.
Je te remercie pour la joie de travailler et pour les plaisirs purs qui reposent mon corps et délassent mon esprit.
Je te remercie pour cette journée, pour les rencontres que j’ai pu faire, pour les temps aussi de solitude habités de ta présence.
Je te remercie pour la lumière du matin et l’obscurité de la nuit.
Accorde-moi cette nuit le repos de l’esprit. Accorde-moi d’oublier mes préoccupations dans la paix qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer et qui vient de toi. Délivre moi de mes angoisses, dans la certitude que ni moi, ni ceux que j’aime ne peuvent dériver loin de ton amour et de ta sollicitude.
Accorde-moi de m’endormir en paix et de me réveiller restauré dans mes forces parce que c’est en toi que je m’endors et que je m’éveille.
Par Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise: Athanase

Née en 295 à Alexandrie, Athanase accède en 328 à l'épiscopat. Ardent et intransigeant défenseur de la foi définie au concile de Nicée (325), il se bat toute sa vie contre l'interprétation qui ne voit en Jésus qu'un homme (hérésie arienne du nom de son initiateur: Arius). Comme il arrive aux empereurs de cautionner cette théologie suspecte, Athanase lutte également contre l'emprise du pouvoir sur l'Eglise. Ses combats lui vaudront d'être 5 fois exilé. Il meurt en 373. Son œuvre est fortement marquée par les discussions théologiques et la polémique.
« Je n’ai ni un cœur qui s’enfle, ni des regards hautains… » psaume 131.1

Les armes de l’Esprit

Apprenez quelles sont les armes que nous donne l’Esprit du Seigneur:
En premier lieu, il nous a donné la foi et la connaissance pour combattre le doute et l’ignorance.
Et puis, il nous a donné la sagesse et l’intelligence pour que nous veillions à ne pas nous laisser prendre notre trésor.
Il nous a donné l’amour et la paix. Nul ennemi ne pourra même approcher du lieu où elles habitent.
Il nous a donné la patience et la bienveillance. Celui qui les garde héritera de la gloire avec tous les saints.
Il nous a donné la joie qui est plus forte que la tristesse du monde qui œuvre pour la mort.
Il nous a appris la générosité et le souci des autres qui nous font découvrir la miséricorde de Dieu.
Il nous a donné la prière et la persévérance qui illuminent l’âme et nous font contempler la gloire du Seigneur.
Après tout cela il nous a donné l’humilité qui veille toujours sur nous. C’est une grande force que le Christ nous a révélé en venant jusqu’à nous. C’est le bouclier de toute œuvre bonne.
L’Humilité et la force qui sauve, elle guérit toutes les blessures.
C’est pour le monde une toute petite chose, mais pour Dieu c’est un bien très précieux !

Samedi 5 août :

Prière du matin :

Éternel, Dieu béni,
Ce matin je me rappelle encore que tu es le Dieu qui délivre,
Que tu es le Dieu qui tient ses promesses.
Toi qui est le maître de toute vie,
J’ignore qui je rencontrerai aujourd’hui et ce qui m’arrivera, je veux te faire confiance.
Quoi qu’il advienne, soit celui qui me guide, m’encourage, me réconforte et me conduit.
Si la tentation croise mon chemin, fais-moi la grâce de vaincre le mal et de faire le bien.
Si je vis un temps de congé, de repos, soit celui qui renouvelle mes forces.
Si j’ai à prendre des décisions importantes, accorde-moi la grâce de choisir toujours le bon chemin et de refuser la mauvaise voie.
S’il est difficile de rendre témoignage, donne-moi le courage de n’avoir jamais honte de montrer à qui j’appartiens et qui je suis.
Si les choses vont bien, préserve-moi de tout orgueil et garde moi de penser que je n’ai pas besoin de toi.
Si je dois connaître la tristesse, l’échec, la déception, la séparation, garde moi du désespoir, aide moi à ne jamais renoncer. Conduis-moi à compter encore sur toi.
O toi qui es la lumière du monde, sois avec moi aujourd’hui afin que dans la lumière ou dans l’obscurité, je puisse toujours vivre et marcher en enfant de lumière.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur. Amen

Psaume 132- Psaume des montées

Éternel, souviens-toi de David, De toutes ses peines !
Il jura à l’Éternel, Il fit ce vœu au puissant de Jacob : Je n’entrerai pas dans la tente où j’habite, Je ne monterai pas sur le lit où je repose, Je ne donnerai ni sommeil à mes yeux, Ni assoupissement à mes paupières. Jusqu’à ce que j’aie trouvé un lieu pour l’Éternel, Une demeure pour le puissant de Jacob. Voici, nous en entendîmes parler à Ephrata, Nous la trouvâmes dans les champs de Jaar… Allons à sa demeure, Prosternons-nous devant son marchepied !… Lève-toi, Éternel, viens à ton lieu de repos, Toi et l’arche de ta majesté ! Que tes sacrificateurs soient revêtus de justice, Et que tes fidèles poussent des cris de joie ! A cause de David, ton serviteur, Ne repousse pas ton oint ! L’Éternel a juré la vérité à David, Il n’en reviendra pas; Je mettrai sur ton trône un fruit de tes entrailles. Si tes fils observent mon alliance Et mes préceptes que je leur enseigne, Leurs fils aussi pour toujours Seront assis sur ton trône.
Oui, l’Éternel a choisi Sion, Il l’a désirée pour sa demeure : C’est mon lieu de repos à toujours; J’y habiterai, car je l’ai désirée. Je bénirai sa nourriture, Je rassasierai de pain ses indigents; Je revêtirai de salut ses sacrificateurs, Et ses fidèles Pousseront des cris de joie. Là j’élèverai la puissance de David, Je préparerai une lampe à mon oint, le Je revêtirai de honte ses ennemis, Et sur lui brillera sa couronne.
« David fit ce serment au Seigneur » (v.3)/ « Le Seigneur a fait se serment à David… » (v.11)

Trois psaumes évoquent la montée de l’arche à Jérusalem : le psaume 24 relève l’impressionnante sainteté du roi de gloire, le psaume 68 célèbre la marche victorieuse de Dieu du Sinaï à Sion, notre psaume relève le rôle de David pour l’accomplissement final. Ce cantique, chanté par les pèlerins en marche vers Jérusalem comporte deux parties : la motivation de David pour l’arche, ensuite sa prière (v.1-11) et les réponses de L’Éternel (v.11-18)

Un exaucement inespéré

Dieu avait fait une promesse David, dans ce psaume, l’auteur le lui rappelle. Il évoque les événements rapportés dans 2 Samuel 7 v.1-16: après avoir été longuement privé de l’arche de l’alliance, symbole de la présence de Dieu, David avait éprouvé le désir de construire un lieu où Dieu puisse résider en permanence. Dieu avait alors répondu en disant : « c’est moi qui te bâtirai une maison, une descendance de laquelle naîtra le messie ». Ce psaume fait allusion à ce dialogue entre David et Dieu au sujet du temple. La promesse de Dieu faite à David concernant sa descendance, ne trouvera la plénitude de son accomplissement qu’en Jésus (v.17-18). Le diadème (v.18) est le symbole qui fait du successeur de David, le grand souverain sacrificateur (Hébreux 4.14).

le serment de Dieu

David se promet de donner à Dieu « une demeure » où les hommes l’invoqueront dans la joie. Ce n’est pas lui qui construira le temple, mais son fils Salomon. David préparera tout pour la construction et l’organisation du Temple.  Sans doute avons-nous aussi quelque chose à entreprendre pour le Seigneur! Soyons assuré quelque soit où il veut nous guider, que Dieu a déjà fait un serment d’amour envers nous. Ici le Seigneur dépasse les plus grandes aspirations que David a pour Dieu. Ce qu’il a proposé à David est un projet bien plus extraordinaire, plus durable: il veut encore manifester sa puissance dans la vie même des hommes et des femmes qui le craignent (v.11-12).

Les engagements devant lesquels nous nous  trouvons, nous font-t-ils peur ? Craignons-nous de perdre quelque chose ? N’oublions pas que lorsque nous nous engageons avec Dieu, lui s’engage envers nous d’une manière qui nous dépasse. Le don de nous-mêmes est alors vu dans une plus juste lumière: qu’est-ce en comparaison de ce que Dieu nous promet ? Que l’espérance de l’accomplissement des promesses de Dieu envers nous, nous donne le courage d’aller de l’avant dans ce qu’il nous demande d’entreprendre pour lui.

Prière du soir :

Mon âme exalte le Seigneur,
Exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur!
Seigneur mon Dieu,
Je te rends grâce pour cette journée:
Merci pour les personnes rencontrées,
Merci pour le bien que tu m’as permis de faire.
Toi qui es miséricorde, ne regarde pas mes fautes d’aujourd’hui:
Mets en moi un cœur nouveau, tourné vers toi et vers mes frères.
Dieu fidèle, refais mes forces durant cette nuit:
Alors, demain, je me lèverai joyeux et prêt à te servir.
Amen!

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:

Saint Augustin – Augustin d’Hippone

Né dans une humble famille de Thagaste en 354 et mort à Hippone en 430. Maitre de rhétorique à Milan, il est séduit par la prédication de Saint Ambroise, évêque de cette ville. C'est là qu'il reçoit le baptême de la main d'Ambroise, en 387. Il renonce alors au monde et à ses succès, et se retire sur une de ses terres africaines.

Le peuple d'Hippone  viens alors le chercher pour le placer sur le siège épiscopal, à la mort de Valère en 395. Il met sa grande intelligence et son cœur passionné au service de son engagement dans les controverses doctrinales de son temps. Ses confessions décrivent son itinéraire intérieur, ses œuvres polémiques manifestent sa vigueur dialectique, ses sermons nous le montrent se mettant à la portée de son peuple. Il laisse une œuvre considérable qui marquera profondément la théologie occidentale qui fait de lui le " docteur de la charité ".
Que le Seigneur habite en moi !
 » Trouvez une place pour le Seigneur, une demeure pour le Dieu de Jacob ! » Psaume 132.5
Veux-tu être une demeure pour le Seigneur ?
Sois humble, soit un homme de paix,
Crains les paroles de Dieu et tu deviendras ce que tu cherches.
Celui qui met en pratique ce qu’il enseigne devient une demeure pour le Seigneur.
Veille à devenir une demeure pour le Seigneur.
Si tu reçois un grand personnage et qu’il te dise que quelque chose le gêne chez toi…
Même si tu y tiens, tu l’enlèves pour ne pas lui déplaire, pour conserver son amitié.
Mais ce n’est que l’amitié d’un homme !
Il est plus sûr de choisir l’amitié du Christ.
Il veut demeurer chez toi. Fais-lui une place.
Autrement dit : ne t’aime pas toi-même, aime le, lui.
Si tu t’aimes toi-même, tu lui fermes la porte.
Si tu l’aimes, tu lui ouvres.
Si tu lui ouvres et qu’il entre, en l’aimant tu ne perdras rien,
Mais tu trouveras celui qui t’aime.

Dimanche 6 août : 

Prière du matin :   Saint Patrick (390-461?)

Je me lève aujourd’hui, Par une force puissante,
L’invocation à la Trinité, La croyance à la Trinité,
La confession de l’unité du Créateur du monde.
Je me lève aujourd’hui,
Par la force de la naissance du Christ et de Son Baptême,
La force de Sa Crucifixion et de Sa mise au tombeau,
La force de Sa Résurrection et de Son Ascension,
La force de Sa Venue au jour du jugement.
Je me lève aujourd’hui,
Par la force du Ciel, Lumière du Ciel,
Lumière du Soleil, Éclat de la Lune,
Splendeur du Feu, Vitesse de l’Eclair,
Rapidité du Vent, Profondeur de la Mer,
Stabilité de la Terre, Solidité de la Pierre.
Je me lève aujourd’hui,
Par la force de Dieu pour me guider,
Puissance de Dieu pour me soutenir,
Intelligence de Dieu pour me conduire,
Oeil de Dieu pour regarder devant moi,
Oreille de Dieu pour m’entendre,
Parole de Dieu pour parler pour moi,
Main de Dieu pour me garder,
Chemin de Dieu pour me précéder,
Bouclier de Dieu pour me protéger,
Armé de Dieu pour me sauver :
Des filets des démons, Des séductions des vices,
Des inclinations de la nature, De tous les hommes qui me désirent du mal,
De loin et de près, Dans la solitude et dans une multitude.
Que le Christ me protège aujourd’hui :
Contre le poison, contre le feu, Contre la noyade, contre la blessure,
Pour qu’il me vienne une foule de récompenses.
Le Christ avec moi,
Le Christ devant moi,
Le Christ derrière moi,
Le Christ en moi,
Le Christ au-dessus de moi,
Le Christ au-dessous de moi,
Le Christ à ma droite,
Le Christ à ma gauche,
Le Christ en largeur,
Le Christ en longueur,
Le Christ en hauteur,
Le Christ dans le cœur de tout homme qui pense à moi,
Le Christ dans tout œil qui me voit,
Le Christ dans toute oreille qui m’écoute.
Je me lève aujourd’hui,
Par une force puissante, L’invocation à la Trinité,
La croyance à la Trinité,
La confession de l’unité du Créateur du monde.
Au Seigneur est le Salut,
Au Christ est le Salut,
Que Ton Salut Seigneur soit toujours avec nous.
Amen ! Amen ! Amen !

Psaume 97  

1 L’Éternel règne : que la terre soit dans l’allégresse, Que les îles nombreuses se réjouissent ! 2 Les nuages et l’obscurité l’environnent, La justice et l’équité sont la base de son trône. 3 Le feu marche devant lui, Et embrase à l’entour ses adversaires. 4 Ses éclairs illuminent le monde, La terre le voit et tremble; 5 Les montagnes se fondent comme la cire devant l’Éternel, Devant le Seigneur de toute la terre. 6 Les cieux publient sa justice, Et tous les peuples voient sa gloire.7 Ils sont confus, tous ceux qui servent les images, Qui se font gloire des idoles. Tous les dieux se prosternent devant lui.8 Sion l’entend et se réjouit, Les filles de Juda sont dans l’allégresse, A cause de tes jugements, ô Éternel ! 9 Car toi, Éternel ! tu es le Très-Haut sur toute la terre, Tu es souverainement élevé au-dessus de tous les dieux.
10 Vous qui aimez l’Éternel, haïssez le mal ! Il garde les âmes de ses fidèles, Il les délivre de la main des méchants. 11 La lumière est semée pour le juste, Et la joie pour ceux dont le coeur est droit.12 Justes, réjouissez-vous en l’Éternel, Et célébrez par vos louanges sa sainteté !
La lumière semée pour les justes
L’éternel règne (v.1)

Non ce n’est pas Satan qui règne sur notre planète, ni l’argent, ni la convoitise ou la soif de pouvoir. C’est le Seigneur. Certes, nombreuses sont les « puissances » qui contestent ce règne, il n’en est pas moins réel. Comme le rappelle le choral de Luther : « En vain, avec la mort, Satan conspire. Pour saper son empire, il suffit d’un mot du Dieu fort ». À nous de nous rappeler constamment ces vérités. Le monde a aussi grand besoin de les entendre. Ce psaume est une invitation à se réjouir à cause du règne de Dieu ; et cela ne se limite pas à un seul peuple ou à un seul endroit, mais à «toutes les îles », c’est-à-dire aux régions les plus éloignées de la terre. (V.1). 

Joie (v.1,11,12)

Lorsqu’on croit et qu’on proclame que Dieu règne, la première conséquence qui en découle est la joie, car ce règne est fondé sur la justice et l’équité.

Amour et haine (v.10)

C’est la deuxième conséquence, car ce règne n’est pas seulement de justice et d’équité, mais aussi de bonté et de fidélité, comme le précise le psaume 89. 15. Nous sommes donc poussés à aimer en retour ce Dieu qui veut nous associer à son règne en faisant de nous ses fils et ses filles. Mais l’amour de Dieu et pour Dieu va toujours avec la haine du mal. Le règne de Dieu est aussi règne de sainteté (v.12)

Confusion (v.7)

Pour les adorateurs d’idoles, anciens ou modernes, clairement c’est la confusion ( comme à Babel!). Qu’est-ce qu’adorer une idole sinon mettre sa confiance en autre chose que dans le Seigneur qui règne ? Lorsqu’il établira définitivement son règne, quelle confusion pour tous ceux qui auront mis leur confiance ailleurs qu’en lui ! Intercédons donc pour le monde,  le Seigneur règne aujourd’hui déjà. Il revient bientôt pour établir pleinement son royaume sur toute chose. C’est encore le temps de se tourner vers le Roi des rois, comme le brigand sur la croix disant : « souviens-toi quand tu viendras dans ton règne ».

 Prière du soir :

Seigneur,
tu as été pour moi un refuge et tu m’as rassasié de ton amour
tout au long de ce jour qui finit.
Fais qu’au jour où tu viendras,
j’aie la révélation de ta splendeur.
Maranatha! Reviens bientôt !
Amen.

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:

Méliton de Sardes  – 190 Evêque en Asie Mineure

Méliton de Sardes est un auteur chrétien de la seconde moitié du IIe siècle. Figure de la communauté chrétienne de Sardes en Lydie, en Asie mineure, il est un des plus renommés apologétes grecs de la période, entretenant des polémiques et des controverses avec les païens. 

On connait très peu de choses de la vie de cet auteur chrétien dont les écrits datent des années 160-180 de notre ère. Son contemporain Polycarpe - évêque d'Éphèse vers 190 - explique dans une lettre qu'il est enterré à Sardes - ancienne capitale du Royaume de Lydie - où il a été un dirigeant de la communauté chrétienne locale de cette ville prospère, forte d'une population de plusieurs dizaines de milliers d'habitants au sein de laquelle existe une importante communauté juive. Polycarpe en parle comme d'un « eunuque », une expression qui indique que Méliton est probablement resté célibataire ou ascète. 

Qu'il ait été ou non évêque de Sardes, l'importance de son rôle semble avoir dépassé sa cité dans la mesure où il est réputé avoir rédigé une pétition adressée à l'Empereur au nom de plusieurs communautés chrétiennes d'Asie mineure. Méliton est en outre le premier Père de l'Église connu à se rendre en pèlerinage sur les lieux mêmes de la vie terrestre de Jésus de Nazareth, à Jérusalem, pour effectuer des recherches sur la Bible hébraïque, vers 170.

« L’Éternel règne : que la terre soit dans l’allégresse » Psaume 97 v.1
Qui veut plaider contre Moi ? Qu’il vienne ! C’est Moi qui ai délivré
Adam condamné, c’est Moi qui ai donné la Vie à celui qui était mort.
C’est Moi qui relève l’enseveli. Qui peut me contester ?
«Frères ! C’est Moi qui ai détruit la mort, dit le Christ. C’est Moi qui
ai vaincu l’ennemi et qui ai piétiné l’enfer. C’est Moi qui ai lié le fort et
qui ai ravi l’homme jusqu’aux cieux, c’est Moi dit le Christ.
Venez donc, vous tous, les peuples de la terre qui êtes englués dans le
mal, venez recevoir le pardon de vos péchés. Car Je suis l’Agneau égorgé
pour vous, Je suis l’Eau lustrale qui vous purifie, Je suis votre
Lumière, Je suis votre Sauveur, Je suis votre Résurrection, Je suis votre
Roi.
Je viens vous emporter vers le Père des cieux, une fois ressuscités, Je
vous montrerai le Père !»
Frères, tel est Celui qui a fait ciel et terre, qui a pétri l’homme au commencement,
Celui qui s’est annoncé par la Loi et par les Prophètes, Lui
qui a pris chair d’une Vierge ; qui, sur le bois, a été crucifié ; qui en terre
a été déposé et qui d’entre les morts est ressuscité ; qui est monté aux
cieux s’asseoir à la droite du Père, et qui a reçu la puissance de tout
juger, de tout sauver.
C’est Lui qui est l’Alpha et l’Oméga, le Commencement et la Fin,
c’est Lui qui est le Christ, c’est Lui le Chef, le Seigneur, c’est Lui qui,
ressuscité est assis à la droite du Père, porte le Père et par le Père est
porté.
A Lui la Gloire et la Puissance dans les siècles. Amen !

Lundi 7 août : 

Prière du matin :  

Oh Dieu, notre Père,
Toi qui nous a ordonné de vivre en communion les uns avec les autres, protège moi aujourd’hui de tout ce qui pourrait me rendre désagréable.
Aide moi à ne pas heurter ni blesser mon prochain par mes paroles, De façon consciente ou non.
Préserve-moi de toute impatience, de toute irritabilité et toute mauvaise humeur.
Garde-moi d’être susceptible, prompt à me sentir offensé et lent à l’oublier.
Préserve moi du mal et d’une langue prompte toute à la critique.
Aide-moi à n’être ni entêté, ni obstiné, et préserve-moi de cet égoïsme qui ne considère que son propre point de vue et ne recherche que son avantage.
Accorde-moi tout au long de ce jour un peu de la grâce et de la beauté dont rayonne notre Seigneur. 
Au nom de ton amour. Amen

Psaume 133 – Psaume des montées

Voici, oh! qu’il est agréable, qu’il est doux Pour des frères de demeurer ensemble ! C’est comme l’huile précieuse qui, répandue sur la tête, Descend sur la barbe, sur la barbe d’Aaron, Qui descend sur le bord de ses vêtements. C’est comme la rosée de l’Hermon, Qui descend sur les montagnes de Sion; Car c’est là que l’Éternel envoie la bénédiction, La vie, pour l’éternité.

« Voici, oh! qu’il est agréable, qu’il est doux Pour des frères de demeurer ensemble !  » (v1)

Ce court psaume se chantait en gravissant les 15 marches qui faisaient accéder à la cours d’Israël dans le temple de Jérusalem. Aujourd’hui, le peuple de Dieu est invité, dimanche après dimanche, à vivre cette communion fraternelle, uni dans une même adoration.

Communion fraternelle 

Ce psaume évoque bien plus que les retrouvailles idéalisées entre parents ou amis. Il témoigne de la découverte du bonheur d’appartenir à une fraternité véritable, fondée sur le rassemblement autour du Seigneur. Cette unité profonde ne résulte pas d’une trêve imposée ou d’une uniformité artificielle. Elle est un don d’en haut ( Jacques 1.17) qui descend – trois fois répétés comme l’huile (2) ou la rosée (3a).

L’image de l’huile ruisselante

Nous avons beau replacer la comparaison dans son contexte culturel, nous ne parvenons pas à associer l’huile «qui, répandu sur la tête descends sur la barbe… Et sur le bord des vêtements », à la douceur de l’amour fraternel ! Et peut-être n’est-ce pas seulement l’analogie qui fait problème, mais ce qu’elle est censée illustrer. Pas plus qu’il ne suffit de dire à tout bout de champ « Seigneur, seigneur, seigneur » pour forcer l’entrée du royaume des cieux, il ne suffit pas non plus de s’écrier « bonjour, frère ! » pour créer entre les enfants de Dieu une authentique communion fraternelle. L’huile est indispensable, pas seulement pour faire tourner les rouages grippés, mais comme le signe de l’Esprit Saint. L’onction sacerdotale était le témoignage extérieur d’une grâce particulière accordée aux descendants d’Aaron. Elle nécessitait une huile précieuse, préparée spécialement pour l’onction des prêtres. D’avoir perdu l’usage du signe extérieur ne nous dispense pas de désirer la réalité intérieure, « l’amour divin que verse en  l’Esprit».

L’image de la rosée qui procure la vie

Culminant au Nord du pays d’Israël à 2814 m, le mont Hermon est le point de départ de tous ces torrents qui deviendront Jourdain, mère de Galilée ou Mer salée.  Une artère de vie pour un pays brûlé par le  soleil. C’est le deuxième volet du tableau qui nous présente la communion fraternelle comme un don de Dieu qui est source de vie abondante.

« Car c’est là que l’Éternel envoie la bénédiction, La vie, pour l’éternité ». (v.3)

Dieu agit et s’engage ! Sur une des collines de Jérusalem, une croix fut plantée. « Là ou deux ou trois sont rassemblés en son nom » la bénédiction de Dieu descend.

Prière du soir :

Éternel et Dieu béni,
 Je te rends grâce en cette fin de journée pour tous ceux qui ont tant d’importance pour moi et sans lesquels la vie ne pourrait plus être la même.
Je te remercie pour tous ceux vers qui je peux aller à tout instant sans jamais être rejeté,
Je te remercie pour tous ceux vers qui je peux me tourner quand je suis fatigué sachant qu’ils m’aideront à trouver du repos,
Je te remercie pour tous ceux à qui je peux parler en toute liberté.
Je te remercie pour tous ceux qui multiplient ma joie et apaisent ma douleur par leur présence.
Je te remercie pour tous ceux qui,  par leurs avertissements, leurs conseils m’ont permis d’éviter des fautes et des péchés.
Et par-dessus tout, je te rends grâce pour Jésus, modèle pour ma vie,Seigneur de mon cœur et Sauveur de mon âme.
Accepte ma reconnaissance et accorde-moi une bonne nuit de repos.
Par Jésus Christ notre  Seigneur. Amen.

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:

 Isaac le Syrien (Moine 365-460)

Isaac de Ninive  ou Abba Isaac ou Isaac le Syrien est un ascète, écrivain, évêque, mystique et théologien de l'Église de l'Orient . Il est un des grands spirituels de l'Orient chrétien, où son influence reste remarquable.


De l’homme lui-même, on ne sait presque rien, sinon qu’il fut, au 7e siècle, évêque de l'Église de l'Orient de Ninive.

Né dans l'actuel Qatar (golfe Persique), avec son frère, il devint moine alors qu'il était très jeune. Son renom de sainteté se répandit dans l'Empire perse, au point que les habitants de Ninive le réclamèrent comme évêque. Il fut consacré, vers 660. Il abdiqua seulement cinq mois plus tard pour se retirer comme Ermite (anachorète) au mont Matout parmi les ascètes du Nord.Les raisons de son départ de l'épiscopat restent incertaines. Selon les sources, on peut soit penser à un départ volontaire (deux fidèles, qui lui avaient demandé de trancher leur différend, repoussèrent ses conseils évangéliques en lui disant : « Laisse ton Évangile en dehors de cette affaire !. » Isaac se dit : « S'ils ne sont pas disposés à se soumettre aux préceptes du Christ, qu'ont-ils besoin de moi ? ») ou sous la pression (certains pensent que la doctrine spirituelle d'Isaac fut combattue par certains de ses confrères dans l'épiscopat, jaloux de son prestige).

Il y vécut dans la solitude, mangeant peu (trois pains par semaine et quelques légumes crus). Une lecture assidue des Livres Saints et d'abondantes larmes de componction lui usèrent la vue. Alors, pratiquement aveugle, il se retira au monastère de Rabban Shabbour (Saint-Sapôr), où il dicta ses œuvres à ses disciples.

« Voici, oh! qu’il est agréable, qu’il est doux Pour des frères de demeurer ensemble ! » psaume 133 v1
N’essaie pas de distinguer celui qui est digne et celui qui ne l’est pas ; que tous soient égaux à tes yeux pour les aimer et les servir […]. Le Seigneur n’a-t-il pas partagé la table des publicains et des femmes de mauvaise vie?
Voici, mon frère, un commandement que je te donne : que la miséricorde l’emporte toujours dans ta balance, jusqu’au moment où tu sentira en toi-même cette miséricorde que Dieu éprouve envers le monde.
Fais-toi petit en tout devant tous les hommes, et tu seras élevé plus haut que les princes de ce monde. Préviens tous les êtres, embrasse-les, prosterne-toi devant eux, et tu seras honoré plus que ceux qui offrent de l’or.
Si tu vois ton frère commettre le péché,
jette sur lui le manteau de la miséricorde.

Mardi 8 août :

 Prière du  matin :  

 Seigneur, Je te rends grâce pour le jour qui se lève.
J’ai besoin de chaque rayon de soleil, et de la clarté du matin
pour remplir ma vie de tes lumières.
Il va se passer tellement de choses aujourd’hui encore,
Je veux prendre chacune de ses heures comme un cadeau que tu me donnes.
Je te prie de me donner d’être  tout au long de ce jour une lumière qui vient de toi pour ceux qui m’entourent et que je rencontrerai.
Accompagne-moi tout au long de ce jour,
Soit mon bâton, ma houlette, 
Mon berger avec qui je ne manque de rien. 
« Dès le matin, annonce moins ta fidélité, car je compte sur toi » psaume 143.8

Psaume 134- Psaume des montées

Voici, bénissez l’Éternel, vous tous, serviteurs de l’Éternel,
Qui vous tenez dans la maison de l’Éternel Pendant les nuits !
Élevez vos mains vers le sanctuaire, Et bénissez l’Éternel !
Que l’Éternel te bénisse de Sion, Lui qui a fait les cieux et la terre !

 « Bénissez L’Eternel » 

Cette exhortation revient deux fois en trois versets.  C’est assez pour en souligner l’importance. Le cœur de l’homme l’incline plus à demander un secours qu’une bénédiction. Il y a sûrement en nous et autour de nous des raisons de remercier le Seigneur. En ce jour, faisons un petit bilan.

Une prière en trois versets

Ce psaume qui termine les cantiques des montées que les pèlerins juifs chantaient en entrant à Jérusalem est, dans sa brièveté même, comme un résumé de la vie du croyant avec Dieu : bénir Dieu et être béni de lui. « Bénédiction » : c’est le mot-clé de ce psaume, c’est-à-dire dire le bien, donner une parole bonne : voilà l’essentiel à partager entre frères et sœurs.

Bénissez Dieu!

Que pourrions-nous faire d’autre que bénir ce Dieu qui nous a bénis ? C’est à cela que nous sommes appelés, c’est pour cela que nous avons été créés. Mais la vraie louange sort de la bouche des serviteurs (1) qui vivent dans la maison de Dieu, c’est-à-dire qui prennent  le temps de la communion avec lui dans l’écoute de sa parole, la prière et l’obéissance.

Dieu bénit

Quand Dieu bénit l’homme, le créateur de l’univers donne à chacun d’être porteur de paix et d’espérance. Mais c’est de Sion (v3) qu’il bénit, c’est-à-dire de Jérusalem, la ville où la croix a été dressée. Il n’y a pas d’autres bénédictions vraies et durables. C’est là que le péché a été expié , la mort vaincue et le diable terrassé. Les deux bras de La Croix s’étendent jusqu’aux extrémités du monde et enserrent les hommes dans la bénédiction.

Prière du soir :

O Dieu, notre Père
Bénis moi à l’heure du crépuscule.
Merci pour cette journée qui s’achève avec toi
Pardonne moi pour les moments où je n’ai pas écouté ta voix
Pardonne moi pour les promesses que je t’ai faites à toi
ou à mes semblables et que je n’ai pas tenues.
O Dieu, notre Père,
Bénis
Ceux qui ont particulièrement besoin de ta bénédiction en cette soirée,
Ceux qui voyagent sur la terre, en mer ou dans les airs,
Ceux qui passeront la nuit dans la faim ou dans le froid,
Ceux qui sont en prison, ceux qui sont malades
Ceux qui sont tristes
Et pour qui les longues heures de la nuit aggravent la solitude.
Bénis chacun de nous, sois avec nous durant toute cette nuit de repos
Et reste avec nous jusqu’au lever du jour qui chassera les ombres.
Par Jésus le Christ, notre Seigneur et Sauveur.
Amen
 » Je m’éveille et je suis encore avec Toi » psaume 139

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:

Constitutions Apostoliques

Le titre exact de ce livre est: " Ordonnances des saints apôtres". Ce livre très précieux est un recueil, établi dans le dernier quart du IVeme siècle, de textes liturgiques et disciplinaires dont plusieurs ont une origine extrêmement ancienne. On retient surtout le livre VII qui contient de trés belles et profondes prière, dont celle qui suit.
Bénis sois-tu Seigneur
Qui m’as nourri depuis mon enfance,
Toi qui donnes à toute chair sa nourriture.
Remplis nos cœurs de joie et d’allégresse
afin qu’ayant toujours ce qui nous est suffisant,
Nous débordions d’œuvres bonnes.
Dans le Christ Jésus notre Seigneur
Par qui à Toi soit  gloire, honneur et puissance pour l’éternité.
Amen!

 Mercredi 9 août : 

Prière du matin :  

Le soleil se lève,
Merci Seigneur pour cette nouvelle journée que Tu nous offres.
Bénis en ce jour, Ceux que j’aime,
Ceux qui partent travailler, donne-leur courage et force
Que Ton Esprit-Saint nous éclaire
afin que nous puissions tous discerner le bien et le mal
et faire ce que Tu attends de nous.
Donne-nous un coeur simple et pur comme celui d’un enfant
pour rechercher ce qui vrai et ce qui bon
Aujourd’hui et tous les jours de notre vie.

Psaume 135

1 Louez l’Eternel ! Louez le nom de l’Eternel, Louez-le, serviteurs de l’Eternel, 2 Qui vous tenez dans la maison de l’Eternel, Dans les parvis de la maison de notre Dieu ! 3 Louez l’Eternel ! car l’Eternel est bon. Chantez à son nom ! car il est favorable.
4 Car l’Eternel s’est choisi Jacob, Israël, pour qu’il lui appartînt. 5 Je sais que l’Eternel est grand, Et que notre Seigneur est au-dessus de tous les dieux. 6 Tout ce que l’Eternel veut, il le fait, Dans les cieux et sur la terre, Dans les mers et dans tous les abîmes. 7 Il fait monter les nuages des extrémités de la terre, Il produit les éclairs et la pluie, Il tire le vent de ses trésors. 8 Il frappa les premiers-nés de l’Egypte, Depuis les hommes jusqu’aux animaux. 9 Il envoya des signes et des miracles au milieu de toi, Egypte ! Contre Pharaon et contre tous ses serviteurs. 10 Il frappa des nations nombreuses, Et tua des rois puissants, 11 Sihon, roi des Amoréens, Og, roi de Basan, Et tous les rois de Canaan; 12 Et il donna leur pays en héritage, En héritage à Israël, son peuple.
13 Eternel ! ton nom subsiste à toujours, Eternel ! ta mémoire dure de génération en génération. 14 Car l’Eternel jugera son peuple, Et il aura pitié de ses serviteurs.
15 Les idoles des nations sont de l’argent et de l’or, Elles sont l’ouvrage de la main des hommes. 16 Elles ont une bouche et ne parlent point, Elles ont des yeux et ne voient point, 17 Elles ont des oreilles et n’entendent point, Elles n’ont point de souffle dans leur bouche. 18 Ils leur ressemblent, ceux qui les fabriquent, Tous ceux qui se confient en elles.
19 Maison d’Israël, bénissez l’Eternel ! Maison d’Aaron, bénissez l’Eternel ! 20 Maison de Lévi, bénissez l’Eternel ! Vous qui craignez l’Eternel, bénissez l’Eternel ! 21 Que de Sion l’on bénisse l’Eternel, Qui habite à Jérusalem ! Louez l’Eternel !
« l’Eternel s’est choisi Jacob, Israël, pour qu’il lui appartînt ». (v.4)
Les élus de Dieu

Dans notre société ce sont bien souvent ceux qui paraissent être  les plus méritants, les mieux qualifiés, qui sont élus en vue d’une responsabilité. Avec Dieu, il n’en va pas de même : Nous sommes graciés: »c’est par grâce que nous sommes sauvés » (Éph 2 v.8)et élus: « Vous, au contraire, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière »(1 Pierre 2 v.9). Nous pourrions être humiliés en découvrant que tous nos mérites sont inutiles pour notre salut. Mais nous sommes réconfortés de savoir que Dieu n’as pas besoin de notre aide pour nous sauver. Il nous a choisi librement, comme un homme déclare publiquement, au jour de son mariage : « je t’ai choisie pour femme » et pour son épouse : « je t’ai choisi pour mari ». Ne dit-on pas d’ailleurs l’expression :  » l’élu(e) de son cœur » . C’est bon et réconfortant, quand on aime, de savoir que l’amour est réciproque, de se savoir choisi(e). Nous sommes les l’élu(e) du cœur de Dieu. Dieu tient sa promesse parce qu’il est juste et bon (v.3) et tout puissant (v5-6). Le psaume nous précise que les hommes,eux, se sont choisis des idoles mortes (v.15-18), le Dieu vivant, lui, qui m’a choisi! 

Pas de raisons de fanfaronner

En lisant le psaume, nous pourrions être choqués de voir que Dieu est loué par son peuple quand il frappe et met à mort (v.8-14). Cependant, ces actes redoutables de Dieu correspondent toujours à des délivrances, lorsque le peuple élu est mis en difficulté. L’auteur de ce psaume ne désire pas se réjouir du mal qui arrive aux ennemis d’Israël, mais souligner la fidélité de Dieu et sa protection.

Prière du soir :

Dieu béni éternellement, 
Aide moi ce soir à me coucher le cœur en paix.
Donne-moi cette paix  intérieure qui vient de ce que j’ai déposé tous mes fardeaux sur toi, que je me suis abandonné à toi que je t’ai confié tous mes proches,
Donne-moi cette paix qui permet la communion parfaite avec nos prochains, dénuée de tout malentendu entre eux et nous et sans amertume envers quiconque,
Donne-moi cette paix du pardon des péchés qui provient de l’assurance que par Jésus Christ il n’y a aucune barrière entre toi et nous.
Et surtout accorde-moi la paix de ta présence et la certitude que dans la lumière ou dans les ténèbres, tu ne m’abandonneras jamais. 
Par Jésus-Christ notre Seigneur amen

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:

Saint Augustin

Commentaire sur les Psaumes

« Louez le nom du Seigneur, louez le , serviteurs du Seigneur! » Psaume 135 v1

Que tu loues ou non, tu es son serviteur. Nos louanges ne grandissent pas Dieu, mais elle nous grandissent! Elles ne le rendent pas meilleur, mais toi, en louant sa bonté, tu deviendras meilleur. Lui, il demeure ce qu’il est: celui qui est bon.

Comme c’est nous qui tirons avantage de louer le Seigneur, c’est par miséricorde et non par automatisme qu’il nous ordonne de le louer: « Louez le nom du Seigneur, louez le, serviteur du Seigneur! » Vous ne faites rien d’extraordinaire en le louant, vous ses serviteurs, mais à combien plus forte raison ne vous faut-il pas le louer pour accéder à la dignité de fils!

 

Jeudi 10 août : 

Prière du matin :  

Cher Jésus,
Aide- moi à répandre  ton parfum, où que j’aille.
Inonde mon âme de ton  Esprit et de ta Vie.
Pénètre et possède tout mon être si complètement que ma vie ne soit qu’un rayonnement de la Tienne.
Brille à travers moi et sois tellement en moi :
Que chaque âme que je rencontre puisse sentir Ta présence en mon âme.
Qu’en levant les yeux, ce ne soit plus moi que l’on voit
Mais seulement Toi, Jésus !
Reste  avec moi, et je commencerai alors à briller
à briller jusqu’à en être une lumière pour les autres.
La lumière, ô Jésus, sera toute de Toi, aucunement de moi.
Ce sera Toi qui brilleras sur les autres à travers moi.
Que je te loue ainsi .
Amen.

 Psaume 136

1 Louez l’Éternel, car il est bon, Car sa miséricorde dure à toujours !

2 Louez le Dieu des dieux, Car sa miséricorde dure à toujours !

3 Louez le Seigneur des seigneurs, Car sa miséricorde dure à toujours !

4 Celui qui seul fait de grands prodiges, Car sa miséricorde dure à toujours !

5 Celui qui a fait les cieux avec intelligence, Car sa miséricorde dure à toujours !

6 Celui qui a étendu la terre sur les eaux, Car sa miséricorde dure à toujours!

7 Celui qui a fait les grands luminaires, Car sa miséricorde dure à toujours !

8 Le soleil pour présider au jour, Car sa miséricorde dure à toujours !

9 La lune et les étoiles pour présider à la nuit, Car sa miséricorde dure à toujours !

10 Celui qui frappa les Egyptiens dans leurs premiers-nés, Car sa miséricorde dure à toujours !

11 Et fit sortir Israël du milieu d’eux, Car sa miséricorde dure à toujours !

12 A main forte et à bras étendu, Car sa miséricorde dure à toujours !

13 Celui qui coupa en deux la mer Rouge, Car sa miséricorde dure à toujours!

14 Qui fit passer Israël au milieu d’elle, Car sa miséricorde dure à toujours !

15 Et précipita Pharaon et son armée dans la mer Rouge, Car sa miséricorde dure à toujours !

16 Celui qui conduisit son peuple dans le désert, Car sa miséricorde dure à toujours !

17 Celui qui frappa de grands rois, Car sa miséricorde dure à toujours !

18 Qui tua des rois puissants, Car sa miséricorde dure à toujours !

19 Sihon, roi des Amoréens, Car sa miséricorde dure à toujours !

20 Et Og, roi de Basan, Car sa miséricorde dure à toujours !

21 Et donna leur pays en héritage, Car sa miséricorde dure à toujours !

22 En héritage à Israël, son serviteur, Car sa miséricorde dure à toujours !

23 Celui qui se souvint de nous quand nous étions humiliés, Car sa miséricorde dure à toujours !

24 Et nous délivra de nos oppresseurs, Car sa miséricorde dure à toujours !

25 Celui qui donne la nourriture à toute chair, Car sa miséricorde dure à toujours !

26 Louez le Dieu des cieux, Car sa miséricorde dure à toujours !

« Car la miséricorde du Seigneur dure à toujours »

L’auteur de ce psaume a trouvé, dans l’histoire de son peuple, 26 occasions de célébrer  la miséricorde de Dieu .  N’est-ce pas assez pour nous convaincre que l’on peut tous les jours s’appuyer sur le Seigneur? 

C’est le psaume du grand »Hallel » (la grande louange). «Car sa miséricorde dure à toujours» ou « car son amour n’a pas de fin ». Pour apprécier la répétition de cette phrase, il faudrait pouvoir en faire un répond chanté par toute l’assemblée après chaque verset récité par celui qui le psalmodie. 

Remarque : le rapprochement du refrain avec ce qui est dit aux versets 10,17 et 18 aurait de quoi nous choquer. N’oublions pas cependant que ce qui est loué ici, c’est d’abord l’action libératrice de Dieu envers son peuple ; ajoutons que ceux qui sont frappés le sont à cause de l’accumulation des péchés de leur nation contre Dieu. 

Le « hesed » de Dieu

Il faut aussi comprendre ce terme hébreu qui se retrouve dans ce psaume comme un refrain. Il se traduit par: fidélité, miséricorde encore amour. Le « Hesed »‘est en effet un peu tout cela à la fois! C’est l’amour gratuit de Dieu en action et dans la durée.

C’est en Gen 19 v.19 qu’on trouve le mot « hesed » pour la première fois dans le texte biblique. Loth en situation tragique reconnaît qu’il doit son salut à la miséricorde de Dieu et s’en remet à lui pour la suite. Ensuite Jacob reconnaît la générosité de Dieu qui lui a donné bien plus que le « normal » qu’il aurait pu imaginer… (Gen 32 v.10). Et Joseph affirme (Gen 39 v.21) que c’est la bonté, la grâce de Dieu qui l’a accompagné en situation tellement désespérée. Sans l’intervention divine il n’aurait jamais été ministre en Egypte. Quant Dieu se révèle à Moïse après le terrible épisode du veau d’or c’est en tant que Dieu rempli de bonté qu’il se révèle : Exode 34 v.6-7 : « Et l’Eternel passa devant lui, et s’écria : L’Eternel, l’Eternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité, qui conserve son amour jusqu’à mille générations, qui pardonne l’iniquité, la rébellion et le péché, mais qui ne tient point le coupable pour innocent, et qui punit l’iniquité des pères sur les enfants et sur les enfants des enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération ! »

La bonté de Dieu dépasse de loin le bon regard d’un souverain sur son peuple docile, elle est faite de pardon, de générosité, de grâce…Nous sommes devant la grande bonté du Dieu patient qui a conduit un peuple si souvent difficile et décevant, avec tant de murmures, faisant tant de détours…

Ceux qui veulent vivre de cet amour et le transmettre à d’autres sont des « hassidim », nom qu’avaient pris les tenants du réveil religieux des juifs d’Europe centrale au début du XIXe siècle. Les disciples de Jésus peuvent-ils être autre chose que des « hassidim », puisqu’ils expérimentent en Jésus le « hesed » de Dieu. Ephésiens 2 v.7 le souligne: « Dieu a montrer dans les siècles à venir l’infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus-Christ. »

26 raisons de proclamer la miséricorde de Dieu envers nous

Essayer de redire ce psaume avec vos raisons de louer le Seigneur des seigneurs.

  • Dans le domaine de ce qu’il a créé (v.4)
  • Dans le domaine de son œuvre de salut (v.10-15) 
  • Dans le domaine de son soutien dans notre marche avec lui et de nos combats (v.10-24) 
  • Dans le domaine de l’univers entier (v.25)

Prière du soir :

Éternel Dieu,
Ce soir je veux te remercier pour ta bonne main posée sur moi tout au long de ce jour.
Je te remercie de m’avoir donné la capacité de faire mon travail et de gagner ma vie pour moi-même et pour ceux que j’aime.
Je te remercie pour la voix  que j’ai entendue en moi quand j’ai été tenté par le malin et pour la grâce qui m’a gardé dans le droit chemin.
Je te remercie pour la puissance protectrice qui m’a conduit sain et sauf jusqu’à cette heure de la soirée.
O Dieu en qui est le pardon, pardonne-moi , si aujourd’hui j’ai fait du tort à un ami, si j’ai blessé un être cher, si je t’ai fait honte et si je t’ai attristé, si j’ai été négligeant dans le service envers mon prochain, si je t’ai oublié.
Et maintenant accorde moi de m’endormir en paix, et de me réveiller les forces renouvelées 
Par Jésus-Christ notre Seigneur amen

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:

Grégoire de Narek

 
Saint Grégoire de Narek, moine mystique arménien du Xème siècle, est connu pour son recueil de prières de près de 20 000 vers, fréquemment utilisé dans la liturgie arménienne. Saint Grégoire de Narek, c’est le plus grand poète et en même temps, le plus grand mystique et théologien de l’histoire de l’Arménie. Depuis 1000 ans, il accompagne la vie spirituelle des Arméniens. Il a été l’auteur le plus copié après l’Évangile. Il y avait pratiquement un "Narek" dans chaque Église du village qui était posé sur la Sainte Table, à côté de l’Écriture Sainte, un "Narek" dans chaque maison. On le lisait au chevet du malade et dans toutes autres circonstances ou on en copiait les morceaux quand on partait en voyage. 
De quel nom pouvons-nous t’invoquer?
Tu dépasses tout nom!
Quel hymne pourra chanter tes louanges,
Quels mots pourront parler de toi ?
De toi procède tout ce qui est dit,
Mais tu es au-delà de tout discours.
De toi est issu tout ce qui est pensé,
Mais tu es au-delà de toute pensée.
Tu es le but de toutes les attentes,
De toutes les aspirations silencieuses.
Tu es l’objet des gémissements de ta création toute entière.
Gloire à toi, Dieu très haut!

Vendredi 11 août : 

Prière du matin :  

Seigneur Jésus-Christ,
Ce matin, je t’ouvre la porte de tout mon être pour les prochaines 24 heures. Entre dans tout ce que je suis: mon corps, mon âme, mon cœur, mes sens, ma sensibilité, ma mémoire, mon intelligence, ma sexualité, mes joies comme mes peines.
Seigneur Jésus, j’accueille ta présence réelle et miraculeuse dans tout ce que je suis et cela inclut mes blessures, mes fragilités, mes dépendances pas toujours avouables. Je te reçois aussi dans tous mes soucis et problèmes de ce jour.
Seigneur, je confesse que tu as un amour infini pour moi et que je suis ton enfant chéri malgré tous mes défauts. Au début de ce jour, j’accepte le tout de ton amour inconditionnel pour moi. Je te laisse l’entière liberté de m’aimer divinement. Quoi qu’il puisse m’arriver dans les prochaines 24 heures, je te remercie d’avance.
Comme le dit saint Paul, je proclame que : « Ce n’est plus moi qui vis, mais que c’est toi, Jésus, Jésus, Jésus, qui vis en moi. » (Gal 2, 20).
Seigneur Jésus, je sais que tu es en moi tout long de cette journée . Tu vis tout ce que je vis. Nous sommes réellement ensemble et je suis dans la joie de te savoir en moi.      Amen!

Psaume 137

1 Sur les bords des fleuves de Babylone, Nous étions assis et nous pleurions, en nous souvenant de Sion. 2 Aux saules de la contrée Nous avions suspendu nos harpes. 3 Là, nos vainqueurs nous demandaient des chants, Et nos oppresseurs de la joie : Chantez-nous quelques-uns des cantiques de Sion !
4 Comment chanterions-nous les cantiques de l’Eternel Sur une terre étrangère ? 5 Si je t’oublie, Jérusalem, Que ma droite m’oublie !6 Que ma langue s’attache à mon palais, Si je ne me souviens de toi, Si je ne fais de Jérusalem Le principal sujet de ma joie !
7 Eternel, souviens-toi des enfants d’Edom, Qui, dans la journée de Jérusalem, Disaient : Rasez, rasez Jusqu’à ses fondements !
8 Fille de Babylone, la dévastée, Heureux qui te rend la pareille, Le mal que tu nous as fait ! 9 Heureux qui saisit tes enfants, Et les écrase sur le roc !

Ce psaume est très court, mais chacun de ses vers, chacun de ses mots est chargé de toute une histoire, celle de l’Alliance entre Dieu et Israël. C’est Israël qui a été le peuple choisi par Dieu pour être son confident, son prophète. Confident de Dieu il a eu cette révélation que Dieu est Amour ; prophète de Dieu, il est chargé de le dire au monde entier. C’est  le sens profond de ce psaume 137, où Israël tout entier parle : le « je » est un sujet collectif comme dans tous les psaumes.

Israël en Exil:

Israël est déporté en Irak, il a perdu sa ville et son temple, seuls lieux où il pouvait rencontrer son Dieu. On se moque de lui, on lui demande des chants de son pays. Il riposte:  plutôt perdre la mémoire et avoir les doigts paralysés !

Ce psaume est  une lamentation des exilés pleine  d’images fortes. Malgré une rudesse qui peut surprendre, il s’agit d’un chef-d’œuvre poétique qui rappelle les tristesses du temps de la déportation à Babylone (587-539 avant J.-C.) et redit les sentiments qu’éprouvaient les exilés : sentiments d’attachement nostalgique à la ville sainte, Jérusalem, et sentiments de vengeance envers les persécuteurs arrogants. Quiconque a vécu une situation semblable comprendra la force des sentiments exprimés ! La prière ici est une longue complainte. Israël pleure la mort de Jérusalem et de la nation. Voici la structure du psaume : 1- (v.1-4) : le souvenir de Sion ; 2- (v.5-6) : auto-malédictions ; 3- (v.7-9) : malédiction contre Édom et contre Babylone.

Ce psaume nous invite encore aujourd’hui à penser et à prier pour celles et ceux qui n’en peuvent plus, pour les exilés, les persécutés à cause de leur foi qui chantent, et pleurent ce cantique sans musique

 Haine et vengeance

Israël en veut à ces gens de Babel qui l’on asservi, et surtout à ses « frères » édomites » qui ont collaborés avec les vainqueurs. Le psalmiste lance, au nom d’Israel, des malédictions qui nous laissent sans voix et nous choquent. Ne lui jetons la pierre, il est dans la souffrance et il ose exprimer à Dieu la violence qui est en lui, sans la réaliser.

Perspectives chrétiennes

C’est en Jésus crucifié que la haine a trouvé son vainqueur. C’est lui qui a pris toutes les violences que devait subir les ennemis de Dieu. C’est en lui que les malédictions sont neutralisées. C’est en lui que renaissent les chants de la Jérusalem céleste, « le cantique de gloire à l’Agneau immolé  » (Apocalypse 3 v.12 : »Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n’en sortira plus; j’écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d’auprès de mon Dieu, et mon nom nouveau »). L’interprétation chrétienne de ce psaume s’est  ainsi attachée à la Jérusalem d’en haut, mise en opposition à la Babylone d’ici-bas ( Ap 14 v.8: » Elle est tombée, elle est tombée, Babylone la grande, qui a abreuvé toutes les nations du vin de la fureur de son impudicité «  ).  Dans leurs commentaires, les Pères soulignent l’incompatibilité des deux cités : Babylone, charnelle et terrestre ; Jérusalem, divine et spirituelle ; l’une est la cité de l’exil et du péché, l’autre la patrie céleste. Ce serait un anachronisme que de reprocher à l’auteur de ce psaume de ne pas avoir encore de sentiments évangéliques.

Déjà, les Pères parlaient des « enfants de Babylone » comme des « pensées venant du diable ». Voici ce qu’en dit la Règle de saint Benoît (5e siècle) : « Il chasse de son cœur le diable, inspirateur de quelque mauvais dessein, et cette suggestion elle-même ; il les réduit à rien ; il saisit cette engeance de la pensée diabolique et les fracasse contre le Christ » (Prologue 28 ; voir encore 4,50). Ou encore saint Jérôme : « Celui-là est bienheureux, qui, à peine nées les mauvaises pensées, les tue et les écrase contre le rocher ; or, ce rocher, c’est le Christ ».

Prière: « Souviens-toi, Seigneur, de ton Église qui voyage ici-bas. Et tandis que nous sommes assis en larmes sur les bords des cours d’eau de Babylone, fais que nous ne soyons pas entraînés par les flots impétueux du siècle qui passe, mais que, délivrés de la contagion de la vie présente, nous élevions notre coeur vers la Jérusalem d’en haut et que nous n’en perdions jamais le souvenir ».

Prière du soir :

O Dieu, mon Père
Je veux te remercier pour la joie de me savoir aimé de toi et de mes proches, de ma famille.
Je veux te remercier pour cette journée qu’elle ait été faite de travail ou de repos.
Je te prie de bénir tous ceux qui ne connaîtront pas le sommeil cette nuit, celles et ceux qui ne dormiront pas à cause de la douleur physique ou de leur détresse morale.
Je te prie de bénir tous ceux  qui voyage de nuit pour nous apporter la nourriture, le courrier et les journaux du matin.
Je te prie de bénir tous ceux qui assure les services publics et la sécurité des autres, les médecins, les infirmiers et infirmières et tous ceux qui veillent au chevet des malades.
accorde-moi dans mon confort et mon bonheur de ne jamais oublier ceux qui connaissent le souci et la douleur, la solitude et le besoin dans les longues heures de la nuit.
Je te le demande au nom de ton amour.Amen

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:

St. Clément d’Alexandrie 

Titus Flavius Clemens est né dans une famille païenne vers le milieu du deuxième siècle. De grande culture générale, il met après sa conversion son savoir et son intelligence au service d'un grand dessein: Établir un vrai dialogue entre l'hellénisme ( notamment la philosophie) et le christianisme. Il enseigne longtemps Alexandrie et meurt en Cappadoce vers 215.
« Si je t’oublie, Jérusalem… Si je ne me souviens de toi, Si je ne fais de Jérusalem Le principal sujet de ma joie ! » Psaume 137 v.5-6
Passant toute notre vie comme une fête, persuadés que
Dieu est toujours partout, nous labourons en chantant, nous
naviguons au son des hymnes, nous nous conduisons en tout
comme des citoyens des cieux.
Le parfait se rapproche davantage de Dieu, en se montrant à la fois grave et joyeux,
grave à cause de son attention à Dieu, joyeux en reconnaissance
de tous les bienfaits que Dieu a donnés à l’homme…
Il apporte constamment à Dieu le légitime usage de
toutes choses, nourriture, boisson, parfums, il en offre les
prémices à Celui qui a tout donné ; lui rendant grâce par
celui qui est Don et Onction et par le Verbe qui lui a été
donné…
Toute sa vie est une liturgie sacrée. Les sacrifices pour
lui sont les prières et les louanges, les lectures des Saintes
Écritures avant les repas, ou avant le sommeil, et à nouveau
les prières au milieu de la nuit. Il s’y unit au coeur céleste par
le souvenir constant de Dieu, engagé dans une contemplation
sans relâche…

Samedi 12 août : 

Prière du matin :  

O mon Créateur et mon Dieu
Tu me connais entièrement et ce matin, mieux que moi même, tu connais les besoins de mon cœur.
Toi qui m’as appelé à être une lumière dans ce monde de ténèbres,
Aide-moi durant toute cette journée à être un secours et un exemple pour tous ceux que je rencontrerai.
Aide-moi à apporter le réconfort à ceux qui sont dans la peine et la force de résister à ceux qui connaissent la tentation.
Aide-moi à donner du courage à ceux qui sont effrayés et à guider ceux qui ne savent pas ce qu’ils doivent faire.
Aide-moi à rendre la joie à ceux qui sont découragés et apporter le réconfort aux déprimés.
Je te prie pour que, celles et ceux que je côtoierai en ce jour, perçoivent en moi le reflet du maître à qui j’appartiens et que je cherche à suivre.
Je t’apporte,ce matin, humblement cette demande au nom de ton amour. Amen 

Psaume 139

1 Au chef des chantres. De David. Psaume. Eternel ! tu me sondes et tu me connais,2 Tu sais quand je m’assieds et quand je me lève, Tu pénètres de loin ma pensée; 3 Tu sais quand je marche et quand je me couche, Et tu pénètres toutes mes voies. 4 Car la parole n’est pas sur ma langue, Que déjà, ô Eternel ! tu la connais entièrement. 5 Tu m’entoures par derrière et par devant, Et tu mets ta main sur moi.6 Une science aussi merveilleuse est au-dessus de ma portée, Elle est trop élevée pour que je puisse la saisir.
7 Où irais-je loin de ton esprit, Et où fuirais-je loin de ta face ? 8 Si je monte aux cieux, tu y es; Si je me couche au séjour des morts, t’y voilà. 9 Si je prends les ailes de l’aurore, Et que j’aille habiter à l’extrémité de la mer, 10 Là aussi ta main me conduira, Et ta droite me saisira. 11 Si je dis : Au moins les ténèbres me couvriront, La nuit devient lumière autour de moi; 12 Même les ténèbres ne sont pas obscures pour toi, La nuit brille comme le jour, Et les ténèbres comme la lumière.
13 C’est toi qui as formé mes reins, Qui m’as tissé dans le sein de ma mère. 14 Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes oeuvres sont admirables, Et mon âme le reconnaît bien. 15 Mon corps n’était point caché devant toi, Lorsque j’ai été fait dans un lieu secret, Tissé dans les profondeurs de la terre. 16 Quand je n’étais qu’une masse informe, tes yeux me voyaient; Et sur ton livre étaient tous inscrits Les jours qui m’étaient destinés, Avant qu’aucun d’eux existât.
17 Que tes pensées, ô Dieu, me semblent impénétrables ! Que le nombre en est grand ! 18 Si je les compte, elles sont plus nombreuses que les grains de sable. Je m’éveille, et je suis encore avec toi.
19 O Dieu, puisses-tu faire mourir le méchant ! Hommes de sang, éloignez-vous de moi! 20 Ils parlent de toi d’une manière criminelle, Ils prennent ton nom pour mentir, eux, tes ennemis ! 21 Eternel, n’aurais-je pas de la haine pour ceux qui te haïssent, Du dégoût pour ceux qui s’élèvent contre toi? 22 Je les hais d’une parfaite haine; Ils sont pour moi des ennemis.
23 Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon coeur ! Eprouve-moi, et connais mes pensées ! 24 Regarde si je suis sur une mauvaise voie, Et conduis-moi sur la voie de l’éternité !

Un peur de Dieu

La vie sociale nous apprend à cacher nos sentiments et nos pensées. Il nous serait insupportable que les autres sachent tout de nous. Du coup, l’idée de ne Dieu qui nous connaît parfaitement, qui scrute nos plus secrets désirs nous fait peur ( « Big Brother nous regarde »!). D’autant plus que c’était un Dieu saint! La réaction normale, c’est la fuite. Mais cela ne sert à rien : on ne peut rien cacher à Dieu. Il est partout et voit tout.

La foi chasse la peur

Loin de se désoler d’être connu par Dieu, David s’en réjouit. Et il nous invite avec lui à la joie de savoir que Dieu nous connaît entièrement. Car Dieu, qui l’a créé,lui veut du bien et non du mal. Sa présence n’est pas une menace pour qui lui fait confiance (et donc cesse de le fuir),  mais une grâce , une protection (v.5). Aussi ne craint-t-il pas d’inviter Dieu à le sonder, à révéler même son péché, car Dieu est toujours prêt à délivrer du mal et à conduire les siens sur le chemin de la vie éternelle.

prière: Apprends-moi, Père, à toujours rechercher ta présence et à ne jamais te fuir, même quand je suis conscient de mon péché.

Prière du soir :

O Dieu, mon Père
Je te remercie 
Pour tous les moments heureux que j’ai vécu aujourd’hui,
Pour toute bonté dont j’ai bénéficié,
Pour toute parole d’actions de grâce, de louange et d’encouragement que j’ai entendue, 
Pour toute chose qui m’a rendu conscient que J’étais utile, estimé et apprécié,
Pour toute amitié nouvelle que j’ai faite et pour toute vieille amitié devenue encore plus précieuse et plus solide,
Pour toute tentation à laquelle j’ai pu résister et pour tout service qu’il m’a été possible de rendre.
Accepte, o Dieu, tout ce qui dans ce jour a été conforme à ta volonté et pardonne tout ce qui ne l’a pas été.
Aide-moi à m’endormir dans une communion parfaite avec toi et avec mon prochain.
Par Jésus-Christ notre Seigneur amen

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:

Grégoire de Nysse

Grégoire naît entre 331 et 341. Il naît dans une famille chrétienne d'avocats et de rhéteurs de dix enfants. Sa grand-mère, Macrine l'Ancienne, avait suivi l'enseignement de Grégoire le Thaumaturge, qu'elle transmit à ses enfants. Deux de ses frères, Basile de Césarée, son aîné de cinq ans; et Pierre de Sébaste furent évêques comme lui. Sa mère Emmélie, une fois veuve, et sa sœur, Macrine la Jeune, devinrent religieuses. Son père tenait une école de rhétorique à Néocésarée. Il bénéficie de la très forte influence de sa sœur Macrine et davantage encore de celle de son frère Basile, qu'il appellera « un maître et un père » et « la merveille de l'univers ».  Grégoire, théologien avant tout, va devenir évêque de Nysse en Cappadoce, en 371, contre son gré. Son ministère est un temps interrompu, il fut déposé en 376. Lui, n'aspirait qu'à la vie spirituelle et intellectuelle se montra inapte à toute politique ecclésiastique ; on lui reprocha son manque de fermeté et les inexactitudes de sa comptabilité. IL jouera néanmoins un rôle de premier plan dans la défense de l'orthodoxies du concile de Nicée (325), contre notamment l'hérésie arienne. Grégoire meurt en 394. IL laisse une oeuvre littéraire considérable axée sur la théologie systématique et sur l'étude de la Bible.
« C’est toi qui as formé mes reins, Qui m’as tissé dans le sein de ma mère. Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes oeuvres sont admirables, Et mon âme le reconnaît bien » Psaume 139 v.13-14 
C’est toi Seigneur qui nous as libérés
De la crainte de la mort.
C’est toi qui, de la fin de notre vie sur terre,
Fais un commencement de la vie véritable.
C’est toi qui pour un temps
Donnes aux corps le repos du sommeil
et qui les réveilles
Au son de la dernière trompette (1 Cor 15 v.52).
C’est toi qui confie à la terre
La terre que nous sommes et que tu as façonné de tes mains.
Et tu restaures ce que tu as donné
En transformant par l’immortalité
Et la grâce notre être mortel.
C’est toi qui nous a sauvés de la malédiction
Et du péché en assumant pour nous et l’un et l’autre.
C’est toi qui a frayé la voix de la résurrection :
Tu as brisé les portes du séjour des morts
Et « dompté celui qui détenait le pouvoir de la mort » (Hébreux 2 v.14) C’est toi qui a donné à ceux qui te craignent le signe qui est ta Sainte Croix
Pour abattre l’Ennemi et assurer notre vie.
Dieu éternel vers qui je suis allé dès le sein maternel,
Toi qu’a aimé mon âme de toute sa force,
Toi à qui j’ai consacré tout mon être
Dès ma jeunesse et jusqu’aujourd’hui,
Confie moi à un ange de lumière
Qui me prendra par la main
Jusqu’au lieu de l’apaisement.
Toi qui a tranché la flamme de l’épée de feu (Gn 3 v.24)
Et qui a rendu au paradis le brigand crucifié avec toi
Car il en appelait à ta miséricorde, (Luc 23 v.43)
De moi aussi souviens-toi dans ton royaume. (Luc 23 v.42)
Que le gouffre terrible (Luc 16 v.26) ne me sépare pas de tes élus,
Que mon péché n’apparaisse pas devant tes yeux.
Si, trahie par la faiblesse de notre nature,
J’ai pêché en parole, en acte ou en pensée.
Toi qui a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés,
Délivre m’en pour mon apaisement.
Que je me trouve devant toi,
Après avoir quitté mon corps,
Sans tache et sans ride (Eph 5 v.27),
Et que mon âme soit reçue irréprochable
Et pure entre tes mains Comme l’encens devant toi ( Psaume 141.2)

Dimanche 13 août : 

Prière du matin :  Saint Anselme (1033-1109)

Mon Dieu, tu es toute Tendresse pour moi.
Je te le demande par ton Fils bien-aimé
accorde-moi de me laisser emplir de Miséricorde
et d’aimer tout ce que tu m’inspires.
Donne-moi de compatir à ceux qui sont dans l’affliction,
et d’aller au secours de ceux qui sont dans le besoin.
Donne-moi de soulager les malheureux,
d’offrir un asile à ceux qui en manquent,
de consoler les affligés,
d’encourager les opprimés.
Donne-moi de pardonner à celui qui m’aura offensé,
d’aimer ceux qui me haïssent,
de rendre toujours le bien pour le mal,
de n’avoir de mépris pour personne,
et d’honorer tous les hommes.
Saint Anselme de Cantorbéry (1033 – 1109)

Originaire du Val d'Aoste, il veut se faire moine alors qu'il a 15 ans. Mais son adolescence le fait changer d'avis: la vie mondaine lui semble plus amusante et attirante, plaisant à tous et à toutes. A la mort de sa mère, il quitte son père dont le caractère était invivable et gagne la France "à la recherche du plaisir". Ce qui ne l'empêche pas de poursuivre en même temps ses études. Et c'est ainsi qu'à 27 ans sa vocation de jeunesse se réveillera à l'abbaye du Bec en Normandie où il était venu simplement pour étudier, attiré par la renommée de cette école. A peine moine, le voilà choisi comme prieur, sa douceur gagnera vite les cœurs. Il est élu abbé et mènera de front cette charge et une intense réflexion théologique: selon lui, puisque Dieu est le créateur de la raison, celle-ci, loin de contredire les vérités de la foi, doit pouvoir en rendre compte. A cette époque, des relations étroites existaient entre l'abbaye du Bec et les monastères anglais proches de Cantorbery. En 1093, lors d'une visite de ces monastères, saint Anselme se retrouve élu évêque de Cantorbery. Son attachement à l'indépendance de l’Église contre les prétentions des rois d'Angleterre lui vaudra plusieurs exils. Il aspire à retrouver la paix du cloître, mais le pape ne l'autorise pas à quitter sa charge. C'est donc au milieu des tracas occasionnés par sa réforme de l’Église d'Angleterre qu'il mène à bien l’œuvre théologique qui lui vaudra le titre de "Docteur magnifique".

Psaume 85

1 Au chef des chantres. Des fils de Koré. 
2 Tu as été favorable à ton pays, ô Eternel ! Tu as ramené les captifs de Jacob; 3 Tu as pardonné l’iniquité de ton peuple, Tu as couvert tous ses péchés; …..
4 Tu as retiré toute ta fureur, Tu es revenu de l’ardeur de ta colère. 5 Rétablis-nous, Dieu de notre salut ! Cesse ton indignation contre nous! 6 T’irriteras-tu contre nous à jamais ? Prolongeras-tu ta colère éternellement ? 7 Ne nous rendras-tu pas à la vie, Afin que ton peuple se réjouisse en toi? 8 Eternel ! fais-nous voir ta bonté, Et accorde-nous ton salut !
9 J’écouterai ce que dit Dieu, l’Eternel; Car il parle de paix à son peuple et à ses fidèles, Pourvu qu’ils ne retombent pas dans la folie.10 Oui, son salut est près de ceux qui le craignent, Afin que la gloire habite dans notre pays. 11 La bonté et la fidélité se rencontrent, La justice et la paix s’embrassent; 12 La fidélité germe de la terre, Et la justice regarde du haut des cieux. 13 L’Eternel aussi accordera le bonheur, Et notre terre donnera ses fruits. 14 La justice marchera devant lui, Et imprimera ses pas sur le chemin.
Tu as été favorable à ton pays, ô Eternel ! v.1
Merci et au secours!

Ce psaume commence bien ! Remerciements et reconnaissance pour la libération (le verset 2 parle du retour des captifs comme ayant déjà eu lieu), le pardon du peuple ; c’est une louange sincère. Rapidement, la supplique arrive : « libère-nous, pardonne-nous, sauve nous ».

L’œuvre de l’Eternel serait-elle incomplète,  ou y-a-t-il à nouveau faute de son peuple? (cela pourrait être la situation des habitants de Jérusalem, qui, bien que délivrés de la domination de Babylone, sont au comble du malheur dans leur propre pays – Néhémie 1.3)

Enfin, un silence se fait dans la prière, car Dieu parle (v.9).  Il annonce bonheur et guérison totale. C’est possible, à condition de renouveler sa confiance en Lui, et de ne pas retourner à la folie (la racine hébraïque « chouv », signifiant revenir, rétablir, ramener, revient comme un refrain). Le peuple est invité à se soumettre à l’autorité de Dieu. Suivrons alors la pluie de bénédictions et la moisson de bienfaits (v.12-13) associés à deux versants des valeurs essentielles pour Dieu:  fidélité et loyauté  d’une part et paix de l’autre. 

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Comment comprendre ce psaume aujourd’hui ? N’avons nous pas été libérés du péché par le sacrifice de Jésus ? Ne sommes nous pas devenus, par son sang des créatures nouvelles? Et ne sommes-nous pas déjà sorti de nos « Babylones » spirituelles? Si oui, sommes-nous perdus dans le désert, ou arrivés dans une « Jérusalem » qui reste à construire ? En d’autres mots, notre transformation à l’image de Christ est elle inachevée, et avons nous encore besoin de guérison et de pardon? Dieu parle de paix à son peuple, au prix d’un retour, d’une repentance, et de la décision d’avancer à nouveau vers le Royaume promis. Faisons notre la prière de ce psaume :  » Merci pour… pardon pour… Au secours… » et écoutons sa réponse.

Prière du soir :

O Dieu, mon Père 
Bénis en cette fin de journée ceux qui ont particulièrement besoin de ta bénédiction.
Bénis ceux qui sont loin de chez eux, ceux qui sont attristés et ceux pour qui la solitude se fait encore plus pénible quand vient le soir.
Bénis ceux qui connaissent la maladie et la douleur et pour qui la nuit n’en finit pas.
Bénis ceux avec qui je travaille, jour après jour et tous mes amis. Accorde-nous la grâce de demeurer fidèle les uns envers les autres.
Je te prie pour mes bien-aimés, pour ma famille, daigne empêcher tout obstacle de se dresser entre eux et moi.
Tu connais nos besoins mieux que nous-mêmes, merci de savoir que tu y réponds pleinement. Merci de pourvoir à ses besoins.
Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise: Asterius

Astérius d'Amasée (350 - 410) été fait évêque d'Amasée entre 380 et 390 après J.-C., après avoir été avocat. Il est né en Cappadoce et est probablement mort à Amasée dans la Turquie moderne, dans la région du Pont (littoral de l'Asie Mineure sur la Mer Noire). Des portions importantes de ses sermons vivants survivent, ce qui est particulièrement intéressant du point de vue de l'histoire de l' art et de la vie sociale en son temps. On a conservé de son oeuvre simplement 16 homélies dont est extraite le texte proposé pour ce soir.
« La bonté et la fidélité se rencontrent, La justice et la paix s’embrassent;  La fidélité germe de la terre, Et la justice regarde du haut des cieux. » Psaume 85  v.11-12
Nuit Pascale
Une seule graine a été semée
Et le monde entier s’en est nourri.
Comme homme le Christ a connu la mort,
Comme Dieu il a repris vie
Et c’est lui qui a donné la vie à tout l’univers.
Comme la flamme de la lampe, il s’est éteint,
Mais comme le soleil se lève, il est sorti du tombeau.
Alors on a pu voir deux merveilles :
Quand le Christ fut mis en croix, le jour s’est  enténébré ( Mt 27 v.45)
Quand il est ressuscité, la nuit a resplendi de la clarté du jour.
Pourquoi le jour s’est-il enténébré ?
Parce qu’il est dit de lui dans l’Ecriture :
« Il s’est caché dans les ténèbres » (psaume 18 v. 12)
Pourquoi la nuit a-t-elle resplendi comme le jour ?
Parce que le prophète a dit :
« Les ténèbres ne sont pas ténébreuses pour toi
Et la nuit resplendit comme le jour » (psaume 139 v.12)
O nuit plus claire que le jour !
Nuit plus brillante que le soleil !
Nuit plus blanche que la neige !
Nuit plus lumineuse que les flambeaux !
Nuit plus douce que le paradis !
Nuit qui bannit le sommeil !
Nuit qui nous apprend à veiller avec les anges !
Nuit de la Pâque attendue au long des mois !
Nuit nuptiale de l’Eglise !
Nuit qui donne le jour au nouveau baptisé !

 Lundi 14 août : 

Prière du matin :  

O Dieu mon Père,
Je commence la journée avec toi. Merci d’être au rendez-vous.

Que tout au long de ce jour, tous mes collègues de travail, tout ceux que je rencontrerai, puissent voir en moi le reflet de Jésus-Christ mon maître à qui j’appartiens et que je cherche à servir.
Que je puisse prodiguer aux autres mon secours, que je fasse honneur au nom que je porte et que je te donne de la joie ainsi qu’à ceux qui m’aiment.
Rends moi capable d’être une aide pour ceux qui sont dans la difficulté. Rends moi capable d’être aimable envers ceux qui sont dans le besoin.
Rends moi capable d’être avenant envers ceux qui ont le cœur triste.
Veille sur moi en sorte que rien n’enlève la paix et la joie qui viennent de toi et ne me rende amer envers quiconque.
Je te le demande au nom de ton amour infini manifesté en Jésus-Christ. Amen 

Psaume 140

1 Au chef des chantres. Psaume de David.
2 Eternel, délivre-moi des hommes méchants ! Préserve-moi des hommes violents. 3 Qui méditent de mauvais desseins dans leur coeur, Et sont toujours prêts à faire la guerre ! 4 Ils aiguisent leur langue comme un serpent, Ils ont sous leurs lèvres un venin d’aspic. Pause.
5 Eternel, garantis-moi des mains du méchant ! Préserve-moi des hommes violents, Qui méditent de me faire tomber ! 6 Des orgueilleux me tendent un piège et des filets, Ils placent des rets le long du chemin, Ils me dressent des embûches. Pause.
7 Je dis à l’Eternel : Tu es mon Dieu ! Eternel, prête l’oreille à la voix de mes supplications ! 8 Eternel, Seigneur, force de mon salut ! Tu couvres ma tête au jour du combat. 9 Eternel, n’accomplis pas les désirs du méchant, Ne laisse pas réussir ses projets, de peur qu’il ne s’en glorifie ! Pause.
10 Que sur la tête de ceux qui m’environnent Retombe l’iniquité de leurs lèvres ! 11 Que des charbons ardents soient jetés sur eux! Qu’il les précipite dans le feu, Dans des abîmes, d’où ils ne se relèvent plus! 12 L’homme dont la langue est fausse ne s’affermit pas sur la terre; Et l’homme violent, le malheur l’entraîne à sa perte. 13 Je sais que l’Eternel fait droit au misérable, Justice aux indigents. 14 Oui, les justes célébreront ton nom, Les hommes droits habiteront devant ta face.
« Seigneur, délivre moi…, Garde moi…, Préserve moi… Seigneur prête l’oreille à ma voix suppliante. » psaume 140 v.2,5,7

L’homme qui prie ainsi devait se trouver dans une détresse totale. D’où le secours urgent qu’il réclame à Dieu. Il a raison de compter sur lui plutôt que sur ses propres forces ou sur des « Mercenaires–vengeurs ». Faisons notre la certitude qui conclut sa prière : « Je sais que le Seigneur fera justice…, il fera droit… »

 Assailli mais libéré
David est sensible aux assauts cruels des adversaires. Il connaît leurs pensées mauvaises. Il craint leur piège et surtout leur langue de vipères. À plusieurs reprises, à grands cris, David va demander à l’Eternel sa délivrance et sa protection.

Puis, soudain, le voici qui change d’attitude. Il confesse son Dieu :
-« Je dit à l’Eternel : tu es mon Dieu ».v.7
-« Éternel, Seigneur, force de mon salut ».v.8
N’est-ce pas la meilleure façon de faire ? « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » (Rom 8 v.31). À partir de cette révélation, plus rien à craindre. Les adversaires sont défaits sur toute la ligne. Le droit et la justice triomphent.

Dans les psaumes de complainte de David, Il y a un temps pour les cris de détresse, et un temps pour confesser la Seigneurie de Dieu et la confiance que l’on peut mettre en lui. Prenons position en lui et tout le reste nous sera donné par surcroît.

Prière du soir :

O Dieu, notre Père 
Ce soir, je viens déposer au pied de la croix les fautes de ce jour.
Pardonne-moi de n’avoir pas su rester maître de moi-même et d’avoir ainsi dit et fait des choses que maintenant je regrette. Pardonne-moi toute désobéissance qui m’a conduit à écouter mes propres désirs plutôt que faire ta volonté.
Merci de renouveler en moi la joie du pardon retrouvé.
Ce soir, je viens auprès de la croix pour te remercier pour ta grâce dans ma vie.
Merci pour tout ce qui a été positif dans cette journée. 
Merci pour toute tentation à laquelle tu m’as permis de résister.
Merci pour tout aide que tu m’as permis d’apporter et pour tout service que tu m’as permis de rendre. 
Merci pour toutes bonnes paroles que tu m’as permis de prononcer et toute bonne action que tu m’as permis d’accomplir.
Maintenant, Seigneur, je te remets tout, les ombres comme les lumières et je te prie d’accepter ce qui a été bon et de pardonner ce qui a été péché . 
Par Jésus-Christ notre Seigneur amen

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:

Origène

Né vers 185 dans une famille chrétienne, Origène reçoit une solide formation tant profane que biblique à Alexandrie. Il y exerce bientôt une fonction d'enseignement en langues et littérature puis est chargé de l'Ecole catéchétique à laquelle il donne un éclat exceptionnel. Il se rend en Palestine (Césarée) où il enseigne et, bien que laïc, prêche. L’Évêque d'Alexandrie s'en offusque et s'irrite lorsqu'il devient prêtre (malgré sa castration volontaire). IL est de plus suspecté d'enseigner des doctrines aventurées ( notamment l'apocatastase qui affirme un salut universel). Interdit à Alexandrie, il poursuit son enseignement en Palestine et en Syrie. IL meurt martyr à Tyr vers 254.
« Je sais que l’Eternel fait droit au misérable, Justice aux indigents. Oui, les justes célébreront ton nom, Les hommes droits habiteront devant ta face. » psaume 140 v.13-14

Il peut arriver qu’un homme soit regardé comme juste par les hommes, mais non par Dieu.

Ainsi lorsqu’on ne trouve pas de mal à dire de moi, je suis regardé comme juste par les hommes.

Or le jugement des hommes n’est pas sûr: en effet ils ne peuvent pas savoir s’il ne m’est pas arrivé de pécher dans le secret de mon coeur.

Quand ils me voient faire l’aumône selon mes moyens, les hommes ignorent si j’obéis au commandement de Dieu ou si je cherche l’éloge et l’estime des hommes.

C’est chose difficile que d’être regardé comme juste par Dieu en ne faisant le bien pour aucune autre raison que de vouloir le bien et de n’attendre comme récompense que Dieu.

 

Mardi 15 août : 

Prière du matin : 

O Dieu, Notre-Père,
Toi qui désires que nous nous aimions et nous servions les uns les autres et qui nous a créés pour la communion avec toi et avec nos semblables, accorde-moi tout au long de ce jour les dons et les grâces qui rendront mon contact, avec ceux que tu mettras sur ma route, plus facile.
Accorde-moi de rayonner de ta bonté et de ta bienveillance, afin que je ne manque pas une occasion d’aider, de stimuler, de réconforter et d’encourager mon prochain.

Accorde-moi la générosité de faire passer les sentiments de mon prochain avant les miens.

Accorde-moi de vivre cette journée afin que le monde soit un lieu plus heureux parce que je l’aurai traversé .

Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen

Psaume 141

1 Psaume de David. Eternel, je t’invoque : viens en hâte auprès de moi! Prête l’oreille à ma voix, quand je t’invoque !
2 Que ma prière soit devant ta face comme l’encens, Et l’élévation de mes mains comme l’offrande du soir !
3 Eternel, mets une garde à ma bouche, Veille sur la porte de mes lèvres ! 4 N’entraîne pas mon coeur à des choses mauvaises, A des actions coupables avec les hommes qui font le mal, Et que je ne prenne aucune part à leurs festins ! 5 Que le juste me frappe, c’est une faveur; Qu’il me châtie, c’est de l’huile sur ma tête : Ma tête ne se détournera pas; Mais de nouveau ma prière s’élèvera contre leur méchanceté.
6 Que leurs juges soient précipités le long des rochers, Et l’on écoutera mes paroles, car elles sont agréables. 7 Comme quand on laboure et qu’on fend la terre, Ainsi nos os sont dispersés à l’entrée du séjour des morts.
8 C’est vers toi, Eternel, Seigneur ! que se tournent mes yeux, C’est auprès de toi que je cherche un refuge : N’abandonne pas mon âme ! 9 Garantis-moi du piège qu’ils me tendent, Et des embûches de ceux qui font le mal ! 10 Que les méchants tombent dans leurs filets, Et que j’échappe en même temps !

« Seigneur, surveille la porte de mes lèvres. Empêche moi de me laisser aller à dire une parole mauvaise ou à faire un geste méchant… » psaume 141 v.3-4
Le psal­miste éprouve avant tout le be­soin d’être gardé dans ses sen­ti­ments, comme dans ses pa­roles, en face de tout ce qui, dans sa po­si­tion, est de na­ture à le pous­ser à quelques pro­pos cou­pables. David nous apprend à recevoir avec plaisir et avec reconnaissance les avertissements et les corrections des gens de bien ; c’est le sentiment qu’ont toutes les personnes qui veulent suivre la volonté de Dieu, et ce que David exprime (v.(5) lorsqu’il dit: « Que le juste me frappe, ce me sera une grâce ; qu’il me reprenne, ce me sera un baume excellent».

Cette prière, o Dieu, je la fais mienne ce matin, pour cette journée qui s’ouvre au devant de moi. Qu’elle monte tout droit vers toi !

Prière d’un persécuté

Ce psaume abonde en contrastes im­pré­vus, que seule la connais­sance exacte des cir­cons­tances dans les­quelles il a été com­posé, pour­rait ex­pli­quer. Le mo­ment de la vie de Da­vid avec le­quel il nous semble le mieux ca­drer est le temps des per­sé­cu­tions de Saül. Après une pre­mière in­vo­ca­tion (ver­sets 1 et 2), le psal­miste de­mande d’être gardé du mal (ver­sets 3 et 4). Déjà en de­man­dant cela, il a en vue ces ouvriers d’iniquité contre les­quels éclate son in­di­gna­tion en une pa­role vio­lente et ter­rible comme un coup de foudre (ver­sets 5 et 6). Le psaume se ter­mine par une tou­chante re­quête (ver­sets 7 et 8) et une pa­role d’es­poir (ver­sets 9 et 10). On voit, enfin, dans ce psaume, que bien que la condition des justes soit quelquefois misérable, Dieu les garde toujours, et qu’il ne les abandonne pas à ceux qui cherchent leur ruine.

Dans la mort nous re­gar­dons à toi !

Nos os sont dispersés… (v.7) L’i­mage que le psal­miste a de­vant les yeux semble être celle d’os­se­ments que l’on dis­perse, en la­bou­rant un champ où ont été, long­temps au­pa­ra­vant, dé­po­sés des ca­davres. L’i­mage du la­bour, em­ployée ici, a amené plu­sieurs in­ter­prètes à voir dans ce ver­set, au lieu d’une triste com­plainte, une pa­role d’es­poir : On a beau je­ter nos os en proie au sé­pulcre, ceux qui le font agissent (sans le sa­voir) comme des la­bou­reurs qui jettent en terre une se­mence d’où sor­tira une glo­rieuse mois­son. Il y au­rait là une al­lu­sion à la ré­sur­rec­tion, su­prême conso­la­tion des mar­tyrs. Dans ce sens, ce ver­set pré­pare très bien la pa­role de confiance du ver­set 8 : C’est une se­mence d’où tu fe­ras sor­tir la vie, car c’est vers toi, Éter­nel, que se portent mes yeux.

Prière du soir :

O Dieu, notre Père 
Je te remercie pour tout ce qui m’est arrivé aujourd’hui car je sais que tu m’as aimé à chaque instant d’un amour éternel.
Je te dis merci pour les joies et les peines, pour les rires et les larmes, pour le silence et les chants.
Je te dis merci pour tout succès qui rehausse ma vie, pour tout échec qui m’appelle à l’humilité et m’aide à me souvenir que j’ai besoin de toi.
Je te dis merci pour les joies qui resteront à jamais gravées dans ma mémoire également pour les peines qui m’ont poussé à me tourner vers toi parce que je n’avais personne d’autre vers qui aller.
Accorde-moi en tout temps et quelles que soient les circonstances, la certitude que tu es présent à mes cotés. Et qu’ainsi tu me donnes cette nuit la paix qui vient de toi.
Par Jésus-Christ notre Seigneur amen

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:

Récit d’un pèlerin Russe

Récits d'un pèlerin russe est le titre en français d'un ouvrage russe de la fin du 19e siècle, écrit par un auteur anonyme, considéré comme l'un des chefs-d’œuvre spirituels de l'orthodoxie russe. Cet ouvrage publié plusieurs fois à partir de 1880, dans des versions légèrement différentes, a été largement diffusé en Europe et traduit dans de multiples langues. Il est régulièrement réédité jusqu'à nos jours. Cet ouvrage de spiritualité, considéré comme un « fleurons de la littérature russe orthodoxe populaire », a diffusé la spiritualité orthodoxe russe, et plus particulièrement la prière du cœur.

« Eternel, je t’invoque : viens en hâte auprès de moi! Prête l’oreille à ma voix, quand je t’invoque ! « Psaume 141 v1

L’Apôtre place la prière au-dessus de tout :
« Je vous conjure avant tout de prier » (1 Timothée 2, 1).
Beaucoup de bonnes oeuvres sont demandées au chrétien, mais
l’oeuvre de prière est au-dessous de toutes les autres, car, sans elle,
rien de bien ne peut s’accomplir. Sans la prière fréquente, on ne peut trouver la voie qui conduit au Seigneur, connaître la Vérité, crucifier la chair avec ses passions et ses désirs, être illuminé dans le cœur par la lumière du Christ et s’unir à Lui dans le salut.
Je dis fréquente, car la perfection et la correction de notre prière ne
dépendent pas de nous comme le dit encore l’apôtre Paul : « Nous ne
savons pas ce qu’il faut demander. » (St. Paul aux Romains 6, 26).

« Acquiers la mère et tu auras la descendance » dit Saint Isaac le
Syrien, enseignant qu’il faut acquérir d’abord la prière pour pouvoir
mettre en pratique toutes les vertus…

Tu auras beau t’épuiser, t’imposer les épreuves et les exploits
physiques les plus durs ; si tu n’as pas toujours Dieu dans l’esprit
et la « prière de Jésus » dans le coeur, tu ne seras jamais à
l’abri des pensées mauvaises ; tu seras toujours disposé à pécher
à la moindre occasion.

Les idées impies disparaîtront, la foi et l’amour pour Jésus-
Christ se révéleront à toi. Dans ton coeur il y aura tant de légèreté et de joie que tu en seras étonné. 
« Seigneur, Jésus, Fils du Dieu vivant, prends pitié de moi, pécheur. »

Mercredi 16 août : 

Prière du matin :  

O Dieu, notre Père,
Accorde moi tout Au long de ce jour la patience avec les choses et la patience avec les gens.
Aide moi à ne jamais perdre mon calme avec ceux et celles que je rencontrerai, même s’ils sont injustes, irritants ou pas aimables.
Aide-moi à prendre le temps d’écouter quiconque veut m’entretenir de soucis, d’un problème ou d’une détresse.
Aide-moi à être patient avec ceux qui sont lents à apprendre et lents à comprendre.
Aide moi à travailler et à aimer comme Jésus le faisait.
Je te le demande au nom de ton amour infini.   Amen

Psaume 142

1 Cantique de David. Lorsqu’il était dans la caverne. Prière.
2 De ma voix je crie à l’Eternel, De ma voix j’implore l’Eternel. 3 Je répands ma plainte devant lui, Je lui raconte ma détresse.
4 Quand mon esprit est abattu au dedans de moi, Toi, tu connais mon sentier. Sur la route où je marche Ils m’ont tendu un piège. Jette les yeux à droite, et regarde ! Personne ne me reconnaît, Tout refuge est perdu Pour moi, Nul ne prend souci de mon âme.
6 Eternel ! c’est à toi que je crie. Je dis : Tu es mon refuge, Mon partage sur la terre des vivants. 7 Sois attentif à mes cris ! Car je suis bien malheureux. Délivre-moi de ceux qui me poursuivent ! Car ils sont plus forts que moi. 8 Tire mon âme de sa prison, Afin que je célèbre ton nom ! Les justes viendront m’entourer, Quand tu m’auras fait du bien.

« Personne ne prend garde à moi ; personne ne se soucie de moi » psaume 142 v.7

« Personne »: Le psalmiste  parle à Dieu de sa solitude.  Comme pour lui, elle est un drame pour beaucoup. Certains sont victimes de la solitude, liée à des circonstances diverses ( rejet, vieillesse, deuil…), quelques autres sont, hélas, les artisans de leur propre solitude. Mais quelque soit la cause de la solitude de chacun, il est possible de faire comme le psalmiste : » je fais cet appel à toi, Seigneur, c’est toi qui est mon abri ».

Situation sans issue

L’au­teur de ce psaume se trouve sans pro­tec­tion, dans une si­tua­tion à vues hu­maines déses­pé­rée, telle que fut celle de Da­vid, lors­qu’il fut ré­duit à se ré­fu­gier dans les ca­vernes de Juda. Les pen­sées, les re­quêtes sont bien aussi celles qu’ex­pri­mait Da­vid dans ses grandes dé­tresses. C’est ici le der­nier des can­tiques por­tant le titre de Mas­kil* (en­sei­gne­ment, mé­di­ta­tion). Le psaume lui-même est une sup­pli­ca­tion, bien plus qu’un en­sei­gne­ment. Ce titre peut néan­moins lui avoir été ap­pli­qué parce que l’on a vu dans cette re­quête un exemple utile pour tous les af­fli­gés.

*le psaume 32 est le pre­mier des treize psaumes qui portent le nom de Mas­kil. Ce terme est un ad­jec­tif si­gni­fiant : in­tel­li­gent. On a pensé qu’il était ap­pli­qué aux psaumes spé­cia­le­ment des­ti­nés à rendre le lec­teur in­tel­li­gent, à l’ins­truire sur quelque point im­por­tant, et qu’il pour­rait être rendu par le mot : ins­truc­tion. Mais tous ces psaumes n’ont pas ce ca­rac­tère. Peut-être le moit Mas­kil dé­signe-t-il un tra­vail de ré­flexion, plu­tôt que d’ins­truc­tion, et pour­rait-il se rendre par : mé­di­ta­tion.

Après s’être ex­horté lui-même à prier (ver­sets 2 et 3), le psal­miste ex­pose à l’Éter­nel sa dé­tresse (ver­sets 4 et 5). La der­nière strophe contient la sup­pli­ca­tion pro­pre­ment dite (ver­sets 6 à 8).

Le dernier recours
Quand tout est perdu, quand David, en fuite, va être encerclé par les soldats du roi Saul qui sont plus forts que lui (v.1 et 7), quand je suis en présence de ma mort inévitable et qu’il me faut être absolument seul (5), dans l’échec total, quand Jésus à Gethsémané est cerné par sa propre mort, oui…
Quand l’homme est perdu, il crie à Dieu ! Certes, qu’il crie! Qu’il crie, qu’il se plaigne à grands cris, qu’il lance ses terribles « pourquoi? », comme Job, comme Jésus…
Mais qu’il crie à Dieu, qu’il s’adresse à son Dieu. Celui qui est son Père et son Sauveur, sera son dernier recours, son ultime secours (v.2-8): « Mon Dieu, pourquoi ?… ».
Alors ce sont tous les sauvés qui « feront cercle » (v.8 TOB).  Autour de moi, pour la louange unanime du « sauveteur » admirable qui sait sauver les siens de la mort, même à travers la mort, même au-delà de la mort (Heb 5 v.7).

Prière du soir :

O Dieu notre Père, source de tout don parfait,
Rempli mon cœur de gratitude pour tout ce que tu as accompli pour moi en ce jour.
Aide moi à ne pas oublier qu’aujourd’hui, tu m’as gardé et conduit jusqu’à cette soirée.
Aide moi à ne pas oublier qu’aujourd’hui, tu m’as nourri, vêtu et gardé en vie, et que tu m’as protégé dans mon corps, dans mon âme et mon esprit, et que tu m’as entouré d’un amour à la fois divin et humain.
Donne-moi à présent le repos dont j’ai besoin. Donne-moi la paix que je recherche.
Seigneur Dieu, je m’endors, mais toi tu veilles. Oui, veille sur ce monde, veille sur tout ceux qui sont en danger. Veille sur ceux qui nous protègent.
Je m’endors, mais toi tu veilles. Veille sur moi.
Par Jésus Christ notre  Seigneur. Amen.

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:

Saint Ambroise de Milan (340-397)

Cet avocat célèbre avait une si grande personnalité qu'il devint gouverneur de la province de Milan. Il découvre alors Jésus-Christ. Il n'est encore que catéchumène lorsque, de passage dans sa ville, il est élu évêque par acclamation du peuple. Il est alors immédiatement baptisé, ordonné prêtre, consacré évêque en peu de temps. Saint Ambroise est un véritable évêque, soucieux de la rectitude de la foi et de la paix sociale. Ses relations avec les empereurs successifs (qui favorisent tantôt les catholiques, tantôt les hérétiques ariens) sont mouvementées. En 390, l'empereur Théodose fait massacrer toute une partie de la population de Thessalonique pour arrêter des émeutes. Pour cette raison,  Ambroise lui refusera l'accès de son église à Milan, exigeant qu'il se soumette d'abord à la pénitence publique de l'Église. L'empereur, subjugué, obéit et, après des mois de pénitence, Théodose ne communie plus dans le sanctuaire avec les prêtres (selon le privilège impérial), mais au milieu des laïcs.
Saint Ambroise de Milan, mosaïqueSaint Augustin doit, en partie à saint Ambroise, sa conversion, car il épiait ses sermons en cachette, écoutait sa pensée, admirait la parole de ce grand orateur. Ambroise avait un grand souci de belles liturgies. Il introduisit dans l'Église latine l'usage grec de chanter des hymnes qui étaient à la fois des prières, des actions de grâce et des résumés du dogme. Il en composa plusieurs chantés encore aujourd'hui "Aeterne rerum Conditor" - "Dieu créateur de toutes choses".  

Nous avons tout dans le Christ…
Si tu brûles de fièvre,
il est la Source qui rafraîchit ;
si tu es oppressé par tes fautes,
il est la Délivrance ;
si tu as besoin d’aide,
il est la Force ;
si tu as peur de la mort,
il est la Vie ;
si tu désires le ciel,
il est la Voie ;
si tu fuis les ténèbres,
il est la Lumière ;
si tu as besoin de nourriture,
il est l’Aliment.

Jeudi 17 août : 

Prière du matin :  

O Dieu, notre Père,
Je te remercie pour cette journée qui commence avec toi.
Pour ce jour, écarte de moi ces pensées et ces sentiments qui ne servent qu’à rendre la vie plus difficile pour moi et pour ceux qui m’entourent.
Préserve-moi du mécontentement insensé et aide moi à chaque instant à tirer le meilleur parti des bienfaits et des dons que tu m’accordes.
Préserve-moi de la convoitise qui m’amène à oublier les bienfaits dont tu me combles, parce que je pense trop à ceux des autres.
Préserve-moi des vains regrets au sujet de choses que je ne peux changer ; accorde-moi la grâce d’accepter la situation où je suis et là, de te servir de tout mon cœur.
Préserve-moi de l’amertume qui empoisonne parfois ma vie et celle d’autrui.
Que dans ta grâce, je puisse procurer de la joie autour de moi. Que mon cœur demeure dans la reconnaissance envers toi tout au long de ce jour.
Par Jésus-Christ , notre Seigneur. Amen

Psaume 143

1 Psaume de David. Eternel, écoute ma prière, prête l’oreille à mes supplications ! Exauce-moi dans ta fidélité, dans ta justice !
2 N’entre pas en jugement avec ton serviteur ! Car aucun vivant n’est juste devant toi. 3 L’ennemi poursuit mon âme, Il foule à terre ma vie; Il me fait habiter dans les ténèbres, Comme ceux qui sont morts depuis longtemps. 4 Mon esprit est abattu au dedans de moi, Mon coeur est troublé dans mon sein. 5 Je me souviens des jours d’autrefois, Je médite sur toutes tes oeuvres, Je réfléchis sur l’ouvrage de tes mains. 6 J’étends mes mains vers toi; Mon âme soupire après toi, comme une terre desséchée. Pause.
7 Hâte-toi de m’exaucer, ô Eternel ! Mon esprit se consume. Ne me cache pas ta face ! Je serais semblable à ceux qui descendent dans la fosse. 8 Fais-moi dès le matin entendre ta bonté ! Car je me confie en toi. Fais-moi connaître le chemin où je dois marcher ! Car j’élève à toi mon âme. 9 Délivre-moi de mes ennemis, ô Eternel ! Auprès de toi je cherche un refuge. 10 Enseigne-moi à faire ta volonté ! Car tu es mon Dieu. Que ton bon esprit me conduise sur la voie droite ! 11 A cause de ton nom, Eternel, rends-moi la vie ! Dans ta justice, retire mon âme de la détresse ! 12 Dans ta bonté, anéantis mes ennemis, Et fais périr tous les oppresseurs de mon âme ! Car je suis ton serviteur.

Humble requête d’un affligé

Le sentiment qui domine dans ce psaume est moins l’indignation de l’innocent persécuté que la tristesse de l’homme qui souffre de ses péchés.  Après une humble invocation, le psalmiste expose à Dieu sa situation (versets 1 à 6). Cette première partie du psaume se termine par un jeu d’instruments. La seconde partie contient la prière proprement dite, par laquelle le fidèle demande à l’Éternel, en même temps que la délivrance, sa direction pour être conduit dans le bon chemin (versets 7 à 12).

Ta fidélité, à tes promesses, et ta justice »

Cette prière commence dans l’humilité, l’humiliation vraie (v.2). Elle fait appel à Dieu dans «sa fidélité et sa justice. ». Ce sont là les seuls motifs que fait valoir le psalmiste, à l’appui de sa requête. La justice en vertu de laquelle Dieu se conforme à la loi miséricordieuse, établie par lui-même, qui assure le pardon au pécheur repentant et fait prévaloir la grâce sur le droit.

Situation de détresse 

David est conscient de sa situation de pécheur, mais sa détresse le fait glisser dans un labyrinthe d’impressions douloureuses, au-delà d’un sentiment de culpabilité justifié. : Il se sent écrasé, abattu, il est  nostalgique, il a aussi des pensées de mort. Toutefois, il garde toujours le désir d’être visité par Dieu et il est dans une attente réelle d’une intervention de sa part.. Il dira à Dieu : « Ne me cache pas ta face ». Qui ne connait pas ou n’a pas connu cette lutte inégale et mystérieuse contre la dépression ? Elle tue la volonté, la vie même pour nous enfermer dans une prison où tout est perdu, néant, sans aucun intérêt, ni sens : « morts pour toujours », c’est fini (v.3) Le Destructeur veut nous aspirer dans l’abîme du désespoir absolu, la fosse. David connait l épreuve suprême de cette absence de Dieu, où l’esprit, le cœur, l’âme, tout l’être sont épuisés, à bout ( v.4,6,7).

« Fais moi entendre ton chérissement » (v.8) Cette traduction d’A. Chouraqui met en lumière toute la tendresse qu’il y a dans la fidèle présence du Seigneur. Puis viendra l’engagement de celui qui prie, dans un chemin, le chemin de la volonté de Dieu pour son serviteur : « Je me confie en toi…car je suis ton serviteur ».

«  Fais moi entendre dès le matin ta bienveillance ! Car je me confie en toi » v.8

Nous pouvons avoir confiance dans la présence du Seigneur en cette journée. Loin de l’angoisse ou de l’avidité à connaitre l’avenir, Je peux m’appuyer sur Dieu pour marcher pas à pas dans l’obéissance à ses directives et dans la confiance en sa présence. Prier, dès le matin, pour l’entendre, c’est voir toute sa journée placée sous la grâce de Dieu, à qui seul s’accroche ma foi. C’est aussi lui demander la route à suivre, « car je porte mon être vers toi » ( traduction A. Chouraqui)

Prière du soir :

 O Dieu notre Père,
Ôte de mon esprit, cette nuit, les soucis et les angoisses qui pourraient m’empêcher de dormir.
Aide-moi à trouver le courage de régler les problèmes qui sont à ma portée et à ne pas m’inquiéter des choses auxquelles je ne peux rien.
Ôte de mon cœur les sentiments qui, cette nuit, s’opposent à mon repos, tout mécontentement, toute envie, toute jalousie et toute convoitise inutile pour des choses qui ne sont pas pour moi.
Ôte de mon corps les tensions qui pourraient m’empêcher de me détendre et aide-moi à m’abandonner entre tes bras éternels.
Je remets entre tes mains ceux que j’aime, dans la certitude que même s’ils ne sont pas auprès de moi, ils sont toujours présents devant toi.
Enfin, je me remets entre tes mains afin que, dans la lumière et les ténèbres, dans la vie et dans la mort, je sois en sécurité sous ta protection.
Exauce ma prière par Jésus, le Christ, notre seigneur. Amen

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:

St Bernard (1090 + 1153)

A quoi pouvait rêver dans l'éclat de sa jeunesse le fils de Tescelin, chevalier du duc de Bourgogne, et de dame Aleth de Montbard? De chasses ou de tournois? De chants de guerre ou de galantes conquêtes? En tous cas, certainement pas de vie Monastique comme il en fera le choix à l'âge de vingt-trois ans. D'autant qu'il entraînait avec lui une trentaine de jeunes en quête d'absolu... Dès 1115, après trois années de vie Monastique à Cîteaux, Bernard est envoyé à Clairvaux pour y fonder l'Abbaye dont il restera Père-Abbé jusqu'à sa mort.
Mais loin de rester cloîtré il parcourt les routes d'Europe devenant, comme on a pu l'écrire, «la conscience de l'Église de son temps». Sa correspondance abondante avec des princes, des Frères Moines ou des jeunes gens qui requièrent son conseil ne l'empêche pas de se consacrer à la Contemplation tout autant qu'à l'action directe dans la société de son temps. Infatigable Fondateur, on le voit sur sa mule, traînant sur les routes d'Europe sa santé délabrée et son enthousiasme spirituel.
Sa réforme Monastique l'oppose à l'Ordre de Cluny dont il jugeait l'interprétation de la règle de saint Benoît trop accommodante.
A sa mort, en 1153, ce sont trois cent quarante-trois Abbayes Cisterciennes qui auront surgi du sol européen.
« L’ennemi poursuit mon âme, Il foule à terre ma vie; Il me fait habiter dans les ténèbres, Comme ceux qui sont morts depuis longtemps. 4 Mon esprit est abattu au dedans de moi, Mon coeur est troublé dans mon sein. 5 Je me souviens des jours d’autrefois, Je médite sur toutes tes oeuvres, Je réfléchis sur l’ouvrage de tes mains. » psaume 143 v.3-5

Seigneur, qu’est-ce que l’homme,
pour que tu fasses si grand cas ?
Qu’est-il pour que ton coeur lui soit ouvert ?
Voici où l’homme doit porter
sont attention pour découvrir
quel souci Dieu prend de lui…
N’interroge pas ce que tu souffres, toi,
mais ce qu’Il a souffert, Lui.
A ce qu’Il est devenu pour toi,
reconnais ta valeur à ses yeux,
afin que sa bonté t’apparaisse
à partir de son humanité…
L’abaissement qu’il accomplit dans son humanité,
a révélé la grandeur même de sa bonté,
et plus Il s’est rendu méprisable en ma faveur,
plus Il me devient cher.

Vendredi 18 août : 

Prière du matin :  

O Seigneur, notre Dieu, en qui nous avons la vie, le mouvement et l’être,
Aide moi à ne jamais oublier que tu es avec moi tout au long de cette journée.
O Seigneur Jésus, toi qui a promis d’être avec nous à chaque instant qui passe,
Aide moi, durant ce jour, à ne jamais oublier ta présence.
Permets que chaque mot que je prononcerai, en ce jour, soit conforme à ce que tu veux entendre.
Permets que chacune de mes actions soient conformes à ce que tu veux voir.
Permets que même toutes les pensées de mon esprit et toutes les émotions de mon cœur soient remplies de ta grâce.
Permets que toute tâche que j’accomplirai puisse être une occasion de te rendre gloire. Je veux t’offrir également le fruit de mon travail.
Tout au long de ce jour, mon désir est de t’aimer de tout mon cœur de toute mon âme, de toute ma force, de toute ma pensée.
Ainsi , Je désire être conduit jusqu’au soir dans ta main.
Par Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen.

Psaume 144

1 De David. Béni soit l’Eternel, mon rocher, Qui exerce mes mains au combat, Mes doigts à la bataille, 2 Mon bienfaiteur et ma forteresse, Ma haute retraite et mon libérateur, Mon bouclier, celui qui est mon refuge, Qui m’assujettit mon peuple !
3 Eternel, qu’est-ce que l’homme, pour que tu le connaisses ? Le fils de l’homme, pour que tu prennes garde à lui? 4 L’homme est semblable à un souffle, Ses jours sont comme l’ombre qui passe. 5 Éternel, abaisse tes cieux, et descends ! Touche les montagnes, et qu’elles soient fumantes ! 6 Fais briller les éclairs, et disperse mes ennemis! Lance tes flèches, et mets-les en déroute ! 7 Étends tes mains d’en haut; Délivre-moi et sauve-moi des grandes eaux, De la main des fils de l’étranger, 8 Dont la bouche profère la fausseté, Et dont la droite est une droite mensongère. 9 O Dieu ! je te chanterai un cantique nouveau, Je te célébrerai sur le luth à dix cordes.
10 Toi, qui donnes le salut aux rois, Qui sauvas du glaive meurtrier David, ton serviteur, 11 Délivre-moi et sauve-moi de la main des fils de l’étranger, Dont la bouche profère la fausseté, Et dont la droite est une droite mensongère !… 12 Nos fils sont comme des plantes Qui croissent dans leur jeunesse; Nos filles comme les colonnes sculptées Qui font l’ornement des palais. 13 Nos greniers sont pleins, Regorgeant de toute espèce de provisions; Nos troupeaux se multiplient par milliers, par dix milliers, Dans nos campagnes; 14 Nos génisses sont fécondes; Point de désastre, point de captivité, Point de cris dans nos rues !
15 Heureux le peuple pour qui il en est ainsi ! Heureux le peuple dont l’Éternel est le Dieu !

« Délivre-moi!  » v. 7 et v.11

Si j’ai l’impression de perdre pied et d’être submergé, il me reste encore la possibilité de crier au secours et d’en appeler à Dieu pour qu’il vienne me saisir la main et m’éviter la noyade. Jésus lui-même  nous a appris à prier: « Délivre-nous du mal ». Notre Seigneur est un Père qui entend la prière de ses enfants.

Un Dieu qui délivre

L’auteur du psaume emploie différents termes pour parler de Dieu  ( bouclier, libérateur…). Il utilise le possessif  » mon » , en effet, la foi étant une relation intime avec Dieu, elle ne s’exprime pas seulement dans des généralités collectives, mais aussi au travers d’affirmations personnelles.

Délivre-moi (v.3-11)

David est à la fois homme de guerre et homme de foi; son génie militaire passe par Dieu: il compte sur l’intervention du Seigneur et sur la sagesse d’En-Haut pour gagner les batailles. Dans nos vies, nous avons nous aussi des combats à mener: contre nous-même, et contre l’Adversaire, le Tentateur. Ne nous engageons pas dans ces combats sans avoir les bonnes armes, celles qu’avait David et que le Seigneur nous promet (Ephésiens 6 v.10-17)

Bénédictions (v.12-15)

Les bénédictions matérielles ne sont pas toujours lié à la fidélité du croyant. Le livre de Job nous le rappelle, la logique de la rétribution est loin d’être automatique ici-bas! Dieu ne nous a pas promis un chemin facile, « le ciel sur la terre », mais il a promis de nous accompagner sur notre chemin terrestre avec Lui.

Prière du soir :

Alors que ce jour s’enfuit et que la nuit s’approche,
Approche-toi de moi Seigneur et ne me laisse pas m’enfuir loin de toi.
La journée s’achève, mes yeux se ferment,
Veille sur moi. Je me repose en toi, renouvelle mes forces.
Je me repose en toi, et je trouve la paix que personne d’autre ne peut procurer.
Pour d’autres, ailleurs en ce monde, ou près de moi, la journée commence,
Il fait grand jour et le travail les attend. Garde-les de tomber.
Au monde entier qui t’appartient, donne cette même paix.
Et protège-nous contre  tout danger.
À tous ceux qui ont peur, donne le courage.
À tous ceux qui défaillent, accorde le repos.
Ce soir je m’approche de toi, Dieu de mes luttes, pour être béni.
Bénis moi, et fais de moi une bénédiction,
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:

Soeur Myriam

Soeur Myriam est décédée le 30 octobre 2010, à l'âge de 85 ans. Consacrée par la communauté des diaconesse de Reuilly le 6 novembre 1949, cette diaconesse d'origine salutiste fut la septième prieure de la communauté, de 1974 à 1995. Membre du Conseil de la Fédération protestante de France de 1975 à 1995, on lui doit notamment la «règle de vie de la communauté des diaconesses de Reuilly», un texte traduit en plusieurs langues et qui inspire, comme ses autres écrits, de nombreux croyants.
« Eternel, qu’est-ce que l’homme, pour que tu le connaisses ? Le fils de l’homme, pour que tu prennes garde à lui? » Psaume 144 v.3
« Jésus dit à la femme de Samarie: donne-moi à boire. » Jean 4 v.7
 Peux-tu puisses, Seigneur, Dieu de l’univers,
Demander quelque chose à l’être humain que je suis,
Demeure pour moi le plus grand des mystères.
Mystère plus grand que celui de la Voie lactée,
De la germination des plantes et des marées d’équinoxe.
Je ne saurai jamais, tant que durera le monde,
Pourquoi ton règne de lumière fut ainsi confié à nos insuffisances.
Mais tout émerveillée, je m’écris :
« Qu’est-ce que l’homme que tu penses à lui ? »
Que tu puisses, Seigneur, Dieu de l’univers,
Donner de toi-même à celle que je suis,
Et supporter tout ce qui me fait différente de toi,
Que tu puisses accepter, pour ton règne de lumière, pareille dissemblance,
Et me laisser à ma place afin que je t’y célèbre,
demeurera toujours pour moi le plus grand des mystères.
Et tout émerveillée, je m’écris :
« Qu’est-ce que l’homme que tu prennes garde à lui ? »

 

Que tu puisses, Seigneur, Dieu de l’univers,
Ne point trouver de repos que tu ne m’aies gagnée toute entière,
Que je sois destinée à vivre plus longtemps
Que les astres dans l’au-delà des nuits,
Que je sois destinée à n’être pas demain ce qu’aujourd’hui je suis,
Demeurera toujours pour moi le plus grand des mystères.
C’est pourquoi, je m’écris :
« Qu’est-ce que l’homme,  pour que tu te souviennes de lui ? »

Samedi 19 août : 

Prière du matin :  

O Dieu, notre Père,
Aide-moi à me conduire avec sagesse tout au long de cette journée.
Aide moi à ne jamais me mettre dans une situation où la tentation peut exercer sa puissance sur moi.
Aide-moi à avancer dans cette journée, le regard toujours fixé sur Jésus afin que sa lumière soit constamment mon guide, sa présence mon rempart et son amour ma force et mon inspiration.
Je te le demande au nom de ton amour infini. Amen

Psaume 146

1 Louez l’Eternel ! Mon âme, loue l’Eternel ! 2 Je louerai l’Eternel tant que je vivrai, Je célébrerai mon Dieu tant que j’existerai.
3 Ne vous confiez pas aux grands, Aux fils de l’homme, qui ne peuvent sauver. 4 Leur souffle s’en va, ils rentrent dans la terre, Et ce même jour leurs desseins Périssent.
5 Heureux celui qui a pour secours le Dieu de Jacob, Qui met son espoir en l’Eternel, son Dieu ! 6 Il a fait les cieux et la terre, La mer et tout ce qui s’y trouve. Il garde la fidélité à toujours. 7 Il fait droit aux opprimés; Il donne du pain aux affamés; L’Eternel délivre les captifs; 8 L’Eternel ouvre les yeux des aveugles; L’Eternel redresse ceux qui sont courbés; L’Eternel aime les justes. 9 L’Eternel protège les étrangers, Il soutient l’orphelin et la veuve, Mais il renverse la voie des méchants.
10 L’Eternel règne éternellement; Ton Dieu, ô Sion ! subsiste d’âge en âge ! Louez l’Eternel !
Seul, l’Éternel sauve

Les cinq der­niers psaumes ont tous pour pre­mier et pour der­nier mot l’ex­cla­ma­tion Hal­le­lou-Jah (Louez l’Éter­nel). Pour les dis­tin­guer du re­cueil ap­pelé le Hal­lel (Psaumes 113 à 118), qui conte­nait les can­tiques de la Pâque, on a ap­pelé ce groupe fi­nal le pe­tit Hal­lel. Dans les der­niers temps de l’exis­tence na­tio­nale du peuple juif, ces can­tiques fai­saient par­tie de la prière du ma­tin, dans le culte du temple. Les Psaumes 146, 147 et 148 sont at­tri­bués par les Sep­tante ( AT en grec) à Ag­gée et Za­cha­rie. Le Psaume 146 cé­lèbre l’Éter­nel comme ce­lui de qui seul pro­cède la dé­li­vrance (ver­sets 1 à 5), toute dé­li­vrance (ver­sets 6 à 10).

L’Eternel règnera éternellement (v.10) : C’est une perspective qui réjouit le peuple de Dieu. Un jour, cessera le règne de Satan. La Bible parle beaucoup de cet événement à venir, nous le croyons, qui ne concerne pas que les croyants.

Entrons dans la louange:  « Louez l’Eternel ! »( v.1 et 2), La louange ne naît pas toujours de façon spontanée. Le psalmiste en fait un objet d’exhortation, de commandement qui vaut pour toute la longueur de l’existence du croyant. Pourquoi? La réponse se trouve au versets 3 et 4, parce que la louange est indissociable de la foi, c’est à dire de l’exercice concert de la confiance quotidienne que le croyant place en son Dieu et en personne d’autre. Dieu, en effet, marque sa fidélité dans l’histoire et dans le temps des hommes: il est « le Dieu de Jacob » (v.5). Le croyant peut appuyer non seulement sa confiance mais aussi son espérance sur la sûreté de son Dieu.

« Il a fait les cieux et la terre, La mer et tout ce qui s’y trouve. Il garde la fidélité à toujours. » (v.6). La sûreté de Dieu vient d’abord de son autorité: il est « l’auteur » (même racine) du monde et en détient la vérité. L’autorité de Dieu s’exerce inlassablement dans la justice, le secours et la miséricorde; il garde, fait droit, soutient, aime, redresse, donne… (v.7-9).

La confiance au Seigneur ne peut s’exercer qu’en entrant dans sa manière d’être, à l’exemple du maître ( Matt 25.34-36). Hors d’un véritable engagement dans la confiance, la louange se condamne à être louable peut-être, mais bientôt répétitive et usée.

Prière du soir :

 Aujourd’hui a apporté à la fois du bon et du mauvais ;
Et toi, o Dieu, tu sais tout cela.
Pardonne ce qui est allé de travers et bénis ce qui en valait la peine.
Purifie mon regard et
aplanis ma route.
Accorde-moi la grâce d’une vraie repentance et la joie de ton pardon.
Beaucoup m’ont aidé aujourd’hui, donne leur ta bénédiction.
Beaucoup m’ont conduit à cette heure en sûreté ; accorde leur ta paix.
Sur ceux qui ont reçu beaucoup moins que moi, envoie ton salut.
L’obscurité vient, la fatigue vient, le repos vient
Alors que l’obscurité tombe, Seigneur, brille comme les étoiles dans la nuit.
 Éloigne de nos maisons les peurs qui viennent nous hanter.
À tous ceux qui sont au repos donne de la tranquillité d’esprit.
L’obscurité vient, la fatigue vient, le repos vient.
Mais pour d’autres l’obscurité n’apporte ni repos, ni répit.
À tous ceux qui sont au travail donne force et soutien dans leur projet.
Pour ceux qui travaillent cette nuit, je te dis ma gratitude.
Ils apportent pour moi de la nourriture dans les magasins,
il nettoie les rues où je marche, ils apportent les nouvelles que je lis ou que je regarde,
ils sont assis au chevet des malades et des mourants,
ils débattent jusqu’au petit matin les détails de la paix,
Ils nous défendent contre les agressions des violents.
Garde-les en sûreté dans cette paix qui est au delà de nos capacités,
au-delà de ce que nous pouvons imaginer.
L’obscurité vient, la fatigue vient, le repos vient
Je m’endors avec Toi, dans ta présence, dans ta paix

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise: Saint François d’Assise

Né à Assise au foyer de Pierre Bernardone et de Dame Pica, François vit d'abord une jeunesse folle. Participant à la guerre entre Assise et Pérouse, il est fait prisonnier. Plus tard, parti pour une autre guerre, il entend une voix lui dire: "Pourquoi sers-tu le serviteur et non le maître?" C'est pour lui le début d'une nouvelle existence. Rentré à Assise, "le roi de la jeunesse" se tourne vers les pauvres et les lépreux. Il a 24 ans. Dans la chapelle de Saint Damien, il entend le grand crucifix lui dire: "Répare ma maison qui, tu le vois, tombe en ruines." Le voilà transformé en maçon. Pour réparer la chapelle, il dépense l'argent de son père qui l'assigne devant l'évêque. Il se dépouille alors de tous ses vêtements en déclarant qu'il n'a d'autre père que celui qui est aux cieux. 
 Un matin, il entend l'évangile de l'envoi en mission des disciples. Appliquant l'Évangile à la lettre, il parcourt la campagne, pieds nus et une corde pour ceinture, en annonçant: "Que le Seigneur vous donne sa paix." Des compagnons lui viennent et il leur rédige une Règle faite de passages d'Évangile. Quand ils seront douze, ils iront à Rome la faire approuver par le Pape Innocent III. 
 Parallèlement, Claire Favarone devient la première clarisse. 
 Pour les laïcs, il fonde un troisième Ordre, appelé aujourd'hui "la Fraternité séculière." Il envoie ses frères de par le monde et lui-même rencontre le sultan à Damiette pour faire cesser la guerre entre chrétiens et musulmans. A son retour, il trouve l'Ordre en grandes difficultés d'unité. Il rédige une nouvelle Règle et se retire, épuisé, sur le mont Alverne. En 1226, au milieu de très grandes souffrances, il compose son "Cantique des Créatures" et le 3 octobre, "nu, sur la terre nue", il accueille "notre sœur la mort corporelle."
« L’Eternel règne éternellement; Ton Dieu, ô Sion ! subsiste d’âge en âge ! Louez l’Eternel ! » Psaume 146 v.10
Tu es saint, Seigneur, Dieu unique,
Toi seul fais des merveilles.
Tu es fort. Tu es grand. Tu es très haut.
Tu es roi tout-puissant, o Père Saint,
Roi du ciel et de la terre.
Tu es Trinité en même temps qu’une unité.
Tu es le bien, tout le bien, le bien suprême.
Seigneur Dieu, vivant et vrai.
 Tu es un amour. Tu es sagesse.
Tu es humilité. Tu es patience.
Tu es sécurité. Tu es quiétude.
Tu es joie et liesse.
Tu es justice et tempérance.
Tu es toute richesse et notre suffisance.
Tu es beauté. Tu es bonté.
 Tu es notre protecteur. Tu es gardien et défenseur.
Tu es force.
Tu es notre rafraîchissement et notre courage.
Tu es notre foi, notre espérance et notre charité.
Tu es notre grande tendresse.
Tu es notre vie éternelle.
Grand et admirable Seigneur,
Dieu tout-puissant, miséricordieux Sauveur.

Dimanche 20 août : 

Prière du matin :  

O Dieu, notre Père,
Je sais que chaque jour que tu me donnes est riche d’occasions nouvelles et qu’il en sera ainsi encore aujourd’hui. Dès ce matin je t’en remercie.
Je sais aussi que ce jour me fournira l’occasion de faire quelques oeuvres utiles pour toi et pour mon prochain. Aide moi à accomplir ce service avec joie, par la force que tu m’accordes en ce jour.
Je sais que ce jour me donnera l’occasion d’apprendre quelque chose de nouveau. Aide-moi à m’émerveiller de ce que tu me donnes de découvrir du monde que tu as créé.
Je sais que ce jour me donnera l’occasion de prêter assistance à ceux qui sont plus démunis que moi. Aide-moi à être de ceux qui servent dans la nuit de ce monde.
Enfin je sais que ce jour me donnera l’occasion de me rapprocher des autres et de toi également. Accorde-moi de la saisir de telle façon que, lorsque viendra le soir, je sois lié aux autres par une relation plus profonde et par en amour plus grand envers toi.
Par Jésus-Christ , notre Seigneur. Amen

Psaume 67

1 Au chef des chantres. Avec instruments à cordes. Psaume. Cantique.
2 Que Dieu ait pitié de nous et qu’il nous bénisse, Qu’il fasse luire sur nous sa face,-Pause.
3 Afin que l’on connaisse sur la terre ta voie, Et parmi toutes les nations ton salut ! 4 Les peuples te louent, ô Dieu ! Tous les peuples te louent. 5 Les nations se réjouissent et sont dans l’allégresse; Car tu juges les peuples avec droiture, Et tu conduis les nations sur la terre.-Pause.
6 Les peuples te louent, ô Dieu ! Tous les peuples te louent. 7 La terre donne ses produits; Dieu, notre Dieu, nous bénit. 8 Dieu, nous bénit, Et toutes les extrémités de la terre le craignent.

Ce psaume correspondait, lors des grandes célébrations au temple de Jérusalem, aux bénédictions (v.2) de l’assemblée par les prêtres , inspirées de Nombres 6 v.24, et à la réponse des fidèles sous forme de refrain (4,6)

Sous le regard de Dieu: »Qu’il fasse luire sur nous sa face » (v.2)

La face resplendissante de Dieu (v2), comment pourrions nous la percevoir, nous qui ne pouvons pas, sans mourir, voir le Seigneur (Ex 33.20)? Dieu pourtant jette sur nous un regard rayonnant!  Nous ne pouvons le voir, mais lui nous voit, et son regard pénètre tout notre être. Nous pouvons percevoir le rayonnement de ce regard du Dieu saint et, par l’Esprit, y discerner la lumière de la grâce qui nous permet, non seulement de subsister devant lui, mais  aussi de marcher sur la voie qu’elle nous ouvre.  » Il a posé son regard sur la bassesse de sa servante » dira Marie.

Israël et les nations

Ce psaume si bref ex­prime une pen­sée bien grande : celle que les bé­né­dic­tions as­so­ciées à Israël ont pour but d’a­me­ner toutes les na­tions à connaître et à louer le vrai Dieu. La promesse faite à Abraham « d’être une bénédiction pour toute les nations » va s’accomplir! Une telle pen­sée ne sau­rait ve­nir du cœur na­tu­rel de l’homme, tou­jours dis­posé à s’en­vi­sa­ger lui-même comme l’ob­jet su­prême et der­nier des bien­faits de Dieu. Au lieu de s’i­ma­gi­ner que les na­tions sont là pour lui, Israël re­con­naît qu’il est là pour elles, que c’est sa vocation, la vraie des­ti­na­tion de son peuple. Le plan de Dieu, que le psalmiste indique, met­tra des siècles à se réa­li­ser. Mais il s’ac­com­plira en Jé­sus-Christ, mal­gré l’in­fi­dé­lité d’Israël.

Une faveur pour nous?

Le psalmiste ainsi  n’affirme pas que la bénédiction de Dieu est pour nous simplement parce que nous en avons besoin, mais par deux fois ( v. 3 et 8), que le but dernier de la bénédiction que nous recevons, c’est de répandre cette Bonne nouvelle dans l’univers. C’est l’appel même, pour ses disciples, du Seigneur Jésus en Matthieu 28 au moment de monter au ciel. La benédiction ne peut être souhaitée égoïstement pour soi, puisqu’elle n’existe que dans ce mouvement de propagation. Penser en être détenteur, en comité plus ou moins restreint, c’est non seulement la dénier à autrui, mais la refuser pour soi-même.

Ai-je reçu une parole ou un bienfait de Dieu à partager à quelqu’un aujourd’hui? 

 

Prière du soir : Bernard de Clairvaux

énis es tu
Pour ceux qui ne cessent d’espérer comme ton royaume,
Pour ceux qui savent encore te confier leur vie,
Pour ceux qui portent leurs croix sans se lasser d’aimer,
Pour ceux qui, dans ta grâce, ont su aimer un ennemi.
Bénis es tu
Pour tous ces petits signes,
Petits et enfouis comme la semence de ton royaume.
Daigne, Dieu très bon, porter à ton achèvement
L’œuvre que tu as commencée en nous.

 

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise: Odes de Salomon

Ces 42 hymnes forment un recueil aussi mystérieux que magnifique. Ce sont des poèmes mystiques qui sont vraisemblablement nés dans l'église syrienne au début du deuxième siècle. On les situe avec raison dans la grande tradition johannique. Leur surprenante liberté d'expression a séduit quelques gnostiques qui les ont interprétés à leur guise. C'est certainement ce qui a nui à leur diffusion dans l'église de l'époque.
« Les peuples te louent, ô Dieu ! Tous les peuples te louent. 7 La terre donne ses produits; Dieu, notre Dieu, nous bénit. 8 Dieu, nous bénit, Et toutes les extrémités de la terre le craignent. » Psaume 146 v.6-8

Le laboureur est là pour pousser la charrue.

Le pilote est là pour guider le navire

Et moi je suis là pour chanter le Seigneur.

Mon métier et ma tâche sont de le louer.

Car son amour a nourri mon cœur,

Il a fait goûter ses fruits à mes lèvres.

Mon amour, c’est le Seigneur,

c’est pourquoi je chanterai pour Lui.

C’est en le louant que je suis devenu fort et ma foi est en Lui.

J’ouvrirai la bouche et son Esprit par moi dira

La gloire du Seigneur et sa splendeur, l’oeuvre de ses mains,

Ce que ses doigts ont fait, l’abondance des ses miséricordes

Et la gloire de sa Parole.

La Parole du Seigneur fait voir ce qui n’est pas visible, elle révèle sa pensée.

C’est lui qui a étendu la terre et versé les eaux dans les mers.

Il a déployé les cieux et fixé les étoiles.

Il a pensé la création et l’a réalisée, puis il s’est reposé de ses oeuvres

et toutes ses créations vont leur chemin, chacune fait ce qu’elle doit,

elles ne connaissent ni repos ni paresse.

Le trésor de la lumière, c’est le soleil.

Le trésor des ténèbres, c’est la nuit.

Il a fait le soleil pour qu’il brille le jour

Et la nuit amène les ténèbres sur la face de la terre.

L’une vient après l’autre et leur alternance dit la splendeur de Dieu.

Il n’y a rien qui soit sans le Seigneur car il était avant que rien ne fût.

Les mondes sont l’oeuvre de sa Parole et du dessein de son coeur.

Gloire et honneur à son nom. Alléluia!

Lundi 21 août : 

Prière du matin : Saint François d’Assise

 

Seigneur, dans le silence de ce jour naissant,
Je viens te demander la paix, la sagesse,
La force de regarder aujourd’hui le monde
Avec des yeux remplis d’amour,
Être patient, compréhensif, doux et sage.
Pour voir au delà des apparences
Tes enfants comme tu les vois toi-même
Et ainsi ne voir en chacun que le bien :
Ferme mes oreilles à la calomnie,
Garde ma langue de toute malveillance,
Que seules les pensées qui bénissent
Demeurent en mon esprit.
Que je sois bienveillant et si joyeux
Que tout ceux qui m’approchent sentent ta présence :
Revêts moi de ta bonté
Afin qu’au long du jour je te révèle.

Psaume 147

1 Louez l’Eternel ! Car il est beau de célébrer notre Dieu, Car il est doux, il est bienséant de le louer.
2 L’Eternel rebâtit Jérusalem, Il rassemble les exilés d’Israël; 3 Il guérit ceux qui ont le coeur brisé, Et il panse leurs blessures. 4 Il compte le nombre des étoiles, Il leur donne à toutes des noms. 5 Notre Seigneur est grand, puissant par sa force, Son intelligence n’a point de limite. 6 L’Eternel soutient les malheureux, Il abaisse les méchants jusqu’à terre.
7 Chantez à l’Eternel avec actions de grâces, Célébrez notre Dieu avec la harpe !
8 Il couvre les cieux de nuages, Il prépare la pluie pour la terre; Il fait germer l’herbe sur les montagnes. 9 Il donne la nourriture au bétail, Aux petits du corbeau quand ils crient, 10 Ce n’est pas dans la vigueur du cheval qu’il se complaît, Ce n’est pas dans les jambes de l’homme qu’il met son plaisir; 11 L’Eternel aime ceux qui le craignent, Ceux qui espèrent en sa bonté.
12 Jérusalem, célèbre l’Eternel ! Sion, loue ton Dieu ! 13 Car il affermit les barres de tes portes, Il bénit tes fils au milieu de toi; 14 Il rend la paix à ton territoire, Il te rassasie du meilleur froment. 15 Il envoie ses ordres sur la terre : Sa parole court avec vitesse 16 Il donne la neige comme de la laine, Il répand la gelée blanche comme de la cendre; 17 Il lance sa glace par morceaux; Qui peut résister devant son froid ? 18 Il envoie sa parole, et il les fond; Il fait souffler son vent, et les eaux coulent. 19 Il révèle sa parole à Jacob, Ses lois et ses ordonnances à Israël; 20 Il n’a pas agi de même pour toutes les nations, Et elles ne connaissent point ses ordonnances. Louez l’Eternel !
Le Dieu qui relève Jérusalem

Nous pou­vons, à la lec­ture de ce psaume, nous faire une idée de la joie qui fut celle du peuple de Dieu, lorsque, après tous ses dé­sastres et son exil, il vit Jé­ru­sa­lem re­le­vée et en­tou­rée de fortes mu­railles, tan­dis que les cam­pagnes, long­temps in­cultes et dé­so­lées, re­com­men­çaient à don­ner leurs ré­coltes. C’est alors que le cri d’al­lé­gresse  » Al­lé­luia », qui semble da­ter du re­tour de l’exil, était, comme dans notre psaume et ceux du même groupe, le pre­mier et le der­nier mot de tous les chants.

Alleluia! Telle est l’expression hébraïque que nos Bible traduisent par « Louez l’Eternel ». Ce psaume est donc une adoration communautaire, comme l’indique la référence à la ville de Jérusalem en ( v.2) et ( v.12) et à la colline de Sion. Louer devient un impératif pour le peuple de Dieu qui rassemble Israël son peuple après l’exil. Le psalmiste invite ensuite à la louange dans toutes les directions.

Le Psaume 147 loue l’Éter­nel comme le Dieu qui agit à la fois dans la na­ture, pour y pro­duire les chan­ge­ments les plus mer­veilleux, et au sein de son peuple, pour gué­rir ses plaies et lui don­ner force et sé­cu­rité. La des­crip­tion du tra­vail di­vin au sein de la créa­tion ma­té­rielle al­terne avec celle des bien­faits dont Israël est l’ob­jet. La même pa­role di­vine opère dans l’un et l’autre do­maine, et son ac­tion toute-puis­sante à l’é­gard des créa­tures qui ne connaissent pas Dieu, est le gage de ce qu’elle peut pro­duire pour le bien de ceux qui le craignent.

Prière du soir :

O Dieu, notre Père 
Je me souviens ce soir de tous ceux qui m’ont aidé en ce jour.
Je te remercie pour tous ceux qui m’ont aidé à résister à la tentation,
Je te remercie pour quiconque m’a donné une parole de remerciement, d’encouragement , de louange ou de félicitation,
Je te remercie pour tout ceux que j’ai quittés, le cœur heureux de les avoir rencontrés,
Je te remercie plus que tout, pour Jésus-Christ, mon Seigneur, et mon ami.
Accorde moi de faire preuve de repentance pour mes fautes et d’exprimer ma gratitude pour tous tes dons.
Je te le demande au nom de ton amour. Amen

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:

Saint Augustin

« Louez l’Eternel ! Car il est beau de célébrer notre Dieu, Car il est doux, il est bienséant de le louer. » Psaume 147 v.1
On ne chante pas de psaume avec la seule voix : l’instrument de musique qu’on appelle psaltérion l’accompagne et le jeu des mains s’accorde ainsi à la voix.
Tu veux chanter un psaume ? Que ta voix ne soit pas seule à louer Dieu, mais que tes œuvres s’accordent avec ta voix. Si c’est seulement ta voix qui chante, elle se taira parfois. Si c’est ta vie qui chante, elle ne se taira jamais.
Tu es dans les affaires et tu cherches à frauder : ta louange de Dieu se tait et en outre, ce qui est plus grave, cela pousse jusqu’au blasphème.
Quand tu loues Dieu en agissant bien, c’est par ce bien que tu loues Dieu. Si tu blasphèmes contre Dieu en faisant le mal, c’est par ce mal que tu blasphèmes.
Chante à pleine voix, tes oreilles en seront encouragées, mais que ton cœur ne se taise pas, que ta vie ne se taise pas. Ne fraude pas dans tes affaires : c’est ainsi que tu chantes.
Quand tu manges, quand tu bois, chante ! Non pour réjouir l’oreille par le charme des harmonies, mais en mangeant et buvant avec mesure, sagesse et modération. Comme le dit l’apôtre : « que vous mangiez ou que vous buviez ou quoi que vous fassiez, faites tout à la gloire de Dieu  » (1 Cor 10 v.31).
Bien agir, c’est manger et boire pour réparer les forces du corps et des membres en remerciant celui qui te donne de réconforter ce corps fragile et mortel. Alors ce que tu manges et bois sera louange à Dieu.
Et quand tu dors, qu’une conscience mauvaise ne trouble pas ton repos : l’innocence de ton sommeil est aussi louange à Dieu.

Mardi 22 août : 

Prière du matin :  

O Dieu, notre Père,
Toi qui m’as donné le repos de la nuit et qui m’envoies maintenant vers les tâches et les activités de ce jour, dirige-moi et conduis-moi tout au long de cette journée.
Aide moi à travailler de telle sorte que toutes mes tâches seront si bien faites que je pourrai te les offrir,
Aide moi à penser juste et protège mon esprit et mon cœur afin que nul mal ni aucune pensée amère n’y pénètrent,
Aide moi à vivre comme ceux qui ont commencé ce jour avec toi et qui sont décidés à en passer chaque instant dans ta présence.
Fais qu’aujourd’hui ma vie brille comme une lumière d’amour et de bonté dans ce monde afin que je fasse honneur au nom que je porte et au Maître à qui j’appartiens et que je m’efforce de servir.
Je te le demande au nom de ton amour. Amen

Psaume 148

1 Louez l’Eternel ! Louez l’Eternel du haut des cieux ! Louez-le dans les lieux élevés ! 2 Louez-le, vous tous ses anges ! Louez-le, vous toutes ses armées ! 3 Louez-le, soleil et lune ! Louez-le, vous toutes, étoiles lumineuses ! 4 Louez-le, cieux des cieux, Et vous, eaux qui êtes au-dessus des cieux ! 5 Qu’ils louent le nom de l’Eternel ! Car il a commandé, et ils ont été créés. 6 Il les a affermis pour toujours et à perpétuité; Il a donné des lois, et il ne les violera point.
7 Louez l’Eternel du bas de la terre, Monstres marins, Et vous tous, abîmes, 8 Feu et grêle, neige et brouillards, Vents impétueux, qui exécutez ses ordres, 9 Montagnes et toutes les collines, Arbres fruitiers et tous les cèdres, 10 Animaux et tout le bétail, Reptiles et oiseaux ailés, 11 Rois de la terre et tous les peuples, Princes et tous les juges de la terre, 12 Jeunes hommes et jeunes filles, Vieillards et enfants !
13 Qu’ils louent le nom de l’Eternel ! Car son nom seul est élevé; Sa majesté est au-dessus de la terre et des cieux.
14 Il a relevé la force de son peuple : Sujet de louange pour tous ses fidèles, Pour les enfants d’Israël, du peuple qui est près de lui. Louez l’Eternel !
L’alléluia des cieux et de la terre

Ce can­tique part de l’i­dée ex­pri­mée dans le pré­cé­dent, à sa­voir que l’Éter­nel est le bien­fai­teur de toute la créa­tion, en même temps que le Sau­veur de son peuple. Mais il fait un pas de plus : il in­vite l’u­ni­vers en­tier, le ciel et la terre, à louer l’Éter­nel. Le Dieu d’Israël est digne d’une telle louange, parce que sa majesté est élevée au-dessus de la terre et des cieux (ver­set 13), mais aussi et sur­tout parce qu’il a re­levé son peuple (ver­set 14). La louange est adoration, centrée sur la grandeur de Dieu, sur sa personne davantage que sur ses bienfaits. Dieu contrôle ce qui m’est connu ( bétail, arbres fruitiers), mais aussi ce qui ne m’est pas familier et me fait peur ( monstres, abîmes, vents impétueux). Il a un regard sur ceux qui me paraissent importants ( rois,chefs, princes), comme sur tous ceux qu’on pourrait oublier ( jeunes, vieillards, enfants). Rien n’échappe à Dieu.

Ce psaume ap­par­tient sans doute à la même époque que le Psaume 147, celle où Jé­ru­sa­lem fut re­le­vée de ses ruines. Dans les six pre­miers ver­sets, le psal­miste s’a­dresse, en de courtes strophes de deux ver­sets cha­cune, aux cieux et à leurs ha­bi­tants : les anges (ver­sets 1 et 2), les astres (ver­sets 3 à 4), tous créés par l’Éter­nel et af­fer­mis, cha­cun dans sa sphère, par une loi que rien ne peut ébran­ler (ver­sets 5 et 6). Dans les six ver­sets sui­vants, il part des abîmes (ver­sets 7 et 8), pour re­mon­ter aux plantes et aux ani­maux ter­restres (ver­sets 9 et 10) et ar­ri­ver à l’homme (ver­sets 11 et 12). La der­nière strophe, ser­t de conclu­sion à ce concert de louange (ver­sets 13 et 14).

« Qu’ils louent le nom de l’Eternel, car son nom seul est élevé » v.13 Le nom donne à la personne une identité, une existence. Qui laisserait salir son nom? La Bible proclame que le nom de Dieu est saint, puissant. C’est à cause de son nom, donc de son honneur, qu’il intervient dans le monde et la vie des hommes.

 

Prière du soir :

 Saint François d’Assise

Très Haut, tout puissant et bon Seigneur,

à toi louange, gloire, honneur,
et toute bénédiction ;
à toi seul ils conviennent, O Très-Haut,
et nul homme n’est digne de te nommer.

Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
spécialement messire frère Soleil,
par qui tu nous donnes le jour, la lumière ;
il est beau, rayonnant d’une grande splendeur,
et de toi, le Très Haut, il nous offre le symbole.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur Lune et les étoiles :
dans le ciel tu les as formées,
claires, précieuses et belles.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Vent,
et pour l’air et pour les nuages,
pour l’azur calme et tous les temps :
grâce à eux tu maintiens en vie toutes les créatures.

Loué sois-tu, Seigneur, pour notre sœur Eau,
qui est très utile et très humble,
précieuse et chaste.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Feu,
par qui tu éclaires la nuit :
il est beau et joyeux,
indomptable et fort.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre,
qui nous porte et nous nourrit,
qui produit la diversité des fruits,
avec les fleurs diaprées et les herbes.

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux
qui pardonnent par amour pour toi ;
qui supportent épreuves et maladies :
heureux s’ils conservent la paix,
car par toi, le Très Haut, ils seront couronnés.

Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour notre sœur la Mort corporelle
à qui nul homme vivant ne peut échapper.
Malheur à ceux qui meurent en péché mortel ;
heureux ceux qu’elle surprendra faisant ta volonté,
car la seconde mort ne pourra leur nuire.

Louez et bénissez mon Seigneur,
rendez-lui grâce et servez-le
en toute humilité.

Mercredi 23 août : 

Prière du matin :  

O Dieu, notre Père,
Aide moi quoi qu’il arrive en ce jour, à m’en remettre à toi.
Si j’ai à prendre des décisions, aide-moi à te consulter et accorde-moi l’humilité et l’obéissance d’accepter ce que tu m’envoies.
Si j’ai des problèmes à résoudre, apprends moi à demander ta lumière pour que je puisse me frayer un chemin clair et précis à travers eux.
Si je dois aborder des choses ardues et difficiles, aide-moi à implorer ta puissance afin que je puisse accomplir ce que je ne pourrai pas faire par moi-même.
Si je dois affronter des tentations , Aide-moi à rechercher ta grâce, me souvenant que parce qu’il a été tenté, Jésus est capable de venir en aide à ceux qui le sont.
Aide-moi, tout au long de cette journée à décider de toutes choses selon ta volonté et à tout soumettre à l’épreuve de ta présence pour que je puisse arriver en fin de journée sans aucune faute ni regret.
Par Jésus Christ, notre Seigneur. Amen

Psaume 149

1 Louez l’Eternel ! Chantez à l’Eternel un cantique nouveau ! Chantez ses louanges dans l’assemblée des fidèles ! 2 Qu’Israël se réjouisse en celui qui l’a créé ! Que les fils de Sion soient dans l’allégresse à cause de leur roi ! 3 Qu’ils louent son nom avec des danses, Qu’ils le célèbrent avec le tambourin et la harpe ! 4 Car l’Eternel prend plaisir à son peuple, Il glorifie les malheureux en les sauvant.
5 Que les fidèles triomphent dans la gloire, Qu’ils poussent des cris de joie sur leur couche ! 6 Que les louanges de Dieu soient dans leur bouche, Et le glaive à deux tranchants dans leur main, 7 Pour exercer la vengeance sur les nations, Pour châtier les peuples, Pour lier leurs rois avec des chaînes Et leurs grands avec des ceps de fer, 9 Pour exécuter contre eux le jugement qui est écrit ! C’est une gloire pour tous ses fidèles. Louez l’Eternel !
Le chant de la victoire

l’Éter­nel a fait d’Israel l’ins­tru­ment de sa vic­toire sur les na­tions. C’est là ce que pro­clame le Psaume 149. Il ap­par­tient  à la même époque que les pré­cé­dents et nous montre quelles grandes es­pé­rances conçurent les Juifs re­ve­nus de l’exil, lors­qu’ils virent leur ca­pi­tale mu­nie de rem­parts. Ainsi que le fait res­sor­tir Cal­vin, « on n’a pas aperçu la moitié de cette magnificence avant que le Christ fût manifesté ». C’est dans un sens spi­ri­tuel que Dieu se ré­ser­vait d’ac­com­plir de telles pro­messes.

En en­vi­sa­geant le pre­mier ver­set comme une in­tro­duc­tion, nous trou­vons dans le psaume deux strophes, de quatre ver­sets cha­cune. La pre­mière cé­lèbre avec la plus grande vi­va­cité la joie du peuple, ja­dis presque anéanti, que Dieu pare de son sa­lut (ver­sets 2 à 5) ; la se­conde an­nonce la vic­toire com­plète d’Israël sur toutes les na­tions (ver­sets 6 à 9).

« Chantez à l’Eternel un cantique nouveau » (v.1) Ne servons-nous pas souvent à Dieu, des cantiques « rassis »? ( voir la méditation d’Origène du soir). Offrons-Lui, maintenant un chant tout frais du matin (qui peut être aussi un vieux cantique!) mais qui sort tout droit d’un coeur brûlant.

Louez l’Eternel! Quelle exubérance dans cette joie bien orientale: danses, tambourins, harpes. A l’occasion de victoires ou de retour à Dieu, les Israëlites exprimaient bruyamment leur joie. L’important n’est pas le bruit mais l’intensité de la joie. Et cette joie a deux causes essentielles: Dieu est créateur (v.2) et il est aussi le sauveur (v.4); comment ne pas le louer?

Glaive-vengeance (v.6) Des commentateurs soulignent que dans des guerres de religion on a fait un usage pervers de ces versets. IL est vrai qu’Israël a dû exercer la justice contre des nations païennes rebelles à Dieu; inversement Dieu s’est servi de nations païennes pour punir Israël, qui n’avait fait aucun cas des avertissements. Pour nous chrétiens, le glaive à deux tranchants, c’est la Parole de Dieu (Apoc 1 v.16) qui peut bouleverser une vie et même l’histoire d’une nation !

Prière du soir :

O Dieu, notre Père 
Je te remercie pour cette journée,
Pour ceux qui m’ont donné leurs conseils, leur avis et leur bon exemple,
Pour ceux dont la présence a été comme un rayon de soleil au milieu des nuages et qui m’ont amené à sourire quand bien même les circonstances étaient contraires,
Pour ceux dont la présence a rendu les choses que je craignais moins difficiles,
Pour ceux dont la présence m’a préservé de la tentation et permis de remplir ma vocation,
Pour la joie que j’ai de passer du temps avec ceux que j’aime,
Pour ces moments heureux qui resteront pour moi de bons souvenirs,
Pour les moments d’échec qui me rendent humble et me rappellent combien j’ai besoin de toi,
Par-dessus tout pour Jésus-Christ qui est mon ami et compagnon dans la journée, mon repos et ma paix durant la nuit.
Reçois ma reconnaissance de ce soir au nom de ton amour. Amen

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise: Saint Augustin

1 Louez l’Eternel ! Chantez à l’Eternel un cantique nouveau !  v1
Louons Dieu de la voix, de la pensée et de toute œuvre bonne ! Comme le psaume nous y invite , chantons pour lui un cantique nouveau.
Vieil homme, vieux cantiques . Homme nouveau, cantique nouveau. Ancien Testament,  ancien cantique. Nouveau Testament, nouveau cantique.
Dans l’ancien Testament les promesses sont pour ici-bas, elles sont terrestres. Celui qui s’attache aux choses terrestres chante un cantique vieilli.  Celui qui veux chanter un cantique nouveau doit s’attacher à ce qui est éternel.
C’est un attachement nouveau et éternel. Il est toujours nouveau parce qu’il ne vieillit jamais. A vrai dire il est très ancien, alors comment donc, serait-il nouveau ? C’est le Christ qui est la vie éternelle : puisqu’il est Dieu il ne connaît pas de naissance : « au commencement était le verbe et le verbe était auprès de Dieu et le verbe était Dieu… Tout a été fait par lui et rien a été fait sans lui » (Jean 1 v.1-3)
Si ce qui a été fait par lui est ancien qu’en est-il de celui qui l’a fait ? Il est éternel comme le Père.
Mais nous nous sommes tombés par le péché dans la vétusté .C’est notre voix qui gémit dans le psaume : « je suis devenu vieux ! (v.8)
Le péché fait vieillir l’homme, la grâce le  renouvelle! 

Jeudi 24 août : 

Prière du matin :  

O Dieu, notre Père,
Toi qui est l’auteur de toutes choses qui les a bien faites,
Je te remercie pour le sommeil de cette nuit et pour ce jour qui commence avec toi. Je te remercie pour ce monde que tu as fait. 
Je te remercie également de m’avoir fait telle que je suis,
Pour mes mains qui me permettent de travailler et de créer 
Pour mes pieds qui me permettent de marcher, 
Pour mes yeux et mes oreilles qui me permettent de voir et d’entendre,
Pour mon esprit qui me permet de penser et de faire des projets,
Pour les souvenirs que je peux repasser en moi 
Pour mon cœur qui me permet d’aimer,
Pour ceux dont l’amitié me fortifie
et dont l’amour enrichit ma vie jour après jour.
Par-dessus tout, je te remercie pour Jésus-Christ notre Seigneur béni.
Accorde-moi tout tout au long de ce jour
de ne jamais oublier ta présence auprès de moi.
Je te le demande au nom de ton amour. Amen

Psaume 150

1 Louez l’Eternel ! Louez Dieu dans son sanctuaire ! Louez-le dans l’étendue, où éclate sa puissance ! 2 Louez-le pour ses hauts faits ! Louez-le selon l’immensité de sa grandeur !
3 Louez-le au son de la trompette ! Louez-le avec le luth et la harpe ! 4 Louez-le avec le tambourin et avec des danses ! Louez-le avec les instruments à cordes et le chalumeau ! 5 Louez-le avec les cymbales sonores ! Louez-le avec les cymbales retentissantes !
6 Que tout ce qui respire loue l’Eternel ! Louez l’Eternel !
L’alléluia final

Chacun des quatre pre­miers Livres des Psaumes se ter­minent par une brève pa­role de louange qui a fini par faire corps avec le psaume qui la pré­cède . Le cin­quième Livre, dont le der­nier groupe est tout en­tier com­posé de psaumes d’Al­lé­luia, a pour doxo­lo­gie fi­nale un psaume en­tier, qui forme en même temps la conclu­sion de tout le re­cueil. Et quelle conclu­sion ! C’est, d’un bout à l’autre, une louange qui monte vers l’Éter­nel. En met­tant à part le pre­mier et le der­nier Hal­le­lou-Jah, qui sont en quelque sorte en de­hors du psaume pro­pre­ment dit, on en­tend dix fois re­ten­tir le cri Louez-le ! Pas une de ces lignes, de trois mots cha­cune, qui ne com­mencent par ce mot. Le nombre dix est ce­lui de la plé­ni­tude. C’est donc par une louange dans la­quelle l’âme tout en­tière adore et bé­nit que se ter­mine ce re­cueil de prières, où nous avons en­tendu l’é­cho des luttes, des souf­frances et de la foi triom­phante de l’an­cien peuple de Dieu. Toutes les larmes, comme toutes les joies d’Israël, abou­tissent à la pleine louange. C’est ici, ne l’ou­blions pas, un cri de foi, car à l’é­poque où fut clos notre re­cueil, Israël était faible, pe­tit, sans cesse ex­posé à être foulé aux pieds par ses puis­sants voi­sins. Mais malgré tout: « L’Éter­nel règne », « Louez-le selon l’immensité de sa grandeur ! » , et, au terme de l’his­toire du peuple des ra­che­tés, les cris de dé­tresse et de dou­leur se­ront rem­pla­cés par l’ac­tion de grâces. Seule la louange de­meu­rera et sur­abon­dera.

Le lieu de la louange (ver­set 1), son mo­tif (ver­set 2), les formes va­riées qu’elle peut et doit re­vê­tir (ver­sets 3 à 5), voilà ce que rap­pelle ce psaume, dans sa briè­veté, pour abou­tir à la pa­role fi­nale : Que tout ce qui respire loue l’Éternel ! (ver­set 6).

Tant de façon de louer le Seigneur!

-La louange peut être exercée en tous lieux (v.1), puisque aucun espace n’est étranger à la présence et la puissance de Dieu.

-Elle peut le célébrer pour ce qu’il Est ou ce qu’il fait dans notre vie (v.2).

-Elle est diverse, variée et renouvelée. Il suffit pour s’en convaincre de lire la liste d’instruments pouvant l’accompagner.

-Elle peut être solitaire ou collective. Le psaume évoque la création d’une harmonie née de l’association d’instruments variés. Cela suggère également que la louange est propre à chacun, voire à chaque culture. On loue avec ce que l’on est. Apporter sa voix au concert signifie enrichir l’accord et non se fondre dans un son uniforme.

-Les mots ne sont pas le seul moyen de louer le Seigneur, la musique, la danse,tous les arts et les modes d’expression humains y compris l’expression du corps (v.4) peuvent être tournés vers sa gloire.

« Que tout ce qui respire loue le Seigneur! » (v.6) Tout le monde est exhorté à la louange, sans exclusion. Louer Dieu signifie alors entrer dans le concert de la création, dans la mesure où sa beauté et sa diversité rendent hommage au créateur. La louange relie à Dieu. Elle nous apprend son immensité, et qu’il se fait, par grâce, proche. La louange renouvelle et redonne la force de vivre.

Prière du soir :

O Dieu, notre Père,
Je te rends grâce pour cette journée.
Je te remercie de m’avoir donné la force physique et la santé du corps et de l’esprit pour accomplir mon travail et mes diverses activités aujourd’hui.
Je te remercie pour ceux qui me sont chers et pour tous mes collègues et amis sans lesquels ma vie ne pourrait plus être la même.
O Dieu, notre père, accorde-moi ton pardon pour les fautes de ce jour.
Pardonne-moi si aujourd’hui j’ai déçu un ami ou blessé dans ses sentiments  quelqu’un qui m’aime.
Et maintenant à l’heure où je m’endors, accorde-moi la paix de ceux qui t’ont remis tout leurs fardeaux et qui savent que leur temps est constamment entre tes mains.
Je t’en prie au nom de ton amour. Amen

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise: Constitution aspostolique

Le titre exact de ce livre est: " Ordonnances des saints apôtres". Ce livre très précieux est un recueil, établi dans le dernier quart du IVeme siècle, de textes liturgiques et disciplinaires dont plusieurs ont une origine extrêmement ancienne. On retient surtout le livre VII qui contient de très belles et profondes prière, dont celle qui suit.
Hymne au créateur
Tu es grand, Seigneur Dieu tout puissant,
créateur de l’univers.
Tu offres aux hommes le salut,
tu appelles les pécheurs à se convertir
et même quand tu corriges, c’est avec miséricorde.
Si nous passions soudain devant ton jugement,
comment pourrions nous subsister
alors que tout au long de nos jours
où ta patience nous accompagne,
nous avons tant de peine à nous relever de nos faiblesses.
Mais les cieux nous disent ta puissance.
La terre, c’est toi qui la soutiens.
La mer doit respecter les frontières que tu lui as assignées.
« Que tes œuvres sont admirables, Seigneur!
Toutes, tu les as faites dans ta sagesse.
La terre est pleine de tes créations! » ( Psaume 104.24)

Vendredi 25 août : 

Prière du matin :  

O Dieu, notre Père,
À l’heure où commence cette journée, accorde-moi ta bénédiction.
Donne-moi des lèvres qui prononcent la vérité mais toujours avec amour,
Donne-moi un esprit qui recherche ce qui est vrai,
Accorde-moi de pouvoir affronter la vérité
même quand elle fait mal ou quand elle me condamne.
Accorde-moi la volonté de défendre des principes
qui sont inspirés de ta Parole,
mais épargne moi tout entêtement
et garde-moi d’ériger en principe ce qui n’en vaut pas la peine.
Accorde-moi la grâce de surmonter mes tentations
et de vivre dans la pureté,
Mais garde moi aussi de ma propre justice
qui tend à mépriser celui qui chute.
Donne-moi tout au long de ce jour la force
et la compassion de notre Seigneur Jésus-Christ.
Je te le demande au nom de ton amour. Amen

Psaume 1

1 Heureux l’homme qui ne marche pas selon le conseil des méchants, Qui ne s’arrête pas sur la voie des pécheurs, Et qui ne s’assied pas en compagnie des moqueurs, 2 Mais qui trouve son plaisir dans la loi de l’Eternel, Et qui la médite jour et nuit ! 3 Il est comme un arbre planté près d’un courant d’eau, Qui donne son fruit en sa saison, Et dont le feuillage ne se flétrit point: Tout ce qu’il fait lui réussit.
4 Il n’en est pas ainsi des méchants : Ils sont comme la paille que le vent dissipe. 5 C’est pourquoi les méchants ne résistent pas au jour du jugement, Ni les pécheurs dans l’assemblée des justes;
6 Car l’Eternel connaît la voie des justes, Et la voie des pécheurs mène à la ruine.
Le juste et le mé­chant

Le Livre I des Psaumes (1 à 41) est com­posé presque en­tiè­re­ment de can­tiques at­tri­bués à Da­vid. Il en contient trente-sept, soit la moi­tié de ceux que le re­cueil en­tier des Psaumes place sous le nom du roi-pro­phète. Les psaumes 1, 2, 10 et 33 sont ano­nymes. Si l’on en­vi­sage les deux pre­miers comme l’in­tro­duc­tion au livre en­tier et si, d’autre part, on donne rai­son aux Sep­tantes, qui réunissent le Psaume 10 au Psaume 9 et at­tri­buent le 33 à Da­vid, il ne reste plus dans ce pre­mier livre que des psaumes de Da­vid.

Ce psaume 1 com­prend deux strophes, de trois ver­sets cha­cune, qui dé­crivent, l’une le bon­heur du juste (ver­sets 1 à 3), l’autre le mal­heur du mé­chant (ver­sets 4 à 6).

  Arbre ou paille

Le juste (le croyant) et le méchant (celui qui rejette Dieu) sont vus tour à tour à long terme; le résultat de leur conduite n’apparaît pas sur le moment, c’est plus tard qu’ils seront manifestés à leur juste valeur.

Ils sont comparés respectivement à un arbre et à de la paille. Tous deux ont en commun d’être des végétaux, mais pour le reste la différence est grande: la paille, c’est de la cellulose morte; elle n’a pas de racine, le premier courant d’air la disperse, et aprés la moisson, on la brûlera. Ses caractéristiques sont: l’instabilité, la stérilité, l’apparence de liberté et l’extrême faiblesse. L’arbre au contraire, est un organisme vivant. Quand il est planté près d’un courant d’eau, il se développe, malgré les épreuves et les temps de sécheresse; il garde un feuillage vert et produit du fruit en sa saison ( v.3). Ainsi le juste se caractérise par la vie, la stabilité (« planté »), la fécondité (« il donne des fruits ») et la vitalité (« son feuillage est toujours vert »).

Deux voies, deux issues (v.6) Jésus les formulera très clairement dans le Sermon sur la montagne ( Matt 7 v.13-14). Il n’existe pas, entre ces deux chemins, de voie médiane, à la fois moins étroite et moins large. On ne peut habiter à la fois le royaume de la lumière et le royaume des ténèbres. Parole de vie ou parole de mort:  Pour le chrétien, la Parole de Dieu est ce courant d’eau qui va lui permettre de s’épanouir comme un arbre. Pour cela, il est appelé à la méditer (v.2). Aujourd’hui encore, notre pensée doit être nourrie des paroles de Dieu. Parallèlement, sachons refuser d’écouter les paroles de mort distillées dans le monde (v.1). Elles mènent à la ruine (v.6). C’est là la clef de notre bonheur (v.1) et de notre épanouissement (v.3).

Prière du soir :

O Dieu, notre Père,
Je te remercie pour chacun des moments de cette journée qui arrive à son terme,
Je te remercie pour la lumière du matin qui me sort de mon repos,
Je te remercie pour les heures de la journée pleines de travail et d’activité,
Je te remercie pour  chacune des personnes que j’ai rencontrées aujourd’hui.
 Maintenant je te remercie pour la nuit et pour le sommeil réparateur,
Je te remercie pour chaque instant de bonheur vécu en ce jour et pour tous les événements dont le souvenir me remplit de joie.
Je te demande pardon pour tout ce qui en cette journée me fait mal et me rend honteux quand je m’en souviens.
Accorde-moi maintenant de me coucher et de  dormir paisiblement parce que je suis en paix avec toi et en paix avec ceux et celles que tu as mis sur ma route.
Amen
Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:Origène

Quelle est ta faim ?

J’enverrai une faim sur la terre, non pas une faim de pain, ni une soif d’eau, mais la faim d’entendre la parole de Dieu » (Amos 8.11), ainsi parle Dieu dans la bouche du prophète Amos.

Vois-tu quelle est la faim qui obsède les pécheurs ? Voici tu quelle est la faim qui s’étend sur la terre ?

En effet ceux qui sont de la terre et qui ne peuvent rien saisir de l’Esprit de Dieu, souffrent de la faim de la parole de Dieu. Ils n’entendent pas les commandements de la loi, ils ignorent les reproches des prophètes et les encouragements des apôtres, ils n’éprouvent pas les guérisons de l’Évangile. On peut bien dire d’eux que « la famine s’est appesantie sur la terre» (Gen 43.1).

Mais pour les justes et pour ceux qui méditent jour et nuit la loi du Seigneur (psaume 1v.2),  la sagesse dresse sa table et invite à très haute voix (Prov 9 v.2-6).

Non pour que tous viennent, non pour que tous ceux qui sont dans l’abondance, les riches et les sages de ce monde descendent chez elle. 

Mais ceux qui ont appris du Christ à être humble de cœur (Matt 11 v.29), ceux qu’il appelle encore les pauvres de l’Esprit, mais qui sont riches par la foi, que ceux-là viennent au banquet de la sagesse et chassent la famine qui s’est appesantie sur la terre.

Veille donc à ce que la faim ne t’obsède pas. Ne te laisse pas envahir par l’agitation du siècle, et enchaîner par les liens de la cupidité, ni amollir par les excès de la débauche : tu te rendrais étranger en nourriture de la sagesse que les Eglises offrent toujours.

Mais si tu es de la descendance d’Abraham, alors tu trouveras toujours ta nourriture dans la loi et les prophètes et les apôtres t’offriront de somptueux festins. Les Évangiles t’inviteront à t’asseoir à table dans le royaume du Père pour que tu y manges de l’arbre de vie (Ap 2 v.7)   et que tu boives le vin de la vigne véritable ( Jean 15 v.1),  le vin nouveau avec le Christ dans le royaume de son Père (Mat 26 v.29) .

Samedi 26 août : 

Prière du matin :  

O Dieu, notre Père,
Aide-moi tout Au long de ce jour À obéir à ta loi et agir envers les autres comme j’aimerais qu’ils le fassent envers moi. 
Aide-moi à pardonner aux autres comme j’aimerais
qu’ils me pardonnent quand je commets des fautes,
Aide moi à supporter chez les autres les mêmes choses
que j’aimerais qu’ils supportent en moi,
Aide-moi à avoir pour les autres la même  sympathie
que j’aimerais qu’ils manifestent à mon égard,
Aide-moi à avoir pour les autres la même tolérance
et le même respect de leurs opinions et de leurs croyances
que j’aimerais qu’ils aient envers les miennes,
Aide-moi à comprendre les autres
comme j’aimerais qu’ils me comprennent,
Aide-moi à m’identifier aux autres de telle sorte
que je voie les choses avec leurs yeux.
Accorde-moi aussi d’être bon envers les autres
comme j’aimerais qu’ils le soient envers moi.
Par Jésus Christ, notre Seigneur. Amen

Psaume 2

1 Pourquoi ce tumulte Parmi les nations, Ces vaines pensées parmi les peuples ? 2 Pourquoi les rois de la terre se soulèvent-ils Et les princes se liguent-ils avec eux Contre l’Eternel et contre son oint ?- 3 Brisons leurs liens, Délivrons-nous de leurs chaînes !-
4 Celui qui siège dans les cieux rit, Le Seigneur se moque d’eux. 5 Puis il leur parle dans sa colère, Il les épouvante dans sa fureur : C’est moi qui ai oint mon roi sur Sion, ma montagne sainte ! 7 Je publierai le décret; L’Eternel m’a dit : Tu es mon fils ! Je t’ai engendré aujourd’hui. 8 Demande-moi et je te donnerai les nations pour héritage, Les extrémités de la terre pour possession; 9 Tu les briseras avec une verge de fer, Tu les briseras comme le vase d’un potier.
10 Et maintenant, rois, conduisez-vous avec sagesse ! Juges de la terre, recevez instruction ! 11 Servez l’Eternel avec crainte, Et réjouissez-vous avec tremblement. 12 Baisez le fils, de peur qu’il ne s’irrite, Et que vous ne périssiez dans votre voie, Car sa colère est prompte à s’enflammer. Heureux tous ceux qui se confient en lui!
Le Fils, héritier du monde

La  tra­di­tion juive, dé­signe ce psaume comme le Psaume pre­mier, soit que l’on en­vi­sa­geât le pré­cé­dent comme une in­tro­duc­tion gé­né­rale à tout le re­cueil, soit que l’on réunit en une seule ces deux com­po­si­tions, as­sez dif­fé­rentes d’ailleurs, mais que rap­prochent pour­tant cer­taines res­sem­blances. Toutes deux an­noncent en ef­fet la ruine des mé­chants et le bon­heur de ceux qui se sou­mettent à l’Éter­nel ; le mot « heu­reux » qui ouvre le Psaume 1 ter­mine le Psaume 2.

Dans ses trois pre­mières strophes, ce psaume nous fait contem­pler trois ta­bleaux : les re­belles s’a­gi­tant sur la terre (ver­sets 1 à 3), l’Éter­nel consi­dé­rant avec calme cette émeute in­sen­sée, puis me­na­çant les cou­pables (ver­sets 4 à 6), l’Oint de l’Éter­nel rap­pe­lant sa di­vine ins­tal­la­tion (ver­sets 7 à 9). Dans la strophe fi­nale (ver­sets 10 à 12), le psal­miste s’a­dresse lui-même aux re­belles, pour les en­ga­ger à se soumettre pen­dant qu’il en est temps. Le tout est un chef-d’œuvre de concision et d’é­lé­va­tion.

Baisez le fils, de peur qu’il ne s’irrite, Et que vous ne périssiez dans votre voie, Car sa colère est prompte à s’enflammer. Heureux tous ceux qui se confient en lui! v12

Ce chant visionnaire nous oriente vers le Messie, l’oint de l’Eternel. Les « méchants » (comprenons : les incroyants) du psaume 1 sont ici les dirigeants des nations qui se rebellent contre l’Eternel et son représentant terrestre. IL est surprenant de voir Dieu rire ( en hébreu, mot proche d’Isaac) comme on pourrait sourire devant la menace dérisoire d’un être impuissant, mais Dieu éprouve ensuite un autre sentiment , celui de la colère. Cette colère n’est pas une fureur destructrice, mais plutôt la haine du mal qui ronge ces chefs d’Etats. Dieu souhaite leur repentance (v.10-12). Le Messie, c’est d’abord historiquement, à l’époque de la rédaction du psaume, le roi d’Israël. IL évoque probablement David , choisi par Dieu et reconnu par les chefs d’Israël, mais contesté par les rois environnants. Les commentateurs juifs y ont vu le Messie à venir, et les chrétiens y ont reconnu Jésus .

Est-il le Messie pour moi? L’avertissement des versets 10 à 12 est lancé aux grands de ce monde. L’entendront-ils avant que Jésus ne revienne en gloire? Mais il existe également en « roi orgueilleux » à l’intérieur de chacun de nous qui doit capituler devant le Christ, et être renversé ( 2 Cor 10 v.5). Cela nécessite une violence sur soi-même, jusqu’à notre soumission entière. Cela nécessite enfin d’oser nous réfugier dans les bras du Père miséricordieux qui se révèle inlassablement dans sa Parole. Alors nous serons pleinement « heureux », c’est à dire « mis en marche » par Dieu , comme le traduit A. Chouraqui.

Prière du soir :

O Dieu, notre Père,
Sois avec moi à l’heure où ce jour s’achève.
Si je me sens déprimer, si j’ai agi honnêtement et de mon mieux et que, pourtant j’ai un sentiment d’échec, aide-moi à me rappeler que tu me comprends.
Si je suis conscient d’avoir mal fait aujourd’hui,  délivre moi de la folie de vouloir te le cacher et aide-moi à t’en parler sachant que si je suis vraiment repentant, tu me pardonneras.
Si des choses m’ont heurté aujourd’hui, si l’on a été désagréable envers moi, si mes amis m’ont déçu, aide moi à me souvenir que Jésus sait aussi ce que je vis parce qu’il a connu tout cela. 
Si aujourd’hui a été un jour heureux, si la vie a été belle, aide moi à ne pas oublier maintenant de te remercier.
Avant de m’endormir, je te remercie pour ta bonté,
J’implore ton pardon pour mes péchés et toutes mes fautes,
J’implore ta bénédiction sur moi et sur ceux que j’aime.
Par Jésus-Christ notre Seigneur. Amen 

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise: Méliton

Evêque de Sardes en Asie Mineure (entre Smyrne et Pergame)dans la deuxième moitiè du IIe siécle, Méliton a fait autorité dans l'Eglise d'Asie Mineure. On n'a conservé de son oeuvre abondante que des fragments ainsi qu'une Homélie pascale dont je vous propose un extrait ce soir.
« C’est moi qui ai oint mon roi sur Sion, ma montagne sainte ! 7 Je publierai le décret; L’Eternel m’a dit : Tu es mon fils ! Je t’ai engendré aujourd’hui. » psaume 2 v.6-7
Prophétie pascale:
Le mystère du Seigneur,
Depuis si longtemps annoncé,
S’est accompli en ce jour.
C’est un mystère ancien selon la préfiguration,
C’est un mystère nouveau selon la grâce promise.
Regarde la préfiguration,
Tu verras la vérité de l’accomplissement.
Regarde Abel , comme il fut abattu,
Regarde Isaac sur l’autel d’Abraham,
Regarde Moïse abandonné au Nil,
Regarde David qui fut persécuté,
Regarde les prophètes et toutes leurs souffrances :
Tous ils annonçaient le Christ !
Regarde aussi l’agneau immolé en Égypte.
Regarde celui qui par son sang libéra Israël.
Écoute les voix prophétiques 
Qui montent de l’ancienne alliance.
Pour annoncer le mystère du Seigneur,
David s’est écrié dans le psaume :
« Les princes de la terre ce sont unis contre le Seigneur et contre son Messie » (psaume 2.2)
Écoute le prophète Esaïe :
« Il a été mené comme un agneau à l’abattoir, comme un agneau devant celui qui le tond ».
Il n’ouvre pas la bouche… » ( Esaie 53.7)
C’est le mystère de Pâques qui est annoncé là.
Et ce mystère, c’est le Christ.
À lui la gloire pour l’éternité. Amen !

Dimanche 27 août : 

Prière du matin :  

O Dieu, notre Père,
Équipe moi de tous les dons qui me rendent capable de vivre dans la droiture aujourd’hui et chaque jour.
Accorde-moi la foi qui accepte ce qu’elle n’arrive pas à comprendre et qui ne sombre jamais dans le doute obsessionnel,
Accorde-moi l’espérance qui espère même au sein des ténèbres et qui ne s’effondre jamais dans le désespoir,
Accorde-moi une persévérance telle que je te serai fidèle même dans les moments les plus difficiles,
Accorde-moi la force de refuser tout compromis,
Accorde-moi la pureté qui résiste aux autres et à la tentation et que rien ne fait dévier du droit chemin.
Pour ce jour, arme ma volonté de ta force et remplis mon cœur de ton amour, afin que je sois fort pour t’obéir et plein d’amour pour servir mon prochain et ainsi ressembler à Jésus, mon maître.
Je t’en prie au nom de ton amour. Amen

Psaume 138

1 De David. Je te célèbre de tout mon coeur, Je chante tes louanges en la présence de Dieu. 2 Je me prosterne dans ton saint temple, Et je célèbre ton nom, à cause de ta bonté et de ta fidélité, Car ta renommée s’est accrue Par l’accomplissement de tes promesses. 3 Le jour où je t’ai invoqué, tu m’as exaucé, Tu m’as rassuré, tu as fortifié mon âme.
4 Tous les rois de la terre te loueront, ô Eternel ! En entendant les paroles de ta bouche; 5 Ils célébreront les voies de l’Eternel, Car la gloire de l’Eternel est grande. 6 L’Eternel est élevé : il voit les humbles, Et il reconnaît de loin les orgueilleux. 
7 Quand je marche au milieu de la détresse, tu me rends la vie, Tu étends ta main sur la colère de mes ennemis, Et ta droite me sauve. 8 L’Eternel agira en ma faveur. Eternel, ta bonté dure toujours, N’abandonne pas les oeuvres de tes mains !
Le Dieu de la promesse

Ce psaume est un de ceux que nos Églises ne se lassent pas de chan­ter. La belle tra­duc­tion en vers qu’en a faite Clé­ment Ma­rot et la mu­sique de Louis Bour­geois, qui s’a­dapte si bien à son ca­rac­tère, sont, avec sa va­leur propre, les causes de sa po­pu­la­rité. Il ouvre une sé­rie de huit psaumes at­tri­bués à Da­vid. L’au­teur loue l’Éter­nel pour une pa­role ve­nue de lui, dans la­quelle se ré­vèle toute sa grâce et toute sa vé­rité, et qui dé­passe tout ce que pou­vaient at­tendre ceux mêmes qui connais­saient ses grandes ré­vé­la­tions (ver­sets 1 à 3). La gran­deur di­vine ap­pa­raît d’une ma­nière si évi­dente dans cette pro­messe et dans son ac­com­plis­se­ment, que tous les rois de la terre, quand ils la connaî­tront, loue­ront l’Éter­nel (ver­sets 4 à 6). Le psal­miste cé­lèbre, en ter­mi­nant, les dé­li­vrances dont il a été l’ob­jet et celles sur les­quelles il compte en­core pour l’a­ve­nir, grâce à la fi­dé­lité de l’Éter­nel (ver­sets 7 à 8).

Quelle est cette pro­messe à la­quelle abou­tit en quelque sorte le plan de Dieu et au su­jet de la­quelle toute la terre se ré­jouira, si­non celle qui fut faite à Da­vid ? Plus d’une pa­role de notre psaume semble faire al­lu­sion au texte même du ré­cit de 2 Samuel 7.1-29.

Je veux te louer La reconnaissance éclate à chaque ligne de ce chant de louange. Les mots utilisés sont variés: louer, célébrer, se prosterner (s’incliner), chanter. IL ne s’agit pas uniquement de musique ou de cantiques, mais aussi d’expressions gestuelles, d’offrandes, de témoignages publics, de manifestations de grande joie. Une telle intensité peut intriguer: Pourquoi tant de « merci » au Seigneur? L’auteur de ce psaume a été exposé à un grand danger, où sa vie semblait même menacée. Le Seigneur a répondu à son appel de détresse en lui accordant une délivrance intérieure (v.3) et extérieure, où ses ennemis ont été confondus (7b). Ce secours extraordinaire, acte d’amour de la part de Dieu, amène en retour un témoignage de reconnaissance immense, et de confiance renouvelée pour l’avenir (v.8)

« Le jour où je t’ai invoqué, tu m’as exaucé, Tu m’as rassuré, tu as fortifié mon âme. » (v.3) Certains vibrent à l’unisson de cette symphonie, ayant vécu des miracles de guérison, de secours dans le malheur, de libération, de protection, autant d’occasion de remercier le Seigneur . D’autres  plongés encore dans la souffrance ou la grisaille du quotidien, en sont à la supplication du début du verset 3. Il faut laisser le temps à Dieu de répondre, progressivement Dieu « exauce…, rassure…, fortifie… » . Puissions nous tous lui dire après la supplication: « Quand je marche au milieu de la détresse, tu me rends la vie » v.7

Prière du soir :

O Dieu, notre Père,
Ce soir avant de me coucher, je t’apporte ce qui craignent la nuit.
Bénis ceux  qui connaissent la douleur et la détresse physique,
Bénis ceux qui, bien que fatigués, ne peuvent trouver le sommeil,
Bénis ceux que l’inquiétude a privé de repos,
Bénis ceux pour qui le monde semble vide et qui, le soir venu, se sentent isolés.
Accorde-moi cette nuit mon esprit qui jouit de la paix qui dépasse tout ce que je peux imaginer,
Accorde-moi cette nuit un cœur satisfait de l’amour dont rien ne peut nous séparer,
Accorde-moi cette nuit la vie qui est cachée avec le Christ en toi.
Je te remercie au nom de ton amour. Amen 

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:

Saint Ambroise de Milan – 340-397

Cet avocat célèbre avait une si grande personnalité qu'il devint gouverneur de la province de Milan. Il découvre alors Jésus-Christ. Il n'est encore que catéchumène lorsque, de passage dans sa ville, il est élu évêque par acclamation du peuple. Il est alors immédiatement baptisé, ordonné prêtre, consacré évêque en peu de temps. Saint Ambroise est un véritable évêque, soucieux de la rectitude de la foi et de la paix sociale. Ses relations avec les empereurs successifs (qui favorisent tantôt les catholiques, tantôt les hérétiques ariens) sont mouvementées. En 390, l'empereur Théodose fait massacrer toute une partie de la population de Thessalonique pour arrêter des émeutes. Pour cette raison,  Ambroise lui refusera l'accès de son église à Milan, exigeant qu'il se soumette d'abord à la pénitence publique de l'Église. L'empereur, subjugué, obéit et, après des mois de pénitence, Théodose ne communie plus dans le sanctuaire avec les prêtres (selon le privilège impérial), mais au milieu des laïcs.
Saint Ambroise de Milan, mosaïqueSaint Augustin doit, en partie à saint Ambroise, sa conversion, car il épiait ses sermons en cachette, écoutait sa pensée, admirait la parole de ce grand orateur. Ambroise avait un grand souci de belles liturgies. Il introduisit dans l'Église latine l'usage grec de chanter des hymnes qui étaient à la fois des prières, des actions de grâce et des résumés du dogme. Il en composa plusieurs chantés encore aujourd'hui "Aeterne rerum Conditor" - "Dieu créateur de toutes choses".  
« Je me prosterne dans ton saint temple, Et je célèbre ton nom, à cause de ta bonté et de ta fidélité, Car ta renommée s’est accrue par l’accomplissement de tes promesses. Le jour où je t’ai invoqué, tu m’as exaucé, Tu m’as rassuré, tu as fortifié mon âme. » Psaume 138 v.2-3

Viens, Seigneur Jésus…
Oui, viens, Seigneur Jésus, cherche ton serviteur, cherche ta brebis
fatiguée, viens, berger…
Pendant que tu t’attardes sur les montagnes, voilà que ta brebis erre
: laisse donc les quatre-vingt-dix-neuf autres qui sont tiennes et viens
chercher l’unique qui s’est égarée.
Viens, sans te faire aider, sans te faire annoncer, c’est toi maintenant
que j’attends.
Ne prends pas de fouet, prends ton amour, viens avec la douceur de
ton Esprit ; n’hésite pas à laisser sur les montagnes ces quatre-vingt-dix neuf
brebis qui sont tiennes ; sur les sommets où tu les a mises, les loups
n’ont point d’accès…
Viens à moi, qui me suis égaré loin des troupeaux d’en-haut, car tu
m’avais mis là moi aussi, mais les loups de la nuit m’ont fait quitter tes
bergeries.
Cherche-moi Seigneur, puisque ma prière te cherche.
Cherche-moi, trouve-moi, relève-moi, porte-moi !
Celui que tu cherches tu peux le trouver, celui que tu trouves,
daigne le relever, et celui que tu relèves, pose-le sur tes épaules. Ce fardeau
de ton amour, il ne t’est jamais à charge, et tu te fais sans lassitude
le péager de la justice.
Viens donc, Seigneur, car s’il est vrai que j’erre, « je n’ai pas oublié
ta parole », et je garde l’espoir du remède.
Viens, Seigneur, tu es seul à pouvoir encore appeler ta brebis perdue,
et aux autres que tu vas laisser, tu ne feras aucune peine ; elles aussi
seront contentes de voir revenir le pécheur.
Viens, il y aura salut sur la terre et il y aura joie dans le ciel.
N’envoie pas tes petits serviteurs, n’envoie pas de mercenaires,
viens chercher ta brebis toi-même. Relève-moi dans cette chair qui avec
Adam est tombée… Puis porte-moi jusque sur ta croix, elle est le salut des errants, le
seul repos des fatigués, l’unique vie de tous ceux qui meurent.

Lundi 28 août : 

Prière du matin :  

Seigneur, Je t’offre cette journée de travail.
Que ton Esprit Saint manifeste en moi et dans mon entourage
un esprit de Paix et de Joie,
qu’Il me donne Sagesse et Force,
pour porter sur mon travail un regard d’Amour,
pour développer en moi patience, compréhension, douceur et disponibilité,
pour voir au-delà des apparences tes enfants comme tu les vois Toi-même.
Seigneur, ferme mes oreilles à toute calomnie,
Garde ma langue de toute malveillance.
Revêts-moi de Ta beauté, Seigneur,
pour que tous ceux qui m’approchent aujourd’hui, découvrent Ta présence.
Amen

Psaume 3

1 Psaume de David. A l’occasion de sa fuite devant Absalom, son fils.
2 O Eternel, que mes ennemis sont nombreux ! Quelle multitude se lève contre moi! 3 Combien qui disent à mon sujet : Plus de salut pour lui auprès de Dieu ! 
4 Mais toi, ô Eternel ! tu es mon bouclier, Tu es ma gloire, et tu relèves ma tête. 5 De ma voix je crie à l’Eternel, Et il me répond de sa montagne sainte.
6 Je me couche, et je m’endors; Je me réveille, car l’Eternel est mon soutien. 7 Je ne crains pas les myriades de peuples Qui m’assiègent de toutes parts. 8 Lève-toi, Eternel ! sauve-moi, mon Dieu ! Car tu frappes à la joue tous mes ennemis, Tu brises les dents des méchants. 9 Le salut est auprès de l’Eternel : Que ta bénédiction soit sur ton peuple !-Pause.
Un sûr allié dans le danger. Prière du matin

Les Psaumes 3 et 4 ont été ins­pi­rés par les mêmes cir­cons­tances et donnent essor à des sen­ti­ments ana­logues. Leur contenu est par­fai­te­ment conforme à l’in­di­ca­tion que nous trou­vons en tête du Psaume 3. Sur­pris par la ré­volte d’Ab­sa­lom, Da­vid a dû s’en­fuir de Jé­ru­sa­lem avec une poi­gnée de ser­vi­teurs fi­dèles (2 Sa­muel cha­pitres 15 à 18). Le psaume 3 ex­prime les sen­ti­ments du fu­gi­tif après la pre­mière nuit pas­sée hors de Jé­ru­sa­lem ; le psaume 4 est une prière du soir.

On peut être étonné de ne pas trou­ver dans ces psaumes (en de­hors du titre) la men­tion d’Ab­sa­lom. Il nous semble na­tu­rel qu’au mo­ment où la ré­volte éclata, l’im­pres­sion de la gran­deur du pé­ril ait do­miné en Da­vid toute autre pré­oc­cu­pa­tion. Peut-être aussi le mal­heu­reux père ai­mait-il à se per­sua­der que son fils n’é­tait qu’un ins­tru­ment dans la main de plus cou­pables que lui.

Ainsi une grande détresse politique et morale s’abat sur David: poursuivi par des adversaires (v.2). Il est également inquiet spirituellement: l’aide de Dieu se fait attendre et l’on se moque de sa foi ( v.3). IL arrive que de nos jours certains croyants subissent des situations semblables. Où trouver la solution à nos inquiétudes profondes?

Le premier secours. En mettant clairement sa confiance en Dieu souverain, David retrouve calme et sérénité. IL sait pertinemment que Dieu est présent malgré les apparences négatives et qu’il répond au cri de la prière (v4-5). La paix du coeur est exprimée par l’image du sommeil et du réveil paisibles. David se rappelle que Dieu continue de veiller sur lui, même dans la situation dramatique qu’il subit. Pourquoi alors s’alarmer et craindre la puissance des hommes et les situations pénibles? ( v6-7) .  » Si Dieu est pour nous … Qui sera contre nous! »

« Que ta bénédiction soit sur ton peuple! » (v.3)

Quel encouragement pour ceux qui marchent avec l’Eternel. Sa main bénissante accompagne, fortifie et donne la paix. Merci Seigneur pour ta bénédiction d’aujourd’hui envers moi et celles et ceux qui m’entourent.

Prière du soir :

O Dieu, notre Père,
Il y a des choses dans cette journée dont j’ai honte en me les rappelant.
Pardonne-moi pour tout ce qui dans ma vie ne te fait pas honneur.
O Dieu, notre Père,
Il y a des choses qui me réjouissent lorsque je me les rappelle.
Je te remercie pour tous ceux que j’ai trouvé beaux à voir, pour toute parole de sagesse que j’ai entendue et pour toutes bonnes actions que j’ai pu accomplir, pour le temps passé avec mes amis, avec mes relations et avec ceux que j’aime.
O Dieu, notre Père,
Avant que je m’endorme, accepte mes regrets pour mes péchés et accepte ma reconnaissance pour tous tes dons.
Par Jésus Christ, notre Seigneur. Amen 

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:

Saint Jean de la croix

Né à Fontiveros (Espagne) le  et mort au couvent d'Úbeda le est un prêtre carme, saint mystique espagnol, souvent appelé le réformateur et « Saint du Carmel ». Ses écrits mystiques, toujours populaires, font qu'il fut déclaré Docteur de l'Église en 1926. Né dans une famille aristocratique d'Espagne, il devient carme après ses études alors qu'il songeait à se faire ermite chez les chartreux. Thérèse d'Avila, réformatrice de l'ordre du Carmel, lui demande de prendre en charge l'ordre masculin du carmel. Il accepte et fonde l'ordre des Carmes déchaux. Il accompagne spirituellement les sœurs du Carmel, avant d'être enfermé par les autorités de l'Ordre qui refusent sa réforme. Jean de la Croix fait alors l'expérience mystique qu'il appelle La Nuit obscure(Noche oscura). Il la décrit et développe tout au long de sa vie à travers des traités tels que La Montée du Carmel (Subida del Monte Carmelo), La Nuit obscure (Noche oscura), La Vive Flamme d'amour (Llama de amor viva), ou encore Le Cantique spirituel (Cántico espiritual). Il cherche à y témoigner du chemin des âmes vers Dieu. Après avoir été nommé prieur de divers couvents de carmes déchaussés, il finit par être mis au ban de sa communauté avant de mourir en décembre 1591.

Pendant une nuit obscure, enflammée d’un amour inquiet,ô l’heureuse fortune!

je suis sortie sans être aperçue, lorsque ma maison était tranquille.

Étant assurée et déguisée, je suis sortie par un degré secret, ô l’heureuse fortune !

et étant bien cachée dans les ténèbres, lorsque ma maison était tranquille.

Pendant cette heureuse nuit, je suis sortie en ce lieu secret, où personne ne me voyait,

et où je ne voyais rien, sans autre guide et sans autre lumière que celle qui luisait dans mon cœur.

Elle me conduisait plus sûrement que la lumière du midi au lieu

où celui qui me connaît très-bien m’attendait, et où personne ne paraissait.

O nuit qui m’a conduite ! ô nuit plus aimable que l’aurore ! ô nuit qui a uni le bien-aimé avec la bien-aimée, en transformant l’amante en son bien-aimé !

Il dort tranquille dans mon sein qui est plein de fleurs, et que je garde tout entier pour lui seul : je le chéris et le rafraîchis avec un éventail de cèdre.

Lorsque le vent de l’aurore faisait voler ses cheveux, il m’a frappé le cou avec sa main douce et paisible, et il a suspendu tous mes sens.

En me délaissant et en m’oubliant moi-même, j’ai penché mon visage sur mon bien-aimé. Toutes choses étant perdues pour moi, je me suis quittée et abandonnée moi-même, en me délivrant de tout soin, entre les lis blancs.

Mardi 29 août : 

Prière du matin :  

O Dieu, notre Père
Ce matin je me tourne vers Toi, le coeur plein de reconnaissance
Pour cette journée qui commence avec Toi.
Conduis-moi là où tu le veux, et donne-moi la grâce de te suivre. Garde-moi assez prés de Toi pour entendre ta voix au coeur de ma conscience et pour voir les traces de tes pas dans la poussière de ma vie quotidienne.
Quand tu étends vers moi ta main à travers celles et ceux que je rencontrerai aujourd’hui,
Donne-moi de te voir.
Me voici, Seigneur,
Conduis-moi de la confiance en moi à la confiance en Toi, afin qu’aujourd’hui je puisse être utile et apporter quelque chose qui vient de Toi à celles et ceux que je rencontrerai.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur
Amen

Psaume 4

1 Au chef des chantres. Avec instruments à cordes. Psaume de David.
2 Quand je crie, réponds-moi, Dieu de ma justice ! Quand je suis dans la détresse, sauve-moi! Aie pitié de moi, écoute ma prière ! 3 Fils des hommes, jusques à quand ma gloire sera-t-elle outragée ? Jusques à quand aimerez-vous la vanité, Chercherez-vous le mensonge ?
4 Sachez que l’Eternel s’est choisi un homme pieux; L’Eternel entend, quand je crie à lui. 5 Tremblez, et ne péchez point; Parlez en vos coeurs sur votre couche, puis taisez-vous.
6 Offrez des sacrifices de justice, Et confiez-vous à l’Eternel. 7 Plusieurs disent : Qui nous fera voir le bonheur ? Fais lever sur nous la lumière de ta face, ô Eternel ! 8 Tu mets dans mon coeur plus de joie qu’ils n’en ont quand abondent leur froment et leur moût. 9 Je me couche et je m’endors en paix, Car toi seul, ô Eternel ! tu me donnes la sécurité dans ma demeure.

Cantique du soir, d’un roi fugitif

Le ton re­la­ti­ve­ment calme de ce psaume nous fait sup­po­ser qu’il a été com­posé quelque, temps après le pré­cé­dent, alors que l’ex­trême agi­ta­tion des pre­miers jours de la ré­volte d’Ab­sa­lom était pas­sée. Da­vid est en­core fu­gi­tif (v.3), ex­posé à bien des pri­va­tions (v.7), mais une confiance joyeuse l’a­nime et lui ins­pire le dé­sir de voir ses en­ne­mis ren­trer dans les voies de la piété et de la sou­mis­sion à l’Éter­nel. Ici, pas plus que dans le Psaume 3, Ab­sa­lom n’est nommé. Da­vid semble ce­pen­dant l’a­voir en vue, lui et ses cour­ti­sans, lors­qu’il re­proche aux chefs re­belles leur amour pour la va­nité et le men­songe (v.3). La mo­dé­ra­tion avec la­quelle le roi si gra­ve­ment of­fensé s’a­dresse à ses en­ne­mis ne lui est-elle pas ins­pi­rée par le fait qu’il dis­cerne son fils au pre­mier rang des cou­pables ?

La pre­mière strophe (v. 2) est une courte in­tro­duc­tion, la der­nière (v.9) une courte conclu­sion. Les trois strophes in­ter­mé­diaires plus dé­ve­lop­pées, forment le corps du can­tique.

  » L’Eternel entend quand je crie à Lui » (v.4) David en est certain: L’Eternel écoute sa prière, prêt à exaucer. Dès lors, avec une grande confiance, il affronte victorieusement les plus dures épreuves. A plus forte raison devons-nous avoir la même certitude, en nous prévalant des promesse de Jésus.

Qui nous fera voir le bonheur ? Fais lever sur nous la lumière de ta face, ô Eternel ! (v.7)  Même dans l’adversité, il est possible de goûter au bonheur! Dans la Bible, il est souvent question de voir la « face de Dieu »; C’est le sentiment de sa présence, la communion de pensée avec lui. Comprenons bien que ce ne sont pas les conditions économiques, sociales, politiques qui nous privent du bonheur auquel nous aspirons, mais notre désobéissance à Dieu. « Ce sont vos péchés qui vous cachent sa face  » nous dit Esaïe (Es 59.2). Aujourd’hui encore, nous sommes appelés à rechercher la face de Dieu : « Je cherche ta face, O Eternel » (Ps 27.8)

Prière du soir :

O Dieu, notre Père,
Au soir de cette journée,
Tu connais les besoins de chacun de nous et les secrets enfouis au plus profond de notre cœur.
Aide moi ce soir à déposer sur toi tous mes fardeaux dans la certitude que tu me gardes.
Je t’en prie au nom de ton amour. Amen 

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:Origène

« Plusieurs disent : Qui nous fera voir le bonheur ? Fais lever sur nous la lumière de ta face, ô Eternel ! Tu mets dans mon coeur plus de joie qu’ils n’en ont quand abondent leur froment et leur moût. Je me couche et je m’endors en paix, Car toi seul, ô Eternel ! tu me donnes la sécurité dans ma demeure. » Psaume 4 v. 7-9

S’en aller en paix

Siméon vint au temple poussé par l’Esprit, il prit l’enfant Jésus dans ses bras et pria ainsi : « Maintenant, Seigneur, tu laisses ton serviteur s’en aller en paix » (Luc 2 v.27-29).

Toi aussi comme le vieux Siméon, si tu veux tenir Jésus, l’étreindre dans tes bras, efforce-toi vraiment de te laisser conduire par l’Esprit et viens au temple de Dieu.

Tu te tiens maintenant dans le temple du Seigneur Jésus, c’est-à-dire dans son Eglise. C’est le temple qui est construit de pierres vivantes (1 Pierre 2 v.5). Tu es vraiment dans le temple du Seigneur quand ta vie et ta conduite sont tout à fait dignes de ce qui porte le beau nom d’Eglise.

Si c’est en Esprit que tu es venu au temple, tu trouveras l’enfant Jésus, tu l’élèveras dans tes bras et tu diras : Maintenant seigneur, tu laisses ton serviteur s’en aller en paix. 

Simeon ne dit pas : je veux m’en aller, il dit : je veux m’en aller en paix. 

Qui peut mourir en paix, sinon celui qui connaît la paix de Dieu, celle qui surpasse toute intelligence et garde le cœur (Phil 4 v.7) de celui qui la possède ?

Qui peut quitter ce monde dans la paix, sinon celui qui comprend que « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même » (2 Cor 5 v.19): il n’a plus d’hostilité, ni d’opposition à Dieu, mais il s’en va dans la paix retrouver les saints patriarches. 

Ainsi nous aussi, nous nous tenons dans le temple, portant le Fils de Dieu et le serrant dans nos bras. Il nous faut être dignes de nous en aller vers un avenir meilleur.

Prions le Dieu tout-puissant et prions aussi L’enfant Jésus, lui à qui nous voulons parler et le tenir dans nos bras.

À lui est la gloire et le règne pour l’éternité. Amen !

Mercredi 30 août : 

Prière du matin :  

Dieu aimant, enseigne-moi à me réjouir de tout ce qui arrivera ce jour.
Quand je serai plein de courage, accorde-moi la grâce de l’humilité.
Lorsque tu viendras à ma rencontre dans mon ami comme dans mon ennemi, remplis-moi d’amour. 
Garde-moi aujourd’hui dans ta paix constante, pour que tu puisses te servir de moi, et que je sois utile et disponible pour tous ceux que je rencontrerai.
Aussi, donne-moi ta joie afin que je sois une source de joie pour d’autres,
par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Psaume 5

1 Au chef des chantres. Avec les flûtes. Psaume de David.
2 Prête l’oreille à mes paroles, ô Eternel ! Ecoute mes gémissements ! 3 Sois attentif à mes cris, mon roi et mon Dieu ! C’est à toi que j’adresse ma prière. 4 Eternel ! Le matin tu entends ma voix; Le matin je me tourne vers toi, et je regarde. 5 Car tu n’es point un Dieu qui prenne plaisir au mal; Le méchant n’a pas sa demeure auprès de toi. 6 Les insensés ne subsistent pas devant tes yeux; Tu hais tous ceux qui commettent l’iniquité. 7 Tu fais périr les menteurs; L’Eternel abhorre les hommes de sang et de fraude.
8 Mais moi, par ta grande miséricorde, je vais à ta maison, Je me prosterne dans ton saint temple avec crainte. 9 Eternel ! conduis-moi dans ta justice, à cause de mes ennemis, Aplanis ta voie sous mes pas. 10 Car il n’y a point de sincérité dans leur bouche; Leur coeur est rempli de malice, Leur gosier est un sépulcre ouvert, Et ils ont sur la langue des paroles flatteuses.
11 Frappe-les comme des coupables, ô Dieu ! Que leurs desseins amènent leur chute ! Précipite-les au milieu de leurs péchés sans nombre ! Car ils se révoltent contre toi. 12 Alors tous ceux qui se confient en toi se réjouiront, Ils auront de l’allégresse à toujours, et tu les protégeras; Tu seras un sujet de joie Pour ceux qui aiment ton nom. 13 Car tu bénis le juste, ô Eternel ! Tu l’entoures de ta grâce comme d’un bouclier.

Le recours du fidèle contre le méchant

Comme les deux pré­cé­dents, ce psaume a été at­tri­bué à Da­vid par les an­ciens col­lec­teurs du re­cueil. Par un contraste frap­pant, le psal­miste ex­prime, d’un côté, les sen­ti­ments dou­lou­reux qu’il éprouve en voyant les mé­chants à l’œuvre, et, de l’autre, la joie qu’il trouve au­près de l’Éter­nel. C’est ce der­nier sen­ti­ment qui l’em­porte. Le croyant sait que la jus­tice aura son cours et que le der­nier mot de l’­his­toire hu­maine sera : Louange à l’Éter­nel !

Après une, in­vo­ca­tion (v.2 et 3), nous trou­vons deux strophes, dé­cri­vant, l’une (v.1 à 8), l’ac­cueil bien dif­fé­rent que l’Éter­nel fait au fi­dèle et au mé­chant, l’autre (v.9 à 13), le sort dé­fi­ni­tif de ces deux classes d’­hommes. La prière, qui, dans la pre­mière strophe, se rap­proche de la mé­di­ta­tion, de­vient de plus en plus in­tense vers la fin du psaume.

« Ceux qui se réfugient en toi, se réjouissent » v.12 Face aux difficultés de la vie, plusieurs réactions sont possibles. La confiance en Dieu n’est sans doute pas celle qui s’impose en premier et certainement pas la plus facile à adopter. Mais c’est la seule qui débouche sur la joie.

« Eternel ! Le matin tu entends ma voix; Le matin je me tourne vers toi, et je regarde. » v.4 Trés tôt le matin, le psalmiste s’est rendu au temple (v.8), peut-être est-il allé offrir un sacrifice à Dieu. Toujours est-il qu’il se sent menacé et, par sa prière, il entend raffermir sa foi. A l’inverse, ce psaume parle surtout des insensés (v.6), c’est à dire de ceux qui se croient assez malins pour se passer de Dieu et, pour se le prouver, ne pensent qu’à tendre des pièges. Même leurs paroles apparemment bonnes ne sont, en réalité, que ruse et flatterie (v.7,10). C’est leur être intérieur qui est en ruine. C’est pourquoi leur bouche exhale la mort (v.10). IL suffit au Seigneur de les laisser tomber dans les pièges qu’ils ont eux-mêmes tendus (v.11).

Le psalmiste ne regarde pas les insensés de haut, car il sait qu’il a lui-même besoin d’être conduit dans la justice (v.9). Puisse sa prière être la mienne ce matin: »Eternel ! conduis-moi dans ta justice, à cause de mes ennemis, Aplanis ta voie sous mes pas ».

 

Prière du soir :

Je dors, mais tu ne dors pas. Tu veilles alors même que je n’en ai pas conscience.  Souviens-toi de moi, Dieu d’amour, quand je dors, et souviens-toi de ceux pour qui les prochaines heures seront pleines de dangers ou de détresses. Garde toute ta création dans la sûreté de ta paix.
Alors que l’obscurité tombe, Seigneur, soit ma lumière. Alors que le jour vient pour d’autres, Seigneur, soit leur salut. O lumière et salut du monde, éloigne de tous les peuples la peur et l’obscurité, et délivre-nous du mal.
Maintenant que  la nuit tombe, donne-moi un sommeil paisible pour que, demain, je me réveille bien reposé pour te servir. Sois présent partout où l’ombre obscurcit ta création, et donne à ton peuple, où qu’il soit, d’être une lumière pour le monde.

Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:

Saint Jean Chrysostome

Jean Chrysostome, est né à Antioche entre 344 et 349, et mort en 407 près de Comana. Il fut archevêque de Constantinople. Son éloquence est à l'origine de son surnom de « Chrysostome » ( signifiant « Bouche d'or »), sa rigueur et son zèle réformateur l'ont conduit à l'exil et à la mort. Il soutint la foi orthodoxe  même contre la pression du pouvoir impérial. Ce qui lui valut d'être destitué de son siège patriarcal de Constantinople et d'être exilé sur les bords de la mer Noire, aux confins du Caucase, à Soukhoumi en Abkhazie géorgienne.
« Alors tous ceux qui se confient en toi se réjouiront, Ils auront de l’allégresse à toujours, et tu les protégeras; Tu seras un sujet de joie Pour ceux qui aiment ton nom.  » Psaume 5 v.12
Quand les masques tomberont
Notre monde est un théâtre avec les faux-semblants du décor : richesse et pauvreté, domination et soumission !
Quand la représentation sera finie , quand les masques tomberont, quand chacun, avec ce qu’il a fait, chacun, mais sans sa richesse, sans son autorité, sans ses titres, sans son pouvoir, quand chacun sera jugé tout seul avec ce qu’il a fait, qu’il soit magistrat ou roi, femmes ou hommes.
Quand on nous demandera ce que fut notre vie et le bien que nous y avons fait, sans un regard pour nos majestés, ni pour les misères de nos pauvretés, ni pour nos mépris écrasants.
Alors on nous dira : Montre-moi ce que tu as été, plus noble qu’un homme libre bien qu’esclave, plus fort qu’homme bien que femme.
Alors les masques tomberont et l’on verra qui est le riche et qui est le pauvre.

 

Jeudi 31 août : 

Prière du matin :  

Éternel Dieu,
Toi qui m’as fait cadeau de cette journée, aide-moi à faire preuve de sagesse dans l’usage que j’en ferai.
Aide moi à ne pas perdre de temps à des choses qui n’en valent pas la peine. 
Aide moi à ne pas rester oisif de sorte que les heures retourneraient  à toi inutiles et inutilisées.
Aide-moi à faire par ma force tout ce qui est à ma portée comme une offrande qui t’est destinée afin que le soir venu, je sois satisfait de l’ouvrage de mes mains. 
Par Jésus le Christ notre Seigneur. Amen 

Psaume 6

1 Au chef des chantres. Avec instruments à cordes. Sur la harpe à huit cordes. Psaume de David.
2 Eternel ! ne me punis pas dans ta colère, Et ne me châtie pas dans ta fureur. 3 Aie pitié de moi, Eternel ! car je suis sans force; Guéris-moi, Eternel ! car mes os sont tremblants. 4 Mon âme est toute troublée; Et toi, Eternel ! jusques à quand?… 5 Reviens, Eternel ! délivre mon âme; Sauve-moi, à cause de ta miséricorde. 6 Car celui qui meurt n’a plus ton souvenir; Qui te louera dans le séjour des morts ?
7 Je m’épuise à force de gémir; Chaque nuit ma couche est baignée de mes larmes, mon lit est arrosé de mes pleurs. 8 J’ai le visage usé par le chagrin; Tous ceux qui me persécutent le font vieillir.
9 Eloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal ! Car l’Eternel entend la voix de mes larmes; 10 L’Eternel exauce mes supplications, L’Eternel accueille ma prière. 11 Tous mes ennemis sont confondus, saisis d’épouvante; Ils reculent, soudain couverts de honte.

Prière et délivrance d’une âme troublée

Ce psaume est le pre­mier de ceux que l’an­cienne Église a ap­pe­lés Psalmi pœ­ni­tentæ, psaumes de re­pen­tance. C’est en ef­fet le sen­ti­ment dou­lou­reux de la condam­na­tion di­vine qui do­mine dans le psaume 6, bien que le mot même de pé­ché ne s’y trouve pas. L’au­teur n’est pas seule­ment en­touré d’en­ne­mis (v.8 et 11), mais il se sent sous le poids de la co­lère de Dieu. Ici, Dieu semble se tenir éloi­gné, et le sen­ti­ment poi­gnant de cet aban­don ac­cable l’âme du psalmiste, au point qu’il en ou­blie toute autre chose. Même les per­sé­cu­teurs dis­pa­raissent à l’ar­rière-plan. Ils ne sont men­tion­nés qu’au mo­ment où l’as­su­rance de l’exau­ce­ment fait ren­trer la paix dans l’âme du psal­miste.

L’ex­tra­or­di­naire sen­si­bi­lité qui se ré­vèle dans ce can­tique n’est pas, ainsi qu’on l’a pré­tendu, hors de place dans la vie d’un guer­rier tel que Da­vid. Elle est confir­mée par di­vers traits de l’his­toire du roi-pro­phète (2 Samuel 1.12 ; 2 Samuel 3.32 ; 2 Samuel 12.16-19, etc.). C’est d’ailleurs un signe d’en­dur­cis­se­ment et non de force que de res­ter in­sen­sible sous le poids de la co­lère di­vine. Jésus, lui qui est bien plus grand que Da­vid, n’a pas connu de dou­leur plus in­tense que de se sen­tir aban­donné de Dieu (Matthieu 26.46). Ce rap­pro­che­ment nous amène à consta­ter ce fait, qui nous frap­pera par­tout dans l’é­tude des psaumes, d’un écrit qui n’a rien de di­rec­te­ment pro­phé­tique et dont pour­tant telle pa­role se trouve non seule­ment ci­tée, mais réa­li­sée plei­ne­ment dans la vie du Sau­veur, à l’exemple des v.4 où le psalmiste dit: « Mon âme est troublée ». Jé­sus s’est ap­pli­qué cette pa­role dans une oc­ca­sion qui pré­lu­dait à la scène de Geth­sé­mané, et, dans cette der­nière cir­cons­tance, le bou­le­ver­se­ment de tout son être a bien été ce­lui que dé­crit ici le psal­miste.

Le psaume com­prend trois strophes. Après un cri de dé­tresse (v.2 à 4), le psal­miste, dans la strophe cen­trale, ex­pose à Dieu l’é­tat mi­sé­rable où l’a plongé sa dou­leur (v.5 à 8) ; puis, as­suré de l’exau­ce­ment, il re­prend cou­rage (v.9 à 11).

« L’Eternel entend la voix de mes larmes » v.9

Le psalmiste avait formulé à Dieu sa requête et la délivrance ne se fait plus attendre. L’Eternel a entendu la voix de ses larmes. L’Eternel est revenu et ses ennemis s’enfuient. Certainement le psalmiste a reçu une parole de l’Ecriture qui lui atteste l’attention de son Seigneur, dans la situation qu’il traverse, ce qui explique le changement de ton des derniers versets, après la supplication. Maintenant ce sont ses ennemis qui sont confus et qui tremblent. Quelle paroles de Dieu avons nous besoin aujourd’hui pour être relevé?

 

Prière du soir :

Le temps du repos est là ;  laisse-moi me reposer en toi. Maintenant, je suis tranquille, et dans le silence, tu es présent.
Sois proche de ceux pour qui l’agitation du jour commence. Conduit celles et ceux qui commencent leur journée quand je termine la mienne, et conserve nous dans ta paix inébranlable.
Et alors que ma journée se clôt et que mes yeux se ferment, ouvre-moi tes bras dans ta miséricorde.
Et pendant que je dors en paix cette nuit, garde moi.
 Ô seigneur, envoie le repos à tous ceux que j’ai rencontrés tout au long de cette journée.
Accorde de la force à ceux pour qui la journée commence maintenant.

 Méditer la Parole avec les Pères de l’Eglise:

St André de Crète (660 + 740)

Né à Damas vers 660 d’une famille syrienne, saint André fit de très bonnes études, devint moine à Jérusalem et secrétaire du patriarche Théodore. En 685 il fut ordonné diacre à Constantinople et chargé de l’administration d’un orphelinat et d’une maison de vieillards. En 700 il fut consacré archevêque de Gortyne (actuellement Khania, en français : La Canée), capitale de la Crète. Il construisit des églises, et s’intéressa particulièrement à l’éducation des enfants et des adolescents. IL sut faire front contre le pouvoir impérial lorsque éclata la crise iconoclaste. Saint André mourut dans l’île de Mytilène le 4 juillet 740 au retour d’un voyage à Constantinople. On lui doit une cinquantaine d’homélies. Il est surtout connu pour être l’initiateur du "Canon poétique", genre de poésie liturgique en usage depuis dans la liturgie orientale. Le Grand Canon dit "de Saint André", qui est récité intégralement pendant le Carême, lui a probablement été inspiré par le remords qu’il eut d’avoir souscrit un moment par faiblesse à des définitions hérétiques sous la pression de l'Empereur.
« Eternel ! ne me punis pas dans ta colère, Et ne me châtie pas dans ta fureur. 3 Aie pitié de moi, Eternel ! car je suis sans force; Guéris-moi, Eternel ! car mes os sont tremblants ». Psaume 6  v.2-3
Si j’examine ma destinée, ô Sauveur,-
je ne vois que mal où je surpasse tous les hommes.
Car j’ai péché non dans l’inconscience
mais avec la complicité de mon coeur.
Seigneur, donne la grâce à ta créature.
Pardonne-moi ; toi seul es sans péché,
hors toi, nul n’est exempt de souillure…
Profond est le puits, mon Seigneur.
Alors fais jaillir sur moi l’eau de ton coeur
que je la boive et n’aie plus jamais soif,
comme la samaritaine.
Car tu m’abreuves de ta vie.
Que mes larmes soient pour moi une piscine de Siloé
où je laverai les yeux aveugles de mon âme,
pour que, guéri, je te contemple,
toi, Lumière d’éternité.